dimanche 30 septembre 2012

Films sept 2012


Rubber - Dupieux
.

Cries and Whisper - Bergman
.

Before Sunrise - Linklater
.

Before Sunset -
.

The Life Aquatic - Anderson
.

Melinda and Melinda - Allen
.

Play it again, Sam - Allen


Hunger - McQueen
.

Short bus -
Not as bad as the beginning could let us think. But not funny enough, definitely.

Wrong - Dupieux
Absurd and odd. Why not. Some good ideas push in the extreme, i like it. The photography is incredible and terrific -sometimes even 'to much' (of course it doesn't mean anything 'cause it is done for the possibilities this technology allows).

Human Nature - Gondry
.

Man on Wire -
Documentary about this guy Philippe Petit who walk on a wire between the two tours of the world trade center few years ago. Are exposed all his previous 'coups' and the preparations and difficulties he met in order to achieve this ultimate plan.

La Vie Moderne - Depardon
Classic.

Palindromes - Todd Solondz
This director is definitively crazy and pervert as hell. With this one and the very traumatizing 'Happiness' (and the more casual 'Life during wartime'). Three or four actresses play the main character. Mostly two young white 'normal' teenage girls, and one big monstrous fat black one. This weirdness is accentuated with this story about the christian family taking care of 'weirdos' and cripples and freaks (a scene is an explicit references of the 'he's one of us'). Good movie about 'abortion' and the fear of loosing a child (and asking what a child would have been).


jeudi 27 septembre 2012

aphorismes septembre


On ne m'a jamais posé de question que je ne m'étais déjà posée moi-même. Le dialogue est un jeu qui n'en vaut pas la chandelle. - Scath Anud (on twitter)

Il n'y a pas d'équivalent de l'abbé Pierre dans la communauté musulmane de France. aussi modérée soit elle.

XP:
Ce qu'il peut y avoir d'intéressant chez un homme de cinqante ans, ce sont ses dix-huit ans. Regardez Dantec et Sarkozy. On est de l’époque de ses 20 ans.

mercredi 26 septembre 2012

La révolution du jeunisme - XP


Nous vivons sans  doute l’époque la plus spirituelle de l’Histoire, car elle est forcément de ce tonneau-là, cette monstrueuse révolution anthropologique… Des  D.J. de quarante ans  ressemblent un peu aux enfants qu’ils font danser,  des cinquantenaires font des icônes du sex drugs and rock and roll  très crédibles, des vieilles retombent en adolescence et Mon Dieu, il faut n’avoir pas deux sous de spiritualité pour ne pas être fasciné, ému comme on doit l’être devant la chose nouvelle,  la chose qui rend toute chose nouvelle
Les nains qui gémissent sur la perte du Sacré, qui ne repèrent aucune trace de spiritualité dans nos temps, ils me font penser aux arabes décrits par Champollion, pendant l’expédition d’Egypte,  eux qui ne levaient même pas la tête pour voir les premières montgolfières s’envoler dans le ciel… Ils gémissent, ils n’en finissent pas de ratiociner sur le désenchantement du monde, mais ils ont les yeux fixés sur le sol comme les égyptiens de l’anecdote, ils cherchent le sacré en regardant leurs pieds.

C’est intéressant car ça entre en contradiction avec les quelques textes d’XP à ce sujet, aussi intéressants, qui affirme que cette extinction des symboles est une chance, car supprimer les repères de la beauté n’est pas supprimer la beauté, car la beauté n’est pas quelque chose que l’on peut supprimer, elle devient juste plus difficile à trouver, plus abstraite, réservée aux gens les plus sensibles et donc les plus spirituels, comme une sorte d’élitisme terminal.

http://ilikeyourstyle.net/2012/09/26/notre-jeunesse/

L'ostentation (Ilys et commentaires)


En comparaison de nos ancêtres, on remarque qu’ils sont bien peu matérialistes. Ils se moquent des choses qu’ils achètent.
Elles se sont alors déportées sur ces trentenaires éternels adolescents, dont l’idéal de vie n’est pas du tout dans la possession, le matériel, mais au contraire dans l’immatériel.
Ce qu’ils cherchent ce n’est pas la prospérité, l’affichage de leur réussite sociale, mais des choses complètement immatérielles : l’amour, l’amitié, le bonheur, l’épanouissement.

Aujourd’hui au contraire un individu habillé en haillons peut aussi bien être clochard que millionnaire. Le commercial à Darty porte le costume comme le PDG, tandis que les hommes puissants s’habillent en t-shirt. Les différences s’estompent. L’intérêt se porte sur le social, et non plus sur les marques de distinction.

Si nous dépensions seulement le dixième de ce qu’a coûté n’importe quelle cathédrale, rapporté à notre PIB, et avec les techniques modernes, la plasticité du béton qui offre des possibilités assez phénoménales, nous pourrions édifier des merveilles. Mais pour cela, il faudrait vouloir en mettre plein les yeux.

Aujourd’hui nous devons notre relatif confort à l’effondrement du coût des équipements. Ils nous sont accessibles car produits en Asie, et seule la mondialisation nous le permet. Les gens achètent cela, car ils n’ont pas les moyens de faire de plus grosses dépenses. Car une très large part de leurs revenus va au social par les mécanismes de redistribution, encore et toujours la charité publique. L’humain contre l’ostentation.

http://ilikeyourstyle.net/2012/09/26/le-comme-moteur-du-monde/

-> que faut-il donc dire ? 
Que Veblen se trompe lorsqu'il critique l'ostentation comme quelque chose de gâché ? Qu'en fait l'ostentation favorise l'innovation. Que l'ostentation c'est aussi la négativité qui fait qu'on crée des choses impensables et non-utile... au contraire de la planification socialiste qui -voulant tout contrôler- ne va finalement créer que des bâtiments utiles (pour la réélection à court-terme), et donc sans 'charme'.

L'ostentation, c'est la distinction. C'est donc aussi la condition pour la mobilité des classes sociales et l'avènement du 'plus civilisé' par un contrôle entre les classes sociales voulant se distinguer les unes des autres.

L'ostentation est aussi la source de l'investissement. L'ostentation est matérialiste. Le contraire de l'immatériel. L'immatériel, ce sont les idées et les valeurs. On ne peut pas dire qu'il n'y a plus de matérialisme. Ce serait aller dans l'extrême inverse pour le plaisir intellectuel de 'renverser les idées banales'. Tout le système éducatif est toujours et encore centré autour de la notion d'argent. Néanmoins il y a une façon de vivre la jeunesse qui place 'le social' au centre du projet de vie. Parce que le matériel n'est plus un problème, l'immatériel devient une question centrale.

Le problème se concentre donc autour de la 'demande sociale d'ostentation' (et donc de 'compétition') entre les cultures.
Il faut néanmoins préciser : les primitifs passent leur temps entre le 'loisir' et l'ostentation. Or il n'y a pas forcément de progrès social-technologique. La volonté d'ostentation ne vaut rien s'il n'y pas des institutions politiques adéquates et une mobilité sociale libre.

On remarque avec justesse que Bill Gates utilise son argent pour des raisons sociales et non 'matérialistes'. Il faut se demander ce que ça veut dire : l'épargne est moins rentable dans 1. la finance, 2. la construction et l'ostentatoire, 3. l'influence politique... que dans l'altruisme.
Parce qu'on ne veut plus 'créer un nom' ou une dynastie. On n'imagine plus de projets sur 'long-termes'. L'Etat Providence sanctionne le long terme dans l'usage qu'on fait de l'épargne ? Oui, avec des limites (l'Etat ne serait pas contre le travail national créée dans le cas d'une construction d'un bâtiment comme Versailles).
L'Etat pourrait jalouser l'ostentation privée. Et le peuple aussi. On ne conçoit pas de compétition privée pour l'ostentatoire, pour l'attraction (touristique ?) internationale. Que penser alors d'un Disneyland, qui est une ostentation (de fait très 'utile' donc à la limite de l'ostentation purement compétitive).

Car il est possible de tout créer, bâtir. On a tendance à admirer ce qu'il n'a jamais été fait : sauver des vies et améliorer le sort d'humains. Finalement, la technique a rendue caduc le projet 'd'impressionner par le béton'... même nous rigolons en voyant les saoudiens bâtir leurs grandes tours (parce qu'elles ne sont pas originales ?). On dit que c'est pompeux, vulgaire. Est-ce le signe de cette dématérialisation ?

Ne faut-il pas s'en réjouir, du manque d'intérêt pour le matérialisme ? (qui reste relatif, disons qu'il touche les 'grands projets'). L'ostentation ne passe t-elle pas par autre chose ? Par le cinéma ?
Alors oui. On peut critiquer les critiques du 'consumérisme contemporain'. Au sens où le soucis de l'apparence fut plus fort qu'aujourd'hui.
Les cultures et les 'mentalités nationales' s'opposent par la qualité de vie quelles proposent. Le Danemark n'investit pas son argent dans la construction d'un Versailles. Il lutte contre l'en-sauvagement de son peuple. On me répond que le 'branché' de Londres à Paris incarne cette ostentation et créée justement le style, les bonnes moeurs, les manières d'après la révolution-numérique.

Se plaindre donc du manque d'une 'volonté d'ostentation' (qui revient à un manque de distinction) dans la hiérarchie sociale. Le puissant nerd impressionne moins que le criminel de banlieue, que l'employé de bureau à 90 de QI (qui "s'intéresse beaucoup à la politique").
Le fait que Steve Jobs n'ait jamais cherché un style vestimentaire ostentatoire est une vue de l'esprit. Jobs a révolutionné le monde de la mode lui-aussi. L'habit fait le moine, car même Jobs avec un sweat-shirt ridicule impressionne les foules et ressemble à un prophète.

Le matérialisme est le meilleur moyen de domestiquer l'homme à la responsabilité (et donc à la liberté). Les chinois qui se battent pour un emploi pour bien apparaître dans la famille ont toujours une idée tribale de la reconnaissance. Puisque l'occidental a (heureusement) détruit tous ses liens familiaux, il vit dans un monde plus 'précaire' du point de vue de la reconnaissance dont il bénéficie. Il doit donc s'ancrer définitivement dans le réel, avoir un portefeuille qui lui permette d'être reconnu en dehors de sa sphère de naissance. En dehors de sa sphère d'activité car -les relations étant libres- il est plus probable qu'il doive reconstruire sa valeur sociale à un certain point. (puisqu'on peut divorcer, il faut être matérialiste et penser à sa survie en cas de séparation).
D'où l'avantage darwinien des gens responsables et pas trop névrosés. Qu'est ce qu'une bonne éducation de nos jours ? apprendre aux jeunes à pouvoir s'attacher aux choses, et à être suffisamment responsable pour ne rien prendre comme acquis. Tout est éphémère, les relations sociales et les Iphones.







vendredi 21 septembre 2012

Two step flow theory - Lazarsfeld


Après avoir étudié de nombreux cas, les auteurs décrivent les individus comme peu perméables aux messages des médias, du moins de façon directe. En effet, les électeurs, en grande partie, choisissent de voter pour un candidat donné en fonction de leur entourage. Parmi leurs proches, certains sont plus influents : ce sont des « leaders d'opinion » (aussi appelés « relais d'opinion » ou « guides d'opinion »). Or, ceux-ci ont comme particularité d'être à l'écoute des médias et de définir leur position politique selon les messages qu'ils diffusent.
L'influence des médias sur l'ensemble de la population se fait donc en deux temps :
  • d'abord le message délivré par les médias, ou un média en particulier, est reçu et plus ou moins assimilé par un leader d’opinion,
  • ensuite, celui-ci fait partager son choix de vote aux personnes qu’il connaît.
Cette théorie met, par conséquent, une limite forte à une influence verticale exercée par des classes dominantes sur l'ensemble de la société. Elle est aujourd'hui insuffisante à expliquer la communication qui est devenue plus diffuse et complexe. Les sociologues ont donc développé la « Multiple step flow theory ».

/

According to the multi step flow theory, opinion leaders intervene between the “media’s direct message and the audience’s reaction to that message.” Opinion leaders tend to have the great effect on those they are most similar to—based on personality, interests, demographics, or socio-economic factors. These leaders tend to influence others to change their attitudes and behaviors more quickly than conventional media because the audience is able to better identify or relate to an opinion leader than an article in a newspaper or a news program.

Citations de Truffaut


notes sur Truffaut :

"Bazin était un peu comme Sartre, une espèce d'intelligence ininterrompue, d'intelligence en action."

"Hitchocick soigne tellement la notion de plausibilité, il soigne tellement la narration, le côté envoûtant. Disons que si on aime le cinéma en tant qu'évasion eh bien on s'évade dix fois plus dans un film d'Hitchocock parce que c'est mieux raconté."

"Cette génération (de cinéastes) qui a appris à s'exprimer d'une façon purement visuelle, sans les mots, à partir de 1920 à peu près, détenait des secrets qui allaient être perdus."

vendredi 31 août 2012

films aout 2012


dvds:
L'amour dure trois ans
.

The Savages
Indepedant-american movie. A brother and a sister in their middle-age crisis about 'writing' and 'couple issues' have to take care of their father during his last days : bring him in a nursing house, and see him dying in front of their eyes. The movie mixes all of this story with the relation between the two siblings, the way they deal with the very 'materialistic' problems of this father they do not appreciate that much. Good scenes and actors. The brother is both wiser but much more lost than his sister, i like his character.

Kramer vs Kramer
What a classic. Dustin Hoffman is a legend in this role of a absent-father becoming (against his will) better than his fleeing wife for breeding their child through time.

Tout est pardonné
I watch this movie again. First of the young director Mia Hansen-Love. The second time is still a quite strong experience. Especially the moments of the third part when the young Pamela learn 'in live' about her parents, her father, and finally herself.

The best of youth
Almost six hours. The first part has some weakness, characters aren't sophisticated enough and all. But the second half of the movie - thanks to the long introduction and the long term relations developed since the beginning - is much better and reach a very good state of drama.

Annie Hall
.

The Awful Truth - McCarey
.

The Color Wheel - 
Masterpiece of the young and cynical indie-cinema in the US.

My last five girlfriends -
Inspired by Alain de Botton's book 'Essays in Love'. Not that good. Some unbearable tools to put the 'classics questions of love' in an original way (the life as a theme park: girls are different kind of amusement-devices; or a girl introduce herself like in a ghost train). The result is rarely innovating. And very quickly boring.

L'Art d'aimer - Emanuel Mouret
Not that bad.

Versailles - Chantier
Masterpiece of contemporary french cinema. Of course.

Le pèe de mes enfants - Mia Hansen-Love
Not that bad. As usual with Hansen-Love, she breaks the movie in two totally different parts. By chance, the two of them are 1) interesting more as a documentary about the job of 'movie producer' and then 2) really emotional (actually 'classically' emotional) with the mourning of the father by the family -and especially this talented young curly actress who cary all the end on her shoulder

Friends with benefits -
Pointless.

Accepted - 
About those students building a fake college in the US after having been rejected from all the others at the end of high-school. Terrible.

Cyrus -
Two characters get along and start seeing each other. Then the guy meet his girl's 21 years old son. And that's a disaster, the son is to close to his mother and can't accept this new guy in his life. At the end, everything is fine. Awful.

Notes de lecture sur A. Corbin (1)


Sur Alain Corbin, Essais sur le XIXe siècle.

Il faut étudier le mode de présence au monde des hommes du passé. L'organisation des rapports entre les sens. Modifications des systèmes d'émotions. Détecter ce qui est éprouvé et ce qui ne peut l'être au sein d'une culture en un temps donné. (ce qui est si tacite qu'on ne l'éprouve pas consciemment à une période donnée).

David Howes propose : le sens de la proximité prennent une importance depuis le XVIIIe siècle (toucher, goût, odorat).
L'odorat -sens des transitions, des seuils, des marges- révèle le processus de transformations des hommes. La vue ne suffisait plus pour évoluer socialement : on ne lit pas les hiérarchies sociales avec la vue -au tout au moins, pas aussi nettement qu'à l'odorat. (p229)

Sens 'sociaux', la vue et l'ouïe (disons plus généralement, utilisés pour se repérer socialement).
Le toucher procure l'expérience des objets.
Le goût et l'odorat, sens de la survie, renseignent sur al véritable nature des choses (ce par quoi on appréhende le monde). (p241)

1) ceux qui affrontent l'interdite de la matière, qui ont l'expérience du labeur, qui ressentent le plaisir spontanément né du contact avec la chair (plaisir animal).
2) ceux qui -aidés par l'apprentissage du 'commerce social'- savent jouir de la beauté de l'objet, preuve de délicatesse, laisser le cerveau établir un écart temporel entre le désir et son assouvissement, soumettre l'instinct des sens affectifs.

Ce n'est pas un siècle de l'argent, les clivages majeurs jouent sur la distinction qui oppose l'immédiateté et l'imposition de délais, la soumission au contact direct et al capacité de se tenir à distance. Le degré de délicatesse de la main, l'aptitude au silence et au détachement, le niveau des seuils de tolérance, l'inégale vulnérabilité au dégoût et à l'enthousiasme suggérés par le raffinement. C'es t le régime des valeurs sensorielles qui est impliqué. (p241).

mardi 28 août 2012

Notes de lecture sur McLuhan (1)


Notes sur McLuhan, "Pour comprendre les médias".


Ce n'est pas au niveau des idées et des concepts que la technologie a ses effets; ce sont les rapports des sens et les modèles de perception qu'elle change petit petit. (p37) Et ces changements ne dépendent pas de l'approbation ou de la désapprobation sociale de ceux-ci.

L'imprimerie qui crée l'individualisme et le nationalisme au cours du XVIe siècle, ce n'est pas un problème de contenu du médium.

Un médium est chaud lorsqu'il prolonge un seul des sens et lui donne une "haute définition". La télévision donne une haute définition de données (médium froid tout de même). La radio est un médium chaud : un seul sens, haute définition. Le téléphone est un médium froid car l'oreille ne reçoit qu'une faible quantité d'informations.
Le médium chaud ne laisse pas beaucoup de blancs à remplir ou compléter par le public. Ils découragent la participation. Ils permettent moins la participation -comme un livre permet moins qu'une conversation.

Les technologies de spécialisation détribalisent. La technologie électrique, non spécialisante, elle, retribalise.

Les aphorismes, incomplets, sont appréciés par les assoiffés de connaissances car ils imposent une participation en profondeur.

L'électricité décentralise. Elle permet à n'importe quel endroits de devenir un centre -contrairement aux chemins de fer qui demandent, tout d'abord, un centre-ville industrialisé.

Julien Benda, "La trahison des clercs", dit que les penseurs/artistes ont été 1) éloignés du pouvoir, puis 2) avec Voltaire, opposés au pouvoir puis 3) désormais au plus haut échelon du pouvoir. (la trahison, c'est de renoncer à l'autonomie).

Les inventions ou technologies sont des prolongements ou auto-amputations de nos corps. Il s'en suit un rééquilibre des autres organes.

Les enceintes d'une ville sont une sorte de prolongement de la peau, comme le vêtement et le logement (d'après Lewis Mumford). A l'âge de l'électricité, c'es toute l'humanité que nous portons comme peau (p68).

Le livre a forcé les artistes sur des générations à ramener le plus possible toute les formes d'expressions à l'unique plan descriptif et narratif de l'imprimé. Les médias électriques libèrent l'art : Paul Klee, Picasso, Eisenstein, Marx Brothers, Joyce. (p75)

L'écriture décrit en succession tout ce que la parole contient d'implicite et d'immédiat. L'écriture pictographique et hiéroglyphiques est un prolongement du sens de la vue pour emmagasiner l'expérience humaine. L'alphabet phonétique, par contraste, peut tout résumer avec un nombre limité de lettres. C'est la séparations des signes et des sons, de l'oeil et de l'ouï, de l'image et du son.

L'écriture est un isolement de la vue. Les nombres un isolement du toucher.

Dans une société tribale, être nu n'a pas de signification car tous les sens sont "à égalités". La nudité n'a aucune valeur.
Dans une société tactile, on s'habille pour être touché et non seulement vu.
Dans une société visuelle, on s'habille plus simplement que le vêtement sophistiqué des nobles (à l'époque du sens du toucher). (p149)

"Le spécialiste est quelqu'un qui ne fait jamais de petites erreurs en se dirigeants vers la grande". (p150)
"Riches et pauvres vivent nécessairement d'une façon presque identique. Et aujourd'hui, à l'âge électronique, le plus riche des hommes en est réduit à se divertir presque de la même façon, à manger la même nourriture et à rouler dans la même voiture que le commun des mortels.


Un monde sacré -au sens de Eliade- est dominé par la parole et les médias auditifs. Le profane est est un monde dominé par le sens de al vue. L'horloge et l'alphabet -segmentations visuel de l'univers. Le visuel désacralise l'univers et produit l'homme non religieux.
L'homme moderne doit être ponctuel et économe de temps. L'homme tribal porte la responsabilité de nourri d'énergie l'horloge cosmique (machine cosmique-politique beaucoup plus tyrannique).
Le monde de l'ouïe est plus prenant et plus englobant que ne pourra jamais l'être celui de l'oeil. L'oreille est hypersensible. L'oeil est froid et indifférent. L'oreille livre l'homme à la panique universelle alors que l'oeil -prolongé par l'alphabétisme et par le temps mécanique- protège quelque îlots de l a pression et de la résonance acoustiques incessantes. (p182)

/ la publicité

On ne peut guère s'attendre à de la stabilité et de la prospérité tant qu'un peuple se soucie davantage des mérites des hommes publics que de la rivalité tapageuse des cornflakes et des cigarettes. "Il alla jusqu'à dire que la liberté démocratique consiste en grande partie à oublier la politique et à s'inquiéter plutôt des périls que nous font courir les pellicules, les poils disgracieux, les intestins paresseux, les seins affaissés, le déchaussement des dents, l'obésité et le sang fatigué." (p264)

"Les gens qui passent leur temps à protester contre les mensonges et la duperies de la publicité sont une bénédiction pour les annonceurs, comme les censeurs pour les livres et les films. Les protestataires sont les meilleurs des acclameurs."
Les gens hautement alphabétisés ne savent pas interprétés les messages 'graphiques'. Ils critiquent les messages verbaux mais sont incapables de s'attaquer au coeur de la publicité, les messages non-verbaux (graphiques).




jeudi 23 août 2012

Notes de lecture sur Girard


Notes sur René Girard, "Des choses cachées depuis la fondation du monde".

Les données culturelles sont commas les langages : composées de signes qui ne signifient rien s'ils sont isolés les uns des autres. Ils forment des systèmes.
Prisonniers de nos formes symboliques, de notre système, nous ne pouvons que rechercher d'autres formes - et devons abandonner (dit Levi-Strauss) l'idée de nous interroger sur l'homme-en-soi. L'homme, tout ce que nous en savons, c'est qu'il sécrète des systèmes de signes, et qu'il les confond avec la réalité.

Les interdits (d'objets, sexuels, alimentaires) portent sur des objets proches et accessibles. Ils sont interdits parce qu'ils sont à chaque instant à la disposition de tous les membres du groupe, susceptible donc de devenir des enjeux de violence. Le conflit mimétique -la rivalité pour l'objet- potentiel est donc derrière toutes les interdictions premières de l'humanité. (p. 29)

Les interdits cherchent à écarter la crise mimétique (surgissement d'une violence première). Les rites sont là lorsque la crise est presque arrivée, ils tentent canaliser la crise dans une 'bonne direction' : une réconciliation de la communauté au dépend d'une victime. Cette victime émissaire apparaît est fait se réconcilier la communauté.
Double transfert dans le phénomène religieux : l'agressivité puis la réconciliation.

/

La domestication des animaux ne découle pas directement d'un calcul économique -c'est à trop long terme que les premiers rendements arrivent. Il y avait donc, comme premier motif, le motif sacrificiel. L'ancêtre de la vache et du cheval n'ont pas pu être domestiqué dans l'idée que -pour les futures générations- cela sera économiquement intéressant. On cherche donc des remplaçants aux victimes humaines pour ces sacrifices monstrueux.

L'animal doit séjourner chez les hommes, doit s'imprégner des coutumes, pour que son sacrifice soit "équivalent" à un sacrifice humain, et donc tout aussi puissant comme victime émissaire. Ce délai dont bénéficie l'animal pour 'ressembler' aux hommes qui l'utilisent comme victime émissaire marque donc le début de la domestication. 
L'économique surgit comme résultat du sacrifice. Et Girard suit la thèse de Durkheim : le religieux est à l'origine de tout.

De même que la genèse du pouvoir politique vient de ce délai qu'on accordait aux victimes, délai pendant lequel elles étaient 'au pouvoir'. (p. 95-96)

La chasse doit aussi être comprise comme une activité sacrificielle. Seul moyen d'expliquer la chasse préhistorique des animaux, la poursuite d'une victime réconciliatrice. Les techniques surgissent du rituel sacrificiel.

Chaîne fondamentale :
composante mimétique -> mimésis d'appropriation -> conflit -> victime émissaire -> réconciliation.

"Totem et Tabou" comprend que l'humanité remonte à un meurtre collectif. Meurtre du père chez Freud, meurtre d'une victime-émissaire arbitraire chez Girard (qui amène à une réconciliation).

La mythologie, c'est la naissance de la pensée pour Lévi-Strauss et Girard. Mais chez Girard, la grande fonction du mythologique c'est de remémorer le lynchage fondateur et les crises mimétiques.

/

Le capitalisme permet de déchaîner les désirs mimétique sans avoir à redouter un emballement irrémédiable du système (violence). Promotion de la concurrence dans des limites acceptables. Ceci amène néanmoins le renforcement des névroses qui accompagnent les tensions concurrentielles.

La coquette sait que le désir attire le désir (on désire quelque chose car elle est désirée par autrui). Il faut convaincre les autres qu'on se désire soi-même pour être désirer. (c'est le "désir narcissique freudien", désir de soi par soi).

mercredi 22 août 2012

Notes de lecture sur C. Lash


Sur Christopher Lash, "La culture du narcissisme".

L'individu n'accumule plus les biens et la richesse (comme au XIXe) mais exige une gratification immédiate, et vit dans un état de désir inquiet et inassouvi.

Nous perdons le sens des continuités historiques. Nous vivons pour nous-même, et nous pour nous ancêtres ou la postérité.

L'homme psychologique cherche ses alliés (pour sa stabilité mentale) non chez les prêtres mais chez les thérapeutes. La thérapie est une anti-religion, dans le sens où, nous ne prêtons d'attention qu'à ce qui va arriver à court terme -peu importe les conséquences à long terme puisqu'il n'y a pas d'avenir.

Lahs se plaint que "les hommes ne peuvent mesurer leurs accomplissements qu'en les comparant à ceux d'autrui. La satisfaction de soi-même dépend de l'acceptation et de l'approbation publiques." (p. 94)
-> ce qui, de fait, me paraît tout à fait normal ! Un homme est valorisé socialement, c'est à dire par son entourage, par autrui.

Comparaison entre le système Sade et la société contemporaine : impératif de jouissance et "les hommes et les femmes ne sont rien d'autres que des marchandises". Sade est décrit comme le prophète de la modernité.

Pour Lash, le sport est un moyen de se surpasser pour rien. Il critique donc la vision du sport comme "oisiveté" pour l'aristocratie, chez Veblen notamment. Il place le jeu très haut, demandant intelligence et dépassement de soi.
-> aucune comparaison avec la profondeur de l'analyse d'Elias sur le sport. Lash est ridicule.



Notes de lecture sur Merleau-Ponty


Sur Merleau-Ponty

"La prose du monde"

Nous ne pensons pas plus aux mots que nous disons ou qu'on nous dit qu'à la main même que nous errons : elle n'set pas un paquet d'os et de chair, elle n'est plus que la présence même d'autri.

Je ne vis pas seulement ma propre pensée. Dans l'exercice de la parole, je deviens delui que j'écoute.

Je ne suis pas seulement actif quand je parle, mais je précède ma parole dans l'auditeur; je ne suis pas passif quand j'écoute, mais je parle d'après… ce que dit l'âtre.
Parler n'est pas seulement une initiative mienne. La parole est une anticipation, une reprise.

Dans la parole se réalise l'impossible accord de deux totalités rivales. Elle nous entraîne, nous transforme en l'autre, et lui en nous, parce qu'elle abolit les limites du mien et du non-mien.


///

"Le visible et l'invisible"

Parfois l'évidence éclate : " là-bas aussi la vie est vécue : quelque part derrière ces yeux, derrières ces gestes, un autre monde privé transparaît, à travers le tissu du mien, et pour un moment c'est en lui que je vis, j ne puis suis plus que le répondant de cette interpellation qui n'est faite."
C'est l'autre qui m'envahit n'est fait que de ma substance : ses couleurs, sa douleur, son monde. Mon monde a cessé de n'être qu'à moi, c'est l'instrument dont un autre joue. (p. 26)

Ce monde qui n'est pas notre, nous y tenons comme à nous-même. Il est le prolongement de notre corps : "je suis fondé à dire que je suis le monde". Et Bergson déjà disait: le corps est coextensif à notre conscience, "il comprend tout ce que nous percevons, il va jusqu'aux étoiles".

Le regard des hommes sur les choses, c'est l'être qui réclame son dû, ma relation à l'être (ou au monde) passe par eux, les regards d'autrui.
Tant qu'autrui ne parle pas, il reste un habitant de mon monde. (p. 85)


Cavell, scepticisme et cinéma


Sur Cavell (via Domenach) :

Cavell dit qu'il ne fait pas tant une critique des films, ni n'explique ni n'interprète. Bien plutôt, il analyse les "détails du déroulement du film".

Cavell s'intéresse à ce qu'il advient des choses à l'écran. Et moins à la question plus classique de la représentation du monde à l'écran. Son réalisme n'est pas une théorie (comme pourraient l'être celle de Bazin puis Panofsky) mais bien une reconnaissance de notre rapport naturel au cinéma.

Bazin voit dans l'objectif-caméra un instrument de reproduction fidèle de la réalité, qui rend la réalité crédible. Cavell cherche dans ce mécanisme de projection "la source de la conviction que le cinéma produit dans notre être-lié au monde".

Le cinéma est une expérience de notre contingence. Il hérite d'une tradition voulant "rendre le monde présent".

L'expérience des films se prolonge dans l'imagination chez les enfants. Et dans la discussion chez les adultes.
En projetant le monde sur un écran, le cinéma réalise notre rêve sceptique de voir pleinement le monde, en toute transparence. Nous faisons l'expérience d'un don du monde qui ne requiert pas notre participation. Dans le noir, c'est à dire dans l'oubli du monde réel, nous est rendu présent un monde complet sans nous.
Enfin, avec des séquences, des cadrages, une temporalité limitée… le monde nous intelligible. On contemple le monde sans être vu.

On va au cinéma et en sortant, on croit au monde (Desplechin, 2008).

Notes de lecture sur Fukuyama


Fukuyama:

"La fin de l'histoire et le dernier homme"

Hegel refuse d'avoir un "nature humaine", l'homme est libre et non déterminé.
Le premier homme de Hegel diffère des animaux en ce qu'il a besoin de reconnaissance, d'être reconnu "en tant qu'homme". La première rencontre entre les hommes s'effectue ainsi sous l'égide violente d'une lutte pour être reconnu, ce qui aboutit à un maître reconnu et à un esclave reconnaissant le maître en tant qu'homme (en fait: en tant que maître, et c'est bien là le départ de la dialectique hégélienne).
Le problème d'une société stable est de satisfaire à la fois les maîtres et les esclaves dans leur désir de reconnaissance.

Mais la conscience de l'esclave est plus réflexive que celle du maître car elle doit se penser 'dominée', elle doit penser la liberté d'un point de vue abstrait (la liberté virtuelle, en devenir) avant d'en jouir en réalité. L'esclave, nous tous, doit inventer les principes d'une société libre avant d'y vivre. L'esclave ne défit pas son maître soudainement, il y a d'abord un long travail d'auto-éducation pour surmonter -tout d'abord- sa crainte de la mort.
Les idéologies pour Hegel et Marx sont donc ce qui reflète la conception de la liberté, l'état de réflexion des esclaves sur leur système d'oppression. Le stoïcisme puis le christianisme sont des modes d'analyses de la liberté. Le christianisme, bien sûr, étant la première idéologie produisant l'idée que tous les hommes sont égaux sous le regarde de Dieu.

Le libéralisme américains et ses théoriciens (depuis Hobbes et Locke jusqu'à Jefferson) dit : nous reconnaissons la dimension "désir de reconnaissance" chez l'homme. Mais une bataille de pur prestige hégélienne doit paraître irrationnelle à l'homme qui défend premièrement les premiers instincts de préservation de soi. L'enjeu du politique étant de persuader tout apprenti-maître (donc potentiellement violent car prêt à se jeter dans une bataille de pur prestige) qu'il vaut mieux accepter une vie d'esclave dans une société d'esclaves sans classes.

Le communisme a beaucoup plus utilisé la partie 'thymonique' de l'homme. Il a humilié les gens ordinaires en les contraignant à des compromissions morales : obligations de signer des pétitions, silence devant les persécutions. Tout le monde était complice, grâce à l'agitation de biens de consommations primaires. Il offrait une vie meilleure en échange d'une compromission de leur dignité morale.

Le passage à la société libérale bourgeoise, c'est la victoire éthique du mode de vie bourgeois sur la vie 'thymotique' (désir de gloire, prêt à se sacrifier à la guerre en même temps qu'une interdiction de travailler) des l'aristocrate noble.
On arrive donc à des sociétés composées d'hommes sans courage (C.S Lewis), hommes faits de raison et de désir mais dépourvus d'une fière affirmation de soi-même (thymos, désir d'être reconnu, désir d'être meilleur que l'autre etc.). Ce que, évidemment, Nietzsche critiquera : on préfère le profit personnel à la gloire dans cette civilisation occidentale bâtie pour les bourgeois contre les guerriers nobles.

Le "libéralisme hégélien", c'est l'idée que nous devons être à la fois autonome, et 'reconnus' par tous. La démocratie étant un frein à l'efficacité économique, elle est en fait là pour satisfaire le besoin de reconnaissance.

Nietzsche définit un peuple comme une communauté morale : partageant les même idées du bien et du mal. Le désir de reconnaissance, le thymos, est le siège des valeurs : est 'digne' celui qui respecte un tel ou un autre, est 'indigne' celui qui mange cet animal etc.

Capitalisme et 'cultures locales'. En Inde, Myrdal décrit l'interdiction de tuer et d'utiliser les vaches pour l'économie (ainsi que, plus généralement, l'hindouisme) comme une force d'inertie sociale-économique.
Au Japon, le thymos, la reconnaissance, se fait par les pairs, le groupe. On ne travaille pas (seulement) pour la reconnaissance à court terme qu'est le salaire, mais aussi pour la reconnaissance par le groupe, et des autres groupes sur le notre.
La compétition économique internationale n'oppose plus des idéologies -car on sait ce qui marche- mais des cultures différentes. C'est à dire des manières 'irrationnelles' d'appréhender, par exemple, le travail (reconnaissance de la société pour le travailleur, lien entre le travailleur et la firme etc.)


///

"The Origins of Political Order"

Un groupe social qui utilise le langage avant un autre peut l'utiliser pour détecter (ou utiliser) le mensonge. Et devient donc un groupe dominant.

La religion peut être vue comme un moyen de respecter des accords, ou en d'autres termes, d'éviter des passagers clandestins. Le pouvoir symbolique des religieux fait qu'un agent rationnel va parfois respecter des lois tacites par peur des forces irrationnelles et invisibles. Le sens même de la honte est plus fort si l'on croit en des esprits omniscients qui nous jugent sévèrement.

Woody Allen et les femmes

Chez Woody Allen, un homme a une conscience et une femme une psychologie .Un homme cherche à distinguer le bien du mal, la femme cherche son bonheur. Voilà en quoi le cinéma de Woody Allen peut être dit misogyne, parce qu'il a toujours réduit la femme à un pan ingrat de sa subjectivité, alors que l'homme par la conscience, est saisi dans son entièreté. 

 Il suffit de voir comment Allen filme les maîtresses pour comprendre à quel point l'adultère y est filmé, pour l'homme, comme une expérience de pensée où mettre la conscience à l'épreuve. 
La maîtresse c'est la forme que prend l'égarement, l'anomie, la passion mauvaise, empoisonnée, la tentation du chaos, la pulsion de mort. Anjelica Huston dans Crimes et délits ou Scarlett Johannsson dans Match Point sont deux femmes marginalisées, ratées, enfermées dans leur chambre, encombrantes, assez asociales pour qu'une fois assassinées on ne se pose pas la question de leur disparition : ni ami, ni famille, juste des femmes en demande qui n'obéissent qu'à la logique intensive de la passion.


 http://vostfr-cinema.blogspot.fr/2012/07/masculin-feminin-sur-woody-allen.html

Baudrillard - Société de consommation

La consommation assure la stabilité sociale car elle crée une coopération compétitive entre les consommateurs au niveau de l'usage distinctif des codes, des signes. Signes de distinction, de personnalisation, qui fait exister cette "conformité" (conformité non dans l'égalité des conditions, ou la conformité de ce qu'on désire etc. mais conformité comme "obéissance" à un code commun, partage de même signes qui vous font différents tous ensemble). La stabilité sociale ne vient pas par l'abondance des besoins satisfaits qui noient l'individu dans sous le confort et l'interdit donc de se révolter (c'est l'analyse 'classique' des besoins). Baudrillard critique cette vision concluant qu'il faut un abaissement des conditions de vies, plus de misère, pour avoir un espoir de les voir se révolter.

La stabilité vient de la compétition au niveau de règles que les consommateurs respectent : ils sont "dressés" à une discipline inconsciente (respect et obéissance au code de signes). La consommation est comme la culture, comme le langage : respect d'un code de signes. 

 La consommation se définit comme : "un système de communication, d'échange, comme code de signes continuellement émis et reçus et réinventés, comme langage" (Baudrillard, p 134). 

 Les différences s'échangent désormais : différence de vêtements qui s'échangent à travers la mode. Contrairement aux anciennes différences de "sang" ou de religion qui ne s'échangent surtout pas, elles ne sont pas "consommées". 

 La solution à la contradiction sociale (et donc pour réussir une stabilité sociale) ce n'est pas forcément l'égalisation, l'égalité. Mais la différence, la différenciation par la consommation. Cette différenciation répond à un système de signes, de code de signes. 

 /// 

" Ne pas confondre métamorphosme du sacré et 'sécularisation', nous connaissons -avec le problème du corps- un changement d'ordre dans le sacré (ce n'est plus l'âme, mais le corps qu'on sacralise… c'est à dire qu'on n'est pas dans la logique sensualiste d'une défense du corps). On change de sacré, on ne se sécularise en rien. " 


 /// 


"Si la société de consommation ne produit de mythe, c'est qu'elle est à elle-même son propre mythe" - p 311. L'Abondance n'existe pas, mais il suffit de donner à croire qu'elle existe pour être un mythe efficace. Tout comme le diable qui n'a d'aspect diabolique justement parce qu'il n'existe pas, mais qu'il fait croire qu'il existe. Comme mythe, la société de consommation produit une parole sur elle (façon dont la société se parle).

mercredi 13 juillet 2011

Maupassant contre la fête du 14-juillet

14 juillet. – Fête de la République. Je me suis promené par les rues. Les pétards et les drapeaux m’amusaient comme un enfant. C’est pourtant fort bête d’être joyeux, à date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « Amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Va te battre avec le voisin. » Il va se battre. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. » Et il vote pour la République.

Ceux qui le dirigent sont aussi sots ; mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu’ils sont des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion.

(Le Horla)

jeudi 7 juillet 2011

Opposition entre libertariens et conservateurs

La première différence réside dans la façon contrastée par laquelle les deux groupes perçoivent la population. Les conservateurs, depuis Burke, ont eu plutôt tendance à voir la population à la manière des légistes du Moyen-âge ou des philosophes réalistes (en contraste avec les nominalistes) : composée directement non pas par les individus, mais par les groupes naturels dans lesquels ces mêmes individus vivent invariablement : la famille, la localité, l’église, la région, la classe sociale, la nation, etc.
Bien entendu, les individus existent mais ils ne peuvent pas être considérés comme des identités sociales distinctes de ces groupes. La Révolution, – au nom de l’individu et de ses droits naturels, a souvent détruit ou diminué les groupes traditionnels – les guildes, l’aristocratie, la famille patriarcale, l’Eglise, l’école, les provinces, etc. que Burke considérait comme étant les molécules irréductibles et constitutives de la société. En effet, ils soutenaient que c’est la pulvérisation de la société en un tas de sable composé de particules individuelles, revendiquant chacune des droits naturels, qui rendait inévitable l’apparition du nationalisme collectiviste.


Je crois qu’un état d’esprit se développe au sein des libertariens dans lequel les coercitions de la famille, de l’église, de la communauté locale et de l’école semblent aussi hostiles à la liberté que celles du gouvernement politique. Si c’est le cas, le fossé se creusera certainement encore plus entre les libertariens et les conservateurs.

Il est certain, et cela est pleinement reconnu par les conservateurs, qu’il existe un degré de liberté en deçà duquel aucune création significative ne peut être réalisée. Sans ce degré de liberté, pas de Shakespeare, pas de Marlowe, pas de Newton. Mais ce que diraient les conservateurs, c’est qu’on se rend moins souvent compte qu’il existe un degré de liberté au delà duquel aucune création significative ne peut être réalisée. Les écrivains de la fin du XXème siècle ont composé leur œuvre littéraire dans l’air le plus libre qu’ils aient jamais respiré.
En revanche, les libertariens semblent voir l’autorité sociale et morale et le pouvoir politique despotique comme un élément d’un seul spectre, comme une continuité ininterrompue. Selon leur argument, si nous voulons éviter le Léviathan, nous devons remettre en cause n’importe quelles formes d’autorité, y compris celles qui sont inséparables du lien social.

L'association restera compliquée parce que les conservateurs continueront à soupçonner l'idéal d'émancipation des libertariens de préparer le terrain aux socialistes tandis que les libertariens continueront à soupçonner les conservateurs de vouloir imposer leurs vues morales par la coercition.

vendredi 1 juillet 2011

Un Foucault de droite - freejazz

Foucault s'intéresse aux paradigmes du pouvoir, il montre un changement très intéressant dans la nature même du pouvoir que les libéraux n'ont pas intégré dans leur critique qui reste centrée sur la Raison d'Etat, alors que le pouvoir n'est plus vertical et univoque, mais horizontal et multiple, il s'applique désormais par des techniques de gouvernance dont il avait anticipé le fonctionnement.

Sa légitimité ne consiste plus dans le monopole de la violence légale en vue d'assurer la sécurité du territoire, mais dans la biopolitique, c'est-à-dire la gestion de la santé physique et mentale des populations par la production de normes prophylactiques, hygiéniques, comportementales. Foucault permet ainsi de penser le mécanisme de sujétion qui est à l'oeuvre dans la judiciarisation de la société et la prise en charge des normes par des experts de tous poils qui transforme les frontières du licite et de l'illicite, du normal et du pathologique.