dimanche 31 août 2014

Août 2014


L'été en famille. Drôle d'impression. On ne sait jamais. La seule chose nous rapprochant de ces gens, c'est le temps. L'absence d'inhibition par rapport à eux, c'est le temps passé et à venir. Pourquoi se sentir mal à l'aise lorsqu'on travaille sur plusieurs dizaines d'années. Pourquoi en vouloir à des gens pareil ? Ils nous ont vu grandir. Ils nous ont bercé. Ils peuvent recomposer une chaîne de causalité nous concernant qui, si elle est fausse, n'en a pas moins une certaine valeur, une épaisseur en tout cas. Épaisseur des expériences vécues. Toujours pouvoir rappeler le passé. Je passe mes journées à rappeler le temps passé comme pour faire réaliser aux anciens que moi, je le sais, je suis conscient du quart de siècle qui s'est écoulé si rapidement. Une minute seulement aux yeux de l'humanité. Et quoi les téléphones portables, l'Internet. Toujours ils veulent se défendre. Trop vieux pour tout balancer. Tout remettre en cause et avouer leur grotesque.

Au bar de Rodez. Une absence de vouloir vivre. Comment croire qu'on puisse changer le monde d'ici. Et pourtant, n'est pas notre rêve depuis la terre de Vulaines. Nous faux banlieusards à l'esprit tordu. De Paris à Vulaines, enfants, nous avions du mal à réaliser que nous franchissions plus qu'un périphérique. Que nous allions d'un siècle l'autre.

L'enfance puis notre formation fut celle du : ne jamais rien prendre comme donné. Ni le logos, ni les hiérarchies.

Si l'avant gardiste est une certaine ferveur transcendée par l'art vis à vis de la disruption à venir, alors les transhumanistes sont les prochains. 

Horreur des Perpendiculaires. Leur vacuité et leurs jeux me dépriment. Il n'est pas temps de s'amuser avant d'avoir vu les choSes. Et ce n'est pas l'inverse. Jamais. Jamais ce n'est : découvrir et percevoir par l'expérience et la fête. Toujours dans l'autre sens. Découvrir d'abord de façon scientifique, protocolaire. Puis seulement ensuite accepter une certaine relativisation, un goût du détachement et de l'illogisme presque pour approfondir une vision première. Il ne faut pas confondre. 

     /// Juillet 014 ///
Comprendre qu’une femme ne puisse pas être sauvée. J’ai voulu, moi aussi, sauver ma soeur, mais je m’aperçois qu’elle est comme ma mère. Or je ne m’obstine pas à changer ma mère, car j’en connais ses limites. Ma soeur n’a donc aucune vocation à être sauvée, et peut être est-ce dans l’ordre des choses. En arrêtant aujourd’hui ma quête, et pour me consoler, je devrais me satisfaire de m’être confronté à la brutalité du QI. Pourquoi s’obstiner à sauver un être de sa pente naturelle, puisqu’en le deviant artificiellement par trop de bousculades et de violence, je risquerais d’en altérer la volonté de chuter à son rythme. Or qu’est-ce que la dépression si ce n’est l’inclinaison malheureuse d’un être dans une direction qui ne lui était pas premièrement destinée. Plus je violente ma soeur en la traitant comme l’être libre qu’elle n’est pas, plus je risque de contrarier son plan de vie, et je me perds en martelant trop fort la pente qu’elle fut censée suivre, si bien qu’elle m’en voudra un jour d’avoir rendu sa traversée bien pénible, pleine de fossés et de monticules qu’il m’eut fallu savoir inadéquats à son tempérament. 

mardi 24 juin 2014

Films hiver 2013/été 2014

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Novembre :

Margot at the Wedding - Baumbach (2007)
Few boring - and unclear and unnecessary - sequences. The process of the story more generally is awesome. With some bergmanian scenes at the end. Complementary actresses.

The Royal Tenenbaums - Anderson
.***

As Good as it Gets -
.Nicholson as a neurotic writer getting cured thanks to an eccentric waitress.


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Décembre :

Les Chansons d'Amour - Honoré
.***

De Battre Mon Coeur S'est Arreté - Audiard
.**

Alien - Scott
.**

Don Jon - Gordon-Levitt
.**

Jaws - Spielberg
.*


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Janvier :

The Last Temptation of Christ -
.** Strong moments between Jésus and Judas, and Jésus and Madeleine. The first speeches of Jésus are ridiculous though.

Casse-tête chinois - Klapish
.*

Nymphomaniac - Trier
.** Beautiful construction of a tryptic at the end of the first-part, between three kind of lovers which each of them being compared to a 'voice' in classical beethoven chorus.

Wolf of Wall Street - Scorcesse
.** Funnier than expected. Johan Hill is hilarious.

Fruitvale Station -
Such a caricature of the nice and way-to-perfect black guy dominated in a white-dominant society. So many clichés that it becomes grotesque.

In The Soup - 
.*

Les derniers jours du monde - Larrieu
** Better than expected. Cleary a houellebecq-like movie. Awesomely well organized for such a complex and hard-to-believe story.

L'amour est un crime presque parfait - Larrieu
Pointless and annoying.

La fille du 14 juillet -
.** Fresh and burlesque. Lots of funny gags we don't see anymore. Globally annoying after the first - and surprising - 20 minutes.

2 automnes, 3 hivers - Betbeder
.

Un monde sans femmes - Brac
.

12 years a slave - McQueen
Very far from the intensity and complexity of the first two movies. McQueen didn't write the script and it's obvious.

Somebody Up There Likes Me - Byington
Indie american comedy (produced by Why Not). Usual trouble of that kind of movie: good ideas and fantastic actors but the script isn't dynamic enough not to get bored at the end.

Jeune et Jolie - Ozon
.**



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Février :

Bancs publics - Podalydès
.* Even worst than I'd remember.

Le vent se lève - Myazaki
.**

Her - Spike Jonze
.**

Liar Liar -
.* Jim Carrey, a talented lawer, can't lie. A remarriage comedy.

It's Kind of a Funny Story - Fleck
.**

Jeanne et le garçon formidable - 
Awesome songs. Ledoyen's magnificent.

Grand Budapest Hotel - Wes Anderson
A pure pleasure to watch.

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Mars :

Guillaume et les garçons - Galienne
Pathetic. How is that considered as 'a movie'?

9 mois ferme - Dupontel
Not one single funny scene. Clichés only.

Dallas Buyers Club - Vallé (2013)
***

Ce qu'il restera de nous - Macaigne (2011)
Weird.

Cléo de 5 à 7 - Varda
***

Scream -
**

Wrong Cops - Dupieux
.***

La naissance des pieuvres -
. *

Enough Said -
. *

La bataille de Solférino - Triet
.*****

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Avril :

Gerontophilia - LaBruce
. **

Computer Chess - Bujalski (2013)
.***

Your Sister's Sister - Shelton (2011)
.*** Less and less interesting. But awesome first part.

Humpday - Shelton (2009)
. **** The exact application of Your Sister's sister to another topic. Three characters, the confusion between homo and heterosexuality. And, of course: what does the question of having a child imply concerning commitment in a relationship?

The Descendants - Payne (2011)
.**

Beau-père - Blier (1981)
.**

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Mai :

Oslo 31 August - Trier (2011)
**** It is not, as it is said, a film about the "last day of a drug addict": much more than that, it's the day of a guy who's decided to commit suicide. The result is awesome: characters explaining how rubbish their lives are, the unimportance of partying etc.

Reprise - Trier (2006)
*** Very similar to “Les amitités maléfiques”: two young writers, the most talented one is too crazy to achieve a proper “work”, the second his humble, an hard-worker and will through exile will find himself.

Me And You And Everyone We Know - July (2005)
.**


The Future - July (2011)
.

Husbands and Wives - Allen (1992)
.***

Godzilla -
.** Not that bad for a blockbuster

Juin :

Au Galop - (2013)

Deux jours, deux nuits - Dardenne (2014)
Hopefully they didn't get the Palme for it…

The Grand Budapest Hotel - Wes Anderson (2014)

Arman hors saison - Betbeder (2013)


Un amour de jeunesse - Hansen Love (2013)

lundi 23 juin 2014

Chante le rock électrique - Yves Adrien

Les teenagers préfèrent le bubblegum au marxisme. C'est heureux. En 1972, on a redécouvert le trip teen et son implication première, l'éphémère. Les mots "engagement", "rigueur", "lucidité " font bâiller leur utilisation/existence est désormais aussi désuète que l'était devenue celle du terme british blues il y a deux ou trois ans. Fatigués d'écouter des prêcheurs attardés (Mao-Mayall, même combat...), les Enfants électriques ont chaussé des bottes et escarpins à hauts talons dorés, gagnant ainsi en taille ce qu'ils avaient perdu en illusions. Et, dans les librairies de Saint-Michel, on se débarrasse vite fait des encombrants volumes d'analyses militantes pour se racheter les premiers Little Richard chez Specialty. Awopbopaloobopalopbam-boom. Le processus, on le sait, n'est pas neuf : une période de puritanisme (ici le gauchisme) engendre presque immanquablement une recherche outrancière de jouissance, d'éclatement, de "libération". La disgrâce actuelle dudit gauchisme résulte d'une méconnaissance des lois régissant le monde teen : elle est l'aboutissement normal de cette incapacité des militants à percevoir/devancer les fantaisies des kids. Â trop répéter que le rock était une musique aliénante, les vieillards en battle-dressse sont coupés de son public. Imposer ne suffit pas toujours à séduire. Il nous faudra, la prochaine fois, des politiciens érotiques.

http://paris70.free.fr/je-chante-le-rock-electrique.htm

dimanche 15 juin 2014

Pouvoir Pastoral chez Foucault

Et, pour commencer, quelques mots sur ce pouvoir pastoral.
On a souvent dit que le christianisme avait donné naissance à un code d'éthique fondamentalement différent de celui du monde antique. Mais on insiste en général moins sur le fait que le christianisme a proposé et étendu à tout le monde antique des nouvelles relations de pouvoir.
Le christianisme est la seule religion à s'être organisée en Église. Et en tant qu'Église le christianisme postule en théorie que certains individus sont aptes, de par leur qualité religieuse, à en servir d'autres, non pas en tant que princes, magistrats, prophètes, devins, bienfaiteurs ou éducateurs, mais en tant que pasteurs. Ce mot, toutefois, désigne une forme de pouvoir bien particulière.
1) C'est une forme de pouvoir dont l'objectif final est d'assurer le salut des individus dans l'autre monde.
2) Le pouvoir pastoral n'est pas simplement une forme de pouvoir qui ordonne; il doit aussi être prêt à se sacrifier pour la vie et le salut du troupeau. En cela, il se distingue donc du pouvoir souverain qui exige un sacrifice de la part de ses sujets afin de sauver le trône.
3) C'est une forme de pouvoir qui ne se soucie pas seulement de l'ensemble de la communauté, mais de chaque individu particulier, pendant toute sa vie.
4) Enfin, cette forme de pouvoir ne peut s'exercer sans connaître ce qui se passe dans la tête des gens, sans explorer leurs âmes, sans les forcer à révéler leurs secrets les plus intimes. Elle implique une connaissance de la conscience et une aptitude à la diriger.

lundi 11 novembre 2013

Malraux contre les professeurs

Lors de l'élection présidentielle de 1974, il soutient le gaulliste Jacques Chaban-Delmas contre François Mitterrand et contre Valéry Giscard d'Estaing. Son apparition dans une émission télévisée où il est censé appuyer Chaban-Delmas se révèle désastreuse : il semble dire que la télévision rendra les enseignants inutiles, ce qui fait perdre à Chaban-Delmas les voix des enseignants gaullistes199. Lors de cette campagne, il déclare : « Politiquement, l'unité de l'Europe est une utopie. Il faudrait un ennemi commun pour l'unité politique de l'Europe mais le seul ennemi commun qui pourrait exister serait l'Islam199. »

http://ilikeyourstyle.net/2013/11/07/l-hallucinante-prophetie-dandre-malraux/

jeudi 31 octobre 2013

Films octobre 2013

Les conquérants - Demy/Podalydès
Rubish.

Step Brothers - 
Will Farrel and his friend destroy everything of what the cliché of what the upper-middle american family is about.

Noah - Cederberg & Woodman (2013)
Awesome.

Brief Interviews With Hideous Men - Krasinski (2009)
Interesting. ***

La vie d'Adèle - 
.***

Cherchez Hortense -
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This is the end - Seth Rogen
A comedy where all the characters play themselves in the holywoodian sphere (but ending in an ugly way: the Apocalypse with zombies and monsters).

La faute à Voltaire -
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L'esquive -
.***

Hotel Chevalier - Wes Anderson
.****

Bottle Rocket - Anderson
.**

Gravity -
.***

Fantastic Mr. Fox - Wes Anderson (2009)

.**

dimanche 8 septembre 2013

Lectures SF

Sur Ginsberg
Dire qu'il faut découvrir de nouvelle porte de la perception avec des drogues, c'est gentil. Mais il faudrait aussi chercher à découvrir les portes de la raison. Car c'est ça l'arnaque. De faire croire qu'on découvre des trucs avec les drogues alors qu'on s'est rarement intéressé au pouvoir de la raison elle même.  D'accord pour le psychédélisme mais il faut aussi etre assez curieux et hippie pour chercher ou tend la raison et la logique. Alors on respectera les hippies.

David Foster Wallace
À propos de l'impact de la Tv sur l'audience. Et de l'évolution depuis des années. L'audience s'est améliorée for sûre. Et plus personne ne regarde la Tv. Donc la Tv n'est plus l'outil merveilleux pour les écrivains que décrit d f wallace.  
Il est d'ailleurs intéressant de se demander quel a été le relais de la Tv pour les écrivains de la génération internet. La Tv pouvait être perçue comme la voie et la représentation de la société. Mais avec internet on sait que c'est faux. Plus personne ne regarde la TV, ou disons que c'est très biaisé. Les médias ne forment aucune conscience de rien. Ce n'est pas en regardant la TV qu'on sait ce que les gens pensent... Mais plutôt on y apprend ce que la TV pense Que nous pensons. Et la question : qui est la TV mérite donc d'être posée. 

Arendt, On Revolution
Proudhon dit le premier : il faut imaginer une révolution en permanence. 
Les révolutionnaires du 18eme sont d'abord des contre-révolutionnaires qui  veulent d'abord restaurer un vieux régime politique qui dysfonctionne. 

jeudi 5 septembre 2013

Aphorismes des autres (2013)

Quelle différence entre un universitaire et un artiste ? L'artiste est névrosé par le nouveau. L'universitaire par l'approfondissement de la cohérence.

"C'est quand l'homme construit une morale, quand il édicte le Bien que cet homme est radicalement pécheur" (Jacques Ellul). "Ce que dit Jésus dans les Évangiles n'est pas de l'ordre moral, mais existentiel" (Jacques Ellul).

Le libéralisme est une gestion de la solitude, une conséquence moral à la volonté de rester un sujet. Qui est encore assez humble pour ça ? (Kitscho)

XP : Ce que les socialistes reprochent à la société de consommation et à l'Entertainment, c'est de s'abstenir de toute propagande au service de la société de consommation et de l'Entertainment. Ils disent en substance "les sociétés ouvertes refusent de se battre, ils ne veulent pas nous affronter sur le terrain du bla-bla universitaire, du bourrage de crâne et de la chasse aux déviants, ils poussent même la provocation jusqu'à nous laisser les insulter dans leurs facs et dans leurs médias."

J'ai tellement souffert dans mon enfance et je suis tellement surpris d'être encore en vie que je suis d'un optimisme incurable.

La famille, la transmission, les enfants qui vont voir les vieux pendant les grandes vacances... Mais encore faut-il que les vieux veuillent bien faire le boulot, c'est à dire qu'ils prennent les enfants pour des adultes, au moins l'espace d'une conversation... Qu'ils se comportent en modernes, en soixantuitards, sommes toutes... L'attachement au modèle patriarcal, celui au sein duquel l'enfant doit par principe le respect aux anciens, c'est la plupart du temps une arnaque qui permet aux vieux de ne pas se donner la peine de transmettre.

Qu'est ce donc que l'activité philosophique si ce n'est pas le travail critique de la pensée sur elle même. Et si elle ne consiste pas, au lieu de légitimer ce qu'on sait déjà, à entreprendre de savoir comment et jusqu'où il serait possible de penser autrement. (Foucault, cité in "Michel Foucault", de Didier Eribon).

Comme aurait pu le dire Henry Ford, si on avait interrogé les algorithmes et les données pour savoir ce que les clients voulaient, les Big Data auraient répondu “un cheval plus rapide” : elles n’auraient pas inventé la voiture !
La politique est une passion de sous-développée. Dans un pays avancé, les gens sont incapables de citer les noms de trois ministres.

Voir tout, supporter beaucoup, corriger une chose à la fois, comme disait saint Bernard.

La somme des intérêts particuliers fait l'intérêt général, et la somme des ambitions collective forme un grand destin collectif...Elvis Presley fait de la musique pour draguer les filles, et il invente le rock n'roll, la moitié d'une civilisation.

Katherine Ellison dit : “chaque âge a été un âge de l’information”.

La recette est simple: la sociale-démocratie, marxisme financé avec les sous du capital, sainte ni-touche qui paie ses factures en faisant des passes, ne laisse que le choix entre des arrivistes pourris jusqu’à la moelle ou des haineux qui n’ont d’yeux que pour les barbelés. L’un est obligé de bouffer l’autre à un moment ou à un autre.
Quand officiellement, vous vivez déjà très bien des impôts des contribuables et que vous-vous percevez comme un « serviteur », pourquoi seriez-vous gêné de toucher en direct du fric d’un de ces contribuables, sans le déclarer? vous voyez ça comme une sorte d’impôt supplémentaire.

Ajoutons que l’augmentation générale du niveau de vie provoque une diminution réelle des inégalités:
Dans une rue, vous avez un SDF qui survit avec 400€, un salarié qui vit avec 2000€, et un type qui palpe 20000€.
Si on a une vision purement comptable, le salarié à 2K€ est beaucoup plus proche du SDF que de son voisin riche. Dans la réalité, son confort de vie est bien plus proche du plus riche que du plus pauvre…

« A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s’accroître en compensation. Et le dictateur (à moins qu’il n’ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d’encourager cette liberté-là. Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l’influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort. » Aldous Huxley.

« Je ne vais pas me forcer à lire ce qu’on n’a pas été contraint d’écrire » 

mercredi 4 septembre 2013

Films août 2013


Oh Boy - Jan Ole Gerster
.* Disappointing. Slow. Without any climax, nor any proper evolution of the character. 

Monsieur Verdoux - Chaplin
.** The view of Bazin is essential to appreciate the movie -which isn't that brilliant in itself. Verdoux being the opposite of Charlot (socially over-adapted when Charlot is under-adapted).

Limelight - Chaplin
.**

500 Days of Summer -
.*

Jobs -
.** Impressing performance of the actor. And it wasn't easy to play Jobs: inappropriate and antisocial behavior plus a proper smart guy.

The Spectacular Now - 
.*

Frances Ha -
.*** Second time. In The Mission district of SF. As much pleasure as the first time. The moments of Frances traveling (Sacramento and Paris) gave me a better impression this time. And the better understanding made it funnier from time to time (the dinner and Frances' confession).

Crazy Stupid Love - Glenn Ficarra
.

Blue Jasmine - Allen
.**

Notes et commentaires, année 2013



Définir la classe moyenne en termes d'antagonismes. La classe moyenne, c'est celle qui ne bénéficie d'aucun avantages de l'Etat in fine.

La culture comme marchandise. Il faut bien une sélection à un niveau ou à un autre. L'Etat peut faire le choix à la place des consommateurs. Reste la question de la légitimité pour donner le droit d'exister à une oeuvre.

L'élite, c'est ceux qui restent au pouvoir quoi qu'il arrive. Ceux qui ne sont déstabiliser par rien. De Gaulle, DSK, Berlusconi etc. Il faut penser aux intellectuels et aux médias : qui sont ceux qui y restent, et ceux qui sont vite écartés ?

Comment un type qui fait l'ENA peut-il représenter un français moyen ? Son corps et son esprit sont à l'opposés l'un de l'autre.

Se forcer à réfléchir à la polygamie comme institution en pays primitif et chez nous. Et à ces conséquences.

La pensée, c'est une affaire d'équilibre entre des visions extrêmes : ne jamais percevoir de conflits nul part… ou ne percevoir que ça. Donc la bonne pensée, ça ne s'apprend, c'est une question d'instinct, d'équilibre.

Tu fais semblant de lire, pour ne pas avoir à me parler. Tu lis contre moi. (cf. l'homme qui aimait les femmes).

Le carcan et le nécessaire d'une époque viennent du futile d'autrefois. Corrolaire : le carcan de demain prend sa source et est à chercher dans la dite superficialité d'aujourd'hui. Toute orthodoxie fut une hérésie. D'où le cimetière d'aristocratie de Pareto.

Zagdanski dit : Les images et le cinéma détruisent la concentration de l'esprit. Et font de nous des zombies. Mais le livre fait tout autant travailler une relation de pouvoir symbolique que le film -plus accessible en outre. Le livre est donc plein de domination dans sa relation aux lecteurs… et la relation au texte est tout au moins aussi chargée de domination, d'aliénation que la relation à l'image.

Il est faux de croire que la relation entre l'écrivain et le lecteur est plus proche que celle du réalisateur et du spectateur.

L'homme d'esprit voit loin dans l'immensité des possibles. Le sot ne voit guère de possibles que ce qui est. (Diderot)

La difficulté, c'est la combinaison. Le génie se trouve dans cette zone inconnue entre l'autisme et la curiosité. Toujours aller plus lion dans la nouveauté et en obsédé par cela. Ne voir la vie qu'à travers un filtre déformant. Peintres, écrivains, scientifiques… 

Les immigrés juifs allemands réfugiés aux USA et qui critiqueront toute leur vie l'impérialisme et la 'dictature' américaine… comme Brecht. Ils rappellent la faune immigrée en France qui s'insurgent contre leur pays d'accueil.

Il faut comparer les salons des Lumières en France, et la Californie comme haut lieu de la création informatique et technologique. L'esprit éclairée se diffuse ainsi toujours plus à l'Ouest. Une seule forme d'intelligence, avec des modalités différentes.

Ne pas crainte la détestation, mais l'indifférence.

Le libéralisme c'est un corpus d'institutions qui s'adaptent aux chocs. Plus que des institutions qui seraient stables comme le décrit Hayek. D'où le rôle de la rhétorique pour défendre et expliquer la teneur des chocs. 


L'Occident c'est minoritaire à l'échelle de l'humanité. C'est l'inverse du régime qui a toujours eu tous les pouvoirs etc. L'histoire de l'Occident c'est la lutte du marginal contre la norme (le tribalisme). 

Plutôt que les théories de la justice. Il faudrait réfléchir à : pourquoi et comment une société légitime la réussite des uns et des autres. Comment explique t-elle la reproduction. Donc un travail sociologique plutôt que philosophique. 

Bourdieu, en communiste tribal, décrit une société qu'il défend lui même. C'est à dire immobile, socialisée et égalitariste. Avec une reproduction institutionnalisée comme seule une société étatiste peut en créer. 

Concours. Quel jeu entre les étudiants pour impressionner, pour travail sur l'égo bashing ou boosting. Ici on adoube 30 personnes par an. Élitisme sur onze heures de temps.


Derrida qui détruit la notion de vérité est plus dangereux pour l'université que le manque de subventions. 


Quels sont les pires endroits du monde moderne ? Mcdonald ? Non, mais plutôt les salles de classes, les quartiers sont perfusions étatiques etc. 

Au cours d'une excursion, celui qui accepte d'aider l'autre se retrouve tout seul avec pour tâche de finir la "quête" du premier. (Cf l'épisode de Girls s02e06). 

Le charisme comme obligation ontologique de parler. 

Lister les choses qui ne sont plus possibles aujourd'hui dans les comédies romantiques.

Il y a des réflexes émotionnels comme il y a des réflexes musculaires. Et ça s'appelle un corps.

Il y a "collectivité" lorsque l'ensemble des corps crée une institution qui ressemble de près à l'institution que chaque corps est pour chacun individuellement. 

Un type fait croire qu'il écrit des livres sous pseudonyme, volant la vedette d'écrivains bien réels.

Raconter une fine séquence de vie à travers les perceptions des personnages témoins. Travail entre Quenau et les descriptions phénoménologique de Sartre. 

Les gens asociaux et timides ont leur méchanceté à eux. Sous prétexte de manque d'ouverture de l'autre et du conformisme des "jeunes"... Il ne s'adaptent ni ne s'ouvrent non plus. 

Zélie : "non mais si je l'ai lu l'évangile selon saint Luc. Non mais j'ai pas fini en fait. C'est chiant." " ça gêne quelqu'un si je me met en pyjama. En vrai ça changé quelque chose ou pas". 

Hirschman : Keynes à libère les princes de contraintes qu'on avait posé depuis Montesquieu. 

Bourdieu dit qu'il n'y a pas d'adéquation entre les espérances subjectives et les plans objectifs de la société.

Un type séduit une fille en la décrivant au téléphone devant elle. 

La dépense publique gâche de la richesse en tant que telle. Mais elle détruit une somme considérable de richesse potentielle (celle que les économistes mathématiciens aiment calculer) par les comportements socialiste que les dépenses publiques engendrent. 

mercredi 31 juillet 2013

Films juillet 2013


Greenberg - Baumbach
.**

Frances Ha - Baumbach
.****

Jeff Who Lives at Home - Duplass
.**

Hannah Takes The Stairs -Swanberg (2007)
.***

Nights And Weekends - Gerwig (2008)
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Funny Ha Ha - Bujalski (2002)
.**

The Squid and the Whale - Baumbach (2005)
.*** Awesome 'Me and mom versus you and dad' at the very beginning (black screen). And then the tennis yard, the father beating his wife through the game.

A History of Violence - Cronenberg
.** Awesome cinematography.

Jules et Jim - Truffaut
.**

Before Midnight - Linklater
.***

2 Days in New York - Delpy
.*

Vertigo - Hitchcock
.**

Rear Window - Hitchcock
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mercredi 10 juillet 2013

L'art à l'état gazeux, Michaud


Yves Michaud.

Plus il y a de beauté, moins il y a d'oeuvres d'art. Ou, moins il y a d'art, plus l'artistique se répand partout. 

L'art, c'est l'effet produit. Il y a effacement de l'oeuvre au profit de l'expérience. 

Le designer s'occupe du cadre de vie, de l'espace vécu et des ambiances. Ce qui s'inscrit bien ans le processus de passage de l'art à l'état gazeux.

Duchamp. C'est la conception procédurale de l'art. Il ne dépend plus d'une essence, mais de procédures le définissant.

Les passéistes se trompent deux fois : l'art qu'ils regrettent est partout. Et le monde de l'art contemporain n'existe déjà plus.

Le postmodernisme est le moment de la fin des grands récits. Libération "n'importe quoi" ?


Nicolas Bourriaud.

Depuis Duchamp, l'artiste est l'auteur d'une définition. Ce qui compte, c'est le regard porté par l'artiste sur un objet.

Selon Greenberg, l'histoire de l'art constitue un récit linéaire, téléologique, à l'intérieur duquel chaque oeuvre du passé se définit par sa relation à celles qui la précèdent et celles qui la suivent.

jeudi 4 juillet 2013

Cahier de notes, année 2012-2013




Opposition entre ceux défendant la société comme nature morte pour mieux la comprendre, la diriger, (imposer une valeur symbolique intemporelle… sur demande de stopper l'histoire, d'immobiliser les valeurs là où elles sont). Les autres défendent l'évolution instable. Les révolutionnaires veulent une révolution pour mieux atteindre cet état de "point-mort", pour enfin contrôler tout ce qui ne bouge plus - à commencer par les innovateurs.

De la recherche du bien à la recherche du bien-être.

"Je fais tout mal" : le pêcheur du Moyen Age. "Je fais tout bien" : l'obsédé d'aujourd'hui.

Ce qui reste de l'enfance dans l'adulte est révélateur des contraintes.

La cinéma onirique se détruit lui-même, car le cinéma est déjà de l'ordre de l'onirique en tant que tel.

Aller "loin dans l'observation de son Moi" pour que ce moi cesse d'être le leur.

L'Autre : amplification du moi réel de l'auteur. L'authenticité du moi servant de modèle pour l'écrivain.

S'entourer d'hommes pour qui la vie courante est drôle, supportable.

Toute religion est une aide-à-mourir. Le Vatican perd son pouvoir lorsqu'il se fait l'ami de tous, le juge impartial. Il faut qu'il choisisse son camp pour retrouver sa gloire d'antan.

Les hommes ont besoin d'enveloppes, au sens sphérique. (Sloterdijk)
L'immunologie chez Sloterdijk. La vie humaine intègre trois degrés de systèmes immunitaires. Rituels contre la mort ; le droit contre le risque ; la médecine contre la maladie. Une théorie de la défense créatrice.

Debray. À propos de Truffaut : "On rentre pas en art par l'escalier d'honneur, la porte de service rend plus créatif".
Pleure-t-on aujourd'hui ailleurs qu'au cinéma ?
Le journal intime reste plus que l'épopée en vers. L'ordinateur permet de regarder des films en monteur indélicat.

Dagognet : "On trouve d'avantage l'homme à l'extérieur de lui-même qu'en lui-même".

Benjamin. L'art grec, de par sa technique, devait prétendre à l'universel.
Le cinéma, qui est reproductible à chaque étape de sa production, est incessamment susceptible d'être perfectionné (au contraire des grecs, qui ne perfectionnent plus l'oeuvre achevée).

Héraclite : "Les éveillés ont un monde commun, et les dormeurs, chacun le leur".

Changer l'homme, c'est possible lorsqu'on croit que tout est social. Il suffirait de changer l'éducation et l'homme changerait. Or ça ne marche pas.

Proudhon pose la question : qui vole qui ?, en théorie politique.

Le marxisme est mort en même temps que la libération du savoir. Sur le modèle du mall américain, il faudrait des universités qui concentrent tous les savoirs qu'on pourrait rencontrer par hasard.

Question essentielle du politique : pourquoi et comment l'élite décide d'amoindrir son pouvoir ?

Acemoglu dit que les institutions et la politique crées les incitations. Mais rajoute que "c'est pas facile de transporter une institution dans un pays". Bien sûr, puisque les institutions sont dans des corps.

L'Etat a tué l'art en donnant à manger à tout le monde.

Kahneman. S'intéresser au point de référence pour tout problème social. La dynamique de la richesse part d'un point. Posséder ou non un bien nous fait l'estimer différemment. L'aversion à la perte est plus importante que l'utilité à l'acquisition.

La télévision, c'est la masse éclatée mais massifiée encore plus. (Michaud)

Penser les rapports d'une élite à l'histoire. Son utilisation de l'histoire pour asseoir une légitimité. Dynamisme et circulation des élites.

Revel. Les intellectuels sont plus encore éloignés des politiciens dans leur discours Les politiciens ont l'idée qu'ils pourront être jugés un jour. D'où une fine responsabilité. L'intellectuel n'est pas responsable, devant personne, de la responsabilité de ses paroles, d'où l'extrémisme de certains (Duras, Russel). 

vendredi 28 juin 2013

Films juin 2013


The Hangover 3 -
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The Hangover 2 - 
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Manhattan - Allen
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La vita è bella - Begnini
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Before Midnight - Linklater
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Before Sunset - Linklater
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samedi 8 juin 2013

Libéralisme et autocontrole (essai)


Le liberalisme, c'est une question de controle immanent.
Génealogiquement, ne pas chercher les origines ni dans une pensée, ni dans une domination politique, ni dans un meilleur system juridique... Mais dans une intériorisation du contrôle de soi.
Peu importe les droits de propriétés si il n'y a pas de respect-croyance pour ça (situation coloniale). Il faut intérioriser des réponses adéquates aux institutions données pour les rendre utilisables (puis optimales).
Intérioriser ses normes, pour ne plus avoir besoin d'une autorité supérieure. Intérioriser les incitations économiques, tout comme la gène et les pulsions violentes.
Le libéralisme, c'est donc un mode de gestion des pulsions, une économie affective particulière.
Par définition, il n'y a pas de phénomène social complexe que le libéralisme entendu comme l'intériorisation d'un ordre social, une substitution du pouvoir central par un contrôle intérieur. D'abord entre l'individu et la hiérarchie, puis entre pairs, puis intérieurement.
Passage d'un autocontrole stratégique a une intériorisation incorporée dans le petit d'homme (occidental).
La Culture et ses relations à l'intériorisation. L'art primitif montre l'inconscient primitif : forme exponentielle, figuratif. L'histoire de l'art montre le degré d'intériorisation des relations aux autres. L'art abstrait témoigne d'une conceptualisation hors-de-ma-perception. Abstraire car j'intériorise autrui dans ma perception. Autrui devient autorité, des lors je peux abstraire.
Art abstrait a partir du moment ou l'on sent autrui en soi.
D'ou ça vient ?
- Non pas d'une domination ou d'une distinction. La volonté de distinction ne peux pas expliquer une telle force dans l'histoire.
- Ce n'est pas non plus une tendance naturelle. Trop téléologique.
- Est ce seulement et simplement Aléatoire ? Non car l'occident a tout crée d'un coup. L'intériorisation, le libéralisme donc, vient en même temps que l'économie politique, la théologie, la science expérimentale... Comment donc trouver une explication a partir de l'intériorisation pour TOUS ces phénomènes culturels.
Tout l'occident née de l'idée que le meilleur parc humain serait compose du moins de gardiens possibles... Tandis qu'en Chine on cherche le plus de gardiens.
Who watch the Watchmen? Deux temps : d'abord la Constitution (ils se contrôlent eux même par le politique) puis l'Autocontrole (pas besoin de Watchmen)... C'est d'ailleurs les Warchmen et non les individus qu'il faut contrôler...
La tache du politique fut d'abord de contrôler les individus (esclaves) puis devient petit a petit de contrôler (de limiter leurs actions) les gardiens eux mêmes.
Nous m'avons pas assez théoriser le second stade de la théorie politique.
L'autocontrole vient de la volonté de s'abstraire du Pouvoir central. C'est une lutte bourgeoise contre LE Politique comme phénomène illégitime et transcendant.
Le libéralisme est le seul mouvement anti-autoritaire. En ce qu'il ne substitut aucun représentant au Pouvoir.
Lutte anti autoritaire. Pas de pouvoir alternatif. Mais une intériorisation du pouvoir pour ne plus dépendre d'une autorité supérieure. Le libéralisme comme égoïsme certes, mais surtout comme égocentrisme : il n'y a que dans l'individu que le Pouvoir peut être le moins autoritaire.
Incorporer des relations de contrôle, c'est détruire toute légitimité a un Ordre Naturel ou Immuable. Plus besoin d'Etat se disent les bourgeois, donc plus de cette domination illégitime et grotesque (pas de légitimité a réclamer l'impôt).
D'abord, on pense que les autres doivent contrôler, que le contrôle devrait être entre pairs (institution totale, humiliation, étiquette a Versailles, rôle de la famille etc.).
Puis on s'aperçoit qu'on peut modeler l'homme de telle façon qu'il se contrôle lui-même... tout seul dans son coin, que non seulement le regard d'autrui est le meilleur moyen de contrôle... Mais que l'intériorisation d'Autrui en soi, c'est possible et ça marche bien.
Des lors... pourquoi la Tradition si les pairs ne sont pas importants en tant que tels, mais en tant qu'ils sont intériorises.
Donc : (1) passage du libéralisme comme anti-royalisme, (2) puis bourgeois-traditionnel (l'Empire des autres, des exemples, des Grands Hommes, des cercles, des sectes, du pouvoir immanent et castrateur), (3) puis au liberal-libertaire qui se libère de TOUT, littéralement, puisque ni l'Autorité, ni les Autres extérieurs ne sont utiles...
Individualisme et égoïsme strieriez car tout seul, nous faisons vivre Autrui en ce qu'il nous contrôle (par le regard, la violence etc.).
A quoi bon les Autres, si la seule fonction du social (immanence du Pouvoir donc du conformisme minimal poire vivre-ensemble) nous la pratiquons mieux (a moindres couts) par nous-mêmes sur nous-mêmes.
Le libéralisme, initialement, devait être un moyen de remplacer la monarchie par le petit-groupe, pour l'intérêt des bourgeois dans leur lutte anti-monarchiste.
Les bourgeois disent : le capitalisme, profitons-en pour dominer les Nobles. Et donnons-nous nos contraintes propres pour s'enrichir (comportement capitalistique) au dépend des Nobles en places.
Le libéralisme nait d'une compétition social pour le Pouvoir. Les bourgeois remplaçant le contrôle d'en-haut par un contrôle immanent. Les progressistes combattront les bourgeois un siècle plus tard en incorporant le contrôle dans l'homme lui-même... mettant fin a toute légitimité d'un quelconque Pouvoir... puisque notre génération ne comprend même plus le phénomène d'un Pouvoir extérieur car nous nous autocontrolons.
Les antimodernes pensent que sans Autres, l'individu ne peut pas se contrôler... sans comprendre qu'il est possible d'incorporer Autrui dans l'économie affective d'un individu.
Comment l'intériorisation a lieu ? Via les processus classiques de la sociologie de l'éducation ? Sans doute mais ce n'est pas le processus cognitif qui nous intéresse, mais le 'pour quoi, par qui ?'.
Pourquoi en occident ? A quel moment ? Est un processus dynamique, linéaire, plus rapide a certains moments qu'a d'autres ? Quid des retours-en-arriere ? Relation entre intériorisation d'Autrui via des normes capitalistes, et la barbarie.
Est ce que l'intériorisation n'est pas un phénomène éternel, tout Ordre social, même Transcendant, implique une interposition.
Qu'est que l'intériorisation capitaliste a de particulier par rapport a l'intériorisation d'un ordre primitif ?
C'est que ce n'est pas l'intériorisation en elle-même ; mais les normes, et Autrui comme contrôle social, qui compte... Alors qu'Autrui ne vaut (1) rien s'il n'est pas Noble-fonctionnaire puis (2) une figure des 'pairs qui comptent' socialement -la caste comme 'contre-pouvoir-centralisé'.
Il faut donc bien dire : c'est lorsque l'Autre est intériorisé, et que les comportements capitalistes sont intériorises (l'Autre comme immanent : nous sommes tous les pairs les uns des autres... d'ou l'égalitarisme intrinsèque du libéralisme). Il faut donc l'Autre et les incitations capitalistes.
Sociologie : l'intériorisation a deux modalité. Quel niveau de hiérarchie social. Quelles incitations.
Hiérarchie : les représentants du Pouvoir Central, les pairs, l'Autre universel.
??? Incitations : régime de faveurs Royales (primitivisme) ; régime capitaliste de récompenses par les pairs, régime du mérite individuel (absence d'envie).
On pourrait aussi dire : les incitations deviennent de plus en plus égoïstes...
Incitations dans l'histoire. Si il faut intérioriser Autrui ; il faut aussi trouver d'ou viennent les incitations proprement capitaliste de l'occident. Car l'intériorisation de l'ordre social existe toujours... ce qui change c'est donc quelle sorte d'autorité on intériorise... Mais alors le débat vient de la forme que prend l'autorité. Et donc de la forme que prennent les incitations contingentes a une société donnée.

vendredi 31 mai 2013

Films mai 2013


Old Boy - 
** Very disappointing. I remembered a trash and gore movie… but it's more about hypnosis and dreams. The script is inconsistent: why wouldn't the girl tell her lover where she's from? It means they haven't talk about their past at all if they couldn't imagine their were father and daughter. The sequences of tortures and actions are amazingly filmed though.

The Cook, the thief, his wife and her lover - Greenaway
** Aesthetics, for sure. But it didn't succeed to impress me. The formalism doesn't bring anything, any poetry, any enlightenment. Everything's vulgar: the paradox is that the only explicitly vulgar character (the husband) is really interesting in his monologues. He's the perfect figure of the ogre. But the easy metaphor with the hell-purgatory-heaven is simplistic. And the characters are grotesque: the 'lover' reading books, the exploited cooks etc. Disappointing.

Deux anglaises et le continent - Truffaut
Splendid. I particularly like the two british actresses and their mother. Léaud is at his best in the tragically comic character. At his ease in the world, his is nonetheless as affected as a child at the end (when facing the little sister, who's more adult than him). The explicit accent put on the sexual discovery of the two sisters is impressing giving what Truffaut usually does. The letters, both written and read (including face-to-the-camera) take a huge importance with Truffaut's voice narrating and commenting the emotions throughout the movie.

The Hangover - 
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La peau douce - Truffaut
Somehow interesting. The subject isn't new, the adultery. But the three actors are holding through and it eventually end up in an interesting way. Nice sequence in an elevator. Truffaut says he only cared about the way his actors had to look at each others (the bodies mattered less that the gesture of their eyes).

Only God Forgives - Refn
Disappointing. Very much so.

Tirez sur le pianiste - Truffaut
*** Impressive. Experimental shooting in black & white for today. Interesting work on the gangsters as grotesques and ridiculous. Aznavour's awesome struggling against life and sociability. The script is both sentimental, with suspense and absolutely tragic. Great movie.

La sirène du Mississipi - Truffaut
Boring from the beginning to the end. Almost. Deneuve's fresh but it's not making it worth watching.

mardi 21 mai 2013

Debord contre Debray


Pour Debord, le problème, c'est la séparation d'entre les consommateurs et le spectacle. 

Pour Debray, c'est l'absence de séparation, cette immanence festive contemporaine, qui pose problème. Absence de re-présentation, absence d'événements sacrés et collectifs, avec une stricte séparation du public et du transcendant.

Debord : le spectateur est séparé, et cette séparation même lui fait perdre toute identité. C'est de l'aliénation que de n'être pas inscrit dans l'expérience. Le regard, les images, qui représentent le spectacle en excluant les spectateurs/consommateurs.

Debray : les images et la représentation sont de plus en plus atteints par le spectacle contemporain qui veut réunir le spectateur et la scène. Qui veut faire monter les spectateurs sur la scène et abolissant donc la séparation. Et cette absence de séparation est dangereuse, car comment se constituer sans histoire, sans médiation "autoritaire" (le cinéma, le journal, l'Histoire) etc.

jeudi 16 mai 2013

Les sciences de la communication, Daniel Bougnoux


Les SIC veulent décrire l'extériorité de la raison, qui réside dans les réseaux sociotechniques de nos outils.

Coder, c'est abréger. Un signe est toujours plus bref que le signal qu'il envoie. 

Il convient de rappeler qu'un espace de propagation n'est jamais vide, mais  toujours déjà saturé de messages ou de représentations consistantes ; que la culture ayant horreur du vide, l'esprit humain n'est jamais à court d'explications ni de doctrines satisfaisantes. Que personne n'attend donc un message porteur d'une information nouvelle, c'est à dire potentiellement dérangeante.

Le Web, c'est un médium sans message. Toute son activité consiste à brancher des gens en réseaux, les laissant libres d'interagir et d'y naviguer. Aucun contenu n'est prescrit.

L'emprise numérique, Cédric Biagini


Contre la technique considérée comme neutre. Kundera refuse que ses livres soient édités en version numérique. Ce qu'on détruit avec l'e-book : la fonction d'éditeur comme intermédiaire, le rôle des libraires comme pôles d'accès au savoir, les bibliothèques comme lieu d'archivage, les institutions culturelles comme lieu de production des savoirs. Une fois enrichi et augmenté, le livre ne ressemble pas plus à un livre que le journal numérique ne ressemble à un journal papier. Francois Bon : la métaphore du livre nuit à l'innovation car on en reste à d'ancien schéma conceptuel.

Carr et l'internet qui rend bête : effet de dispersion de la lecture avec le scrolling. Le fait qu'une information est disponible nous pousse à ne rien mémoriser. Le "tl, dr" (too long, didn't read) pour montrer à quel point, rien n'est lu qui ne soit en petite quantité.

Le Kindle va fournir des outils à Amazon pour savoir combien de temps les gens lisent un chapitre, quels sont les passages soulignés etc.

Chacun devient le manager de sa propre marque : soi. Sur Facebook, la représentation conditionne le vécu. De 130 à 150 amis sur Facebook en moyenne, contre 5 à 10 dans la vraie vie.

La thèse des révolutions grâce à Facebook/Twitter repose sur l'idée que les médias pourraient transformer les critiques en actions. Pourtant en France on ne résume pas Mai 68 par le rôle de la radio. La combinaison des téléphones mobiles et d'internet peut néanmoins réduire les coûts de l'action collective (la faciliter). Wikileaks n'a, finalement, donné aucune informations importantes.

Contre les Anonymous qui luttent contre les lobbies des grandes entreprises culturelles… mais défendent la consommation de masse de leurs produits (via le téléchargement libre).

Le marketing viral : faire participer les internautes eux-mêmes à la campagne de pub.

Citation de Fahrenheit 451, du capitaine Beatty à Montag : "Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez les de faits qu'ils se sentent gavés, mais absolument brillants coté information. Ils auront alors l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur place."

Pour un humanisme numérique, Milad Doueihi


Aujourd'hui c'est le monde en son entier qui s'est transformé en une interface donnât accès à des activités numériques.

Jusqu'à présent la culture numérique fut une culture assise, une culture de bureau, mais se transforme en une culture mobile.

Le code est un produit occidental : les langages sont modelés à partir de l'anglais. Le passage de l'informatique au numérique est le passage d'une technique à une civilisation.

Les méthodes du numérique sont dérivées des lettrés : annotation, curation, mis en récit, visualisation, déploiement massif de l'image.

L'amitié n'est plus un rapport entre deux personnes : elle devient la communication de cette relation et une invitation à échanger la relation elle même. La métrique quantitative change la relation à l'affectif en le soumettant justement au quantitatif. Si le mobile est une extension du corps, le corps devient une extension du réseau social.

Problème de la portabilité des données entre plateformes de réseaux sociaux. Le réseau social ne permet pas de rechercher, de circuler librement etc. par rapport au "réseau tout court". Sur un réseau social, une identité sans relation est une aberration.

L'anthologie de l'Ancien monde pour comprendre la spécificité du lecteur numérique : il a accès à un nombre infini de fragments et son écriture consiste en grande partie dans sa connaissance et sa maitrise de cette prolifération. L'auteur n'écrit pas, il classe, organise, distribue.

Ce qui compte avec le Cloud Computing, c'est l'accès au réseau plus qu'à la machine. Le succès des mobiles donne la possibilité de contourner le navigateur.

Faiblesse de la mémoire fabuleuse des robots. Métaphore avec la science fiction (K. Dick, Herbert). Or l'oubli est constitutif de l'apprentissage et de la pensée.

Sur le "J'ai de la chance" sur le moteur Google. Il faut faire confiance à Google d'avoir déjà tout lu, tout archiver, pour qu'il trouve lui-même la bonne page à la recherche. Aussi : les effets potentiels de suggestions avec la recherche assistée de Google.

Sur Facebook, tout est fait pour que l'utilisateur y reste et non comme chez Google pour que l'utilisateur rentre et sorte avec le plus de recherches possibles.

dimanche 12 mai 2013

Is Google Making Us Stupid?, Nicholas Carr



Nicholas Carr.  Les moteurs de recherche fournissent des idées, mais les façonnent aussi. Nous lisons plus aujourd'hui qu'à l'ère de la télévision, mais cette lecture a changé. Nietzsche : 'Our writing equipment takes part in the forming of our thoughts.

Google veut nous faire lire le plus possible, pour que nous laissions le plus de traces possibles. Google peut ainsi utiliser ces données pour son profit. Google a donc intérêt à nous faire lire, à nous faire surfer de pages en pages, à nous distraire d'une trop forte attention à quelque chose. La lecture lente n'est pas dans leur intérêt.

Nous développons donc une intelligence qui se rapproche d'une intelligence-artificielle. Nous sommes capables de passer d'un sujet à l'autre, de nous étaler sur beaucoup de sujets sans avoir un véritable corpus (comme le voulait la "cathédrale" du savoir de l'honnête homme occidental).

Le service informatique (the IT) prend trop de place dans l'investissement des entreprises. Tout comme l'électricité n'est plus le moyen de gagner en part de marché, l'IT ne doit plus être un espace pour espérer faire la différence avec les concurrents. Les microprocesseurs hyperpuissants gâchent de l'argent qui pourrait être mieux investit par les firmes. Il y a proportionnellement très peu de retour sur investissement avec l'investissement en nouvelle technologie.

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Influencia (revue). Le livre a d'emblée une dimension totalisante et vise à saturer un domaine de connaissances. L'hypertexte invite au contraire à la multiplication des hyperliens dans une volonté de saturer les associations d'idées.
Wolton : Nous sommes au point où tout le monde accepte de payer beaucoup d'argent pour changer d'outil de communication tout en voulant payer de moins en moins pour l'information.