lundi 17 janvier 2011

Spinoza et Schoppenhauer sur la liberté

Ca me rappelle un peu du Spinoza : "Les hommes se trompent en ce qu'ils pensent être libres et cette opinion consiste en cela seul qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés."
(Baruch Spinoza / 1632-1677 / L'Ethique, Livre II)


Schopenhauer disait la même chose : "L'homme est certes libre de faire ce qu'il veut, mais il ne peut vouloir ce qu'il veut."
En libéralisme, plutôt que de "libre-arbitre", on devrait parler de volonté, d'action volontaire, d'intention... C'est d'ailleurs ce que fait Mises, qui laisse soigneusement de côté (dès le début de Human Action) ce genre d'hypothèse métaphysique indémontrable (aussi bien celle du "libre-arbitre" que celle du déterminisme absolu).


Sur ce sujet, il me paraît utile à ce moment du débat sur la croyance à une nature pleine d'intentions (cause première et fins dernières), de rappeler ce bon vieux Spinoza à notre attention. Je ne suis pas Spinoziste, puisque de mon point de vue il y a une prépondérance du hasard et du chaos dans les processus naturels d'organisation spontanée. Spinoza croyait dans le Dieu des philosophes, ce n'est pas mon cas. Néanmoins comme pour Rand, la partie critique de sa pensée contre l'idolâtrie et le mysticisme est très puissante.


D'une part il montre que l'autorité surnaturelle de la politique et du religieux doit être remplacée par une éthique rationnelle et individuelle. D'autre part, il montre que cette éthique doit être fondée sur la raison et la liberté, et non sur la peur des masses, que ce soit la peur du jugement divin, ou la peur de l'État. L'éthique peut et doit exister en dehors de la religion et de la morale dominante.
Spinoza dit exactement la même chose que Rand dans la citation que j'avais donnée en amont du fil. Ayn Rand reprend d'ailleurs presque entièrement la thématique de Spinoza en ce qui concerne la fondation de la politique sur une éthique rationaliste débarassée du mysticisme, ainsi que la critique radicale de la collusion tyrannique entre le théologique et le politique.

dimanche 16 janvier 2011

La correspondance de Flaubert

Trop de putains! trop de canotage! trop d’exercice! Oui, monsieur, il faut, entendez-vous, jeune homme, il faut travailler plus que ça. Tout le reste est vain, à commencer par vos plaisirs et votre santé; foutez-vous cela dans la boule.
Ce qui vous manque, ce sont les principes. On a beau dire, il en faut; reste à savoir lesquels. Pour un artiste, il y en a qu’un: tout sacrifier à l’Art. La vie doit être considérée par lui comme un moyen, rien de plus, et la première personne dont il doit se foutre, c’est de lui-même.

Flaubert à Maupassant


--


"C'est le plus grand supplice que l'on puisse endurer que de vivre avec des gens qu'on n'aime pas. J'ai connu peu d'êtres dont la société ne m'ait inspirer l'envie d'habiter le désert."

"J'ai été à Rouen, au concert. Le plaisir d'entendre de fort belle musique bien jouée a été compensé par la vue des gens qui le partageaient avec moi."

"Il faut que j'aille à Rouen pour un enterrement; quelle corvée! Ce n'est pas l'enterrement qui m'attriste, mais la vue de tous les bourgeois qui y seront. La contemplation de la plupart de mes semblables me devient de plus en plus odieuse, nerveusement parlant."

"Mais quant à faire partie effectivement de quoi que ce soit en ce bas monde, non! non! et mille fois non! Je ne veux pas plus être membre d'une revue, d'un cercle ou d'une académie, que je ne veux être conseiller municipal ou officier de la garde nationale."

"Ce n'est pas parce qu'un imbécile à deux pieds comme moi, au lieu d'en avoir quatre comme un âne, que je me crois obligé de l'aimer, ou tout au moins de dire que je l'aime, et qu'il m'intéresse."

"Je me sens maintenant pour mes semblables une haine sereine, ou une pitié tellement inactive que c'est tout comme. L'état politique des choses a confirmé mes vieilles théories à priori sur le bipède sans plumes, que j'estime être tout ensemble un dinde et un vautour".

"Plus tu iras et plus tu seras convaincue qu'on ne peut causer qu'avec très peu de monde. Le nombre des imbéciles me paraît, à moi, augmenter de jour en jour. Presque tous les gens qu'on connaît sont intolérables de lourdeur et d'ignorance. On va et revient du mastoc au futile."

"L'idée seule de mes contemporains me fatigue."

"Je me retire de plus en plus dans mon trou, pour n'avoir rien de commun avec mes semblables - lesquels ne sont pas mes semblables."

"Est-ce moi qui deviens insociable ou les autres qui bêtifient? Je n'en sais rien. Mais la société "du monde" actuellement, m'est intolérable!"

"C'est là ce qu'il me faut: l'écartement de toute manifestation extérieure; Et j'ose dire de toute relation humaine."

"L'insupportabilité de la sottise humaine est devenue chez moi une maladie et le mot est faible. Presque tous les humains ont le don de m'exaspérer et je ne respire librement que dans le désert."

"Moi, de jour en jour, je sens s'opérer dans mon cœur un écartement de mes semblables qui va s'élargissant et j'en suis content, car ma faculté d'appréhension à l'endroit de ce qui m'est sympathique va s'élargissant, et à cause de cet écartement même."

"Je ne suis pas sociable, définitivement. La vue de mes semblables m'alanguit. Cela est très exact et littéral."

"Nous dansons non pas sur un volcan, mais sur la planche d'une latrine qui m'a l'air passablement pourrie. La société prochainement ira se noyer dans la merde de dix-neuf siècles, et l'on gueulera raide."

"Je suis, plus que jamais, irascible, intolérant, insociable, exagéré, Saint Polycarpien. Ce n'est pas à mon âge qu'on se corrige!"

Gustave Flaubert, Correspondance

samedi 15 janvier 2011

Les modèles en économie

Pour faire simple, il se dégage des différentes contributions deux interprétations : l’une consiste à considérer les modèles comme des outils servant à isoler certains mécanismes que le théoricien veut étudier et expliquer ; l’autre considère que les modèles économiques servent à construire des mondes contrefactuels dont les relations causales sont supposées pouvoir se transposer au “monde réel”.
Ces considérations nous mènent à plusieurs conclusions :
1)    L’objet de la science économique est mouvant en ce qu’est économique ce que l’on définit comme tel.
2)    Au delà de cette quasi-évidence, l’adoption  d’une définition substantive large nous permet de nous rendre compte du fait que l’affirmation (1) n’est pas seulement définitionnelle, au sens ou est effectivement rouge ce que l’on décide qui est rouge, mais que la manière dont est classer un objet déclenche un traitement particulier de cette objet dans le monde réel. Chez Polanyi, définir le travail comme une marchandise a comme effet d’entraîner son échange au sein d’un échange marchand, ce qui n’était pas le cas avant.
L’objet de la science économique est donc l’action humaine (toujours ce cher Mises !) dans le domaine de la production et de l’échange, et pas les choses elles-mêmes (les “richesses”).


--


Quiconque a déjà enseigné l’économie à des étudiants a pu se rendre compte de la difficulté à faire comprendre l’idée que beaucoup de phénomènes économiques sont plus que le produit de quelques volontés individuelles. Comprendre le fonctionnement du marché, comment celui-ci parvient à coordonner l’offre et la demande de manière décentralisée, est souvent difficile (les enseignants ont leur part de responsabilité d’ailleurs puisque souvent on commence à présenter le fonctionnement du marché au travers de la fiction du commissaire-priseur walrassien !). C’est également vrai d’ailleurs quand on veut démontrer « l’anti-main invisible », à savoir que des actions décentralisées peuvent donner lieu à des résultats néfastes. - rationalité limité

dimanche 9 janvier 2011

L'art aujourd'hui, l'indignation et les civilisations

Des artistes qui cherchent et ne trouvent rien (au contraire de Picasso qui déclarait superbement « je ne cherche pas, je trouve »), des révolutionnaires qui s’en prennent au monde plutôt qu’au mal, des idéologues à qui l’humanité ne convient pas car elle déborde le cadre de leur « idéal », des nihilistes qui rejettent Dieu à cause de la souffrance des enfants mais qui ne font rien pour ces enfants.
Faire semblant de souffrir pour les autres, se réjouir secrètement de tous les maux qui permettent d’accuser la vie, glorifier sa propre (in)suffisance, voilà donc comment fonctionne celui qui, avant toutes choses, ne supporte pas que l’on se défende réellement contre ce qui nous menace.
L’ennemi de l’art, aujourd’hui, ce ne sont donc plus les clercs ou les censeurs, mais les artistes eux-mêmes. « L’effondrement de l’art, note Mattéi, tient moins à l’utilisation mercantile des œuvres (…) qu’à la destruction volontaire de l’œuvre par ceux qui ont pour charge de la créer. » Le sens, c’est ce qu’il faut annihiler à tous prix – en se faisant de la tune tout de même. Et comme faire des horreurs peut encore avoir un sens « négatif », il faut renoncer absolument à tout impact sensible de l’œuvre. Revoilà le concept ! L’important, ce n’est plus l’œuvre, c’est le chemin qui y mène. « L’art contemporain devient insurrectionnel en mettant en scène sa propre représentation. »

--

Après Dieu et l’Histoire, c’est au tour du Temps d’être déclaré coupable par les professionnels de l’indignation. Le Temps qui nous use, nous fait souffrir, nous oublie et ose continuer sans nous. Une fois de plus, l’on s’indigne non pas d’une injustice particulière mais bien de l’ordre des choses.

--

En vérité, nous sommes dans un monde qui a substitué les idées justes et les sentiments généreux aux idées généreuses et aux sentiments justes. Nous sommes dans un monde de plus en plus humanitaire et de moins en moins humain. Un monde chrétien, en quelque sorte, plein d’amour pour tous, mais qui ne veut plus entendre parler de croix, de péché - et par là-même de pardon. « Le monde moderne n’est pas méchant, écrivait encore l’auteur d’Orthodoxie, à certains égards il est beaucoup trop bon. Il est rempli de vertus farouches et gaspillées. » L’indignation est l’un de ces gaspillages.


--

Nous serions dans un monde païen qu’au moins nous pourrions haïr les dieux en paix, sans culpabiliser, car ni Zeus, ni Apollon, ni Arès n’ont jamais dit qu’ils nous aimaient et voulaient notre bien. Alors que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, lui le répète tous les deux versets, voire à chaque désastre humain – et par là-même nous empêche de le haïr sainement, ajoutant la névrose à notre rage. Ce n’est donc pas tant la souffrance des enfants qui indigne Ivan que cette souffrance sur fonds d’amour divin.

Chez le jeune Marx, l’ennemi, ce n’est plus Dieu, qui du reste n’existe pas, mais l’histoire qui depuis ses débuts enferme l’humanité dans une lutte des classes sans fin. Il faut donc libérer l’humanité de l’histoire.

Lévi-Strauss, les races et le racisme

« Je m’insurge contre l’abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à confondre le racisme et des attitudes normales, légitimes même, en tout cas inévitables. Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d'individus l'effet nécessaire d'un commun patrimoine génétique. On ne saurait ranger sous la même rubrique, ou imputer automatiquement au même préjugé, l’attitude d’individus ou de groupes que leur fidélité à certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à d’autres valeurs. Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de la penser au-dessus de toutes les autres et d’éprouver peu d’attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. Cette incommunicabilité relative peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent, et trouvent dans leur propre fonds les ressources nécessaires à leur renouvellement. Si comme je l'ai écrit ailleurs, il existe entre les sociétés humaines un certain optimum de diversité au-delà duquel elles ne sauraient aller, mais en dessous duquel elles ne peuvent non plus descendre sans danger, on doit reconnaître que cette diversité résulte pour une grande part du désir de chaque culture de s’opposer à celles qui l’environnent, de se distinguer d’elles, en un mot d’être soi : elles ne s’ignorent pas, s’empruntent à l’occasion, mais pour ne pas périr, il faut que, sous d’autres rapports, persiste entre elles une certaine imperméabilité. »
Claude Levi-Straus, Le regard éloigné, 1983.

Citations de Céline

« L’ennemi numéro 1 de tout État est l’homme qui est capable de penser par lui-même sans considération de la pensée unique. Presque inévitablement il parviendra alors à la conclusion que l’État sous lequel il vit est malhonnête, insensé et insupportable, ainsi, si cet homme est idéaliste il voudra le changer. S’il ne l’est pas, il témoignera suffisamment de sa découverte pour générer la révolte des idéalistes contre l’État. »

Henry Louis Mencken


----


Quelques citations de Céline :

"Un pays ça finit en « droits », en droits suprêmes, en droits à rien, en droits à tout, en droits de jaloux, en droits de famine, en droits de vent."
Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps

"Je suis de ces auteurs qu'ont du souffle, du répondant, du biscoto. J'emmerde le genre entier humain à cause de mon répondant terrible, de ma paire de burnes fantastiques (et bordel de dieu je le prouve!) Je jute, je conclus, je triomphe, je trempe la page de plein génie..."

Louis-Ferdinand Céline, L'Ecole des cadavres
"L’alcoolisme, le tabac, la vie bourgeoise ont tout miné en France. Personne n’a d’ailleurs besoin d’autre chose que de beefsteak-pommes frites, télévision, 4 CV, et de faire l’amour le samedi soir."

Interview avec André Parinaud, Arts, 19-25 juin 1957
"Quand on mélange au hasard deux sangs, l’un pauvre, l’autre riche, on n’enrichit jamais le pauvre, on appauvrit toujours le riche..."

Louis-Ferdinand Céline, Mea Culpa
"Ah français politiquement désastreux et absurdes, toujours ennemis des leurs, et des meilleurs des leurs, entichés toujours des polichinelles de partout ! qui ne pleurnichent jamais que sur leurs ennemis ! et les pires ! C’est dur de défendre les français ! Je vous admire et je m’admire."

Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Albert Naud du 16 mai 1948
"Retenez que la politique est une immonde charognerie et que seules les charognes peuvent en prospérer."

Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Charles Deshayes
"Dans nos démocraties larbines, ça n’existe plus les chefs patriotes. En lieu et place c’est des effrontés imposteurs, tambourineurs prometteurs « d’avantages », de petites et grandes jouissances, des maquereaux « d’avantages ». Ils hypnotisent la horde des « désirants », aspirants effrénés, bulleux « d’avantages ». Pour l’adoption d’un parti, d’un programme, c’est comme pour le choix d’un article au moment des « réclames », on se décide pour le magasin qui vous promet le plus « d’avantages ». Je connais moi des personnes, des véritables affranchis qui sont en même temps marxistes, croix-de-feu, francs-maçons, syndiqués très unitaires et puis malgré tout, quand même, encore partisans du curé, qui font communier leurs enfants. C’est des camarades raisonnables, pas des fous, qui veulent perdre dans aucun tableau, qui se défendent à la martingale, des Idéologues de Loterie, très spécifiquement français. Quand ça devient des racailles pareilles y a plus besoin de se gêner. 
C’est du temps de perdu. Des efforts pour le caca…tout à fait inutiles…Plus de mystique possible. Aucun rétablissement possible. »

Louis Ferdinand Céline, L'Ecole des Cadavres
"Pour le peuple le Communisme c’est le moyen, l’astuce d’accéder bourgeois illico, à la foire d’empoigne. Sauter dans les privilèges, tranquille, Baptiste une fois pour toutes. 
La Cité future pour Popu c’est son pavillon personnel avec 500 mètres de terrain, clos soigneusement sur quatre faces, canalisé si possible, et que personne vienne l’emmerder. Tout ça enregistré devant notaire. C’est un rêve de ménagère, un rêve de peuple décadent, un rêve de femme. Quand les femmes dominent à ce point que tous les hommes rêvent comme elles, on peut dire que les jeux sont faits, que grandeur est morte, que ce pays tourné gonzesse, dans la guerre comme dans la paix, peut plus se défendre qu’en petites manières, que les mâles ont plus qu’à entrer faire leur office de casseur, saillir toutes ces mièvreries, abolir toutes ces prévoyances. 
Ça sera-t-y des jaunes ? des blancs ? des noirs ? des purs ? des compliqués ? Est-ce qu’on périra dans la noce ? C’est bien possible, c’est même probable. 
Toujours est-il que ça sera des hommes et des butors, des dominants qu’iront pas demander aux grand’mères comment faut rêver dans la vie, qui seront disposés comme des ours."

Louis Ferdinand Céline, Les beaux draps
"La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu'on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie tout entière."

Louis Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit
"C'est un prodigieux moyen de propagande. C'est aussi, hélas ! un élément d'abêtissement en ce sens que les gens se fient à ce qu'on leur montre. Ils n'imaginent plus. Ils voient. Ils perdent la notion de jugement et ils se prêtent gentiment à la fainéantise. 
La TV est dangereuse pour les hommes. L'alcoolisme, le bavardage et le politique en font déjà des abrutis. Etait-il nécessaire d'ajouter encore quelque chose? 
Mais il faut bien l'admettre. On ne réagit pas contre le progrès. Vous arriverait-il d'essayer de remonter les chutes du Niagara à la nage? Non. Personne ne pourra empêcher la marche en avant de la TV. Elle changera bientôt tous les modes de raisonnement. Elle est un instrument idéal pour la masse. Elle remplace tout, elle élimine l'effort, elle accorde une grande tranquilité aux parents. Les enfants sont passionnés par ce phénomène."

Louis-Ferdinand Céline, Entretien avec Jacques Chancel
"Nos sociétés croulent sous les richesses matérielles, mais elles crèvent de pauvreté spirituelle."

Louis-Ferdinand Céline, L'Ecole des cadavres
Il n’y a que deux espèces, les canailles et les imbéciles, or je ne veux être ni l’une ni l’autre espèce.


Moi j’ai jamais voté de ma vie !... Ma carte elle doit y être encore à la mairie du « deuxième »... J’ai toujours su et compris que les cons sont la majorité, que c’est donc bien forcé qu’ils gagnent !... Pourquoi je me dérangerais dès lors !...

Celui qui n’a pas tout donné, il a rien donné du tout... C’est ma devise absolue.
Je suis sceptique... L’espoir même ça me fait dégueuler... J’ai pas « l’espoir ». C’est les planqués qui ont l’espoir : l’espoir que ça continue...
J’ai accumulé du chagrin pour mille ans. Je voudrais revivre trois vies rien que de rigolade.

On ne devrait jamais écouter les femmes qui ne sont pas belles, elles ne peuvent que dire des bêtises.
C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.
La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches.
Autant ne pas se faire d’illusions, les gens n’ont rien à se dire, ils ne parlent que de leurs peines à eux chacun, c’est entendu.
Faire confiance aux hommes c’est déjà se faire tuer un peu.

Les gens, ce qu’on leur donne, vous savez, ils le chient.
Le monstre en vérité dans l’espèce humaine noire, blanche, ou jaune est celui qui n’aime ni infliger des souffrances ni bouffer son frère.
On n’est jamais très mécontent qu’un adulte s’en aille, ça fait toujours une vache de moins sur terre, qu’on se dit, tandis que pour un enfant, c’est tout de même moins sûr. Il y a l’avenir.
Dans l’histoire des temps la vie n’est qu’une ivresse, la vérité c’est la Mort.
La plupart des gens ne meurent qu’au dernier moment ; d’autres commencent et s’y prennent vingt ans d’avance et parfois davantage ; Ce sont les malheureux de la terre.
Etre seul c’est s’entraîner à la mort.

Avec étonnement et ironie, je constate que la plupart des gens n’ont pas l’air de se douter qu’ils sont morts, ou tout comme. Morts depuis leur naissance. « Des ombres qui marchent » dit Shakespeare. Tous ces politiciens, tous ces savants, tous ces littérateurs, qui agissent et sentent comme s’ils vivaient vraiment, comme si le ver de la dissolution n’était pas déjà en eux, né à leur premier cri, je les trouve grotesques. Et pitoyables. Des aveugles vaniteux, qui marchent au bord d’un abîme...

Les pauvres ne sont que des primates déçus, tout aussi féroces, dégueulasses, que les riches...
D’autre part je n’ai pas cent ans à vivre _ et je considère le temps comme une matière plus précieuse que le diamant.
Il y a trop de choses à comprendre en même temps. La vie est bien trop courte.
La réalité, toute la réalité n’est qu’horreur et souffrance.
C’est la vie, on commence mal, on finit pire.

Comment se fabriquent, je vous demande, les idoles dont se peuplent tous les rêves des générations d’aujourd’hui ? Comment le plus infime crétin, le canard le plus rebutant, la plus désespérante donzelle, peuvent-ils se muer en dieux ?... déesse ? recueillir plus d’âme en un jour que Jésus-Christ en 2000 ans ?... Publicité ! Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l’or et devant la merde !... Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n’eut jamais dans toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus insignifiante est l’idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules... mieux la publicité s’accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l’idolâtrie... ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture.

Louis-Ferdinand Céline


"L’esprit prendra tout son essor quand on parlera plus de la mangeaille, ni des pull-overs superfins, que ça sera plus un problème et surtout un motif d’envie, de haine, de fureur jalouse."
Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps

samedi 8 janvier 2011

L'antiracisme est un communisme - Muray

"Finkielkraut a bien raison de dire que l’antiracisme sera au XXIème siècle ce que fut le communisme au XXème, c’est-à-dire une nouvelle religion de substitution qui persécute et terrorise, mais dans la langue de l’amour et de l’égalité."

Philippe Muray, Le Point, 1er décembre 2005

Peguy, la civilisation et le négociable

"Chaque monde sera jugé sur ce qu'il a considéré comme négociable ou non négociable. Tout l'avilissement du monde moderne, c'est-à-dire toute la mise à bas prix du monde moderne, vient de ce que le monde moderne a considéré comme négociables des valeurs que le monde chrétien et le monde antique ont considéré comme non négociables. Et cette universelle négociation fait cet universel avilissement."

Charles Péguy

mercredi 5 janvier 2011

Voeglin contre le progressisme

Sur le fond, ce que relève Voegelin est factuellement exact : Turgot croyait en une perfectibilité du genre humain (estimant, par exemple que "la masse totale du genre humain, par des alternatives de calme et d'agitation, de biens et de maux, marche toujours, quoique à pas lents, à une perfection plus grande"). Nous retrouvons ici l'homme abstrait cher aux progressistes. La pauvreté métaphysique ne réside-t-elle donc pas plutôt dans la conception gnostique que Voegelin examine ?

Notons, au demeurant, que le philosophe rejoint l'analyse que Hayek développe dans le chapitre de The Counter-Revolution of Science, intitulé "The Source Of Scientistic Hubris : L'Ecole Polytechnique", et où il montre combien que les Turgot et Condorcet ont préparé le terrain à la religion de la Raison et donc au positivisme.

jeudi 30 décembre 2010

Films décembre 2010

cinéma :
Manchette **
Les émotifs anonymes **

dvd :
Cowboy *
Rien sur Robert ***
L'arbre, le maire et la médiathèque ***
Une nuit à Casablanca ****
Le grand magasin **
C'est arrivé près de chez vous ***
Delicatessen ***
Gregoire Moulin contre l'humanité ***

mardi 14 décembre 2010

L'homme-masse - y Gasset

Examinons ce qu’est, aux yeux d’Ortega y Gasset, l’homme-masse, au travers de quelques-unes de ses caractéristiques comme, en premier lieu, l’oubli (ou plutôt l’occultation) du passé. «Cet homme-masse écrit l’auteur, c’est l’homme vidé au préalable de sa propre histoire, sans entrailles de passé, et qui, par cela même, est docile à toutes les disciplines dites «internationales». Plutôt qu’un homme c’est une carapace d’homme, faite de simples idola fori. Il lui manque un «dedans», une intimité inexorablement, inaliénablement sienne, un moi irrévocable» (p. 58).
La volonté de faire table rase, si propre aux révolutions (4), ne peut que conduire à la ruine, mener l’homme jusqu’à la barbarie : «Le vrai trésor de l’homme, c’est le trésor de ses erreurs. Nietzsche définit pour cela l’homme supérieur comme l’être «à la plus longue mémoire». Rompre la continuité avec le passé, vouloir commencer de nouveau, c’est aspirer à descendre et plagier l’orang-outang» (p. 77).
La révolte des masses, due à la désertion des élites (La désertion des minorités dirigeantes se trouve toujours au revers de la révolte des masses, pp. 116-7), doit aussi sa cause directe dans le fait que la société dans laquelle vivent les hommes ne les contraint plus à vouloir se dépasser. Si le monde ancien était le monde d’un danger permanent, fulgurant, notre époque est celle de la paralysie provoquée par le triomphe du machinisme, la réduction des territoires inexplorés, le prodigieux accroissement des sciences et des techniques contraints de se cantonner dans l’hyper-spécialisation, de la fuite des dieux. Ainsi, la vie des hommes du passé, quoique truffée de dangers, était synonyme de dépassement, du moins de possibilité de se dépasser. L’homme-masse est l’homme étriqué, fermé, tandis que l’homme du passé est celui de l’ouverture dans un monde lui-même ouvert à ses innombrables et sanglantes conquêtes.

«La caractéristique du moment, c’est que l’âme médiocre, se sachant médiocre, a la hardiesse d’affirmer les droits de la médiocrité et les impose partout» - y Gasset

lundi 13 décembre 2010

Evolution de la civilisation méritocratique - Xp

Des profs ou des infirmières admirables, j’en ai rien à foutre. Qu’est-ce que ça veut dire?
Plus admirable que les autres? Une sorte d’aristocratie officieuse, qui ferait qu’il est interdit d’exercer un jugement critique et global sur ces corporations, s’interroger sur la justesse de leurs rénumérations, l’importance de leurs effectifs, l’honnêteté de ses membres?

 « Je sais ce qu’on va m’opposer. Il manque des infirmières »
Encore un mythe, ou pour le moins un truc qu’on est sommé d’avaler sans broncher sous peine de passer pour un salaud… Plus encore que les profs, les infirmières sont des vaches sacrées dont il est impossible de parler sans baiser le sol et se fendre d’un hommage.
En réalité, elles ne sont pas « pas assez nombreuses », mais mal réparties, parce que très difficile à bouger et à transferer d’un service peinard à un service plus speed.
Ensuite, elles oublient de dire quand elles chougnent (et Dieu sait si elles chougnent) qu’elles travaillent souvent de nuit, ou elles sont payés plus, alors que la nuit, elles n’exercent pas un travail mais ce qu’on appelle « une présence responsable », activité qui est payé en dessous du smic (ex, baby sitter la nuit).
Une présence responsable, c’est ce pourquoi on les paye dans de nombreux services, et dans une carrière, elles exercent toutes cette activité en alternance avec un travail effectif.
J’ajoute, pour avoir vu passer pas mal de fiches de paie dans vie, qu’elles sont bien mieux payés qu’elles le prétendent.


--


Au XXIIème siècle, les historiens honnêtes tiendront la méritocratie républicaine mijotée par les hussards noirs de la République pour ce qu’elle est, à savoir le brouillon de cette positive action qui lui a logiquement succédé… Dans la version originale, il s’agissait de récompenser l’homme de la foule qui se donne la peine d’apprendre par cœur et de singer l’aristocratie, tandis qu’ensuite, il  n’a s’agi que de reconnaître son mérite d’être plus foncé qu’un européen…   dans les deux cas, l’exercice aura consisté à mettre une couronne sur la tête d’un vilain, à déplacer les bornes et créer du désordre …. On a commencé par demander à l’homo faber de passer des nuits blanches à potasser Aristote et l’apprendre par cœur avant de l’autoriser à parler d’Aristote à des élèves, puis on a envoyé des noirs et des arabes à Science Po…. Aux premiers, on n’a demandé presque rien, et aux seconds, on ne demande rien du tout, si ce n’est de mettre une chemise propre…


Gardien de vache diplômé, ça désigne, en gros, en terme de QI, la classe moyenne supérieure, celle qui tourne autour des 105, alors que la moyenne européenne est de 100. Dans les sociétés où, pour aller très vite, 90% de la population gardait les vaches, ils auraient, donc, gardé les vaches. Or, avec la massification de l’enseignement, ces cons étudient la philosophie, font les beaux jours des débats citoyens, et, in fine, la masse aidant, donnent le ton dans les universités.
Contrairement à ceux qui plafonnent à 90, ils sont capables de comprendre et apprendre ce qu’ont dit Platon et Aristote, Mais certainement pas de les dépasser. Or, l’étude de Platon et d’Aristote n’a d’intérêt que si le but, c’est de les avaler, les digérer, et dans une certaine mesure les oublier.
Pour le dire comme Hannah Arendt, ce sont maintenant les Homo Faber qui pensent, alors que la civilisation occidentale est basée sur la séparation des deux.


Il me semble avoir compris le fond de votre thèse, qui serait qu’un des signes que nous devenons musulmans serait que nous accordions plus d’importance au Savoir qu’à la Pensée, et d’ailleurs cette citation de Céline en serait un énième illustration. Disons : d’accord sur un constat de nivellement par le bas et d’abrutissement de tous par l’éducation, mais pas d’accord pour dire que cet abrutissement général provenait d’une substitution de l’ordre hiérarchique entre Pensée et Savoir (j’espère ne pas déformer votre propos).


Rôle de l'artiste et de Céline - Xp

Le voilà le problème de l'artiste, c'est qu'il n'est redevable devant personne, devant aucune normes. Même pas la seule qui compte à mes yeux, la vérité.
L'artiste n'a pas à dire la vérité, mais il doit - par ses mensonges, ses erreurs, son goût, son talent - émettre quelques miettes de vérités universelles qu'il n'aura même pas conceptualisé.

C'est ça le problème. L'artiste ne peut pas être jugé sur un pied d'égalité avec le penseur. C'est un combat injuste qui m'insupporte assez. L'artiste, c'est celui qui n'a de compte à rendre à personne, car il se place à coté. Toujours a coté. Et je n'aime pas ça, cet écart qu'il y a entre l'artiste et l'homme de vérité, qui cherche, qui s'engage pleinement, radicalement (car la vérité est à l'extrême, toujours).

On dit que Céline est un artiste, pas un vulgaire essayiste. Certes, il n'a pas à dire la vérité en tant que telles, mais il a à la faire passer par ses oeuvres, donc par ses mensonges & ses erreurs.

lundi 6 décembre 2010

Loi d'arain de l'oligarchie de Michels

• Robert Michels, Les Partis politiques, Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, Paris, Flammarion, 1914, 341p. (réédité avec une préface de René Rémand). Livre où est énoncé la loi d'airain de l'oligarchie.
«qui dit organisation dit tendance à l’oligarchie. Dans chaque organisation, qu’il s’agisse d’un parti, d’une union de métier, etc … le penchant aristocratique se manifeste d’une façon très prononcée.Le mécanisme de l’organisation, en même temps qu’il donne à celle-ci une structure solide, provoque dans la masse organisée de graves changements. Il intervertit complètement les positions respectives des chefs et de la masse. L’organisation a pour effet de diviser tout parti ou tout syndicat professionnel en une minorité dirigeante et une majorité dirigée ».

mardi 30 novembre 2010

Fims novembre 2010

Cinéma :
Des filles en noir *
L'homme qui voulait vivre sa vie **
Burried **
Potiche
Le nom des gens

dvd :
The doom generation *
La main au collet *
Psychose **
Les enchaînés *
Yuki et Nina
Un drôle de paroissien
La jeune fille à la perle
L'ennui
Valse avec Bachir
Autopsie d'un massacre (BHL) **

mardi 23 novembre 2010

Notes entre Salin et Delbecque

La préférence nationale, c'est la préférence de certains intérêt (groupes) en défaveur des autres.
Ensemble de sentiment d'appartenance. La nation est un sentiment subjectif. On ne définit donc pas l'intérêt national.
Patriotisme US : subvention d'un produit US. En France, les producteurs sont désavantagés et les consommateurs sont avantagés. Il n'y a donc pas d'intérêt national. C'est une affaire de groupe particulier.

Baudrillard sur Latour, Le Pen

Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche ? Révision déchirante : alors que la droite incarnait les valeurs morales, et la gauche au contraire une certaine exigence historique et politique contradictoire, aujourd’hui, celle-ci, dépouillée de toute énergie politique, est devenue une pure juridiction morale, incarnation des valeurs universelles, championne du règne de la Vertu et tenancière des valeurs muséales du Bien et du Vrai, juridiction qui peut demander des comptes à tout le monde sans avoir à en rendre à personne. L’illusion politique de la gauche, congelée pendant vingt ans dans l’opposition, s’est révélée, avec l’accession au pouvoir, porteuse, non pas du sens de l’histoire, mais d’une morale de l’histoire. D’une morale de la Vérité, du Droit et de la bonne conscience - degré zéro du politique et sans doute même point le plus bas de la généalogie de la morale. Défaite historique de la gauche (et de la pensée) que cette moralisation des valeurs. Même la réalité, le principe de réalité, est un article de foi. Mettez donc en cause la réalité d’une guerre : vous êtes aussitôt jugé comme traître à la loi morale. La gauche tout aussi politiquement dévitalisée que la droite - où est donc passé le politique ? Eh bien, du côté de l’extrême droite. Comme le disait très bien Bruno Latour dans le Monde, le seul discours politique en France, aujourd’hui, est celui de Le Pen. Tous les autres sont des discours moraux et pédagogiques, discours d’instituteurs et de donneurs de leçons, de gestionnaires et de programmateurs (…)

Jean Baudrilllard, Libération, Mai 1997.

dimanche 21 novembre 2010

Théories de la fiscalité

La théorie de la fiscalité repose sur un petit nombre de principes fondamentaux :

• La règle de Ramsey : pour lever une somme donnée en limitant les pertes d’efficacité
économiques, mieux vaut imposer des bases peu élastiques, c’est-à-dire des bases peu
réactives à la fiscalité. En effet la perte sociale liée à l’impôt (si l’on ne prend pas en
compte les aspects redistributifs ni la fiscalité permettant de corriger des inefficacités
comme les émissions polluantes) est liée à la réduction des transactions privées qu’elle
engendre. Cette perte sociale dépend du carré du taux d’imposition. L’impôt idéal est
donc un impôt à taux faible appliqué à une base fiscale large et peu élastique.

• La courbe de Laffer : en-deçà d’un certain seuil d’imposition, une hausse du taux
d’imposition accroît les recettes fiscales ; mais au-delà de ce seuil, une hausse
supplémentaire du taux d’imposition réduit les recettes. Cette relation en cloche entre
le taux d’imposition et les recettes fiscales résulte mécaniquement de la rétractation de
la base fiscale lorsque le taux d’imposition augmente. A la limite, pour un taux
d’imposition de 100%, les recettes fiscales sont nulles car l’assiette s’est évanouie. En
général, la fiscalité se trouve du côté croissant de la courbe de Laffer. Mais ce n’est
pas nécessairement le cas de tous les impôts dans tous les pays ; on verra plus bas qu’il
n’y a pas de relation univoque entre le taux d’imposition sur le bénéfice des sociétés et
les recettes tirées de cet impôt au sein des pays de l’OCDE.

• La fiscalité optimale : le profil optimal des taux marginaux d’imposition en fonction
des revenus est généralement décroissant, car (1) imposer l’ensemble des individus
permet de maximiser les recettes fiscales, et (2) la décroissance des taux marginaux
permet de ne pas décourager les individus à travailler davantage, quelque soit leur
revenu de départ, tandis que la perte fiscale liée à la baisse des taux marginaux est de
plus en plus faible à mesure que le nombre d’individus diminue. Bien sûr, la fiscalité
doit être adaptée pour prendre en compte l’objectif de redistribution. Ssauf dans les
pays appliquant une flat tax, le profil des taux marginaux est généralement en forme
de U.

• L’incidence fiscale : la fiscalité ne pèse pas nécessairement sur l’entité physique ou
morale qui verse le montant de l’impôt à l’autorité fiscale ; elle pèse en réalité sur les
bases fiscales les moins élastiques et la charge peut être transférée d’un marché à
l’autre, en particulier du marché du capital au marché du travail (voir le rapport
d’Alain Trannoy et Laurent Simula, 2009).

dimanche 14 novembre 2010

Hayek sur Friedman, le positivisme

Prenez la "Théorie quantitative" de Friedman. J'ai écrit il y a 40 ans que j'avais de fortes objections à l'encontre de la Théorie quantitative, parce qu'elle est une approche très grossière qui élimine beaucoup de choses, mais que je priais Dieu pour que le grand public ne cesse pas d'y croire. Parce que c'est une formulation simple que le public comprend. Je regrette qu'un homme aussi sophistiqué que Milton Friedman ne l'utilise pas comme une première approche mais croit qu'elle contient tout. C'est donc véritablement sur des questions méthodologiques, au fond, que nous différons.

Friedman est un archi-positiviste qui croit que, dans une discussion scientifique, ce qui n'est pas prouvé de manière empirique ne doit pas être pris en compte. À mon avis, nous connaissons tant de détails sur l'économie que notre rôle est de mettre de l'ordre dans nos connaissances. Nous n'avons pas vraiment besoin de nouvelles informations. Notre grande difficulté est de digérer ce que nous savons déjà. Nous ne devenons pas plus savant par des informations statistiques : nous ne faisons que récolter des informations sur la situation spécifique du moment. Mais, du point de vue théorique, je ne pense pas que des études statistiques nous mènent où que ce soit.

L'économiste J. R. Commons

John R. Commons. Economiste institutionnaliste américain, Commons s’est notamment posé la question du rôle des institutions et particulièrement du droit dans la construction de l’économie capitaliste au 19ème siècle. Une des questions qui traverse l’oeuvre de Commons est celle de l’instauration d’un ordre permettant la régulation des interactions sociales. Selon Commons, les individus se comportent selon le principe de la « futurité » : ils recherchent la sécurité de leurs anticipations. Pour qu’un individu entreprenne une action, il faut qu’il puisse avoir une confiance relative dans la justesse de ses anticipations concernant le comportement d’autrui. C’est précisément le rôle des institutions d’assurer

vendredi 12 novembre 2010

Les "Tea Party" en France

Venant du peuple, il ne saurait être considéré comme autre chose que « populiste » par « l’Amérique d’en haut » et ses perroquets européens. Selon l’adage, la démocratie c’est le meilleur des régimes lorsque le peuple accepte d’être dirigé par ses élites. Quand il en va autrement, c’est de la démagogie.

dimanche 7 novembre 2010

Aron sur Marx et les marxistes

A propos de Althusser (je crois) qui inventait de subtiles théories pour expliquer les contradictions de Marx : "On est toujours libre de dire qu'un grand penseur s'est trompé sur lui-même [...] Mais il faut être très sûr de son génie pour être convaincu de comprendre un grand auteur à ce point mieux qu'il ne s'est compris lui-même".

Qu'est-ce que réussir aujourd'hui - Jabial

D'une part, il y a une culture qui s'est perdue. Dans le passé, réussir c'était gagner assez pour pouvoir mettre un toit sur la tête de sa famille , des vêtements sur leur dos, et de la nourriture dans leurs assiettes. Etape 1. Puis l'étape 2 c'était du capital pour leur assurer la sécurité. L'ascension sociale était une affaire de générations. Maintenant, réussir gagner assez pour pouvoir se payer le genre de voiture qui permet d'attirer des bimbos. Et c'est à 35 ans au plus tard, comme de bien entendu. À cette aune, bien sûr, les gens ont peu de chance de se considérer comme satisfaits.
Par ailleurs, j'avais vu -ici, je crois- une étude permettant de faire un parallèle direct entre culture économique et satisfaction personnelle. Cette étude s'appuyait sur deux questionnaires distribués à des gens d'origines diverses dans différents pays. Le premier permettait d'évaluer les connaissances en économie, le second la satisfaction personnelle. Il en ressortait notamment, si je me souviens bien, que les français étaient à la fois les plus incultes et les plus mécontents des habitants des pays développés.

Et puis bon, tout le système a été conçu comme un Ponzi, pour que tout le monde s'imagine qu'il en profite un peu alors qu'en réalité il n'y a que très très peu qui en bénéficient vraiment, et tous les autres paient.

samedi 6 novembre 2010

Sur "La Vénus Noire", le racisme et la naissance des sciences

Libération titre : “L’histoire d’un scandale”. Le journal qui se félicite de tous les scandales n’a pas peur du ridicule (c’est même ça qui le fait vivre -sans oublier les subventions-). Rappelons que pour Libération, une exposition mettant en scène des cadavres humains ou des adolescents  en pleine copulation n’est pas un scandale.
Le seul scandale viable, pour Libération, c’est qu’une noire soit exposée aux yeux des blancs. Les très actuels albinos africains qui sont traités comme des sorciers par les leurs n’intéressent pas Libération.
L’attaque la plus grave est celle de notre science. Le film de Kechiche et son cortège de suiveurs (Libération) s’en prennent à deux facteurs majeurs, constitutifs de notre science.
-L’intelligence, qui permet la méthode, c’est-à-dire la froideur et l’objectivité. “On a l’impression que les scientifiques dissèquent la vénus, qu’ils parlent d’elles comme d’un animal”, pleurniche une journaliste. Cette méthode est le cauchemar des progressistes : imaginez le nombre de différences véritables ainsi froidement recensées, lorsque l’on va au fond des choses. Aujourd’hui, c’est l’anti-science qui règne : on se contente de dire que ça à l’air différent, donc que c’est une richesse formidable, voyez caisse et au suivant. Faut surtout pas chercher, même pas le trésor, sinon on risque de trouver tout un tas d’effets secondaires indésirables.
-La curiosité, qui pousse l’homme de science à s’intéresser à toute chose, sans distinction. Cela permet aux sociétés de comprendre, d’évoluer et de prospérer. Cette curiosité a fait la science occidentale, celle-là même qui sauve des millions de noirs chaque année, celle-là même qui en héberge des millions d’autres dans des conditions qu’ils n’auraient jamais pu imaginer. Qu’en disent Kechiche et Libération ?
En s’en prenant à Georges Cuvier, à sa curiosité et à ses méthodes, c’est toute la science occidentale que l’on remet en question. Que veulent-ils, tous ces noirs, en venant dans nos pays ? Imaginez que nous y soustrayons la science. Finis la médecine, la chirurgie, les médicaments, l’agriculture suffisante, le confort, l’abondance, les métiers faciles, les transports, l’hygiène, le chauffage, l’électricité, l’imprimerie, les constructions solides, l’organisation, les connaissances… Ne parlons même pas des réalisations culturelles, d’architecture, d’art, etc.

mercredi 3 novembre 2010

L'information chez Hayek dépasse les asymétries mainstream

Un exemple : Jean-Edouard écrit « les économistes ont compris deux choses qui avaient probablement échappé à Hayek. D’abord l’information donne lieu à des problèmes d’asymétrie d’information qui peuvent être extrêmement destructeurs pour le marché ... ». Oui, ces problèmes peuvent être destructeurs pour le marché tel que le conçoivent les économistes mainstream, mais ils font partie de la définition même du marché tel que le conçoivent les autrichiens. Je ne vois aucune raison de penser que ça a échappé à Hayek ; au contraire, c’est à mon avis une des raisons qui lui fait condamner la conception néoclassique du marché.

dimanche 31 octobre 2010

Films octobre 2010

Cinéma :
Hors la loi ***
Kaboom **
Electra Glide in blue *
To be or not to be *****
La vie au ranch
The social network ***
Les petits mouchoirs
La vénus noire *

Dvds-Télé:
Knock - Jouvet ****
Buffet froid - Blier ***
Elle boit pas, elle fume pas, mais elle cause
Quai des orfèvres - Jouvet ****
Smiley Face *
Conte d'hiver
L'amour l'après-midi
Écrit sur le vent - Douglas Sirk ***
Hôtel du Nord - Jouvet ****
Entre onze heure et minuit - Jouvet **
La tête en friche *
Drole de drame - Jouvet *
Marathon Man **
Les rendez-vous de Paris
Election (L'arriviste) ***
Danton *
Le beau mariage
La femme de l'aviateur

Cairnes et l'économie-mathématique

"Je n'ai aucune envie de nier qu'il peut être possible d'employer des diagrammes géométrique ou des formules mathématiques dans le but d'exposer des doctrines économiques obtenues par d'autres voies. [...] Ce que je cherche à nier est la doctrine avancée par le professeur Jevons et d'autres auteurs - à savoir que la connaissance économique pourrait être augmentée par de tels moyens [...] à moins de montrer que les sensations mentales peuvent être exprimées sous des formes quantitatives précises, ou que les phénomènes économiques ne dépendent pas de ces sensations.." - CAIRNES

---

La théorie de la valeur montre que celle-ci est subjective. Elle est donc non mesurable par un nombre. En conséquence on ne peut pas additionner les valeurs entre elles. En le faisant, la macroéconomie (Keynes comme néoclassiques) introduit des suppositions infondées (et cachées) dans la théorie.
La conséquence est connue: les "modèles" ne prédisent rien, et n'expliquent rien. Ces modèles donnent juste des prévisions de recettes fiscales à 6 mois, rien de plus, ce qui suffit à l'Etat (l'employeur de ces "économistes diafoirus")

Voilà qui devrait vous dissuader à jamais d'employer les maths en économie.
Les mathématiques sont adaptées à décrire des chaînes causales fixes.
Les mathématiques ne sont pas pertinentes pour décrire des phénomènes impliquant le choix.

Comme Cairnes, je pense que les maths en éco peuvent avoir une valeur pédagogique. Elles peuvent donner des descriptions condensées, des résumés de connaissances. Mais on ne peut pas trouver de nouvelles connaissances économiques avec elles.

Mises et l'individualisme méthodo

"Le fait qu'il y ait des nations, des États et des églises, qu'il existe une coopération sociale dans la division du travail, ce fait ne devient discernable que dans les actions de certains individus. Personne n'a jamais perçu une nation sans percevoir ses membres. En ce sens l'on peut dire qu'un collectif social vient à l'existence par la voie des actions d'individus. Cela ne signifie pas que l'individu soit antécédent dans le temps. Cela signifie seulement que ce sont des actions définies d'individus qui constituent le collectif. Il n'est pas besoin de discuter si le collectif est la somme résultant de l'addition de ses membres ou quelque chose de plus, si c'est un être sui generis, et s'il est ou non raisonnable de parler de sa volonté, de ses plans, de ses objectifs et actions, et de lui attribuer une « âme » distincte. Ce langage pédantesque est oiseux. Un ensemble collectif est un aspect particulier des actions d'individus divers et, comme tel, une chose réelle qui détermine le cours d'événements.

Il est illusoire de croire qu'il est possible de visualiser des ensembles collectifs. Ils ne sont jamais visibles ; la connaissance qu'on peut en avoir vient de ce que l'on comprend le sens que les hommes agissants attachent à leurs actes. Nous pouvons voir une foule, c'est-à-dire une multitude de gens. Quant à savoir si cette foule est un simple attroupement, ou une masse (au sens où ce terme est employé dans la psychologie contemporaine), ou un corps organisé ou quelque autre sorte d'entité sociale, c'est une question dont la réponse dépend de l'intelligence qu'on peut avoir de la signification que les gens assemblés attachent à leur présence. Et cette signification est toujours dans l'esprit d'individus. Ce ne sont pas nos sens, mais notre entendement — un processus mental — qui nous fait reconnaître des entités sociales.

Ceux qui prétendent commencer l'étude de l'agir humain en partant d'uniteés collectives rencontrent un obstacle insurmontable dans le fait qu'au même moment un individu peut appartenir, et en fait — à l'exception de ceux des plus primitives tribus — appartient réellement à diverses entités collectives. Le problème soulevé par la multiplicité d'unités sociales coexistantes et par leurs antagonismes mutuels ne peut être résolu que par l'individualisme méthodologique."


Human Action - Mises

vendredi 29 octobre 2010

Coase et le marché des idées

Dans cet article, Coase examine les différences entre les deux types de marché qui pourraient éventuellement justifier les décalages normatifs concernant l’intervention publique et fini par conclure que la distinction n’est pas fondée et que la cohérence intellectuelle nécessite d’avoir le même point de vue normatif : si on considère que le marché des biens doit être régulés par les pouvoirs publics, alors il en va de même pour le marché des idées (i.e. marché qui regroupe l’ensemble des activités rentrant dans le cadre du premier amendement de la Constitution des EU, pour Coase).

Les cycles "autrichiens" en question

“Le problème de l’ABCT est qu’elle repose sur l’hypothèse que les entrepreneurs sont totalement myopes et naïfs”
N’exagérons rien. Elle repose sur le fait que des changements de prix induisent des changement de comportement des entrepreneurs. Mais bien sûr si l’entrepreneur est capable de faire la part entre les variations de prix dues à l’inflation et celles dues à la demande des consommateurs, il peut en tenir compte. Peut-il pour autant éliminer complètement le “bruit” de la politique monétaire? C’est une question pertinente traitée ici par exemple :
http://mises.org/story/2673
On ne peut pas simultanément affirmer que les marchés sont intrinsèquement instables, que les prix d’actifs sont des bulles prêtes à se gonfler et à se dégonfler au moindre souffle des esprits animaux, et dans la même phrase expliquer que les entrepreneurs sont si clairvoyants qu’ils arriveront à discerner les vrais prix, les valeurs fondamentales, même lorsque la planche à billets tourne à plein régime. Comme cela, les marchés fonctionnent – ou bien ne fonctionnent pas – selon les nécessités de l’argument? Choisis ton camp, camarade!
Sur le plan historique, Anna Schwartz déclarait dans une interview récente au WSJ : “If you investigate individually the manias that the market has so dubbed over the years, in every case, it was expansive monetary policy that generated the boom in an asset.”
J’ai pensé un moment que la tulipmania était l’exception qui confirme la règle. Mais ce n’est même pas sûr, cf. la thèse de PhD de Doug French : “Early speculative bubbles and increases in the money supply” dirigée par Rothbard. Le chapitre 3 est intitutlé “Free coinage, the bank of Amsterdam, and tulipmania”. Plus récemment (2006), il a écrit un article “The Dutch monetary environment during tulipmania”

--

Dans le cas du cycle, l’hypothèse est qu’un grand nombre d’entrepreneurs prennent à tort comme argent comptant (c’est le cas de le dire) les signaux que leur envoient les autorités monétaires. -> Précisément, c’est une hypothèse contestable et qui ne peut dans tous les cas aucunement prétendre au statut d’axiome. D’où la nécessité de tester empiriquement les “résultats” de l’ABCT.

--

La logique de l’ABCT est d’étudier les conséquences de la création monétaire. La création monétaire a été importante depuis la fin de Bretton Woods, et a été particulièrement rapide après le 11/9/2001. Mais cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir d’autres facteurs. Si l’on prend l’économie américaine, par exemple, Fannie Mae et Freddie Mac ont joué un rôle significatif dans l’(hyper)croissance des subprimes, EN PLUS du phénomène purement monétaire. Il ne s’agit donc pas de défendre l’ABCT contre telle ou telle autre explication (à condition qu’elle tienne la route).
Un autre aspect de l’ABCT est que sa méthode consiste à étudier des liens de cause à effet. Ce n’est pas pour autant un « théorème » irréfutable. Mais l’explication qui est donnée est nettement plus solide que les explications psychologiques que l’on entend si souvent. L’avidité des banquiers, par exemple, est typiquement une explication psychologique qui n’a aucune valeur explicative, comme s’il y avait eu une soudaine « épidémie d’avidité » dans la finance ces dernières années…

---

“Ici, on est plus dans la configuration d’un dilemme du prisonnier répété où les entrepreneurs anticipent les interactions futures. Si les entrepreneurs anticipent la période de contraction, alors il est dans leur intérêt de ne pas investir, ce raisonnement étant connaissance commune.”
-> me semblait au contraire que dans un dilemme du prisonnier répété avec une fin prévue, les joueurs suivent un comportement intéressé au lieu de coopérer. L’anticipation joue dans les deux sens: on sait qu’il y aura punition en cas de trahison, mais on sait aussi qu’il y aura trahison à la dernière étape, donc il y aura trahison à l’étape précédant la dernière, donc il y aura trahison à l’étape encore avant, etc. Ça correspond donc bien à l’ABCT. J’ai personnellement vécu une situation strictement de ce type, avec une trentaine


“Cela implique que la création monétaire devrait en permanence être excessive. Or, c’est un point qui reste à démontrer empiriquement.”
Pas tant que ça: les cycles continuent encore aujourd’hui, l’inflation persiste même quand elle est faible (au lieu d’être nulle) partout dans le monde, et les politiciens des états européens endettés pestent avec une belle unanimité contre la politique de la BCE. Tous ces signes vont dans le sens d’une création monétaire systémiquement excessive.

Ron Paul prévoit la Crise des subprimes en 2002

Ironiquement, en transférant le risque d’un défaut généralisé des hypothèques, le gouvernement augmente la probabilité d’un crash douloureux dans le marché immobilier. C’est parce que les privilèges particuliers accordés à Fannie, Freddie et HLBB ont créé des distorsions dans le marché immobilier en leur permettant d’attirer un capital qu’ils ne pourraient pas obtenir dans des conditions de marché pur. Le capital est donc détourné de ses usages les plus productifs vers l’immobilier. Ceci diminue l’efficacité de tout le marché et réduit le niveau de vie de tous les américains.
Néanmoins, malgré les dommages à long terme infligés par l’interférence du gouvernement dans le marché immobilier, les politiques du gouvernement de diversion du capital depuis d’autres secteurs créent une bulle dans l’immobilier à court terme. Comme toutes les bulles artificiellement créées, le boom des prix de l’immobilier ne peut pas durer éternellement. Quand les prix tomberont, les propriétaires seront mis en difficulté tandis que leur capital immobilier sera anéanti. De plus, les détenteurs de dettes hypothécaires subiront également des pertes. Ces pertes seront plus grandes que ce qu’elles auraient été si la politique du gouvernement n’avait pas activement encouragé le sur-investissement dans l’immobilier.
Peut-être la Réserve fédérale peut-elle éviter le règlement de l’addition en achetant de la dette des GSE et en pompant des liquidités dans le marché immobilier, mais cela ne peut retenir l’inévitable chute du marché immobilier pour toujours. En fait, retarder les nécessaires mais douloureuses corrections du marché ne fera qu’aggraver l’inévitable chute. Plus des gens investiront dans le marché, plus les effets sur l’économie seront importants lorsque la bulle éclatera.
(...)
M. le Président, il est temps pour le Congrès d’agir afin de supprimer le soutien du contribuable aux GSE immobilières avant que la bulle n’éclate et que les contribuables soient une fois de plus forcés de renflouer les investisseurs induits en erreur par les interférences insensées du gouvernement dans le marché. J’espère ainsi que mes collègues se dresseront en faveur des contribuables et des investisseurs américains en coparrainant le Free Housing Market Enhancement Act. »

jeudi 28 octobre 2010

Le modèle de la famille occidental

Le modèle de la famille occidental n'a justement rien à voir avec la famille étendue africaine, qui ne se distingue guère de la tribu ou du clan. L'autorité se confond avec le culte communautaire du chef. René Girard a montré que les sociétés primitives fondées sur le rite sacrificiel et la facination mimétique n'ont pas du tout le même mode de gestion de la violence et des tabous que les sociétés civilisées. Les règles morales, l'apprentissage de la responsabilité, le respect des droits élémentaires supposent de renoncer à souder le groupe par le sacrifice de boucs-émissaires, pour considérer l'intégrité des individus.
Le désir y est ainsi médiatisé par des institutions et une culture de pacification des rapports sociaux. C'est la haute ambition du processus de civilisation qui se traduit par une décence minimale. Mais l'affaiblissement des règles imposées par la société aux individus a pour conséquence d'augmenter l'insatisfaction générale, la démoralisation des individus et le retour des comportements de violence mimétique.


L'idée est qu'à partir du XIXè siècle, la doctrine de la Raison d'Etat change de paradigme sous l'influence des sciences de la vie; sa légitimité ne se fonde plus sur le monopole de la violence légale, mais sur l'ingéniérie des populations, le contrôle démographique et la maîtrise de l'environnement sanitaire. Par suite, la fonction principale du gouvernement en tant que biopouvoir sera de construire un environnement social et urbain permettant d'augmenter l'hygiène publique, de juguler les épidémies, améliorer la santé de la population - toujours en vue de mieux la contrôler. La biopolitique marche de pair avec la thanatopolitique (contrôle des conditions de la mortalité, de la fin de vie, de l'euthanasie etc). Avec la capote, on est en plein dans le domaine de la biopolitique. C'est peut-être la méconnaissance de ce concept qui affaiblit la réflexion des libéraux en matière de sécurité sociale, il faudrait que j'ouvre un fil sur ce sujet au coeur de la gouvernance contemporaine.


Prenons les critère retenus par Will Kymlicka dans Finding Our Way:

- Des programmes d'action positive qui cherchent à augmenter la présence des minorités visibles dans les institutions : oui, par exemple à Sc Po. Voir aussi le financement des associations qui s'érigent en autorités disciplinaires arbitraires.

- Des représentations faites au Parlement en faveur des minorités visibles : non

- Des révisions de programmes scolaires destinées à tenir compte des contributions historiques et culturelles des minorités ethniques : oui, par exemple louis XIV et les rois de France viennent d'être virés des programmes de collège au profit de l'histoire des royaumes africains, au nom de la "déconstruction" des identités.

- Des horaires flexibles, pour accomoder les pratiquants de certaines religions : c'est en cours (voir piscines et cantines scolaires)

- Des programmes d'éducation à orientation anti-raciste : oui

- Des codes de conduite qui interdisent le racisme à l'école ou au travail: oui, la Halde surveille, contrôle et punit les malpensants

- Une formation multiculturelle pour les policiers, fonctionnaires et intervenants du monde de la santé, afin qu'ils puissent reconnaître la nature des problèmes vécus par les familles d'immigrants : c'est fait pour certains fonctionnaires et éducateurs

- Des lignes directrices qui préviennent la propagation des stéréotypes dans les médias : check

- Le soutien des festivals et programmes d'études ethniques: check

- Des services aux adultes dans leur langue maternelle: check (certaines régions socialistes dispensent des services publics en arabe)

- Des programmes d'éducation bilingue pour les jeunes, en vue de leur permettre de faire la transition entre leur langue maternelle et celle(s) de leur pays d'adoption : c'est en cours d'expérimentation


Conclusion : on voit que le modèle français est en train de basculer vers un modèle multiculturaliste qui ne dit pas son nom.

mardi 26 octobre 2010

Némo sur l'éducation

Déa, futur chef de la collaboration, pense que le monopole d'éducation peut permettre une meilleur 'allocation' des individus à leur tâche - dictée par eux par la planification.
Loi 1904 (plus importante que la laïcité où tout le monde était d'accord) = interdiction d'enseignement pour les écoles "catholiques".

----

Le “principe d’éducabilité” est par exemple une des grandes trouvailles de cet indéboulonnable ponte pontifiant. Ce concept vient rejoindre “développement durable”, “gouvernance”, et “éducation à la citoyenneté” au Panthéon des débilités jargonneuses et manipulations sirupeuses contemporaines destinées à masquer l’absence totale de réflexion et de projet concret sur ces questions.
1- le premier passage en gras nie, au final, l’utilité d’un professeur, et nie les mots, le langage, comme vecteur de transmission. Ne surtout pas dire à l’enfant la différence entre une couleuvre et une vipère. Quand il se fera mordre, il comprendra !
2- le deuxième passage en gras, est presque touchant : s’il faut néanmoins, hélas, à un moment, la mort dans l’âme, arriver à la contrainte, alors il faut jouer le sympa. Le prof, le parent, le tuteur sympa. Etre pote avec l’enfant, être son camarade, s’amuser avec lui.

lundi 25 octobre 2010

Les grévistes & le licenciement au XXe siècle

Le gouvernement Thatcher ramena également les syndicats dans le giron du droit commun de la responsabilité civile, pour permettre aux citoyens dont les libertés publiques – travailler, aller et venir – étaient violées, de poursuivre les syndicats en dommages-intérêts. Le croirez-vous ?, il n’y a pas eu, depuis, de blocage des axes routiers, ou des dépôts de carburant, britanniques.
Deux ans plus tôt, le 3 août 1981, treize mille contrôleurs aériens américains s’étaient mis en grève. Ils voulaient plus d’argent, des semaines de travail réduites et une retraite anticipée. Constatant que cette grève était illégale, le président Reagan refusa de céder, ou même de négocier : il licencia les grévistes. Ce jour-là, le Président et le Congrès retrouvaient la plénitude de leurs prérogatives constitutionnelles.
C’est de cette autorité que la France a besoin. L’autorité de la loi. L’autorité du droit. L’autorité d’un gouvernement qui ne se paie pas de mots, qui désapprend la lâcheté de ses prédécesseurs, qui se sait l’émanation d’un majorité démocratique et l’auteur d’une réforme minimaliste que rien, ni personne, ne devrait le conduire à enterrer, même sous un magnifique gerbe chiraquienne de mots creux.
Accessoirement, la France a besoin d’une Gauche responsable qui se résout, bonne dernière en Europe, à embrasser la modernité.

mardi 12 octobre 2010

La circulation des élites chez Pareto

Chez Pareto : l'élite se maintient en monopolisant la dissidence, en assurant sa propre contestation. Le petit bourgeois qui aime la Révolution n'est en aucun cas manifestation de décadence d'une classe mais bien au contraire la ruse de la raison qui assure le discrédit du changement, sur l'air de tout doit changer pour que rien ne change.

mercredi 6 octobre 2010

Avocats et associations profitant de l'immigration

Avocat de l’immigration : un métier profitable
Chaque année, 20 000 avocats supplémentaires sortent des facultés : la judiciarisation de la société et des affaires ne suffit pas à créer un marché suffisant pour les faire vivre ; mais le développement de l’aide judiciaire et les contentieux de masse fournissent des débouchés précieux supplémentaires : à Paris, Versailles, Lille, Lyon et Marseille, près de la moitié du contentieux administratif relève du droit de l’immigration. Un contentieux d’autant plus important, qu’il est à la fois administratif et judiciaire. D’autres avocats se sont spécialisés dans les actions « antiracistes ».
Des dizaines de milliers de gens de robe vivent donc de l’immigration et militent pour une complexification croissante des lois, au nom bien sûr de la défense des droits de l’homme ; défense qui correspond à leurs intérêts bien compris. D’autres professions bénéficient du même effet d’aubaine : ainsi, Le Monde notait récemment qu’en matière judicaire « les pauvres manquaient d’interprètes »

L’économie associative
Des milliers d’associations maillent le territoire pour faciliter « l’intégration », « lutter contre l’exclusion » ou « combattre le racisme ». Là aussi, une multitude d’animateurs sociaux, de pédagogues et de sociologues trouvent des débouchés professionnels dans des structures subventionnées ; structures d’autant plus généreuses que plus une action échoue, plus elle a de chances d’obtenir des crédits supplémentaires car, loin d’être abandonnées, les actions sans résultats obtiennent des rallonges budgétaires.
Il y a là, au niveau local comme au niveau national, un terreau d’intérêts.

mardi 5 octobre 2010

Voeglin contre le progressisme

Sur le fond, ce que relève Voegelin est factuellement exact : Turgot croyait en une perfectibilité du genre humain (estimant, par exemple que "la masse totale du genre humain, par des alternatives de calme et d'agitation, de biens et de maux, marche toujours, quoique à pas lents, à une perfection plus grande"). Nous retrouvons ici l'homme abstrait cher aux progressistes. La pauvreté métaphysique ne réside-t-elle donc pas plutôt dans la conception gnostique que Voegelin examine ?

Notons, au demeurant, que le philosophe rejoint l'analyse que Hayek développe dans le chapitre de The Counter-Revolution of Science, intitulé "The Source Of Scientistic Hubris : L'Ecole Polytechnique", et où il montre combien que les Turgot et Condorcet ont préparé le terrain à la religion de la Raison et donc au positivisme.

dimanche 3 octobre 2010

République et Nation

C’est exactement ce qui arrive à nombre de nos citoyens, ils confondent le verbe ser, l’existence, l’essence (en gros la Nation) avec l’état transitoire estar (la République). Pour eux la France ne peut être que la République et n’a donc que deux cents ans et des poussières. D’ailleurs, ils s’engagent à faire que cela soit le plus indissociable, en supprimant toute référence à la Nation. On ne parle que de République et d’Europe. Le mot nation fait peur. L’aveuglement est absolu. Et pourtant…
Donc, revenons depuis peu après 1945. Tout l’effort éducatif, historique et politique a été de dire que le régime de Vichy, l’État français, le Travail Famille Patrie,  cela n’était pas la France. Soit. Que la France République s’arrête en juin 1940 et reprenne en mai 1945. Sûrement, les boulangeries ont arrêté de tourner pendant cinq ans…La République c’est la Nation et la Nation c’est la République. Voilà l’affaire est entendue. Alors, la France n’était plus, restait la république pour sauver…on ne sait toujours quoi…

--> La république n’est que l’état transitoire de la Nation. Un jour ou l’autre, elle tombera et restera la France, incarnée par un autre régime politique et ainsi de suite…jusqu’à disparition d’icelle.

Axiomatiques politiques par Lincoln

Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne.
Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort.
Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur.
Vous ne pouvez pas encourager la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes.
Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche.
Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous gagnez.
Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l’initiative et l’indépendance.
Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant à leur place ce qu’ils devraient faire eux-mêmes.

Abraham Lincoln.

L'absence de vérité dans la pensée socialiste

Pour eux [les socialistes], et leurs géniteurs (Marx, Sorel, Lénine, Hitler et consorts), la vérité est entièrement dépendante de forces extérieures (historiques, ethniques, sociologiques, etc.).Tout à fait. Les totalitarismes sont des historicismes.
En d'autres termes, pour les totalitaires, il n'y a pas de vérité. Seule la violence et l'Etat ont une valeur indiscutable.

Le Führerprinzip n'a précisément aucun rapport avec la vérité; les déclarations de Hitler ou Staline à ce sujet ne manquent pas. J'ajoute que le Führerprinzip semble principalement s'inspirer des structures de commandement au sein des bureaucraties. Le principe unique est donc uniquement l'obéissance au chef, pas l'observance de la vérité.

C'est la propagande démocratique qui prétend que le totalitarisme serait l'expression d'une vérité unique, mais s'il est un point où démocratie et totalitarisme se touchent, c'est bien dans le relativisme comme valeur la plus haute.

L'expression consacrée est la voix du chef, et non pas la vérité du chef, je crois. Il y a effectivement un arbitrage autoritaire, mais le chef n'a pas besoin d'être dans le vrai pour se justifier (l'histoire s'en chargera).
Bien vu. Au fond, le totalitarisme s'oppose à la vérité comme norme de jugement individuel puisqu'il s'évertue à nier l'autonomie du jugement et la qualité de sujet de droit.

vendredi 1 octobre 2010

Girard et Rand

En fait, leur divergence se situe d’abord au niveau métaphysique et par extension au niveau anthropologique : Rand est matérialiste, d’où la croyance que le corps est le tout de l’homme ; à l’inverse, Girard s’inscrit dans la métaphysique judéo-chrétienne du dualisme de l’être [5], d’où la conviction que l’homme est constitué d’une âme et d’un corps. Dès lors, il est compréhensible que le sacrifice de soi soit perçu par Rand comme une réduction de l’homme à un animal sacrificiel. Le sacrifice s’apparente à une annihilation de soi révoltante car rien ne subsistera. 

On est soit victime soit bourreau. L’éthique girardienne est alors celle de l’acceptation du sacrifice de soi pour l’autre, dans l’imitation du Christ. À l’inverse, l’éthique randienne rejette avec le plus extrême dégoût le sacrifice de soi car il réduit, selon Rand, l’homme à n’être qu’un animal ou un objet sacrificiel. L’éthique randienne est anti-sacrificielle : l’individu se doit de « ne jamais se sacrifier pour les autres, ni sacrifier les autres pour lui-même [4] ».

Jeux de mots sociologiques

Bourdieu et Boudon, ce n'est en effet pas kif-kif Bourricaud. Quelqu'un sait-il s'ils se sont jamais Crozier?
Elias, non !
Aron ?

Tu es Durkheim même, je trouve.
Hé, tu crois que tu me Weber?
Il me Tarde de le vérifier.
Simmel' me laisse faire.
Le Bon homme que je suis te souhaite de bien te reposer.
Je te salue et, par rapport aux autres jours, je Pareto du forum.
Park que d'habitude tu parais tard de cet estimable lieu ?
Oui, car je bèche l'heure. Un sacré retour de Balandier!
Girard rien dire aux autres, mais Marcuse pas de ne pas t'avoir prévenu.
Tu me donnes envie de boire un bon Caillois très chaud et avec un peu de lait, en regardant un James Bond. Si tu n'en veux pas, pas de problème: j'adore No.
Tu Neurath pas une occasion pour boire un petit verre ; il n'est pas étonnant que tu ne sois jamais très loin Dubar du coin.
Cela ne m'empêche pas d'être aussi un adepte Dumont de Vénus.

Vous êtes vraiment graves : j'Ellulcine. Vous avez pris un Marx de Poppers ou quoi ?
Nous Passeron sur votre Comté Cognard, Lapassade a assez Duneier.
Veblen attention, Nico pare son attirail.
Tu Mendras tant.
Bon, Baste y'a maintenant!
C'est fini oui! Vous allez arrêter vos jeux de Nemo!
Simonnot peut même plus plaisanter...

jeudi 30 septembre 2010

Films septembre 2010

Cinéma :
Submarino ***
Notre jour viendra ****
The Town *
Happy few
Wall Street 2


TV/dvd :
Maudite Aphrodite **
Tout ce qui brille
Hollywood Ending ****
Bus Palladium
Effroyable jardin **
Les maîtres du jeux *
2H37
Peut-être **
Ma nuit chez Maud *
Conte de printemps **
American Trip
Conte d'été ***
Conte d'automne
Bo
Héros malgré lui ***
Les invasions barbares ***

La discrimination n'est pas un crime (ni un délit)

Dans ce débat, Megyn tente d’assimiler la discrimination au meurtre. Et elle argumente : doit-on empêcher la police de réprimer le crime sous prétexte de libre marché ou de propriété privée ? Stossel lui réplique que la discrimination n’a rien à voir avec le meurtre mais avec le choix individuel. Quand on choisit un ami ou un mari, on fait de la discrimination. Que ce choix soit critiquable ne justifie pas la coercition et la menace. Dans une société libre, chacun doit être libre de s’associer avec qui il veut, et un propriétaire doit être libre d’inviter qui il veut chez lui.

Le Lay chez les gauchistes

« À la base, le métier de TF1 ; c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible. »

--

On peut retourner cette phrase contre les gauchistes... Car c'est eux qui désirent mettre de l'enfance partout, de détendre les gens, de les amuser etc...
Les gauchistes, festifs, ont bien compris aussi la propagande de masse organisée de nos jours : divertir pour imposer.

dimanche 26 septembre 2010

Typologie de la science politique

Niveaux de liberté politique :
1. Totalitarisme, on arrête des gens au hasard pour maintenir la population dans la terreur de mal penser
2. Dictature, chacun se voit dicter un comportement à adopter dans la vie de tous les jours, ceux qui ne le respectent pas sont arrêtés
3. Régime autoritaire ou mafieux, les opposants politiques sont arrêtés mais on peut vivre normalement si on ne fait pas de politique
4. Régime semi-ouvert, on peut critiquer le pouvoir si on le fait pour une raison autorisée
5. Régime ouvert, la presse est totalement libre et diverse

Niveau de liberté économique :
1. Communisme, confiscation totale, l'État distribue les ressources, organise la production et attribue les biens, l'argent n'existe pas
2. République socialiste, l'État organise la production industrielle mais l'argent existe et une petite partie de l'économie naturelle est tolérée (marchés kholkoziens...)
3. Socialisme de marché, l'État organise et contrôle tout ce qui est stratégique, mais des entreprises privées existent. Les plus grosses sont souvent en relation avec le pouvoir. Impôts élevés compte tenu du niveau de développement économique.
4. Social-libéralisme, l'État réglemente plutôt qu'il ne contrôle directement. La production est privée et des grandes entreprises étrangères, hors du contrôle du pouvoir local, ont droit de cité. Impôts moyens compte tenu du niveau de développement économique.
5. Libéralisme, l'État s'il existe se contente de maintenir l'ordre et de dissuader les envahisseurs. Impôts "charges de copropriété" très faibles.

Niveau de partage du pouvoir :
1. Monarchie absolue (au sens large) : un homme détient tous les pouvoirs ou presque (Staline, Hitler, Ivan le Terrible, Louis XIV, Napoléon, Ghengis Khan)
2. Aristocratie : un groupe restreint détient le pouvoir (dictature d'un parti, technocratie, pouvoir d'une classe politicienne, bipartisme)
3. Aristo-démocratie : un groupe restreint détient le pouvoir mais ses membres sont soumis à un certain contrôle (élections)
4. Démocratie représentative : n'importe qui est vraiment éligible, proportionnelle intégrale, référendum d'initiative populaire, possibilité de renvoyer un politicien en cours de mandat...
5. Démocratie directe : tout le monde vote les lois

Niveau de limitation du pouvoir :
1. Aucune limitation : pas de constitution ni de contrepouvoirs, on peut voter l'extermination des hommes de moins de 1m70 et la loi sera appliquée
2. Régime coutumier : les lois doivent respecter les us et coutumes, il existe un contre-pouvoir destiné à faire respecter cette disposition
3. Séparation des pouvoirs : pouvoir législatif, exécutif et judiciaire réellement indépendants les uns des autres
4. Droits constitutionnels : il existe une constitution qui reconnaît des droits fondamentaux. Le pouvoir chargé de la faire respecter est totalement indépendant du politique.
5. Pas de pouvoir politique : les contrats tiennent lieu de lois locales, au delà, le Droit Naturel s'applique.

L'islam, Le Pen et Chevénement

À propos de Le pen : Le fait que dans cet échange, il ne cite pas une seule fois la conquête de l’espace public, via le voile, le voile intégral, les prières musulmanes dans les rues de Paris, la construction de mosquées est pour le moins surprenant. Qu’il n’ait pas un mot sur la signification de l’offensive de la viande halal, les graves refus de mixité à l’hôpital, la finance islamiste, la progresion du ramadan, et l’intimidation sociale qu’il représente chez les musulmans, montre une grave méconnaissance de la réalité... On aurait attendu d’un homme qui se dit patriote qu’il s’indigne de l’esprit de conquête, qu’ils ne cachent plus, des leaders fondamentalistes musulmans, et de leur volonté de substituer la charia aux lois de la République. Là encore, un grand silence, et des confusions étonnantes entre "arabes" et "musulmans" !


---

Quant au troisième, Jean-Pierre Chevènement, il a osé, lui, en Algérie, affirmer que "si la laïcité, c’est la tolérance, l’islam est à même de comprendre cela, ce qui n’est pas le cas du catholicisme". Christine Tasin, ancienne adhérente du MRC, ne pouvait que réagir fortement.

samedi 11 septembre 2010

Houellbecq et le roman

Le genre littéraire de la post-humanité, c'est la caricature. Les humains (Muray) qui se moquent des post-humains (les agents d'ambiances).

L'art est du temps pris à la Vie. Il ne faut pas vivre pendant qu'on écrit un roman.

Le romancier est un disciple (mais qui doit rester un disciple) d'un philosophe. C'est une philosophie neuve qui est rare dans l'Histoire... pas les romans. (cf. Schoppenhauer)

La critique littéraire est une forme de littérature - de plein droit.

Il ne peut y avoir de demi-habiles en Art : seuls des brutes incultes, ou des artistes très raffinés. (Stendhal)

C'est la sépulture, c'est le signe anthropologique de l'humanité au cours de l'histoire. L'incinération est anthropologiquement impie, immoral, et nous fait sortir de l'humanité.

vendredi 10 septembre 2010

Kropotkine, Spencer et la démocratie

Celui qui saura réunir plus de la moitié des suffrages (sauf de très rares exceptions, chez les partis persécutés) sera toujours l’homme nul, sans convictions, celui qui sait contenter tout le monde. C’est pourquoi – Spencer l’a déjà remarqué – les parlements sont généralement si mal composés. La Chambre, dit-il dans son introduction, est toujours inférieure à la moyenne du pays, non seulement comme conscience, mais aussi comme intelligence. Un pays intelligent se rapetisse dans sa représentation. Il jurerait d’être représenté par des nigauds qu’il ne choisirait pas mieux. - Kropotkine

---

Si les élections pouvaient changer la vie, elles seraient interdites depuis longtemps. - Autocollant de la FA

---

Aux mains de l’Etat, la force s’appelle « Droit », aux mains de l’individu, elle se nomme « crime ». - Max Stirner

---

A noter au passage que H. Spencer utilisait lui aussi la métaphore militaire pour distinguer les deux formes de lien social qui distinguent les sociétés libres des sociétés non libres. H. Spencer opposait la société industrielle, fondée sur le contrat, c’est-à-dire par les échanges libres qui se créent sur un marché, à la société militaire, totalement soumise à l’Etat, qui découle du status, c’est-à-dire de la position sociale dont on hérite par la naissance. - FreeJazz

Sur les pauvres et les solutions

Je vois plusieurs stratégies :

- ne rien faire, car il faut accepter une proportion incompressible de perdants, les récompenser serait une faute
- le marché et la mondialisation apporteront l'abondance, la pauvreté sera vaincue par le progrès économique
- la solution socialiste, qui promet des repas gratuits, mais augmente à terme le nombre de pauvres
- les programmes d'aide humanitaire : micro crédit, éducation etc, mais qui tendent vers l'assistanat
- celle du darwinisme social, qui consiste à laisser faire le struggle for life pour promouvoir les plus aptes
- la solution (finale?) eugéniste, qui consiste à les inciter à ne pas se reproduire
- la solution morale, visant à réhabiliter la famille, les vertus de charité et d'hospitalité (dans certaines limites bien entendues), ce qui a l'avantage de n'impliquer ni la loi ni l'Etat

Enfin une option relativiste consistant à poser qu'il n'existe pas de critère objectif de la pauvreté - on est toujours le pauvre d'un autre - qu'il s'agit donc d'un état psychologique subjectif.