vendredi 5 avril 2013

Quine, Bachelard, Kuhn



Quine.


Expérience de pensée dans Word and Object : la traduction radicale (d'un linguiste dans une autre langue). Y a t-il une bonne traduction ? Un accès au monde tel qu'il est ?

Le mythe de la signification c'est la croyance en un noyau commun à toutes les langues. La thèse de Quine de l'indétermination de la traduction en est une critique.
L'indétermination de la traduction ne dit pas que la traduction est impossible, mais multiple. Tout traduction demeure interne à notre langue, c'est immanent. 

Il n'y a pas d'exil possible en dehors du schème conceptuel. Le schème conceptuel de Quine est une critique du sens commun (tout comme chez Kuhn). Le langage de la science est associé à une idéologie (concepts, théories) et à une ontologie (objet).

Quine et Duhem sur le système du monde mis en oeuvre par les scientifiques qui donnent une interprétation des faits. Mais pour une observation, correspond plusieurs théories. Plusieurs systèmes du monde empiriquement équivalent mais logiquement incompatibles (comme deux manuels de traduction).

Le holisme : plusieurs choix possibles dans la modification du schème conceptuel dans l'histoire des sciences.
La sous détermination : coexistence de plusieurs thèses rivales empiriquement équivalentes.

Le jugement analytique chez Kant : vrai indépendamment des faits. Puis, chez Frege : dont la vérité est indépendante de chose de fait, et dépendant de leur signification seule. Quine s'attaque à l'analytique comme "logiquement vrai". 

Naturalisation de l'analycité : tout homme se fonde sur l'apprentissage d'une langue, et d'énoncés qu'il tient pour évident, c'est la nature sociale de l'analycité.
N'importe quel énoncé peut être tenu comme analytique, car on apprend à tenir pour vrai certains énoncés. Différence de degré dans l'analycité, qui dépend de l'universalité sociale d'un énoncé appris comme vrai.

En théorie on peut remettre notre logique même en cause, en pratique Quine ne le fait pas (car il faut prendre notre science au sérieux, et qu'il est difficilement concevable de remette nos jugements analytiques en cause). Quine naturalise la logique : d'analytique elle devient un instrument.

Pour Quine et Duhem, c'est impossible de concevoir un fait sans conceptualisation. L'expérience est d'emblée conceptualisée. Aucun énoncé n'est à l'abris de la révision, ni n'est immédiatement réfutable (le cas du tiers-exclu qui passe d'analytique à synthétique avec la mécanique quantique).

Gradualisme dans l'évolution des sciences commun à Popper et à Quine. Révision minimale pour garder un système familier. Une théorie réfutée est néanmoins reconnaissable dit Popper. Kuhn défend Quine et l'incommensurabilité des paradigmes : nous devons examiner les paradigmes en compétition à partir du notre (et c'est possible de le faire).




Bachelard et l'épistémologie française.



Le style français se forge contre Descartes, qui dit a priori ce que devrait être la science sans se préoccuper de la science telle qu'elle est. Contre la tentative cartésienne ou kantienne de fonder la science une fois pour toute.

Bachelard contre Meyerson, qui défend le continuisme en histoire des sciences. Bachelard pense que ce n'est pas au philosophe de fixer la science de façon a priori. La science arrive avant la philosophie. La science se place dans son histoire.

Bachelard attaque la théorie de la connaissance, ou la théorie de la méthode. La méthode change selon les domaines, et selon les expériences nouvelles.
Contre la distinction du sujet et de l'objet : "l'objet est la perspective des idées" (Bachelard). Foucault est contre la théorie du sujet, car l'histoire investit le sujet dans sa méthode.

L'épistémologie doit puiser dans l'histoire des sciences pour y trouver des réponses sur la vérité et l'erreur. Bachelard est un historiographe de la vérité.
L'histoire des sciences doit être normative, elle doit juger les sciences du passé pour découvrir la vérité en construction.
L'histoire est une suite de discontinuité chez Bachelard (de ruptures épistémologiques) : contre le continuisme de Meyerson, Duhem ou Comte. Bachelard étudie les mathématiques, plus sujet aux ruptures que la biologie étudiée par Canguilhem. 

L'obstacle épistémologique est inhérent à l'esprit humain. La pensée prend forme en buttant contre un obstacle. 

(Aspect régional de l'épistémologie chez Canguilhem et de l'archéologie de Foucault : ils s'intéressent à des continents, des régions, des espaces épistémologiques).

A la recherche d'une historicité de la rationalité contingente à un espace/temps donné sans tomber pour autant dans l'irrationalisme.
Canguilhem : "Il n'y a pas de vérité philosophique, la valeur de la vérité ne convient qu'à la connaissance scientifique". La philosophie c'est le lieu de compétition entre les différentes valeurs (de la science, de l'art, de l'éthique).

Foucault et le relativisme. Rorty dit que Foucault subordonne la vérité au pouvoir. Qu'il n'y aurait pas de libération via la vérité, que ça ne serait que le remplacement d'un régime de pouvoir par un autre. Foucault reconnaît pourtant que les sciences ne sont pas toutes en rapport avec le politique : la médecine est plus scientifique que la psychiatrie.




Popper et Kuhn.


Popper, le premier voit la science comme une théorie de la croissance scientifique, et non comme une théorie de la justification des énoncés.

Processus logique d'avant Kuhn : théorie -> hypothèse -> prédiction -> réfutation -> nouvelle hypothèse. Chez Popper, la science est cumulative, avec des relations logiques entre les étapes (tout comme chez Quine, il y a du reconnaissable qui reste).
Processus historique de Kuhn : science normale -> crise -> révolution -> nouvelle science normale. Chez Kuhn il n'y a aucune commune mesure entre la nouvelle science normale et celle qui précède la révolution.

L'incommensurabilité chez Kuhn : c'est la difficulté d'accès à la "science antérieure", à ses concepts, à ses termes centraux, à ses objets. La façon de voir le monde (Gestlatwitch) est différente entre les différentes étapes de la science, entre la science antérieure et la science normale.

Argument holiste chez Duhem puis Kuhn : l'avènement d'une nouvelle théorie équivaut à un changement dans l'usage et la signification des mots, et la traduction des lois précédemment admis dans ce nouveau langage. Les faits, les significations des termes et le monde vu dans une nouvelle théorie est un monde différent. Dépendance de l'expérience à l'égard de la théorie démythifie les procédés de la réfutation (Popper) et de l'expérience cruciale. 

Kuhn met en cause le statut même de la méthodologie : l'épistémologie n'est pas une discipline normative qui nous dit comment fonctionne la science en général. Ce fonctionnement est lui même interne au paradigme, et il y a un primat des paradigmes sur les règles.

Kuhn et Quine (incommensurabilité et indétermination de la traduction). Pour Kuhn l'accès à la science du passé n'est pas un travail de traduction, mais d'apprentissage et d'expérience.
Il faut rompre avec l'ancienne vision du passé des sciences disent Kuhn et Feyerabend : rompre avec l'épistémologie qui conçoit les théories du passé comme erreurs, et l'histoire comme succession de réfutations et de corrections, même provisoires.

Lakatos diverge de Kuhn (vision descriptive de la science) et s'intéresse à la croissance de la science : il veut reconstruire et rationaliser le processus scientifique. C'est une épistémologie normative qui sélectionne a posteriori les bons programmes et ceux en dégénérescence.




dimanche 31 mars 2013

Films mars 2013



Silver Linings Playbook
Very impressive. Good cinematography. The camera moves a lot. Made me think about Cassavets with those long sequences of people arguing in this typical living rooms of the american middle-class. Football matters a lot there, the father's crazy neurotic with his handkerchief's believe etc. The actress was already quite resourceful in 'WInter's Bone'. Here she succeeds not to be ridiculous playing a neurotic nymphomaniac and bipolar person. All the characters are touching, even the black guy who's escaping from the psychiatric hospital twice during the movie. 

À nos amours - Pialat
Good.

Cuisine et dependances -Jaoui-Bacri
Good.

Un air de famille - Jaoui-Bacri
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Au bout du conte - Jaoui-Bacri
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K-PAX -
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Spring Breakers.
Awesome. Cinematography and editing are experimental. Extremism everywhere: very similar to Gaspar Noe's 'Enter the Void' (the same photographer).

In Search for Sugar Boy
Documentary about this 'Rodrigues', pop singer of the 70's unknown in the US, and 'as classic as Bob Dylan' in South Africa.

Le Gout Des autres - Jaoui
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Les patriotes - Rochant
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Who's Afraid of Virginia Woolf -
Awesome.

Cloud Atlas -
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Le Mot de Cambronne - Guitry
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The Perks Of Being A Wallflower -
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The Hobbit - Jackson
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La vie ne me fait pas peur - Lvovsky
Pointless.

Dumb and Dumber -
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Paul -
Nerdy film. Pleasant.

Design for a living - Lubitsch
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Two Lovers - James Gray
Awesome. Great lesson of mise en scène.

We Own the Night - James Gray
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vendredi 29 mars 2013

Rothbard on Hoppe's ethics


By stressing self-contradiction in the arguments of non-anarcho-Lockeans, Hoppe has solved the age-old problem of generalizing an ethic for mankind.


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In order to come to a policy conclusion, I have long maintained, economists have to come up with some kind of ethical system. Note that all branches of modern "welfare economics" have attempted to do just that: to continue to be "scientific" and therefore value-free, and yet to make all sorts of cherished policy pronouncements (since most economists would like at some point to get beyond their mathematical models and draw politically relevant conclusions). Most economists would not be caught dead with an ethical system or principle, believing that this would detract from their "scientific" status.

And yet, remarkably and extraordinarily, Hans Hoppe has proven me wrong. He has done it: he has deduced an anarcho-Lockean rights ethic from self-evident axioms.

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In other worlds, Hans Hoppe has brought to political ethics what Misesians are familiar with in praxeology and Aristotelian-Randians are familiar with in metaphysics: what we might call "hard-core axiomatics." It is self-contradictory and therefore self-refuting for anyone to deny the Misesian action axiom (that everyone acts), since the very attempt to deny it is itself an action. It is self-contradictory and therefore self-refuting to deny the Randian axiom of consciousness, since some consciousness has to be making this attempt at denial.

Hoppe is interested, not so much in keeping the argument going, but in demonstrating that any argument whatsoever (including of course anti-anarcho-Lockean ones) must imply self-ownership of the body of both the arguer and the listeners, as well as a homesteading-of-property right so that the arguers and listeners will be alive to listen to the argument and carry it on.

By stressing self-contradiction in the arguments of non-anarcho-Lockeans, Hoppe has solved the age-old problem of generalizing an ethic for mankind.

A future research program for Hoppe and other libertarian philosophers would be 
(a) to see how far axiomatics can be extended into other spheres of ethics, or 
(b) to see if and how this axiomatic could be integrated into the standard natural-law approach. 

mercredi 27 mars 2013

Sen et les capabilités


Afin de corriger ce qu’il considère comme une approche inadéquate, Amartya Sen défend l’approche des capabilités, qui modifie l’évaluation de la justice en la fondant, non pas sur les biens sociaux premiers, mais sur les capabilités. Il souligne en particulier que l’approche rawlsienne ne permet pas, par exemple, de résoudre adéquatement le « problème » posé par un invalide5, ni de faire face aux différences dans les besoins de deux individus aux besoins ou au métabolisme différent. L’approche des capabilités vise essentiellement à corriger l’approche rawlsienne de la justice, en ne défendant plus simplement l’égalité des moyens (les biens sociaux premiers), mais l’égalité des possibilités effectives d’accomplir divers fonctionnements et d’effectuer certains actes.
Sen considère que la justice exige que les individus soient effectivement capables d’accomplir divers fonctionnements.

samedi 16 mars 2013

Les Prix Nobels. Jean-Édouard Colliard


Les Prix Nobels. Jean-Édouard Colliard

Herbert Simon. La décision n'est pas le fait d'un directeur unique et rationnel. Mais de différents membres de l'organisation disposant d'informations et de capacités de calcul limitées. Subjectivement rationnel.

George Stigler. La régulation des monopoles peut être inefficace. Economie de l'information : l'information peut être obtenue par les agents à un certain coût, il n'est pas optimal de chercher à obtenir une information parfaite.  On peut chercher l'information, mais on doit y mettre le prix. Les producteurs proposent donc, logiquement, des prix différents pour un même produits. Théorie de la capture : toute agence de régulation finit par servir lesintérêts des groupes qu'elle est censée réguler. (Stilger, 1971).

Gary Becker. Toute activité consomme du temps. Elle a donc un coût d'opportunité et relève de l'économie.

Douglass North. Les hausses de productivités ne viennent pas toujours que de la technique. Le commerce maritime, c'est par exemple la fin de la piraterie, qui rend possible les hausses de vitesses par des bateaux plus légers.  L'accumulation du capital n'est pas une source de croissance, mais une caractéristique d'une économie institutionnalisée apte à croitre. 

Robert Lucas. Les anticipations rationnelles, plus qu'une extension de la rationalité des agents, raffinent le concept d'équilibre. Lorsque les anticipations ne sont pas correctes, certains agent se sont trompés et auraient pu agir mieux., ce qu'ils devraient finir par faire. Il n'y a que lorsque les anticipations se réalisants que "rien ne bouge". Equilibre de long terme, où les agents ont eu le temps d'apprendre.
- Critique de Lucas : si les économistes estiment une relation empirique comme la courbe de Phillips, et que l'Etat mène cette politique, les agents réagiront à la politique, changeront leurs anticipations et leur comportement, et la relation empirique ne sera plus valide. 
- Méthodologie. L'économiste doit étudier une économie virtuelle peuplée d'automates rationnels, sans chercher un modèle réaliste. L'essentiel est que cette économie doit se comporter de manière similaire à une économie réelle.
- Paradoxe de Lucas. Le Pib/hab est plus élevé aux USA qu'en Inde. La productivité marginale devrait donc être plus élevée aux USA qu'en Inde. Investir en Inde devrait rapporter plus. Paradoxe : c'est l'Inde qui investit aux USA et non l'inverse. (Solution : ça "rapporte plus" à condition de consommer en Inde).

Michael Spence. A côté de la concurrence classique, les firmes se livrent à une concurrence hors prix (la qualité, la publicité), qui ne conduit pas à un équilibre car les prix ne convoient plus toute l'information nécessaire. Contre la version d'Hayek.
L'utilisation de signaux permet de révéler l'information, mais non sans coûts. Lorsqu'elle est impossible, le seul à pouvoir intervenir est l'Etat - non sans coûts, et à condition d'avoir les informations nécessaires.

Vernon Smith. L'économie comportementale étudie le comportement non rationnel d'agents isolés. L'économie expérimentale étudie l'interaction des agents. Les agents même imparfaitement rationnels convergent vers le même résulta que des agents parfaitement rationnels parce que la structure du jeu les y poussent. 

Leonid Hurwicz. Mécanisme : système dans lequel les agents envoient des messages entrée eux ou à un centre. Les contraintes d'incitations sont plus importantes que les contraintes de ressources

Le corps. François Dagognet.


Le corps. François Dagognet.


Avec le corps végétal, une partie du corps peut redonner le tout. C'est le bouturage.  "C'est moins le tout qui rassemble les parties et les coordonne, que plutôt une somme de parties qui s'agrègent d'autant mieux que chacune d'entre elles réfléchit le tout et lui équivaut." p. 10.
Avec l'animal, les parties sont tellement absorbées et fondues, elles perdent toute capacité émancipatrice. Le corps atteint l'unité.

Pour Satre. Le corps c'est ce qui me donne un point de vue sur le monde, en même temps qu'il est celui sur lequel on ne peut prendre aucun point de vue. Conscience non positionnelle de soi. 

Platon. La physiognomonie : tous les segments du corps répètent l'âme. Le visage particulièrement, résume et expose la tripartition de l'âme. La bouche, le pulsionnel. Le nez et les yeux, l'émotivité. Le front, la volonté. La physiognomonie, c'est la correspondance entre le sommet et le tout. 

Le corps liminal se situe à la jonction de l'extériorité et de l'intériorité. L'âme fait son corps. Le médiateur entre le Je et le monde. Ni intérieur, ni extérieur. C'est pourquoi l'âme se donne à voir, le corps la révèle.
"L'homme éveillé, celui qui sait, dit : corps suis tout entier et rien d'autre; et âme n'est qu'un mot pour désigner quelque chose dans le corps. En ton corps et il plus de raison qu'en ta meilleure sagesse." (Nietzsche).

La physiognomonie de Lavater : "le talent de connaître l'intérieur de l'homme par son extérieur, d'apercevoir par certains indices naturels ce qui ne frappe pas immédiatement".

jeudi 28 février 2013

Films février 2013


This Is 40 - Apatow
One of the best Apatow's ever. It's serious, dramatic. People argue, they're sad, they're making mistakes, huge ones. But it's sweet and adorable in the same time. I particularly like the characters of the two girls.

The Football Factory - 
Didn't even finish it. Good british accent though.

Ceux qui restent  - 
Starring Emmanuelle Devos and Vincent Lindon. Tiny french movie without any budget, few actors etc. The end is impressive and brutal : the woman is finally having her husband back (from a cancer) whereas the man becomes a widower after his wife's death. And tragically enough, the woman seems to be depressed and suffocating, when the man seems to be "free" and himself for the first time. Absolutely insane and beyond any moral code. Some weaknesses though: the family-scene isn't interesting ; the character of the step-daughter is entirely cliché.

Drive - 
A master piece. The hero goes around the supermarket in the same way as he tries to escape from the police - his attractive neighbor being the 'equivalent' of the policemen.

Camille redouble - Lvovsky
This is exactly what one could expect from a french contemporary auteur-style movie: a constant will to look for the esthetic of the past. Sort of a proustian quest for the memories to improve ourselves. I hate the character of Jean Pierre Léaud who doesn't succeed to play the 'old crazy wizard'. Podalydès is interesting, a pathetic looser in the fantasy of the future, of an 'apparition'. Otherwise, the youth isn't capture at all. The two parents are awesome in their stupidity and naïvety. A very good first scene of bust-up in the beginning.

21 Jump Street
An american teenage movie. Two cops infiltrate an high school. The new fashion has changed and the old nerd is now more popular than the stupid sporty guy. In the spirit of 'Superbad' even though less original.

Le prénom -
French comedy dealing with classics topics: clichés about right/left, teachers/estate agent, the gay who's actually in a couple with the old mother etc.

Astérix et Obélix Au Service de Sa Majesté
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De rouille et d'os - Audiard
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Sur mes lèvres - Audiard
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Les infidèles - Dujardin
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Un air de famille - Klapish
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dimanche 24 février 2013

Rilke, 'Lettres à un jeune poète'


Lettres à un jeune poète, Rainer Rilke.

Si tout ce qui est proche vous semble loin, c'est que cet espace touche les étoiles, qu'il est déjà très étendu. Personne ne peut vous suivre dans votre marche en avant. Soyez bon envers ceux qui restent en arrière, sûr de vous et tranquille en face d'eux. Ne les tourmentez pas avec vos doutes. Ne les effrayez pas par votre foi, par votre enthousiasme : ils ne pourraient comprendre.
Aimer en eux la vie sous une forme étrangère. Ne leur demandez pas conseil. Renoncez à être compris d'eux.

Le premier amour ne survit sif rot et si puissant dans votre souvenir que parce qu'il a été pour vous la premièr occasion d'être seul au plus profond de vous même, le premier effort intérieur que vous ayez tenté dans votre vie.

Si nous construisons notre vie sur ce principe qu'il nous faut aller toujours au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore étranger nous deviendra familier.

/

Sur la vie créatrice, de Bernard Grasset.

C'est un grand signe d'infortune que de sen sentir uniquement né pour faire. Faire, en ce sens, s'oppose à jouir. Un homme parfaitement heureux, ne créerait pas. 

Il est deux sortes de créateurs : ceux qui créent dans l'abondance et dans la joie. Ceux qui ressentent si durement la contrainte de créer qu'ils seraient portés davantage à parler du poids de l'inspiration qu'à s'abandonner à la leur.

Rilke : "Etre artiste, c'est croître comme l'arbre qui ne presse pas sa sève, qui récite, confiant, aux grands vents du printemps, sans craindre que l'été puisse ne pas venir."

Eprouvant toute vie comme la sienne, Rilke prête naturellement une âme à tout ce qui vit.

Sans doute se sentait-il récompensé dans chaque rencontre par la dépense qu'elle lui permettait. Si le besoin de donner est à la base de toute création, le créateur n'en ramène pas moins tout à soi-même.

samedi 23 février 2013

Benjamin, 'L'Œuvre d'art...'



L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique

Une statue de Venus est un culte chez les Grecs, est une idole maléfique au Moyen Age. Dans les deux cas, elle se présente de la même façon : "c'est son unicité, en d'autres termes : son aura".

Chez les Grecs, en raison de la technique, les oeuvres d'art prétendent à l'éternité. Notre situation est à l'exacte opposée.
Le film est l'oeuvre d'art la plus perfectible qui soit. Et sa perfectibilité va de paire avec son renoncement radical à l'éternité. L'art grec, tributaire de la production de valeurs éternelles, est un des arts les moins susceptibles d'être perfectionné. Une sculpture se créée, littéralement, d'un seul bloc.

Avec le développement exponentiel de la presse, et le 'courrier des lecteurs' s'est développée l'idée que pas un seul européen ne puisse publier une expérience professionnelle, une plainte, un reportage etc. Par là, la distinction entre l'auteur et son public est sur le point de perdre son caractère fondamental.

Le guérisseur et le chirurgien agissent respectivement comme le peintre et le cameraman :. Le peintre observe une distance naturelle par rapport à une réalité donnée ; le cameraman au contraire pénètre profondément dans le tissu du réel. L'image du peintre est un tout. Celle du cameraman une myriade de parties diverses assemblées selon une loi nouvelle.

Sloterdijk, 'Repenser l'impôt'


Repenser l'impôt.


L'Etat paternaliste de jadis et l'Etat matérialiste d'aujourd'hui se complètent pour former une irrésistible machine de tutelle et d'assistance.
Dès que l'on parle d'impôt, on part presque toujours aujourd'hui du besoin qu'en a l'Etat et l'on fait l'hypothèse dogmatique qu'il jouit d'une légitimité dans son rôle de preneur.

Dans 'Les deux corps du roi' : le fisc se prolonge après la mort du roi, la continuité de la fonction royale a un fondement dans la chose même.

Les exilés fiscaux demandent : au nom de quel contrat commercial ils "doivent" des sommes à la collectivité nationale.

Il n'existe pas de théorie valide de la justification des impôts, il n'existe que des chars d'économie financière et de droit fiscal, qui sont au fisc ce que les théologiens sont à la Trinité.

La réalité n'est-elle pas qu'about du compte, seule la peur nous attache les uns aux autres ?
La classe moyenne qui donne constitue aujourd'hui le noyau du principe du collectif.
Pour les auteurs d'extrême-gauche,  donnent volontairement et donner peu sont synonymes.

Avec la mondialisation les hommes se rendent compte que la Terre est une sphère, or sur une sphère, tous les poins peuvent être atteints depuis tous les autres.

On en devrait introduire le mot d'intérêt personnel qu'après avoir inculqué l'idée fondamentale de Nieztsche : l'égoïsme n'est souvent que le pseudonyme moral de nos meilleures énergies. La faculté qu'ont les hommes de s'insurger contre la activité et le fatalisme.

Nous préférons béatifier les pauvres que les millionnaires.

Après le 11 septembre, on peut reconstruire des tours facilement. Mais ce qui fut détruit ce fut la plastique narcissique collective. Difficilement composée, elle renaît par l'hystérie.

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CAPITALISME ET CLEPTOCRATIE. 
Le secret de la société bourgeoise tient dans la sanctification, pratiquée après coup, de la l'initiative violente. Ce qui commence comme une occupation est scellé par l'inscription au cadastre. L'arbitraire d'abord, ensuite sa reconnaissance juridique.
Au fond de l'irrespect révolutionnaire, on trouve la conviction que la présence antérieure des actuels propriétaires "légaux" ne signifie rien au bout du compte. Il n'y a qu'un pas de l'irrespect à l'expropriation. Toutes les avant gardes proclament qu'il faut reprendre de zéro la répartition du monde.
Après Rousseau, toute pensée économique devra prendre la forme d'une théorie générale du vol. D'où l'idée : le vol originel du petit nombre n'est compensé que par le contre-vol du grand nombre.
Des Etats modernes, dont l'infrastructure est entièrement achevée, réclament chaque année la moitié de tous les résultats économiques de leurs classes productives au profit du fisc sans aucune réaction. C'est le résultat d'un dressage politique  plus important qu'au temps de l'absolutisme. Cela ne s'explique que par les sentiments de culpabilité que notre culture morale tente d'insuffler à tous ceux qui ne sont pas pauvres. (p. 183).
Les improductifs vivent indirectement aux dépens des productifs d'une manière équivoque, de sorte qu'on leur dise et qu'ils le croient qu'on est injuste à leur égard et qu'on leur doit toujours plus.
Le pillage du futur par le présent. La main qui prend se sert de la vie des prochaines générations.

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Seuls les petits partis profitent de cette situation où les anciennes couleurs perdent leur valeur. Ils attirent le reste de l'ancienne libido politique. Parce qu'ils peuvent éviter l'effet de zone grise et aller présenter une thèse identifiable.

Aux USA, il y a une compétition dans le don philanthropique.
Rengaine de gauche : si ils ont quelque chose à donner, c'est qu'ils ont commencé par voler.
Sloterdijk, à propos des impôts qu'il doit : "Je ne considère pas que j'accumule chaque année des dettes considérables envers la société et que je dois les effacer pour ne pas encourir une peine." Comme si les personnes compétentes étaient punissables.

Dans l'histoire, les hommes ont intégré trois systèmes immunitaires : le rituel (intègre la mort), le droit (intègre les injustices), le système de défense biologique (intègre la maladie). Tous ces systèmes d'immunités (symboliques, politiques) crées par l'homme, très prévoyant.

A l'idée qu'un revenu de base universel pourrait libérer les talents, Sloterdijk répond : "Soyons réalistes : la créativité moderne est un effet secondaire de la volonté d'ascension et du stresse des intérêts de la dette."

vendredi 22 février 2013

L'exploitation chez H. Hoppe


Ce qui cloche, par conséquent, dans la théorie marxiste de l'exploitation est que celle- ci ne reconnaît pas le phénomène de la préférence temporelle comme catégorie universelle de l'action humaine7. Que le travailleur ne reçoive pas la "valeur totale" de son travail n'a rien à voir avec de l'exploitation mais reflète seulement le fait qu'il est im- possible à un homme d'échanger des biens futurs contre des biens présents sans payer un escompte. Contrairement à la situation de l'esclave et du maître où le second exploite le premier, la relation entre le travailleur libre et le capitaliste est avantageuse pour les deux parties. Le travailleur entre dans l'accord parce que, étant donnée sa préférence temporelle, il préfère moins de biens tout de suite à davantage plus tard ; et le capitaliste le fait parce que, étant donnée sa préférence temporelle, il a un ordre de préférences in- verse, qui place un plus grand volume de biens futurs au-dessus d'un plus petit maintenant. Leurs intérêts ne sont pas antagonistes mais harmonieux.



http://www.hanshoppe.com/wp-content/uploads/publications/Classe.pdf

jeudi 21 février 2013

Becker on Foucault


That is very important in Foucault’s game, because you can see in the text that what Foucault is searching for is a theory, a non-moral theory, and a non-juridical theory. The challenge is to be free from morality and from the law. And he finds, I think, the solution in the writings of the economists. That is a celebration of the economists’ work, of your work. You propose a theory of man, a vision of man, that is non- moral and non-juridical. And that is, for him at this time, in this project naturally, very important.

And to make economics not only a theory, not only an observation or an analysis of wealth, but to make the shift from wealth to human behavior—the shift from wealth to value—and to make economics a science of evaluation. How do people make evaluations? That is a question of value. Naturally, value is close to wealth, but value is more complex.

What is very interesting for him in this respect is to conduct an analysis of law, in respect of the enforcement of law, that implies that there are only power relationships. And the relation between the agent and the power is only a fight—a calculus—absolutely free of moral questions or juridical ques- tions.

IS HUMAN CAPITAL A FICTION?

I think that is very important because, for Foucault, the man you produce by the economic analysis is not real. He is a fiction. This fiction is interesting. This fiction created new pos- sibilities. This kind of fiction could be dangerous, but it could also be interesting. But it is a fiction.
Foucault could read in your work how the agent, in the economy, is always deciding, making decisions. And for Foucault, with his theory of power, it was very difficult to think how the subject decides: he is decided by power relations.
Foucault’s vision of power relationships and the vision of the decision in your the- ory could have been very fruitful.

-> I think human capital has been a great fiction. It’s not been an unchanging fiction, the fiction has changed over time, but it’s been a great fiction. I’m proud of it. [Laughter]. But yes, it is a fiction. Nobody would deny it’s a fiction. But you have to say, is it a useful fiction?
http://criticalinquiry.uchicago.edu/uploads/pdf/BeckerEwaldFoucault.pdf

dimanche 17 février 2013

Deleuze, 'Proust et les signes'


Proust et les signes



Apprendre, c'est d'abord considérer une matière, un objet, un être comme s'ils émettaient des signes à déchiffrer, à interpréter. Il n'y a pas d'apprenti qui ne soit l'égyptologue de quelque chose. Un homme peut être habile à déchiffrer les signes d'un domaine mais rester idiot dans tout autre cas : ainsi Cottard, grand clinicien.

L'oeuvre de Proust est fondée sur l'apprentissage des signes, non sur l'exposition de la mémoire.

Le signe mondain apparaît comme ayant remplacé une action ou une pensée. Il tient lieu d'action.

La vérité n'est jamais le produit d'une bonne volonté préalable, mais le résultat d'une violence dans la pensée. A l'idée philosophique de méthode, Proust oppose la double idée de contrainte et de hasard. La vérité dépend d'une rencontre avec quelque chose qui nous force à penser, et à chercher le vrai.

C'est que le temps perdu n'est pas seulement le temps qui passe, altérant les êtres et anéantissant ce qui fut ; c'est aussi le temps qu'on perd (pourquoi faut)il perdre son temps, être mondain, être amoureux, plutôt que de travailler et de faire oeuvre d'art ?). Et le temps retrouvé, c'est un temps qu'on retrouve au sein du temps perdu.

Il y a des signes qui nous forcent à penser le temps perdu, c'est à dire le passage du temps, l'anéantissement de ce qui fut, l'altération des êtres.

"La femme médiocre qu'on s'étonnait de les voir aimer, leur enrichit l'univers bien plus que n'eût fait une femme intelligente". Il existe une ivresse que donnantes natures rudimentaires parce qu'elles sont riches en signes. Avec la femme médiocre aimée, nous retournons aux origines de l'humanité, c'est à dire aux moments où les signes l'emportaient sur le contenu explicite. Cette femme ne nous communique rien, mais ne cesse de produire des signes qu'il faut déchiffrer.

On ne sait jamais comment quelqu'un apprend ; mais, de quelque manière qu'il apprenne, c'est toujours par l'intermédiaire de signes, en perdant son temps, et non par l'assimilation de contenus objectifs.

"Je ne fus pas moins frappé de penser que les chefs-d'oeuvre peut être les plus extraordinaires de notre époque sont sortis, non du concours général, d'une éducation modèle, mais de la fréquentation des pesages et des grands bars".

"L'impression est pour l'écrivain ce qu'est l'expérimentation pou rle savant, avec cette différence que chez le savant le travail de l'intelligence précède et chez l'écrivain vient après".

Nous faisons déjà l'apprentissage des signes quand nous pensions perdre notre temps. Nous nous percevons que notre vie paresseuse ne faisait qu'un avec notre oeuvre : "Toute ma vie… une vocation".

Un amour médiocre vaut mieux qu'une grande amitié parce que l'amour est riche en signes, et se nourrit d'interprétation silencieuse. Une oeuvre d'art vaut mieux qu'un ouvrage philosophique car ce qui est enveloppé dans le signe est plus profond que toutes les significations explicites. Il y a "ce qui donne à penser".

Charlus est compliqué. Son génie est de retenir toutes les âmes qui le composent à l'état compliqué : c'est par là que Charlus a toujours la fraîcheur d'un commencement de monde, et ne cesse d'émettre des signes primordiaux. 

La vérité ne se livre pas, elle se trahit. Elle ne se communique pas, elle s'interprète, elle n'est pas voulue, elle est involontaire. Plus important que la pensée, il y a ce qui donne à penser. des expressions qui nous forcent à penser.

Il faut être doué pour les signes, s'ouvrir à leur rencontre, s'ouvrir à leu violence. L'intelligence vient toujours après. 

Hirschman, 'Les passions et les intérêts'


Les passions et les intérêts


"Supposer que les foules puissent agir à l'encontre de leurs propres intérêts, c'est supprimer toute sûreté dans les affaires humaines".
Le même raisonnement permettra à James Stueart de soutenir que chez le particulier, une conduite dictée par l'intérêt personnel est préférable non seulement au règne des passions mais même à un comportement vertueux. "Si les miracles se renouvelaient tous les jours, les lois de la nature cesseraient d'être des lois, et si chacun, négligeant son propre intérêt n'agissait plus que par esprit public, l'administrateur s'y perdrait. Si un peuple devenait totalement désintéressé, il serait impossible de le gouverner".

On reconnaissait dans la propriété une force impétueuse, illimitée. Et Proudhon lui assigne ainsi le rôle de pouvoir compensateur face à la puissance non moins terrifiante de l'Etat.

L'origine du capitalisme et ce qu'on lui demandait, c'était précisément de réprimer certaines impulsions et tendances. De façonner une personnalité humaine moins luxuriante, moins imprévisible et plus unidimensionnelle. C'était "l'inoffensive avarice". On demandait au capitalisme d'accomplir ce qui sera vu comme le pire de ses méfaits.
La critique romantique critique l'absence de passion, l'ordre bourgeois a perdu toute noblesse, tout mystère. Depuis l'attraction passionnée de Fourier, à l'aliénation de Marx, au refoulement freudien comme prix nécessaire du progrès du désenchantement wébérien.  Or ces passions étaient considérées comme de lourdes menaces.

Castel, 'Histoire des contraintes...'


Obsessions et contraintes intérieures

TOME I.

L'histoire des obsessions, c'est d'abord une lente convergence de deux motifs : la doctrine augustinienne du conflit inexpiable de la volonté et du désir (comprenant la transmission héréditaire du péché originel) et la métamorphose des pensées qui perturbent l'ascète en péchés par intention.

Culture de la culpabilité au Moyen Age : le mauvais oeil. Culture de la persécution : quand un mal survient, c'est toujours et par principe du dehors. C'est un mal qui m'a été voulu par un agent externe mauvais. L'extériorité du Mal organise le monde prémoderne. La civilisation lui a substitué la suspicion tournée vers soi : n'es tu pas responsable de ce qui arrive ? pose le moderne.

Les institutions se fondent différemment selon que les malheurs de chacun arrivent : par hasard, par nos propres fautes ou par la volonté méchante d'un autre. Protection et répartition sont différentes. Triomphe moderne de la conscience et déclin des procès en sorcellerie. Les relations inter-individuelles comptent pour savoir ce qu'on demande des institutions.

Le mauvais oeil, la volonté de trouver des responsables à toutes choses, c'est finalement une hyper rationalisation. Le mal va s'intérioriser : de la sorcellerie à la personne "possédée par le mal".

La pensée magique : penser le mal, c'est déjà le faire.

La Foi ? C'est espérer l'impossible. Ou, ne pas juger que l'impossible excède la puissance de Dieu.
Personne ne peut penser sans finir par penser à mal.

Quand on parle de self-control, on doit ainsi contraster l'ambition américaine (du self-reliance d'Emerson au self-achievement) de libération de soi et l'exigence britannique de domination de soi (moyen de distinction dans une société soucieuse de maintenir intacte sa stratification sociale).
L'Allemagne bismarckienne n'a jamais connu l'ivresse de l'expansion matérialiste sinon sous la forme du militarisme. Le matérialisme y fut toujours implicitement condamnée, en même temps que l'individualisme anglo-saxon et le cule de l'argent. L'éducation "romantique" à la Bildung humboldtienne s'oppose à l'éducation technique et résolument hostile aux humanités que dispensaient les universités. 

Pour Janet, les obsessions sont des déficits. Indicateurs négatifs de l'état normal du rapport à soi. Alors que l'obsédé freudien est un être énergique. Il refoule une pulsionnalité dont la face de perversité l'angoisse. 

La psychasthénie de Janet : Le sentiment d'incomplétude. Le sujet ne parvient pas à se rendre présent le réel auquel il se confronte, ni le réel pratique, social, ni sa propre réalité. Il est voué au sentiment de dédoublement du moi, tout en ayant conscience d'être double. "Mais est-ce bien moi qui suis ici ? Est-ce bien moi qui marche ? Et alors je fais des efforts inouïs pour d'appliquer ma conscience à cette inconscience pour me rendre bien compte que je fais les mouvements de la marche. Je suis conscient que je suis inconscient."

Folie du doute ou délire du toucher. 

"Rééduquer à la fonction du réel" dit Janet. C'est plus exigeant de croire en soi que de croire en Dieu.


TOME II.

Malaise de devoir se civiliser toujours plus. Puis-je assez retenir mes pulsions ? Comment expier correctement mes débordements ? Comment faire pour ne pas trop me retenir ni me châtier tellement que je devienne incapable de participer à la vie collective.

De l'autonomie-aspiration à l'autonomie-condition. Le monde du self-government généralisé, les individus n'ont plus besoin d'institutions tierces qui les émancipent ou qui les feraient accéder à l'autonomie. Ils sont ces institutions pour eux-mêmes. Ils les ont intériorisées - ce qui signifie que leur intériorité change de nature. L'autocontrainte, magnifique conquête en même temps que supplice moral.

Le père interdit au fils ce qu'il se permet et rend désirable. La triade : scrupulosité éthique, amour forcé d'autrui, hygiène excessive.

Lacan et Balzac : le père lui-même n'arrive pas à s'égaler à sa fonction symbolique. L'Oedipe n'est plus l'instance normalisante que Freud croyait. Ce sont les pères humiliés, des hommes soumis à un ordre économique, au rabotage de leur autorité.

Une individualité confrontée au phénomène obsessionnel du mur invisible : une voter isole le sujet de l'objet, lui laissant le sentiment odieux qu'il ne touche plus les choses réelles et vivantes, que les choses se dérobent à lui. (les héros de La nausée, de L'étranger etc.)

Le malaise d'être suprêmement civilisé ? Les péchés du père, même légendaires, et parfois du groupe entier des ascendants, s'avèrent ainsi plus lourds à porter que ceux du sujet. 

Du Bien auquel on devait tendre spirituellement de tout son être, il est resté le bien être. Autrement dit l'être pleinement-soi.

Il ne sera plus évident que la société existera, même comme adversaire, même comme une chose s'opposant à cette autre chose qu'est l'individu. Le stade suprême du self-government ce serait vivre sans conscience de la société. Je suis à moi-même mon Autre - telle est la formule de l'autonomie-condition.

Il n'y a plus de différence substantielle entre moi, sur-moi et moi-idéal. D'où la "fin des coupables".

jeudi 31 janvier 2013

Films jan 2013




4H44 - Ferrara
Last day of the world. A grotesque plot (ecological crisis and Al Gore and buddhists on TV). But the two characters are great. The presence of Skype all the time long is realistic. The only dialogue with the hero's brother is epic. Otherwise, pointless.

Profil Paysan, l'approche - Depardon
Depardon is coming close to peasants. It's less interesting than the last one (La vie moderne) because no one seems to be "pathetic" yet.

Foxfire - Cantet
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5*2 - Ozon
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Etre et avoir - 
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Urgence - Depardon
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Délits flagrants - Depardon
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Argo - Ben Afleck
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Journal de France - Depardon
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The Master - Paul Thomas Anderson
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The Sparrow - To
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Django Unchained - Tarantino
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The Bourne Legacy
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Zero Dark Thirty - 
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mercredi 16 janvier 2013

Variations sur Foucault, Elias, Boudon


Le pouvoir symbolique est-il à somme nulle ? Contrairement à la richesse disons "brute" qui se créée.
Effet symbolique du capital.
La question : les habitus comme "le corps vous force à agir" ne sont-ils pas rationnellement fondés ? (d'où le problème de l'hygiène chez Elias qui le fait remonter à des questions de distinctions contre des questions de santé publique).

Le capital symbolique n'est pas à somme nulle. Justement, il y a  une multiplicité de champs, et donc ainsi une plus grande possibilité d'être reconnu. Le capital symbolique fonctionne comme le capital financier : il se reproduit et s'accroit dans une société de plus en plus complexe.
Finalement, le socialisme a étendu ce qu'Elias avait perçu à propos de la société de Cour. Il a eu raison d'y voir le champ expérimental de notre futur modernité.
Désarmer les hommes. Faire reposer la logique sociale sur la soumission aux Roi pour le prestige. Aucune autre puissance que celle d'Etat qui décerne les tâches, les licences, les droits et les honneurs.
Des hommes construits par l'Etat (des apparatchiks partout !) lui devant tout, se sacrifiant pour lui (l'Etat crée sa justification).


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L'absence de transcendance chez l'homo economicus. Rothbard revenant sur la question du droit naturel pose à nouveau la question de la légitimité de l'Etat et de la neutralité anthropologique.
Avec l'utilitarisme, on quitte la conception politique de l'Etat. L'utilité remplace la question de la légitimité.
Tolérance des comportements déviants et pluriels chez les néolibéraux. La société disciplinaire tend vers une société sans déviance. (discours religieux).

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Un vrai marginal dans l'âme, aura toujours le secret désir de savoir ce qu'est être normal. D'où la proportion de créatifs qui s'adresse aux foules disant  : "je veux vous comprendre, je vous être pari vous, et le seul moyen c'est d'être un créateur".

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Interactionisme : on explique l'action par ses fins. (en finalité).
Déterminisme : on explique un comportement par des éléments antérieurs (causes).
Les outils de Marx sont une structure d'explication rationnelle (et non psychologique ou dia-chronique comme Mises le pense).

Foucault. Le lieu de la vérité, c'est bien le marché et non les cerveaux des économistes. Le Moyen Age voit dans le marché, l'établissement du "juste" (juste prix, lois).

lundi 31 décembre 2012

Films décembre 2012

The Philadelphia Story - Cukor
A pure pleasure. As usual.


Tabou - 
Not as great as I thought whilst I was going.

Main dans la main - Donzelli
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