samedi 23 février 2013

Sloterdijk, 'Repenser l'impôt'


Repenser l'impôt.


L'Etat paternaliste de jadis et l'Etat matérialiste d'aujourd'hui se complètent pour former une irrésistible machine de tutelle et d'assistance.
Dès que l'on parle d'impôt, on part presque toujours aujourd'hui du besoin qu'en a l'Etat et l'on fait l'hypothèse dogmatique qu'il jouit d'une légitimité dans son rôle de preneur.

Dans 'Les deux corps du roi' : le fisc se prolonge après la mort du roi, la continuité de la fonction royale a un fondement dans la chose même.

Les exilés fiscaux demandent : au nom de quel contrat commercial ils "doivent" des sommes à la collectivité nationale.

Il n'existe pas de théorie valide de la justification des impôts, il n'existe que des chars d'économie financière et de droit fiscal, qui sont au fisc ce que les théologiens sont à la Trinité.

La réalité n'est-elle pas qu'about du compte, seule la peur nous attache les uns aux autres ?
La classe moyenne qui donne constitue aujourd'hui le noyau du principe du collectif.
Pour les auteurs d'extrême-gauche,  donnent volontairement et donner peu sont synonymes.

Avec la mondialisation les hommes se rendent compte que la Terre est une sphère, or sur une sphère, tous les poins peuvent être atteints depuis tous les autres.

On en devrait introduire le mot d'intérêt personnel qu'après avoir inculqué l'idée fondamentale de Nieztsche : l'égoïsme n'est souvent que le pseudonyme moral de nos meilleures énergies. La faculté qu'ont les hommes de s'insurger contre la activité et le fatalisme.

Nous préférons béatifier les pauvres que les millionnaires.

Après le 11 septembre, on peut reconstruire des tours facilement. Mais ce qui fut détruit ce fut la plastique narcissique collective. Difficilement composée, elle renaît par l'hystérie.

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CAPITALISME ET CLEPTOCRATIE. 
Le secret de la société bourgeoise tient dans la sanctification, pratiquée après coup, de la l'initiative violente. Ce qui commence comme une occupation est scellé par l'inscription au cadastre. L'arbitraire d'abord, ensuite sa reconnaissance juridique.
Au fond de l'irrespect révolutionnaire, on trouve la conviction que la présence antérieure des actuels propriétaires "légaux" ne signifie rien au bout du compte. Il n'y a qu'un pas de l'irrespect à l'expropriation. Toutes les avant gardes proclament qu'il faut reprendre de zéro la répartition du monde.
Après Rousseau, toute pensée économique devra prendre la forme d'une théorie générale du vol. D'où l'idée : le vol originel du petit nombre n'est compensé que par le contre-vol du grand nombre.
Des Etats modernes, dont l'infrastructure est entièrement achevée, réclament chaque année la moitié de tous les résultats économiques de leurs classes productives au profit du fisc sans aucune réaction. C'est le résultat d'un dressage politique  plus important qu'au temps de l'absolutisme. Cela ne s'explique que par les sentiments de culpabilité que notre culture morale tente d'insuffler à tous ceux qui ne sont pas pauvres. (p. 183).
Les improductifs vivent indirectement aux dépens des productifs d'une manière équivoque, de sorte qu'on leur dise et qu'ils le croient qu'on est injuste à leur égard et qu'on leur doit toujours plus.
Le pillage du futur par le présent. La main qui prend se sert de la vie des prochaines générations.

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Seuls les petits partis profitent de cette situation où les anciennes couleurs perdent leur valeur. Ils attirent le reste de l'ancienne libido politique. Parce qu'ils peuvent éviter l'effet de zone grise et aller présenter une thèse identifiable.

Aux USA, il y a une compétition dans le don philanthropique.
Rengaine de gauche : si ils ont quelque chose à donner, c'est qu'ils ont commencé par voler.
Sloterdijk, à propos des impôts qu'il doit : "Je ne considère pas que j'accumule chaque année des dettes considérables envers la société et que je dois les effacer pour ne pas encourir une peine." Comme si les personnes compétentes étaient punissables.

Dans l'histoire, les hommes ont intégré trois systèmes immunitaires : le rituel (intègre la mort), le droit (intègre les injustices), le système de défense biologique (intègre la maladie). Tous ces systèmes d'immunités (symboliques, politiques) crées par l'homme, très prévoyant.

A l'idée qu'un revenu de base universel pourrait libérer les talents, Sloterdijk répond : "Soyons réalistes : la créativité moderne est un effet secondaire de la volonté d'ascension et du stresse des intérêts de la dette."

vendredi 22 février 2013

L'exploitation chez H. Hoppe


Ce qui cloche, par conséquent, dans la théorie marxiste de l'exploitation est que celle- ci ne reconnaît pas le phénomène de la préférence temporelle comme catégorie universelle de l'action humaine7. Que le travailleur ne reçoive pas la "valeur totale" de son travail n'a rien à voir avec de l'exploitation mais reflète seulement le fait qu'il est im- possible à un homme d'échanger des biens futurs contre des biens présents sans payer un escompte. Contrairement à la situation de l'esclave et du maître où le second exploite le premier, la relation entre le travailleur libre et le capitaliste est avantageuse pour les deux parties. Le travailleur entre dans l'accord parce que, étant donnée sa préférence temporelle, il préfère moins de biens tout de suite à davantage plus tard ; et le capitaliste le fait parce que, étant donnée sa préférence temporelle, il a un ordre de préférences in- verse, qui place un plus grand volume de biens futurs au-dessus d'un plus petit maintenant. Leurs intérêts ne sont pas antagonistes mais harmonieux.



http://www.hanshoppe.com/wp-content/uploads/publications/Classe.pdf

jeudi 21 février 2013

Becker on Foucault


That is very important in Foucault’s game, because you can see in the text that what Foucault is searching for is a theory, a non-moral theory, and a non-juridical theory. The challenge is to be free from morality and from the law. And he finds, I think, the solution in the writings of the economists. That is a celebration of the economists’ work, of your work. You propose a theory of man, a vision of man, that is non- moral and non-juridical. And that is, for him at this time, in this project naturally, very important.

And to make economics not only a theory, not only an observation or an analysis of wealth, but to make the shift from wealth to human behavior—the shift from wealth to value—and to make economics a science of evaluation. How do people make evaluations? That is a question of value. Naturally, value is close to wealth, but value is more complex.

What is very interesting for him in this respect is to conduct an analysis of law, in respect of the enforcement of law, that implies that there are only power relationships. And the relation between the agent and the power is only a fight—a calculus—absolutely free of moral questions or juridical ques- tions.

IS HUMAN CAPITAL A FICTION?

I think that is very important because, for Foucault, the man you produce by the economic analysis is not real. He is a fiction. This fiction is interesting. This fiction created new pos- sibilities. This kind of fiction could be dangerous, but it could also be interesting. But it is a fiction.
Foucault could read in your work how the agent, in the economy, is always deciding, making decisions. And for Foucault, with his theory of power, it was very difficult to think how the subject decides: he is decided by power relations.
Foucault’s vision of power relationships and the vision of the decision in your the- ory could have been very fruitful.

-> I think human capital has been a great fiction. It’s not been an unchanging fiction, the fiction has changed over time, but it’s been a great fiction. I’m proud of it. [Laughter]. But yes, it is a fiction. Nobody would deny it’s a fiction. But you have to say, is it a useful fiction?
http://criticalinquiry.uchicago.edu/uploads/pdf/BeckerEwaldFoucault.pdf

dimanche 17 février 2013

Deleuze, 'Proust et les signes'


Proust et les signes



Apprendre, c'est d'abord considérer une matière, un objet, un être comme s'ils émettaient des signes à déchiffrer, à interpréter. Il n'y a pas d'apprenti qui ne soit l'égyptologue de quelque chose. Un homme peut être habile à déchiffrer les signes d'un domaine mais rester idiot dans tout autre cas : ainsi Cottard, grand clinicien.

L'oeuvre de Proust est fondée sur l'apprentissage des signes, non sur l'exposition de la mémoire.

Le signe mondain apparaît comme ayant remplacé une action ou une pensée. Il tient lieu d'action.

La vérité n'est jamais le produit d'une bonne volonté préalable, mais le résultat d'une violence dans la pensée. A l'idée philosophique de méthode, Proust oppose la double idée de contrainte et de hasard. La vérité dépend d'une rencontre avec quelque chose qui nous force à penser, et à chercher le vrai.

C'est que le temps perdu n'est pas seulement le temps qui passe, altérant les êtres et anéantissant ce qui fut ; c'est aussi le temps qu'on perd (pourquoi faut)il perdre son temps, être mondain, être amoureux, plutôt que de travailler et de faire oeuvre d'art ?). Et le temps retrouvé, c'est un temps qu'on retrouve au sein du temps perdu.

Il y a des signes qui nous forcent à penser le temps perdu, c'est à dire le passage du temps, l'anéantissement de ce qui fut, l'altération des êtres.

"La femme médiocre qu'on s'étonnait de les voir aimer, leur enrichit l'univers bien plus que n'eût fait une femme intelligente". Il existe une ivresse que donnantes natures rudimentaires parce qu'elles sont riches en signes. Avec la femme médiocre aimée, nous retournons aux origines de l'humanité, c'est à dire aux moments où les signes l'emportaient sur le contenu explicite. Cette femme ne nous communique rien, mais ne cesse de produire des signes qu'il faut déchiffrer.

On ne sait jamais comment quelqu'un apprend ; mais, de quelque manière qu'il apprenne, c'est toujours par l'intermédiaire de signes, en perdant son temps, et non par l'assimilation de contenus objectifs.

"Je ne fus pas moins frappé de penser que les chefs-d'oeuvre peut être les plus extraordinaires de notre époque sont sortis, non du concours général, d'une éducation modèle, mais de la fréquentation des pesages et des grands bars".

"L'impression est pour l'écrivain ce qu'est l'expérimentation pou rle savant, avec cette différence que chez le savant le travail de l'intelligence précède et chez l'écrivain vient après".

Nous faisons déjà l'apprentissage des signes quand nous pensions perdre notre temps. Nous nous percevons que notre vie paresseuse ne faisait qu'un avec notre oeuvre : "Toute ma vie… une vocation".

Un amour médiocre vaut mieux qu'une grande amitié parce que l'amour est riche en signes, et se nourrit d'interprétation silencieuse. Une oeuvre d'art vaut mieux qu'un ouvrage philosophique car ce qui est enveloppé dans le signe est plus profond que toutes les significations explicites. Il y a "ce qui donne à penser".

Charlus est compliqué. Son génie est de retenir toutes les âmes qui le composent à l'état compliqué : c'est par là que Charlus a toujours la fraîcheur d'un commencement de monde, et ne cesse d'émettre des signes primordiaux. 

La vérité ne se livre pas, elle se trahit. Elle ne se communique pas, elle s'interprète, elle n'est pas voulue, elle est involontaire. Plus important que la pensée, il y a ce qui donne à penser. des expressions qui nous forcent à penser.

Il faut être doué pour les signes, s'ouvrir à leur rencontre, s'ouvrir à leu violence. L'intelligence vient toujours après. 

Hirschman, 'Les passions et les intérêts'


Les passions et les intérêts


"Supposer que les foules puissent agir à l'encontre de leurs propres intérêts, c'est supprimer toute sûreté dans les affaires humaines".
Le même raisonnement permettra à James Stueart de soutenir que chez le particulier, une conduite dictée par l'intérêt personnel est préférable non seulement au règne des passions mais même à un comportement vertueux. "Si les miracles se renouvelaient tous les jours, les lois de la nature cesseraient d'être des lois, et si chacun, négligeant son propre intérêt n'agissait plus que par esprit public, l'administrateur s'y perdrait. Si un peuple devenait totalement désintéressé, il serait impossible de le gouverner".

On reconnaissait dans la propriété une force impétueuse, illimitée. Et Proudhon lui assigne ainsi le rôle de pouvoir compensateur face à la puissance non moins terrifiante de l'Etat.

L'origine du capitalisme et ce qu'on lui demandait, c'était précisément de réprimer certaines impulsions et tendances. De façonner une personnalité humaine moins luxuriante, moins imprévisible et plus unidimensionnelle. C'était "l'inoffensive avarice". On demandait au capitalisme d'accomplir ce qui sera vu comme le pire de ses méfaits.
La critique romantique critique l'absence de passion, l'ordre bourgeois a perdu toute noblesse, tout mystère. Depuis l'attraction passionnée de Fourier, à l'aliénation de Marx, au refoulement freudien comme prix nécessaire du progrès du désenchantement wébérien.  Or ces passions étaient considérées comme de lourdes menaces.

Castel, 'Histoire des contraintes...'


Obsessions et contraintes intérieures

TOME I.

L'histoire des obsessions, c'est d'abord une lente convergence de deux motifs : la doctrine augustinienne du conflit inexpiable de la volonté et du désir (comprenant la transmission héréditaire du péché originel) et la métamorphose des pensées qui perturbent l'ascète en péchés par intention.

Culture de la culpabilité au Moyen Age : le mauvais oeil. Culture de la persécution : quand un mal survient, c'est toujours et par principe du dehors. C'est un mal qui m'a été voulu par un agent externe mauvais. L'extériorité du Mal organise le monde prémoderne. La civilisation lui a substitué la suspicion tournée vers soi : n'es tu pas responsable de ce qui arrive ? pose le moderne.

Les institutions se fondent différemment selon que les malheurs de chacun arrivent : par hasard, par nos propres fautes ou par la volonté méchante d'un autre. Protection et répartition sont différentes. Triomphe moderne de la conscience et déclin des procès en sorcellerie. Les relations inter-individuelles comptent pour savoir ce qu'on demande des institutions.

Le mauvais oeil, la volonté de trouver des responsables à toutes choses, c'est finalement une hyper rationalisation. Le mal va s'intérioriser : de la sorcellerie à la personne "possédée par le mal".

La pensée magique : penser le mal, c'est déjà le faire.

La Foi ? C'est espérer l'impossible. Ou, ne pas juger que l'impossible excède la puissance de Dieu.
Personne ne peut penser sans finir par penser à mal.

Quand on parle de self-control, on doit ainsi contraster l'ambition américaine (du self-reliance d'Emerson au self-achievement) de libération de soi et l'exigence britannique de domination de soi (moyen de distinction dans une société soucieuse de maintenir intacte sa stratification sociale).
L'Allemagne bismarckienne n'a jamais connu l'ivresse de l'expansion matérialiste sinon sous la forme du militarisme. Le matérialisme y fut toujours implicitement condamnée, en même temps que l'individualisme anglo-saxon et le cule de l'argent. L'éducation "romantique" à la Bildung humboldtienne s'oppose à l'éducation technique et résolument hostile aux humanités que dispensaient les universités. 

Pour Janet, les obsessions sont des déficits. Indicateurs négatifs de l'état normal du rapport à soi. Alors que l'obsédé freudien est un être énergique. Il refoule une pulsionnalité dont la face de perversité l'angoisse. 

La psychasthénie de Janet : Le sentiment d'incomplétude. Le sujet ne parvient pas à se rendre présent le réel auquel il se confronte, ni le réel pratique, social, ni sa propre réalité. Il est voué au sentiment de dédoublement du moi, tout en ayant conscience d'être double. "Mais est-ce bien moi qui suis ici ? Est-ce bien moi qui marche ? Et alors je fais des efforts inouïs pour d'appliquer ma conscience à cette inconscience pour me rendre bien compte que je fais les mouvements de la marche. Je suis conscient que je suis inconscient."

Folie du doute ou délire du toucher. 

"Rééduquer à la fonction du réel" dit Janet. C'est plus exigeant de croire en soi que de croire en Dieu.


TOME II.

Malaise de devoir se civiliser toujours plus. Puis-je assez retenir mes pulsions ? Comment expier correctement mes débordements ? Comment faire pour ne pas trop me retenir ni me châtier tellement que je devienne incapable de participer à la vie collective.

De l'autonomie-aspiration à l'autonomie-condition. Le monde du self-government généralisé, les individus n'ont plus besoin d'institutions tierces qui les émancipent ou qui les feraient accéder à l'autonomie. Ils sont ces institutions pour eux-mêmes. Ils les ont intériorisées - ce qui signifie que leur intériorité change de nature. L'autocontrainte, magnifique conquête en même temps que supplice moral.

Le père interdit au fils ce qu'il se permet et rend désirable. La triade : scrupulosité éthique, amour forcé d'autrui, hygiène excessive.

Lacan et Balzac : le père lui-même n'arrive pas à s'égaler à sa fonction symbolique. L'Oedipe n'est plus l'instance normalisante que Freud croyait. Ce sont les pères humiliés, des hommes soumis à un ordre économique, au rabotage de leur autorité.

Une individualité confrontée au phénomène obsessionnel du mur invisible : une voter isole le sujet de l'objet, lui laissant le sentiment odieux qu'il ne touche plus les choses réelles et vivantes, que les choses se dérobent à lui. (les héros de La nausée, de L'étranger etc.)

Le malaise d'être suprêmement civilisé ? Les péchés du père, même légendaires, et parfois du groupe entier des ascendants, s'avèrent ainsi plus lourds à porter que ceux du sujet. 

Du Bien auquel on devait tendre spirituellement de tout son être, il est resté le bien être. Autrement dit l'être pleinement-soi.

Il ne sera plus évident que la société existera, même comme adversaire, même comme une chose s'opposant à cette autre chose qu'est l'individu. Le stade suprême du self-government ce serait vivre sans conscience de la société. Je suis à moi-même mon Autre - telle est la formule de l'autonomie-condition.

Il n'y a plus de différence substantielle entre moi, sur-moi et moi-idéal. D'où la "fin des coupables".

jeudi 31 janvier 2013

Films jan 2013




4H44 - Ferrara
Last day of the world. A grotesque plot (ecological crisis and Al Gore and buddhists on TV). But the two characters are great. The presence of Skype all the time long is realistic. The only dialogue with the hero's brother is epic. Otherwise, pointless.

Profil Paysan, l'approche - Depardon
Depardon is coming close to peasants. It's less interesting than the last one (La vie moderne) because no one seems to be "pathetic" yet.

Foxfire - Cantet
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5*2 - Ozon
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Etre et avoir - 
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Urgence - Depardon
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Délits flagrants - Depardon
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Argo - Ben Afleck
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Journal de France - Depardon
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The Master - Paul Thomas Anderson
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The Sparrow - To
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Django Unchained - Tarantino
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The Bourne Legacy
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Zero Dark Thirty - 
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mercredi 16 janvier 2013

Variations sur Foucault, Elias, Boudon


Le pouvoir symbolique est-il à somme nulle ? Contrairement à la richesse disons "brute" qui se créée.
Effet symbolique du capital.
La question : les habitus comme "le corps vous force à agir" ne sont-ils pas rationnellement fondés ? (d'où le problème de l'hygiène chez Elias qui le fait remonter à des questions de distinctions contre des questions de santé publique).

Le capital symbolique n'est pas à somme nulle. Justement, il y a  une multiplicité de champs, et donc ainsi une plus grande possibilité d'être reconnu. Le capital symbolique fonctionne comme le capital financier : il se reproduit et s'accroit dans une société de plus en plus complexe.
Finalement, le socialisme a étendu ce qu'Elias avait perçu à propos de la société de Cour. Il a eu raison d'y voir le champ expérimental de notre futur modernité.
Désarmer les hommes. Faire reposer la logique sociale sur la soumission aux Roi pour le prestige. Aucune autre puissance que celle d'Etat qui décerne les tâches, les licences, les droits et les honneurs.
Des hommes construits par l'Etat (des apparatchiks partout !) lui devant tout, se sacrifiant pour lui (l'Etat crée sa justification).


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L'absence de transcendance chez l'homo economicus. Rothbard revenant sur la question du droit naturel pose à nouveau la question de la légitimité de l'Etat et de la neutralité anthropologique.
Avec l'utilitarisme, on quitte la conception politique de l'Etat. L'utilité remplace la question de la légitimité.
Tolérance des comportements déviants et pluriels chez les néolibéraux. La société disciplinaire tend vers une société sans déviance. (discours religieux).

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Un vrai marginal dans l'âme, aura toujours le secret désir de savoir ce qu'est être normal. D'où la proportion de créatifs qui s'adresse aux foules disant  : "je veux vous comprendre, je vous être pari vous, et le seul moyen c'est d'être un créateur".

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Interactionisme : on explique l'action par ses fins. (en finalité).
Déterminisme : on explique un comportement par des éléments antérieurs (causes).
Les outils de Marx sont une structure d'explication rationnelle (et non psychologique ou dia-chronique comme Mises le pense).

Foucault. Le lieu de la vérité, c'est bien le marché et non les cerveaux des économistes. Le Moyen Age voit dans le marché, l'établissement du "juste" (juste prix, lois).

lundi 31 décembre 2012

Films décembre 2012

The Philadelphia Story - Cukor
A pure pleasure. As usual.


Tabou - 
Not as great as I thought whilst I was going.

Main dans la main - Donzelli
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vendredi 30 novembre 2012

Films novembre 2012


Après Mai - Assayas
From excellent to cheesy… The whole thing is very unequal. I like the epoch, I like the tension people have to combine political and artistic activities. And I like the tragic end for all those stupids marxists of the 70' : sick, poor, abandoned, left alone with their ridiculous ideals etc.


Actrices - Bruno-Tedeschi
Quite a good one. Amalric and Louis Garrel play in it. Bruno-Tedeschi is splendid in this cliche of the tragic heroine. Some very intense and powerful scenes (when she tries to kill her mother,  when they talk in the bus with Louis Garrel, the character of Noémie Lovsky who falls in love with a 'gay' Amalric etc.). Very good surprise.

Un Homme, un vrai - Larieu
Just awesome. Magnificient, and long as it need to be. The end, at the airport, when they talk about themselves and how they found each other from the other part of the world : the private detective, the children, the 'voyage linguistique'… And the first part is really extreme, as usual in a realistic french movie : we've got a party, then they sing, then they clean with a background music etc. The second part is a pure drama : the writer in front of his very own incapacity because of his choice five years ago. I enjoyed so much so scene of 'escape by swimming' and then the 'waiting' on the beach, when Amalric tries to decide what could be the most sensible decision…. and when he thinks his mind is 'made', everything has to change because his wife has been faster. That's a legendary moment.

A Dangerous Method - Cronenberg
Not as bad as people said. I really liked the character of Jung and him being influenced by Otto Gross. The feminine character has a very difficult role through the movie, first absolutely neurotic and little by little she becomes normal - and finally reach the autonomy and the success when Jung is deadly affected by his incapability to work without Freud support etc. The time is very well given on the screen, and Freud is exemplary played by Mortensen. I really enjoyed the entire movie, which isn't slow nor cheesy, nor 'talkative'.


The Breakfast Club -
You take the five cliche of american's youth : the brain, the sporty, the rich girl, the desperate girl, and the violent anarchist boy. You put them in a room for a day, and at the end, they all have evolved thank to the mutual-learning they will share. That is the purpose of the movie. It's very pleasant to watch… even if there are some expected scenes, and some cliche. But the whole has a serious impact on me. I can understand it's a 'classic'. One could put a lot of classical sociology behind that movie: the roles people have are more complex that the simple appearance, even if the appearance as such is already quite an hint about his social condition. And, finally, (the rich girl says it) we all are totally 'locked' in our roles by the relations and acquaintances we have - and our social-network will not accept any change, any importation of a stranger to the community etc. Everybody shouts at her when she acknowledge that she won't say good-morning to them the next monday even if she does consider them as 'good friends' at the end of the day. It could also be interesting to analyze how different social background influence the way to speak: here it's the young criminal that starts socializing with the others, and they slowly start to talk, to share some of their experiences etc.

The Impossible - 
Concerning the huge tsunami in south-east Asia. Absolutely violent. 

Un Héros Très Discret - Audiard
Awesome. Especially the second part with Dupontel as a weird gay resistant, with a charisma that's gonna help the young hero to fool around.

Tiny Furniture - Lena Dunham
From the young director and actress who's directed the tv show 'Girls' in 2012. This movie uses already the actors and actresses will find in 'Girls'. But the movie, which can be seen as a prequel to 'Girls' isn't as funny and profound as that. It's more an addition of sequences without any strong logical links. And some really boring materials that are mixed with some really good insightful and originals characters (the sister, the old-friend Charlotte, the dude squatting her flat etc). Good cinematography though.


mercredi 31 octobre 2012

Films octobre 2012


Désiré - Guitry
Watch it again because we were talking about that. Wonderful.

Non ma file, tu n'iras pas danser - Honoré
Good french movie closer than i was expected to 'Un Conte de Noël'. Maybe it's only the beginning though - and without any comparison in the strength and all. Anyway. I like the character who decide to leave her family and ex-husband to find a way to deal with life - rather than keeping hurting her children in an indirect way. I like the sister and the brother, and Louis Garrel of course. And even the parents are a realistic picture of what it is not to love anymore but 'being use to live' with someone. Well really enjoyed the dramatic process, except the boy who's really not pleasant to see on the screen, everything matches. Mix of funny and dramatic scenes as well. Great.

Rapt - Belveaux
Watching that on the TV. Actually not that bad. About this rich and influential industrial-chief who's going to be kidnapped for two months. The relations between the family, the police, the press and his firm. When he's back everything has changed. Divorced and fired he's getting more and more isolated from the rest of the world.

Damsels In Distress - 
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Dans la maison - Honoré
Fabrice Luchini plays in it. He's delicious.

Intouchables - 
Much better than expected. It is not as hypocrite as I was imagining it. I like how the differences are exposed very explicitly between those two atmospheres: the rich bourgeois and the urban excluded african community. And it's a good illustration of France's interests are, the rich selfish upper-class and the poor-immigration. Nobody cares about the 'middle class', or the poor people who aren't coming from Africa. Otherwise, very funny and realistic, like the black guy is really stupid and sometimes it is actually too much -and sometimes it is right to say that the rich bourgeois are ridiculous comparing to this more 'natural' person. Bourdieusian issue between the easy-going life of the lower-class and the formalism and work-on-apparences of the upper-class.

Amélie Nothomb, documentaire - 
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Match Point - Allen
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Au galopt -
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Amour - Haneke
Good. Slow. Nice photography. Awesome faces of course.

jeudi 11 octobre 2012

N. Herpin - 'Socio de la consommation'


Sociologie de la consommation.


Isolement des foyers et ménages ouvriers : l'enrichissement des ouvriers permet d'acheter des logements plus spacieux. Confort moderne. Importance de la télévision pour 'retenir l'homme'.

Le gaspillage honore dans la classe de loisir. La mode qui met au rebut de façon précoce les produits, l'apparat qui réduit les capacités physiques des adultes. Compétition ruineuse et malsaine entre les foyers de cette classe. Mais cette classe apparaît à la classe travailleuse, comme 'parasitaire'. Or il n'y a pas de 'révolte' car cette consommation ostentatoire à une utilité sociale : la classe de loisirs répond à une attente des autres milieux sociaux. Les riches sont 'prisonniers' des attentes populaires. p.25.

Les milieux protestants allemands au début du siècle consomment peu. Peur de l'excès. Uniformisation de la vie. La pratique sportive est mal vue. Le loisir ne rapporte plus rien, il coûte.
La réussite professionnelle, c'est l'espoir d'être sauvé. La moyen n'est pas un moyen d'acheter son salut, mais de se délivrer de languisse du salut.

La maison bourgeoise est nécessaire pour recevoir et ainsi créer ou entretenir des relations de confiance. Baisse de la taille des maisons bourgeoise pour aller vers l'appartement. On préfère les déplacements touristiques à la villa de campagne. Faible fécondité et moyen d'espace pour élever une progéniture à sélectionner. Nouvelles conditions économiques changent les conditions de al compétition. Schumpeter voit un découragement des initiatives des capitalistes. Oubli des objectifs inter générationnels. Perte de toute dimension dynastique. p.33.


Comme la consommation ostentatoire chez Veblen, Bourdieu et sa distinction rencontrent un problème de constance dans la domination. La légitimé culturelle est censée convaincre les classe moyennes du bien fondé de leur situation subalterne. Pour une coordination docile. A chaque fois, on fait reposé la domination par la bonne volonté de la classe moyenne culturelle. Les études de Bourdieu serait fausses aux USA où la classe moyenne se détourne des valeurs puritaines de sobriété et d'épargne - pour souscrire à la morale de l'amusement. La sociologie historique montre l'importance de la classe moyenne dans la fixation des normes de conforts, à la fois dans les classes populaires et 'élevée'. p.41


Contrairement à l'école, à la justice… la consommation n'a pas de finalité collective spécifique (de 'stabilité sociale'. La consommation peut être un mécanisme régulateur, original et propre à la société industrielle. Stabiliser le système social. Renforce l'intégration interne des milieux sociaux. Contribue à l'acculturation des pulsations immigrées. Corrige certains dysfonctionnements institutionnels.


Le piano est un bien 'bourgeois'. Le fait d'acheter une voiture dans les USA des années 1960, c'est prendre un risque et s'endetter contrairement à la prudence rurale traditionnelle. p.49


"Les familles ouvrières sont désormais aussi bien enracinées à Middletown que les familles bourgeoises. LA croissance économique a bénéficié aux familles ouvrières relativement plus qu'aux foyers de la classe moyenne. Les emplois de la classe moyenne sont devenus plus vulnérables au chômage et ses conditions de travail plus pénibles.  L'aide domestique est devenue trop onéreuse."

Katz et Meyersohn (1956) théorisent la toquade (thé far).  Disques, films, livres, spectacles, sports ravivent ou créent des liens contribuant au moral de la population et à la paix sociale. Une toquade commence avec des fashion  feeders, puis des tastemakers (proustian characters), puis les pluralistic ignorance.


Détournement de la classe moyenne des luttes syndicales et politique. Donc dynamisant la production et stabilisant la société. Démobilisation politique du prolétariat. Comment se fait il que les foyers des travailleurs ne prennent pas conscience du fait qu'ils sont condamnés à n'accéder qu'à des produits inférieurs ? Mais n'est-ce pas l'Etat providence qui crée cette régulation plus que la publicité ?


L'élite a à gagner dans l'arrêt de la consommation ostentatoire. Marcuse : "Si l'ouvrier et son patron regardent le même programme de télévision, si la secrétaire s'habille aussi bien que la fille de son employeur… cette assimilation n'indique pas la disparition des classes. Elle indique au contraire à quel point les classe dominées participent aux besoins et aux satisfactions qui garantissent le maintien des classes dirigeantes."


Mais contrairement à ce que suppose Adorno, le message médiatique ne modifie pas les croyances du public. Les attitudes et les aspirations des milieux populaires ne sont pas modelées par le contenu idéologique des produits phares. Chaque société a vu dans Dallas des valeurs et des objets différents nous disent Katz et Liebes. Le décodage médiatique dépend donc des convictions antérieures. Les téléspectateurs sont partie prenante dans des conflits culturels enracinés dans l'histoire de leur propre collectivité. Il n'est pas fixé une fois pour toutes, ni par les scénaristes, ni les producteurs, lin la société américaine. p.68

Lazarfeld et Katz disent : les messages des sources expertes font moins autorité que ceux des partenaires ordinaires de la vie de tous les jours. On change d'avis après des contacts en face à face avec l'entourage, pas après un discours électoral.
L'influence personnelle est une imposition douce qui se produit dans le cours des contacts quotidiens. Critique des théories classiques de Tarde et Bourdieu sur le diffusionnisme : pas de diffusion de haut en bas. Force du contrôle social rapproché, poids des sanctions et des valeurs du réseau d'interconnaissance rapproché. Le comportement d'un individu n'est modifié par le message que si le contenu est validé par le groupe.


Le marketing n'a pas pour objectif d'orienter la subjectivité des consommateurs mais d'en comprendre l'orientation.

La population des conformistes se libère des problèmes de choix dit Simmel. Le conformiste fait l'économie d'imaginer d'autres conduites possibles. Le conformiste n'est pas le seul à soutenir son action. Le précurseur prend des risques lorsqu'il passe à l'acte. Les excentriques vont plus loin que la mode en cours, mais n'innovent pas comme le fait l'avant-garde. Cette accentuation précipite le déclin car elle rend perceptible le ridicule du mouvement de mode. p.89


Homogénéisation ou communautarisation des cultures en milieu urbain ? Les juifs vivant dans de grandes agglomérations sont moins religieux mais fréquent plus d'amis juifs que les juifs 'provinciaux' dit Fischer.






lundi 8 octobre 2012

Baudrillard, 'Amérique'


Notes sur Baudrillard, Amérique.


Miracle italien : celui de la scène. Miracle américain : celui de l'obscène. p.13

Pourquoi les gens vivent-ils à New York ? Aucune raison humaine d'être là, mais la seule extase de la promiscuité. Univers auto-attractif sans raison d'en sortir. p.21

L'Europe n'a jamais été un continent. Aux USA on sent la présence d'un continent entier, l'espace y est la pensée même. p.22
En Europe la rue ne vit que par accès, dans des moments historiques. Personne ne traine, ne vit dans les rues européennes. Comme dans les voitures européennes, trop petites pour y vivre. La ville européenne n'a pas d'espace, sinon un 'espace public'. La rue américaine n'a pas de moments historiques, elle est toujours mouvementée, vitale, cinétique. Mais il y a une virulence du changement. p.23.

Au coeur de la riches et de la libération : what are we doing after thé org y. Que faire quand tout est disponible.

L'intelligence de la société américaine réside tout entière dans une anthropologie des moeurs automobiles - plus instructives que les idées politiques.

L'exil et l'émigration ont cristallisé cette utopie matérielle du mode de vie, de la réussite, de la loi morale. La révolution en Europe a marqué par l'Histoire, l'Etat et l'Idéologie.
Deux types de crises : la notre c'est celle d'idéaux historiques en proie à leur réalisation impossible. L'américaine, c'est l'utopie réalisée confrontée à sa durée et à sa permanence. p.76

Nous ne pourrons comprendre l'absence de culture des américains. Comme le Tiers-monde ne pourra intégrer les valeurs démocratiques (et du progrès). Tout comme il échappe aux américains notre vision historique du monde.

Nous vivons dans la négativité et la contradiction, eux vivent dans le paradoxe. Humour pragmatique et paradoxal des américains, et subtilité de l'esprit critique français.

Chaque ethnie développe une culture compétitive aux USA. Une liberté de fait qui s'exprime dans la rivalité. La culture européenne a parié sur l'universel, et est en danger de périr par l'universel. Une culture une fois centralisée a du mal à créer des sous-ensembles viables, aussi bien qu'à s'intégrer à un super ensemble. p.82 

Le principe de l'utopie réalisée explique l'absence et l'inutilité de la métaphysique et de l'imaginaire de la vie américaine. Le réel n'est pas lié à l'impossible, aucun échec ne remet le remettre en cause.
Reprocher aux américains de ne pas savoir analyser et conceptualiser est un faux procès. C'est l'européen qui ne peut s'empêcher d'imaginer que tout culmine dans la transcendance, dans le concept. (le matérialisme est un concept en Europe, et un mode de vie aux USA). p.83

La banalité américaine sera toujours mille fois plus intéressante que la française. La banalité française est née du rejet de la quotidienneté bourgeoise, un maniérisme petit bourgeois qui s'est rétrécit depuis le XIXe siècle. Aux USA, désinvolture, indifférence aux valeurs qui touche à l'immortalité.

Rejet européen de la statistique, vu comme l'échec de l'individuel. Les américains vivent la statistique comme stimulation optimiste, la quantité s'exalte sans remords.
Les américains ne prétendent pas à l'intelligence, ne se sentent pas menacés par celle des autres. Leur mouvement naturel est d'approuver, voir de confirmer une analyse par des faits empiriques (qui enlève toute valeur 'conceptuelle'). L'européen approuve pour contester par la suite.


Absence de préjugé, pourquoi pas liée à une absence de jugement - meilleure que la lourdeur et la prétention française. Une serveuse américaine sert en toute liberté, sans préjugés. Les choses ne sont pas égales, elle ne prétend pas à l'égalité, l'égalité est acquise dans les moeurs.
Le garçon de café sartrien aliéné à sa représentation. Intellectualité malheureuse de son comportement. On se réfugie de la métaphore théâtrale de mimer l'égalité et la liberté.
Oubli naturel des statuts, aisance et liberté des relations. Elle paraît banale ou vulgaire. Et notre affectation est ridicule. p.91

On circule beaucoup sur les plages américaines, les français ont leur fief. Les américains n'ont pas de grâce aristocratique, mais ils ont l'aisance de l'espace, de ceux qui ont toujours eu de l'espace. L'aisance corporelle que donne la disposition de l'espace compense la faiblesse des caractères. Vulgaire mais easy.
Nous sommes une culture de la promiscuité. Nous sommes libres en esprit, mais eux sont libres de leurs geste.
Rien du label vacances tel qu'il a été inventé chez nous par le Front populaire : cette atmosphère démoralisante du temps libre arraché à l'Etat, consommé avec le sentiment plébéien et le souci théâtral du loisir bien gagné. La liberté américaine est spatiale et mobile.
La liberté et l'égalité comme l'aisance et la grâce n'existent que données d'avance. L'égalité est au départ et non à la fin. C'est la différence entre démocratie et égalitarisme. L'égalitarisme la suppose à la fin. p.92

"Democracy demands that all of its citizen begin the race even. Egalitarianism insist that they all finish even." p.92

Libéré n'est pas l'homme dans sa réalité idéale, dans sa vérité intérieure ou dans sa transparence - libéré est l'homme qu inchangé d'espace, qui circule, qui change de sexe, de vêtements, de moeurs selon la mode et non selon la morale. Qui change d'opinion selon les modèles d'opinion et non selon sa conscience. C'est la libération pratique. Les gens des pays totalitaires rêvent de ça : la mode, les modèles, les idoles, lieu des images, pouvoir circuler pour circuler, la publicité, le déchaînement publicitaire. L'orgie. Orgie de l'indifférence, de la déconnexion (OU DE LA CONNEXION PERSONNALISÉE ?) de la circulation.
L'Amérique a réussi cette révolution là, l'Europe a raté ses révolutions historiques, abstraites. Nous absorbons cette liberté pratique dans un mélange de fascination et de ressentiment. Nous traînons en Europe dans le culte de la différence, nous sommes donc handicapés par rapport à al modernité radicale, qui repose sur l'indifférence. Rien ne nous pousse à l'innovation extravagante, pour y trouver une liberté fantastique. p.95

Pas de culture de la culture. Beaubourg est impensable aux USA par l'absence de centralisation, et l'absence d'une culture cultivée. Culture anthropologique, dans l'invention des moeurs et du mode de vie. Les rues de New York sont plus intéressantes que les musées. Les biens culturels américains n'ont pas été "pomponné aux couleurs de al distinction culturelle". p.98
La culture, c'est l'espace, la vitesse, le cinéma, la technologie.
En Amérique le cinéma est vrai parce que c'est tout l'espace, tout le mode de vie qui sont cinématographiques. Cette coupure, cette abstraction que nous déplorons n'existe pas : la vie est cinéma. p.98

Si toutes nos valeurs, la culture, les musées, l'érotisme, la sociabilité… c'est qu'elles n'ont plus d'importance. Oui la Californie est le miroir de notre décadence, mais elle n'est pas décadente du tout, elle est d'une vitalité hyperréelle.

Pas de charme, pas de séduction. La séduction est ailleurs, en Italie. Ici pas de séduction mais une fascination absolue, celle de la disparition de toute forme critique et esthétique de la vie. Disparition du décor, mais des gestes et des corps et du langage. Habitus de l'européen : le pathos, la dramatisation de la parole, feintes du langage, charme esthétique, rhétorique de la séduction, du goût, du charme, de la contradiction, par l'artifice. Notre univers n'est pas désertique mais théâtral. Toujours ambigu. p.120







vendredi 5 octobre 2012

Mauss et le corps (et sur Bourdieu)


Parce que la sociologie assume que les agents ont eu raison de faire ce qu'ils ont fait, sans qu'on soit fondé à dire que le calcul rationnel des chances ait été au principe du choix. Ils n'accomplissent pas d'actes gratuits. (gratuit au sens de Lafcadio de Gide, la science n'a plus rien à dire, n'a qu'à se retirer).

Le capital symbolique a une base cognitive, qui repose sur la connaissance et la reconnaissance.

Si le désintéressement est possible, c'est si on se situe dans une société privilégiant (ou comprenant) une part de capital symbolique. Si un comportement désintéressé est récompensé, alors des habitus seront incorporés. Et un tel comportement sera 'possible'.

Chez Mauss le don est une 'suite discontinue d'actes généreux' dit Bourdieu. Chez Lévi Strauss, c'est 'une structure de réciprocité correspondante aux actes d'échanges'.

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Mauss et le corps.
Le corps est le premier et le plus naturel instrument de l'homme. Le plus naturel des objets techniques. Avant les techniques à instruments, il y a l'ensemble des techniques du corps.  "Regardons nous en ce moment nous-mêmes. Tout en nous tous se commande."

Exemples :
- la démarche des infirmières américaines va se retrouver quelques temps plus tard dans les rues de Paris. Mauss y voit l'influence du cinéma américain sur les démarches.

- les femmes ferment le poing avec le pouce à l'intérieur, les hommes avec le pouce à l'extérieur. Tout lancé de projectile est différent entre l'homme et la femme : plan horizontal et plan vertical.

- Techniques d'accouchements : la femme s'allonge en occident, elle reste debout en Inde, elle est à quatres-pattes ailleurs etc.

- Education au sang-froid. Mécanisme de 'retardement, d'inhibition de mouvements désordonnés'. Ce retardement permet une réponse ensuite coordonnée de mouvements coordonnés. Résistance à l'émoi.

jeudi 4 octobre 2012

Sur l'élégance - Balzac


Toutes les jambes ne sont point appelées à porter de même botte ou pantalon.

Sont en dehors de la vie élégante, les détaillants, les gens d'affaires et les professeurs d'humanité.

L'homme s'habille avant d'agir, de parler, de marcher, de manger : les actions qui appartient à la mode, le maintien, la conversation, etc., ne sont jamais que les conséquences de notre toilette. Nous subissons tous l'influence du costume. L'artiste en toilette ne travaille plus.

Le principe constitutif de l'élégance est l'unité.

Telle toilette annonce telle sphère de noblesse et de bon goût.

L'effet le plus essentiel de l'élégance est de cacher les moyens. Tout ce qui révèle une économie est inélégant.

Le dandysme est une 'hérésie de la vie élégante'.
En se faisant dandy, un homme devient un meuble de boudoir. L'homme qui ne voit qua l mode dans la mode est un sot.