jeudi 23 août 2012

Notes de lecture sur Girard


Notes sur René Girard, "Des choses cachées depuis la fondation du monde".

Les données culturelles sont commas les langages : composées de signes qui ne signifient rien s'ils sont isolés les uns des autres. Ils forment des systèmes.
Prisonniers de nos formes symboliques, de notre système, nous ne pouvons que rechercher d'autres formes - et devons abandonner (dit Levi-Strauss) l'idée de nous interroger sur l'homme-en-soi. L'homme, tout ce que nous en savons, c'est qu'il sécrète des systèmes de signes, et qu'il les confond avec la réalité.

Les interdits (d'objets, sexuels, alimentaires) portent sur des objets proches et accessibles. Ils sont interdits parce qu'ils sont à chaque instant à la disposition de tous les membres du groupe, susceptible donc de devenir des enjeux de violence. Le conflit mimétique -la rivalité pour l'objet- potentiel est donc derrière toutes les interdictions premières de l'humanité. (p. 29)

Les interdits cherchent à écarter la crise mimétique (surgissement d'une violence première). Les rites sont là lorsque la crise est presque arrivée, ils tentent canaliser la crise dans une 'bonne direction' : une réconciliation de la communauté au dépend d'une victime. Cette victime émissaire apparaît est fait se réconcilier la communauté.
Double transfert dans le phénomène religieux : l'agressivité puis la réconciliation.

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La domestication des animaux ne découle pas directement d'un calcul économique -c'est à trop long terme que les premiers rendements arrivent. Il y avait donc, comme premier motif, le motif sacrificiel. L'ancêtre de la vache et du cheval n'ont pas pu être domestiqué dans l'idée que -pour les futures générations- cela sera économiquement intéressant. On cherche donc des remplaçants aux victimes humaines pour ces sacrifices monstrueux.

L'animal doit séjourner chez les hommes, doit s'imprégner des coutumes, pour que son sacrifice soit "équivalent" à un sacrifice humain, et donc tout aussi puissant comme victime émissaire. Ce délai dont bénéficie l'animal pour 'ressembler' aux hommes qui l'utilisent comme victime émissaire marque donc le début de la domestication. 
L'économique surgit comme résultat du sacrifice. Et Girard suit la thèse de Durkheim : le religieux est à l'origine de tout.

De même que la genèse du pouvoir politique vient de ce délai qu'on accordait aux victimes, délai pendant lequel elles étaient 'au pouvoir'. (p. 95-96)

La chasse doit aussi être comprise comme une activité sacrificielle. Seul moyen d'expliquer la chasse préhistorique des animaux, la poursuite d'une victime réconciliatrice. Les techniques surgissent du rituel sacrificiel.

Chaîne fondamentale :
composante mimétique -> mimésis d'appropriation -> conflit -> victime émissaire -> réconciliation.

"Totem et Tabou" comprend que l'humanité remonte à un meurtre collectif. Meurtre du père chez Freud, meurtre d'une victime-émissaire arbitraire chez Girard (qui amène à une réconciliation).

La mythologie, c'est la naissance de la pensée pour Lévi-Strauss et Girard. Mais chez Girard, la grande fonction du mythologique c'est de remémorer le lynchage fondateur et les crises mimétiques.

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Le capitalisme permet de déchaîner les désirs mimétique sans avoir à redouter un emballement irrémédiable du système (violence). Promotion de la concurrence dans des limites acceptables. Ceci amène néanmoins le renforcement des névroses qui accompagnent les tensions concurrentielles.

La coquette sait que le désir attire le désir (on désire quelque chose car elle est désirée par autrui). Il faut convaincre les autres qu'on se désire soi-même pour être désirer. (c'est le "désir narcissique freudien", désir de soi par soi).

mercredi 22 août 2012

Notes de lecture sur C. Lash


Sur Christopher Lash, "La culture du narcissisme".

L'individu n'accumule plus les biens et la richesse (comme au XIXe) mais exige une gratification immédiate, et vit dans un état de désir inquiet et inassouvi.

Nous perdons le sens des continuités historiques. Nous vivons pour nous-même, et nous pour nous ancêtres ou la postérité.

L'homme psychologique cherche ses alliés (pour sa stabilité mentale) non chez les prêtres mais chez les thérapeutes. La thérapie est une anti-religion, dans le sens où, nous ne prêtons d'attention qu'à ce qui va arriver à court terme -peu importe les conséquences à long terme puisqu'il n'y a pas d'avenir.

Lahs se plaint que "les hommes ne peuvent mesurer leurs accomplissements qu'en les comparant à ceux d'autrui. La satisfaction de soi-même dépend de l'acceptation et de l'approbation publiques." (p. 94)
-> ce qui, de fait, me paraît tout à fait normal ! Un homme est valorisé socialement, c'est à dire par son entourage, par autrui.

Comparaison entre le système Sade et la société contemporaine : impératif de jouissance et "les hommes et les femmes ne sont rien d'autres que des marchandises". Sade est décrit comme le prophète de la modernité.

Pour Lash, le sport est un moyen de se surpasser pour rien. Il critique donc la vision du sport comme "oisiveté" pour l'aristocratie, chez Veblen notamment. Il place le jeu très haut, demandant intelligence et dépassement de soi.
-> aucune comparaison avec la profondeur de l'analyse d'Elias sur le sport. Lash est ridicule.



Notes de lecture sur Merleau-Ponty


Sur Merleau-Ponty

"La prose du monde"

Nous ne pensons pas plus aux mots que nous disons ou qu'on nous dit qu'à la main même que nous errons : elle n'set pas un paquet d'os et de chair, elle n'est plus que la présence même d'autri.

Je ne vis pas seulement ma propre pensée. Dans l'exercice de la parole, je deviens delui que j'écoute.

Je ne suis pas seulement actif quand je parle, mais je précède ma parole dans l'auditeur; je ne suis pas passif quand j'écoute, mais je parle d'après… ce que dit l'âtre.
Parler n'est pas seulement une initiative mienne. La parole est une anticipation, une reprise.

Dans la parole se réalise l'impossible accord de deux totalités rivales. Elle nous entraîne, nous transforme en l'autre, et lui en nous, parce qu'elle abolit les limites du mien et du non-mien.


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"Le visible et l'invisible"

Parfois l'évidence éclate : " là-bas aussi la vie est vécue : quelque part derrière ces yeux, derrières ces gestes, un autre monde privé transparaît, à travers le tissu du mien, et pour un moment c'est en lui que je vis, j ne puis suis plus que le répondant de cette interpellation qui n'est faite."
C'est l'autre qui m'envahit n'est fait que de ma substance : ses couleurs, sa douleur, son monde. Mon monde a cessé de n'être qu'à moi, c'est l'instrument dont un autre joue. (p. 26)

Ce monde qui n'est pas notre, nous y tenons comme à nous-même. Il est le prolongement de notre corps : "je suis fondé à dire que je suis le monde". Et Bergson déjà disait: le corps est coextensif à notre conscience, "il comprend tout ce que nous percevons, il va jusqu'aux étoiles".

Le regard des hommes sur les choses, c'est l'être qui réclame son dû, ma relation à l'être (ou au monde) passe par eux, les regards d'autrui.
Tant qu'autrui ne parle pas, il reste un habitant de mon monde. (p. 85)


Cavell, scepticisme et cinéma


Sur Cavell (via Domenach) :

Cavell dit qu'il ne fait pas tant une critique des films, ni n'explique ni n'interprète. Bien plutôt, il analyse les "détails du déroulement du film".

Cavell s'intéresse à ce qu'il advient des choses à l'écran. Et moins à la question plus classique de la représentation du monde à l'écran. Son réalisme n'est pas une théorie (comme pourraient l'être celle de Bazin puis Panofsky) mais bien une reconnaissance de notre rapport naturel au cinéma.

Bazin voit dans l'objectif-caméra un instrument de reproduction fidèle de la réalité, qui rend la réalité crédible. Cavell cherche dans ce mécanisme de projection "la source de la conviction que le cinéma produit dans notre être-lié au monde".

Le cinéma est une expérience de notre contingence. Il hérite d'une tradition voulant "rendre le monde présent".

L'expérience des films se prolonge dans l'imagination chez les enfants. Et dans la discussion chez les adultes.
En projetant le monde sur un écran, le cinéma réalise notre rêve sceptique de voir pleinement le monde, en toute transparence. Nous faisons l'expérience d'un don du monde qui ne requiert pas notre participation. Dans le noir, c'est à dire dans l'oubli du monde réel, nous est rendu présent un monde complet sans nous.
Enfin, avec des séquences, des cadrages, une temporalité limitée… le monde nous intelligible. On contemple le monde sans être vu.

On va au cinéma et en sortant, on croit au monde (Desplechin, 2008).

Notes de lecture sur Fukuyama


Fukuyama:

"La fin de l'histoire et le dernier homme"

Hegel refuse d'avoir un "nature humaine", l'homme est libre et non déterminé.
Le premier homme de Hegel diffère des animaux en ce qu'il a besoin de reconnaissance, d'être reconnu "en tant qu'homme". La première rencontre entre les hommes s'effectue ainsi sous l'égide violente d'une lutte pour être reconnu, ce qui aboutit à un maître reconnu et à un esclave reconnaissant le maître en tant qu'homme (en fait: en tant que maître, et c'est bien là le départ de la dialectique hégélienne).
Le problème d'une société stable est de satisfaire à la fois les maîtres et les esclaves dans leur désir de reconnaissance.

Mais la conscience de l'esclave est plus réflexive que celle du maître car elle doit se penser 'dominée', elle doit penser la liberté d'un point de vue abstrait (la liberté virtuelle, en devenir) avant d'en jouir en réalité. L'esclave, nous tous, doit inventer les principes d'une société libre avant d'y vivre. L'esclave ne défit pas son maître soudainement, il y a d'abord un long travail d'auto-éducation pour surmonter -tout d'abord- sa crainte de la mort.
Les idéologies pour Hegel et Marx sont donc ce qui reflète la conception de la liberté, l'état de réflexion des esclaves sur leur système d'oppression. Le stoïcisme puis le christianisme sont des modes d'analyses de la liberté. Le christianisme, bien sûr, étant la première idéologie produisant l'idée que tous les hommes sont égaux sous le regarde de Dieu.

Le libéralisme américains et ses théoriciens (depuis Hobbes et Locke jusqu'à Jefferson) dit : nous reconnaissons la dimension "désir de reconnaissance" chez l'homme. Mais une bataille de pur prestige hégélienne doit paraître irrationnelle à l'homme qui défend premièrement les premiers instincts de préservation de soi. L'enjeu du politique étant de persuader tout apprenti-maître (donc potentiellement violent car prêt à se jeter dans une bataille de pur prestige) qu'il vaut mieux accepter une vie d'esclave dans une société d'esclaves sans classes.

Le communisme a beaucoup plus utilisé la partie 'thymonique' de l'homme. Il a humilié les gens ordinaires en les contraignant à des compromissions morales : obligations de signer des pétitions, silence devant les persécutions. Tout le monde était complice, grâce à l'agitation de biens de consommations primaires. Il offrait une vie meilleure en échange d'une compromission de leur dignité morale.

Le passage à la société libérale bourgeoise, c'est la victoire éthique du mode de vie bourgeois sur la vie 'thymotique' (désir de gloire, prêt à se sacrifier à la guerre en même temps qu'une interdiction de travailler) des l'aristocrate noble.
On arrive donc à des sociétés composées d'hommes sans courage (C.S Lewis), hommes faits de raison et de désir mais dépourvus d'une fière affirmation de soi-même (thymos, désir d'être reconnu, désir d'être meilleur que l'autre etc.). Ce que, évidemment, Nietzsche critiquera : on préfère le profit personnel à la gloire dans cette civilisation occidentale bâtie pour les bourgeois contre les guerriers nobles.

Le "libéralisme hégélien", c'est l'idée que nous devons être à la fois autonome, et 'reconnus' par tous. La démocratie étant un frein à l'efficacité économique, elle est en fait là pour satisfaire le besoin de reconnaissance.

Nietzsche définit un peuple comme une communauté morale : partageant les même idées du bien et du mal. Le désir de reconnaissance, le thymos, est le siège des valeurs : est 'digne' celui qui respecte un tel ou un autre, est 'indigne' celui qui mange cet animal etc.

Capitalisme et 'cultures locales'. En Inde, Myrdal décrit l'interdiction de tuer et d'utiliser les vaches pour l'économie (ainsi que, plus généralement, l'hindouisme) comme une force d'inertie sociale-économique.
Au Japon, le thymos, la reconnaissance, se fait par les pairs, le groupe. On ne travaille pas (seulement) pour la reconnaissance à court terme qu'est le salaire, mais aussi pour la reconnaissance par le groupe, et des autres groupes sur le notre.
La compétition économique internationale n'oppose plus des idéologies -car on sait ce qui marche- mais des cultures différentes. C'est à dire des manières 'irrationnelles' d'appréhender, par exemple, le travail (reconnaissance de la société pour le travailleur, lien entre le travailleur et la firme etc.)


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"The Origins of Political Order"

Un groupe social qui utilise le langage avant un autre peut l'utiliser pour détecter (ou utiliser) le mensonge. Et devient donc un groupe dominant.

La religion peut être vue comme un moyen de respecter des accords, ou en d'autres termes, d'éviter des passagers clandestins. Le pouvoir symbolique des religieux fait qu'un agent rationnel va parfois respecter des lois tacites par peur des forces irrationnelles et invisibles. Le sens même de la honte est plus fort si l'on croit en des esprits omniscients qui nous jugent sévèrement.

Woody Allen et les femmes

Chez Woody Allen, un homme a une conscience et une femme une psychologie .Un homme cherche à distinguer le bien du mal, la femme cherche son bonheur. Voilà en quoi le cinéma de Woody Allen peut être dit misogyne, parce qu'il a toujours réduit la femme à un pan ingrat de sa subjectivité, alors que l'homme par la conscience, est saisi dans son entièreté. 

 Il suffit de voir comment Allen filme les maîtresses pour comprendre à quel point l'adultère y est filmé, pour l'homme, comme une expérience de pensée où mettre la conscience à l'épreuve. 
La maîtresse c'est la forme que prend l'égarement, l'anomie, la passion mauvaise, empoisonnée, la tentation du chaos, la pulsion de mort. Anjelica Huston dans Crimes et délits ou Scarlett Johannsson dans Match Point sont deux femmes marginalisées, ratées, enfermées dans leur chambre, encombrantes, assez asociales pour qu'une fois assassinées on ne se pose pas la question de leur disparition : ni ami, ni famille, juste des femmes en demande qui n'obéissent qu'à la logique intensive de la passion.


 http://vostfr-cinema.blogspot.fr/2012/07/masculin-feminin-sur-woody-allen.html

Baudrillard - Société de consommation

La consommation assure la stabilité sociale car elle crée une coopération compétitive entre les consommateurs au niveau de l'usage distinctif des codes, des signes. Signes de distinction, de personnalisation, qui fait exister cette "conformité" (conformité non dans l'égalité des conditions, ou la conformité de ce qu'on désire etc. mais conformité comme "obéissance" à un code commun, partage de même signes qui vous font différents tous ensemble). La stabilité sociale ne vient pas par l'abondance des besoins satisfaits qui noient l'individu dans sous le confort et l'interdit donc de se révolter (c'est l'analyse 'classique' des besoins). Baudrillard critique cette vision concluant qu'il faut un abaissement des conditions de vies, plus de misère, pour avoir un espoir de les voir se révolter.

La stabilité vient de la compétition au niveau de règles que les consommateurs respectent : ils sont "dressés" à une discipline inconsciente (respect et obéissance au code de signes). La consommation est comme la culture, comme le langage : respect d'un code de signes. 

 La consommation se définit comme : "un système de communication, d'échange, comme code de signes continuellement émis et reçus et réinventés, comme langage" (Baudrillard, p 134). 

 Les différences s'échangent désormais : différence de vêtements qui s'échangent à travers la mode. Contrairement aux anciennes différences de "sang" ou de religion qui ne s'échangent surtout pas, elles ne sont pas "consommées". 

 La solution à la contradiction sociale (et donc pour réussir une stabilité sociale) ce n'est pas forcément l'égalisation, l'égalité. Mais la différence, la différenciation par la consommation. Cette différenciation répond à un système de signes, de code de signes. 

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" Ne pas confondre métamorphosme du sacré et 'sécularisation', nous connaissons -avec le problème du corps- un changement d'ordre dans le sacré (ce n'est plus l'âme, mais le corps qu'on sacralise… c'est à dire qu'on n'est pas dans la logique sensualiste d'une défense du corps). On change de sacré, on ne se sécularise en rien. " 


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"Si la société de consommation ne produit de mythe, c'est qu'elle est à elle-même son propre mythe" - p 311. L'Abondance n'existe pas, mais il suffit de donner à croire qu'elle existe pour être un mythe efficace. Tout comme le diable qui n'a d'aspect diabolique justement parce qu'il n'existe pas, mais qu'il fait croire qu'il existe. Comme mythe, la société de consommation produit une parole sur elle (façon dont la société se parle).

mercredi 13 juillet 2011

Maupassant contre la fête du 14-juillet

14 juillet. – Fête de la République. Je me suis promené par les rues. Les pétards et les drapeaux m’amusaient comme un enfant. C’est pourtant fort bête d’être joyeux, à date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « Amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Va te battre avec le voisin. » Il va se battre. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. » Et il vote pour la République.

Ceux qui le dirigent sont aussi sots ; mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu’ils sont des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion.

(Le Horla)

jeudi 7 juillet 2011

Opposition entre libertariens et conservateurs

La première différence réside dans la façon contrastée par laquelle les deux groupes perçoivent la population. Les conservateurs, depuis Burke, ont eu plutôt tendance à voir la population à la manière des légistes du Moyen-âge ou des philosophes réalistes (en contraste avec les nominalistes) : composée directement non pas par les individus, mais par les groupes naturels dans lesquels ces mêmes individus vivent invariablement : la famille, la localité, l’église, la région, la classe sociale, la nation, etc.
Bien entendu, les individus existent mais ils ne peuvent pas être considérés comme des identités sociales distinctes de ces groupes. La Révolution, – au nom de l’individu et de ses droits naturels, a souvent détruit ou diminué les groupes traditionnels – les guildes, l’aristocratie, la famille patriarcale, l’Eglise, l’école, les provinces, etc. que Burke considérait comme étant les molécules irréductibles et constitutives de la société. En effet, ils soutenaient que c’est la pulvérisation de la société en un tas de sable composé de particules individuelles, revendiquant chacune des droits naturels, qui rendait inévitable l’apparition du nationalisme collectiviste.


Je crois qu’un état d’esprit se développe au sein des libertariens dans lequel les coercitions de la famille, de l’église, de la communauté locale et de l’école semblent aussi hostiles à la liberté que celles du gouvernement politique. Si c’est le cas, le fossé se creusera certainement encore plus entre les libertariens et les conservateurs.

Il est certain, et cela est pleinement reconnu par les conservateurs, qu’il existe un degré de liberté en deçà duquel aucune création significative ne peut être réalisée. Sans ce degré de liberté, pas de Shakespeare, pas de Marlowe, pas de Newton. Mais ce que diraient les conservateurs, c’est qu’on se rend moins souvent compte qu’il existe un degré de liberté au delà duquel aucune création significative ne peut être réalisée. Les écrivains de la fin du XXème siècle ont composé leur œuvre littéraire dans l’air le plus libre qu’ils aient jamais respiré.
En revanche, les libertariens semblent voir l’autorité sociale et morale et le pouvoir politique despotique comme un élément d’un seul spectre, comme une continuité ininterrompue. Selon leur argument, si nous voulons éviter le Léviathan, nous devons remettre en cause n’importe quelles formes d’autorité, y compris celles qui sont inséparables du lien social.

L'association restera compliquée parce que les conservateurs continueront à soupçonner l'idéal d'émancipation des libertariens de préparer le terrain aux socialistes tandis que les libertariens continueront à soupçonner les conservateurs de vouloir imposer leurs vues morales par la coercition.

vendredi 1 juillet 2011

Un Foucault de droite - freejazz

Foucault s'intéresse aux paradigmes du pouvoir, il montre un changement très intéressant dans la nature même du pouvoir que les libéraux n'ont pas intégré dans leur critique qui reste centrée sur la Raison d'Etat, alors que le pouvoir n'est plus vertical et univoque, mais horizontal et multiple, il s'applique désormais par des techniques de gouvernance dont il avait anticipé le fonctionnement.

Sa légitimité ne consiste plus dans le monopole de la violence légale en vue d'assurer la sécurité du territoire, mais dans la biopolitique, c'est-à-dire la gestion de la santé physique et mentale des populations par la production de normes prophylactiques, hygiéniques, comportementales. Foucault permet ainsi de penser le mécanisme de sujétion qui est à l'oeuvre dans la judiciarisation de la société et la prise en charge des normes par des experts de tous poils qui transforme les frontières du licite et de l'illicite, du normal et du pathologique.

jeudi 30 juin 2011

Films Juin 2011

Cinéma :
X-Men 4 *
Hannah et ses soeurs - Allen
2001 : L'odyssée de l'espace
Limitless **
Une séparation *****
Blue Valentine ***
Pater *
My little Princess *

dvd :
The new world - Malick ***
It Should Happen to You - Cukor ***
Anything Else - Allen
Bananas - Allen
Melinda and Melinda - Allen
Love and Death - Allen
Cure - Kiyoshi Kurosawa
Crimes and Misdemeanors - Allen
Zelig - Allen
Stardust Memories - Allen
Les Amitiés maléfiques - E. Bourdieu ***
Monty Python's Life of Brian *****
Broadway Danny Rose - Allen
New York stories - Allen
Husbands and Wives - Allen
Everyone says 'I love you' - Allen
Another Woman - Allen
A Midsummer Night's Sex Comedy - Allen
Sweet and Lowdown - Allen
The Front - Ritt/Allen
Manhattan Murder Mystery - Allen
Une Belle Fille Comme Moi - Truffaut **
At the Circus - Marx Brothers *****
L'Evénement le plus important... - Demy *
The Purple Rose of Cairo - Allen
Animal Crackers - Marx Brothers *****
Radio days - Allen
There Will Be Blood - Anderson *****
The Curse of the Jade Scorpion - Allen
Deconstructing Harry - Allen
Shadows and Fog - Allen
Small Time Crooks - Allen
Celebrity - Allen
Manhattan - Allen
September - Allen
Interiors - Allen
Alice - Allen
Bullets Over Broadway - Allen
Annie Hall - Allen
What's New Pussycat - Allen
You Will Meet a Tall Dark Stranger - Allen
Everything You Always Wanted to Know - Allen
Exilé - To ***
Sleeper - Allen
Scoop - Allen
Play It Again, Sam - Allen
Four horsemn fo the Apocalypse - Minnelli ***
Laissons Lucie faire! - Mouret *
Ziegfeld Follies - Minnelli

mercredi 29 juin 2011

Notes sur Comte - Enthoven

Remplacement des religions à églises, par des sectes.

Fin des temps glorieuses, avec des perspectives scientifiques qui donnent aux promesses des sectes une valeur concrète (contrairement aux religions). Les sectes savent mettre la science au service eschatologique (contrairement aux religions à églises).

Trois Utopies bio-médicales par Comte :
1. Longévité de la vie,
2. Vache carnivore (vache mange de la viande, Lévi-Strauss utilise pour la vache folle) : les vaches carnivores deviennent plus intelligentes, changer les herbivores en carnivores contre toute idée de nature, les vaches carnivores annoncent des humains eux-aussi améliorés.
3. La femme pourrait se féconder elle-même. Pro-création réfléchie, et non irrationnel, car la 'production d'humain' est trop importante. Sommet du mariage étant être veuf.

Comte se fâche avec Stuart Mill sur le sujet des femmes. Le féminin, c'est l'amour (mieux que la pensée, pour Comte). L'amour est supérieur à la pensée.

Philosophie du cerveau, intérêt pour la science du cerveau.

Sur toutes les questions, Comte est anti-cartésien (animaux machines, méthode philosophique).

Suppressions des plantes qui ne sont pas indispensables à l'Homme. Le monde nous intéresse si il est utile.

Philosophe des villes. Contre la nature sous toutes ses formes.

Démon de Laplace : quelqu'un qui pourrait - avec toutes les connaissances - répondre à toutes les questions.

mardi 28 juin 2011

Tisseron sur la psychanalyse des images

Ces notes sont prises du livre Comment Hitchcock m'a guéri ? de Serge Tisseron :


Nous avons du mal à accepter l'idée d'une relation de dépendance totale à quelqu'un. C'est pourquoi nous sommes réticent à céder à une relation totale. Nous craignons de nous y dissoudre.
Or, c'est là que les images interviennent. Avec elles pas d'inquiétude, nous savons qu'elles n'en abuseront pas et nous resterons toujours maître du jeu. Nous pouvons nous y abandonner.

Les images sont nos mères adoptées que nous prenons et abandonnons aussi souvent que nous le désirons, sans culpabilité ni honte. C'est toujours de leur faute.

De la même manière que le bébé construit certains fonctions psychiques essentielles dans la relation avec sa mère, l'adulte continue à le faire dans ses relations aux images.

Celui qui entre en pensée dans une image entre en réalité dans celle qu'il porte à l'intérieur de lui. Il est alors dans l'image qu'il contient lui-même, un peu comme le nouveau-né se rêve contenu dans le corps maternel dont il est pourtant sorti, de telle façon qu'il se rêve à l'intérieur d'un corps imaginé par lui.

Nous inventons des images pour renouer avec le moment où, encore tout nouveau-né, il s'immergeait dedans en croyant à elles comme à une réalité.

Comment comprendre la facilité avec laquelle le poste de télévision a remplacé, dans nos foyers, le traditionnel feu de cheminée familial ? Les gens ne restent pas fixés devant leur écran pour devenir chaque jour plus bêtes, et rien n'a jamais prouvé qu'ils le deviennent de cette façon. Ils le font pour renforcer en eux la capacité de soutien psychique qui s'est trouvée précocement associée à cette situation.
Devant les images, nous renouons avec le fil d'une situation familière, celle d'être confortablement installé sur les genoux d'un adulte protecteur. Je me sens plus fort.

En fait les images permettent à l'être huumain de se confronter à des situations traumatiques par images interposées. Les images sont comme des pare-excitations.
Contre les psychanalystes qui craignent que l'imaginaire des enfants confrontés à des images ne finisse par se réduire à celles-ci. Cette prédiction est démentie par les faits. Même si, bien entendu, certains personnalités fragilesdécident de se guider sur des images.

Dans la vie, l'adulte doit prendre les objets et les situations comme elles se présentent... il se console donc avec les images qu'il manie comme il le désire. Les images se présentent toujours à lui comme il le désire, puisqu'il choisit sur mesure pour cela !


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Les images comme sources d'éveils (pages 148-150).
Le théâtre de Beckett témoigne de ce danger du manque de "recharge" du système psychique. Les personnages y sont immobiles comme si leur corps n'était plus investi d'une énergie suffisante pour se mouvoir, leurs propos sont répétitifs et tout y semble figé. Chez le bébé, cette fonction de "recharge psychique" (demande de nouveauté) est assuré par l'environnement, naturellement très riche à la naissance. Les sources d'excitation sont intériorisées, l'adulte peut soutenir sa curiosité et son activité même dans un univers peu stimulant.

L'entourage ne cesse pas pour autant d'être important. L'adulte a besoin lui aussi, dans des proportions variables, d'excitations externes pour rester éveillé. Les images jouent ici un rôle fondamental. En regarder fait partie de ce système de recharge... même si elles ont un contenu informatif pauvre. La télévision des "émotions fortes" (et peu informatives) comme la télé-réalité propose de quoi se "recharger" à bas prix.
La clé du succès de la télé-réalité, ce n'est pas l'exhibitionnisme comme le pense les gens, mais l'intensité des émotions ; qui satisfont la demande d'éveil des individus. Aux parades, défilés, carnavals à succédé la télé-réalité.
Pour les joueurs de jeux vidéos, l'accrochage aux images est leur manière de tenter d'entretenir un niveau d'excitation suffisant pour se sentir en vie.

Ceux d'entre nous qui ont bénéficié d'un environnement premier adéquat à leurs attentes vivent en général en paix avec les images et dénoncent celles qui ne font que jouer sur les émotions aux dépens des contenus. Mais ceux qui ont pâti d'un défaut de stimulation s'en nourrissent volontiers, tandis que ceux qui ont connu un excès précoce d'excitation s'en excitent.
[Bref, nous pouvons décrire le rôle de l'éducation par rapport aux images : une bonne éducation, c'est assurer de bonnes stimulations aux enfants, pour qu''une fois adulte, ces mêmes enfants ne se contentent pas d'émotions à bas prix, d'émotions vulgaire etc. Un adulte bien éduqué bénéficie d'une base solide d'émotions et de "capacité pour s'auto-recharger en émotions" sans céder à l'excitation pure - au dépend du contenu artistique, intellectuel etc.]


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Dans l'addiction, ce n'est jamais le produit qui compte, c'est bien plus la relation qu'un sujet établit avec lui. Il n'y a dans les addictions, que des cas particuliers.

Un enfant qui a connu la situation protectrice (reposer sur l'adulte protecteur) face au poste de télévision, va se sentir "bien" devant la télévision une fois adulte... peu importe le programme télévisuel en question. L'important sera que la lucarne soit allumée, que la télévision remémore la protection parentale. C'est le corps-à-corps avec l'adulte qu'on recherche (qu'on peut rechercher).

L'ordinateur, c'est l'activité gratifiante. Sur l'ordinateur, nous agissons directement avec les images, comme le bébé interagit directement avec la mère (et les images qu'elle offre, les objets qu'elle propose etc.) L'ordinateur peut être abandonné à tout moment, sans rancune lorsqu'on renouera contact avec lui.
Les jeux en réseaux, c'est l'activité narcissique. Ils assurent une gratification narcissique permanente par les pairs : les joueurs se félicitent entre eux après une étape importante dans le jeu vidéo.

Conclusion. Les images ont été inventé pour reproduire avec elles les diverses formes de relations fondatrices qu'il a d'abord entretenues avec sa mère. Ce ne sont pas les images qu'il faut craindre, mais les attentes irréalistes que certains sujets mettent en elles, ou l'usage manipulatoire.
Nous avons crée les images pour soutenir nos fonctions psychiques, ce désir s'est accompagné dès le début de l'inquiétude qu'elles s'y substituent.

Un des dangers de l'image serait d'en fabriquer qui correspondent à une seule fonction. Si une image prétend ne répondre qu'à un seul objectif, elle risque d'appauvrir le fonctionnement psychique.

samedi 25 juin 2011

Guerroyer en philosophie avec Sartre - par Bhl

Il y a deux façons de lire un philosophe :

- celle des professeurs, respectueuse de ce qu'il a dit, fidèle au vrai corps de sa doctrine, logique, attentive à bien retrouver l'ordre de se raisons et de son système.


- celle des philosophes, (donc des écrivains) qui ne se réclament de la pensé d'un autre que parce qu'ils n'ont pas encore le moyen d'oser affirmer la leur, l'assumer, penser en leur nom. Lecture sauvage, alors. Lecture de pillard, de guerrier. Lire la pensée d'un aîné pour y trouver la sienne en gestation. Se faire des idées personnelles à ses dépens jusqu'à tomber dans un cul-de-sac. Citer Husserl ou Heidegger pour y prélever des traits , des armes, des renforts. Les corriger l'un par l'autre. Les opposer, tous deux, à Hegel. Tant pis si l'on manque le sacro-saint mouvement de la pensée citée. Tant pis si l'on déshistoricise le sens de cette pensée. On entre dans le grands morts comme dans un moulin. On prend dans la pensée d'autrui, mort ou vivant, la matière de sa propre pensée, jamais tout à fait finie.


-- repris de "Le siècle de Sartre", de BHL (page 135).


///


Engagé, en 1944 dans Qu'est-ce que la littérature? - pour Sartre, ça veut d'abord dire 'conscient du pouvoir de la parole'. Et non cette police de la pensée qu'il exercera plus tard.

Le concept d'engagement n'est pas un concept politique insistant sur les devoirs sociaux de l'écrivain; c'est un concept philosophique désignant les pouvoirs métaphysiques du langage.

Guerroyer en philosophie avec Sartre - par Bhl

Il y a deux façons de lire un philosophe :

- celle des professeurs, respectueuse de ce qu'il a dit, fidèle au vrai corps de sa doctrine, logique, attentive à bien retrouver l'ordre de se raisons et de son système.


- celle des philosophes, (donc des écrivains) qui ne se réclament de la pensé d'un autre que parce qu'ils n'ont pas encore le moyen d'oser affirmer la leur, l'assumer, penser en leur nom. Lecture sauvage, alors. Lecture de pillard, de guerrier. Lire la pensée d'un aîné pour y trouver la sienne en gestation. Se faire des idées personnelles à ses dépens jusqu'à tomber dans un cul-de-sac. Citer Husserl ou Heidegger pour y prélever des traits , des armes, des renforts. Les corriger l'un par l'autre. Les opposer, tous deux, à Hegel. Tant pis si l'on manque le sacro-saint mouvement de la pensée citée. Tant pis si l'on déshistoricise le sens de cette pensée. On entre dans le grands morts comme dans un moulin. On prend dans la pensée d'autrui, mort ou vivant, la matière de sa propre pensée, jamais tout à fait finie.


-- repris de "Le siècle de Sartre", de BHL (page 135).


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Engagé, en 1944 dans Qu'est-ce que la littérature? - pour Sartre, ça veut d'abord dire 'conscient du pouvoir de la parole'. Et non cette police de la pensée qu'il exercera plus tard.

Le concept d'engagement n'est pas un concept politique insistant sur les devoirs sociaux de l'écrivain; c'est un concept philosophique désignant les pouvoirs métaphysiques du langage.

dimanche 19 juin 2011

L'importance des américains pour les français - Ilys

Jusqu’à 1870 la France était un pays européen, de la Plus grande Europe. Certes, Naboléon III avec ses lubies nationalistes et souverainistes poussait les Européens à se claquemurer chez eux, mais ça restait encore viable. Après la défaite devant la Prusse, l’humiliation, l’arrogance des Allemands, les Français ont refusé leur passé germanique pour s’inventer (je dis bien s’inventer) un passé Gaulois, a-germaanique. On ne voulait rien avoir à faire avec des Teutons. Astérix est né en 1870. Comme Maurras et De Villepin. La folie de la colonisation, apporter la civilisation aux sauvages pour en faire ses frères et semblables, a suivi la perte de l’Alsace-Lorraine. L’école publique gratuite et obligatoire, l’égalitarisme, n’était au départ que la volonté d’avoir des soldats parlant tous français et ayant un minimum d’instruction pour servir de chair à canon pour la Revanche tant désirée.

La France s’est fourvoyée dans la vengeance post-1870. Elle s’est éloignée des Allemands pour se rapprocher des sauvages. Elle a tourné le dos à l’Europe pour lier son destin à l’Afrique. Les 68-tards ne sont que des résidus inoffensifs. Les 70-tards sont les vrais fossoyeurs de la France : l’égalitarisme, le laïcardisme, le démocratisme, la plèbe triomphante, la haine de l’élite et de la grandeur, ce sont eux. Hippolyte Taine avait brillamment prévenu son monde en son temps, mais on a préféré écouter Jules Ferry.


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Oui, et puis « …nous serions tous en germanie », c’est une phrase dans un texte en vers, pas une thèse. Ca veut dire en fait « vous serier sous la botte nazi ou communiste ».

Cela n’a pas bcp de sens de raisonner ainsi. Sans le matériel américain et leur puissance de feu, la guerre aurait été autre, sans un second front ouvert à l’Ouest, aussi. Les pertes humaines étaient massives en 41 en URSS et les allemands on ne peut plus conquérant. Ce n’est pas seulement le prix du sang qui est déterminant, mais la stratégie. On peut sacrifier cent millions d’hommes en pure perte.

Disons qu’envoyer à la mort des millions d’hommes parce que pour les Soviets la vie humaine n’a aucune valeur ne tient pas de l’exploit. Leurs pertes gigantesques sont moins un signe de sacrifice que de la barbarie et de l’incompétence du gouvernement soviétique.
C’est là que les mots « un gars venu de Géorgie qui se foutait pas mal de toi » prennent tous leur sens. C’est à cet aune là qu’il faut vraiment estimer le sacrifice américain… Des jeunes gens libres, dans un pays puissant et libre, pas menacés directement par le conflit, qui viennent libérer un pays dont ils ignorent tout.
Le sacrifice des américains est plus grand, parce qu’ils avaient beaucoup plus à sacrifier.

Jeunesse de Soral dans les milieux universitaires

Les professeurs, très cultivés, sans maîtrise. Des ânes savants, aucune connaissance du réel, d'élève à prof.
Ecouté par des gamins bourgeois, et des bourgeoises de gauche, attirés par des faux concepts.
Il faut avoir un pied dans le réel, et un pied dans le concept.
Le livre déclenche naturellement une fascination. Quand on fréquente les vrais auteurs, on désacralise l'écrivain.
Privilèges de castes de l'université, c'est le prof' qui a un cheptel d'élèves qui l'admirent. Le prof' peut draguer.

Les prolétaires français écrivent en français (le rap) et la bourgeoisie écrit en anglais (rock et pop musique).

samedi 18 juin 2011

L'être en-soi et pour-soi chez Sartre

les modalités de l'être. Il en distingue trois :

– L'être en-soi, c'est la manière d'être de ce qui « est ce qu'il est », par exemple l'objet inanimé « est » par nature de manière absolue, sans nuance, un.
Le concept d’en-soi désigne tout ce qui est sans liberté et qui n’entretient aucun rapport à soi. L’existence de tout en-soi est passive en ce sens que, par exemple, un vélo ne peut décider d’être autre chose qu’un vélo, et ne peut pas avoir de préférence (par exemple faire un tour dans une heure plutôt que maintenant). Ce concept d’en-soi se rapporte donc aux choses matérielles parce qu’elles existent indépendamment de toute conscience.


– L'être pour-soi est l'être par lequel le néant vient au monde (de l'en soi). C'est l'être de la conscience, toujours ailleurs que là où on l'attend: c'est précisément cet ailleurs, ce qu'il n'est pas qui constitue son être, qui n'est d'ailleurs rien d'autre que ce non être.
Le pour-soi s'oppose à l'en-soi et désigne l’être de l'homme, pourvu d’une conscience qui fait de lui un être tout à fait particulier. Étant donné cette conscience capable de se saisir elle-même, le pour-soi a comme principal attribut une liberté absolue, une possibilité infinie de choisir.


– L'être pour-autrui est lié au regard d'autrui qui, pour le dire vite, transforme le pour soi en en soi, me chosifie.

Donc :
L'homme, se distingue de l'objet, en ce qu'il a conscience d'être, conscience de sa propre existence. Cette conscience crée une distance entre l'homme qui est et l'homme qui prend conscience d'être. Or toute conscience est conscience de quelque chose (idée d'intentionnalité reprise de Husserl). L'Homme est donc fondamentalement ouvert sur le monde, « incomplet », « tourné vers », existant (projeté hors de soi) : il y a en lui un néant, un « trou dans l'être » susceptible de recevoir les objets du monde.
Contrairement à l’en-soi qui coïncide toujours avec lui-même, le pour-soi, c’est-à-dire l’être humain, peut faire varier indéfiniment la conscience qu’il a de lui-même. Par exemple, mon vélo n’est qu’un vélo. Rien d’autre. Il est absolument incapable de prendre conscience de ce qu’il est et de sa situation. Tandis que lorsque je conduis ma bicyclette, je suis ce que je ne suis pas. C'est-à-dire que, demeurant un être humain, je suis pourtant devenu cycliste, ce que je n’étais pas à l’origine, et ce que je ne serai plus dans quelques instants, quand je me serai cassé la figure (et qu'alors je ne serait plus un cycliste mais un individu ridicule).


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« Le pour soi est ce qu'il n'est pas et n'est pas ce qu'il est »
— Sartre, L'Être et le Néant
« Il n'y a pour une conscience qu'une façon d'exister, c'est d'avoir conscience qu'elle existe »
— Sartre
« En fait, nous sommes une liberté qui choisit mais nous ne choisissons pas d'être libres : nous sommes condamnés à la liberté. »
— Sartre
« Les objets sont ce qu'ils sont, l'homme n'est pas ce qu'il est, il est ce qu'il n'est pas. »
— Sartre

samedi 11 juin 2011

Méthode évolutionniste dans l'éducation

Sur l'éducation qui devrait s'améliorer grâce à la sélection des comportements.

Si Hayek et les évolutionnistes (en sciences sociales) disent justes, on devrait observer une amélioration de l'éducation à travers le temps. Les parents héritent de toutes les erreurs accumulées dans le passé (par leur famille, qui leur raconte; mais aussi par leur expérience personnelle de constatation empirique de ce qui fonctionne ou pas, autour d'eux etc.).
Il m'est donc très compliqué de constaté qu'il n'en est rien. Les parents n'éduquent pas leurs enfants avec l'expériences qu'ils peuvent avoir après les siècles et les siècles d'éducation visant aux même buts (en occident disons), à savoir un tempérament calme, une faculté de concentration, et de l'obéissance.
Les parents ne profitent pas de leur expériences. On dirait qu'ils recommencent à chaque génération les erreurs que leurs parents ont commis il y a quelques décennies.

On pourra dire qu'il y a un progrès car les pédagogues dangereux à la Françoise Dolto ont été achevé. Mais il n'est pas certains qu'ils ne refassent pas surface un jour ou l'autre.

Plus généralement, on dirait que dans les modes de vie de chacun, rares sont ceux qui ont su apprendre des échecs des générations passées (à travers leurs expériences propres, les oeuvre de fictions, les expériences racontées etc.).

On critique la psychanalyse, et moi le premier, mais peut être est-ce un moyen d'utiliser son expérience personnel pour perfectionner son existence (et a fortiori l'éducation de ses enfants).
Mais enfin, quelqu'un d'un peu réfléchit devrait pouvoir apprendre de lui-même, et comprendre qu'il peut tirer des enseignements des erreurs des générations futures.

Si l'évolutionnisme dans la vie quotidienne n'a pas lieu; alors comment défendre sérieusement Hayek quant il propose l'évolutionnisme au niveau des civilisations, des systèmes juridiques, monétaires etc. C'est une vrai question.

Rôles des communistes dans l'après-guerre

Sur les communistes.

On oublie à quel point les communistes ont joué un rôle important dans l'après-guerre. Il ne suffit pas de dire qu'ils étaient "le premier partis de France".
Les jeunes, après la guerre, se demandaient une seule chose : qu'avaient leurs parents pendant la guerre. Par bonne conscience, par hantise de retomber un jour - eux même - dans la collaboration passive ou active, tous les jeunes s'inscrivaient aux parti communiste. Ils voulaient rompre avec leurs parents. (je tire ça d'une déclaration de l'historien Paul Veynes).

On oublie aussi que la droite ne défendait pas la "liberté". Pour être contre la guerre d'Algérie, il fallait allé chez les communistes. Babeth m'expliquait qu'elle avait signé les pétitions des communistes contre la guerre d'Algérie, car personnes d'autres ne proposaient ces "idées".
On oublie donc que le contexte intellectuel était tout à fait creux à "droite" : c'est le gaullisme qui a tout détruit, à mon sens. Il y avait les pro-algérie, et les moins extrémistes gaullistes étaient sans doute modéré, mais pas franchement contre.

Les communistes profitent de la médiocrité du camp d'en face pour s'imposer. Aujourd'hui, les pseudo-intellectuels profitent de la médiocrité des "grands intellectuels" ou apparentés philosophes... pour vendre leur merde, car les "grands" sont devenus illisibles (car médiocres). C'est de la faute des "grands philosophes" si des pseudo-intellectuels ont du succès. C'est de la faute (en partie) des conservateurs et de la droite gaulliste débile, si le parti communiste a eu autant de succès. Face à des libéraux, des vrais, les communistes n'auraient pas eu le monopole du pacifisme. Notons toutefois que Aron a rapidement signé en faveur de l'Algérie libre, ainsi que des auteurs "réactionnaires" comme Marcel Aymé etc. Donc quelqu'un d'un peu indépendant d'esprit pouvait réconcilier la liberté individuelle et la politique étrangère "libérale".
Evidemment, je n'oublie qu'il y a des constantes profondes en France, qui rendent services aux communistes, l'anti-capitaliste, l'anti-américanisme etc.

mercredi 1 juin 2011

Desplechin, le cinéma et le scepticisme

Quand la réalité est filmée puis projetée, elle signifie. Qu'on le veuille ou non. Le scepticisme - avec Descartes par exemple - implique qu'on peut douter que le monde existe, que j'existe moi-même. Comment s'assurer du monde ? Cette crise sceptique met en faillite la connaissance, ce qu'on peut tous éprouver à un moment ou à un autre.
Or le cinéma est d'une part un outil de comat contre le scepticisme, et d'autre part le récit de ce combat avec le scepticisme.
Chacun des personnages (ou chacun d'entre nous) a besoin de croire au monde. C'est à dire parfois de voir un film pour, en sortant de la salle, croire au monde.
Je vais au cinéma voir n'importe quoi et, en sortant, je me sens appartenir au monde. La machine cinéma met en échec nos doutes, notre scepticisme. D'autre part, elle met en scène des personnages qui sont eux-mêmes en proie au scepticisme.

Woody Allen rate son suicide dans Hannah et ses soeurs (1986). Il rentre ensuite dans une salle de cinéma où il voit les Marx Brothers qui gigotent du derrière. C'est le monde lui-même qu'il voit en cet instant, dans un acte de piété. Avant d'entrer dans le cinéma, il était allé à l'église mais n'avait pas réussi à rétablir un contact avec le monde. En voyant les Marx Brothers gigoter du derière, quelque chose lui apparaît de sa condition d'homme. En, il peut respecter ce qui lui est offert, c'est à dire la vie commune et la vie exceptionnelle - puisque chez Cavell c'est tout en un : l'extrême noblesse, et la condition populaire.

lundi 30 mai 2011

Films Mai 2011

Cinéma :
Minuit à Paris - Allen **
La ballade de l'impossible *
Pirates de Caraïbes 4 *
The Tree of Life - Malick
Le garçon au vélo - Dardenne *


dvds :
Hot Cat in a Thin Roof - Brooks ****
The Big Sleep - Hawks *
Little Miss Sunshine ***
Retour à la vie - Clouzot (avec Jouvet) **
The Nutty Professor - Lewis ****
La sentinelle - Desplechin *****
Comment je me suis disputé - Desplechin *****
Fin août, début septembre - Assayas ***
In a Lonely Place - Ray **
La chambre verte - Truffaut **
La vie des morts - Desplechin *****
Les Dames du Bois de Boulogne - Bresson *
Heaven can wait - Lubitsch ***
Blue Beard's Eighth Wife - Lubitsch ***
La jument verte *

Critiques de l'instruction publique par Rougemont

A peine capable de nous instruire, l’Ecole prétend ouvertement nous éduquer. D’ailleurs elle y est obligée dans la mesure où elle réalise son ambition : soustraire les enfants à l’Eglise et à la famille. Car il faut bien se représenter qu’elle [l'instruction publique] n’était encore au XVIIIe siècle qu’une utopie de partisans. Il ne serait guère plus fou aujourd’hui qu’on répande universellement et obligatoirement l’art du saxophone ou de la balalaïka. L’instruction publique et la Démocratie sont sœurs siamoises. Elles sont nées en même temps.

La laideur des « collèges » n’est pas accidentelle. C’est celle-même du régime. L’architecture de nos « palais scolaires » symbolise d’une façon frappante ce qu’il y a de schématique et de monotone dans la conception démocratique du monde.

Ils n’en sont pas moins devenus le but même de l’instruction ; la fin justifie les moyens et à quoi l’on subordonne tout, plaisir, goût du travail, qualité du travail, santé, liberté, sens de la justice et autres balivernes, instruction véritable et autres plaisanteries de gros calibre, car à la vérité ce n’est pas d’enseigner qu’il s’agit, mais de soumettre les esprits au contrôle de l’Etat.

La discipline primaire forme des gobeurs et des inertes, fournit des moutons aux partis. Ce ne sont pas seulement les meilleurs qui sont sacrifiés. Voici ce que M. E. Duvillard dit des enfants peu doués pour les disciplines scolaires : « Les épaves scolaires, faute d’un traitement pédagogique approprié, tombent dans une apathie intellectuelle qui les conduit souvent à l’imbécillité et au vice. »

Terminologie et concepts de Husserl

"Noèse", "noème" sont des termes décalqués du grec. La noésis, càd ce que fait le "noûs" (esprit), c'est l'opération de la pensée, c'est donc le côté subjectif. Le noème, c'est ce qui est visé par cette pensée (le "corrélat noématique" ; si je pense, je dois bien penser quelque chose, ce quelque chose, Husserl l'appelle le noème), donc c'est plutôt le côté objectif.

Entre ces deux éléments, il n'y a pas de différence REELLE (ça veut dire : je ne distingue pas deux choses, ici, dont l'une serait la pensée et l'autre la matière, à la façon cartésienne), mais deux pôles d'un même phénomène. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire que ce noème soit un quelque chose existant matériellement dans le monde. Par exemple, je peux repenser à mon appartement dont je viens de déménager, dans le souvenir. Le côté noétique (donc de la noèse), c'est le souvenir comme un certain mode de se rapporter à l'objet (auquel je pourrais me rapporter autrement, par exemple dans la détestation, dans l'oubli, dans la crainte, etc), le côté noématique c'est la maison, mais pas comme une chose au sens réaliste, il se peut d'ailleurs que l'appartement ait été détruit depuis, etc., mais comme ce à quoi se rapporte, hors de moi, cette pensée ; elle se rapporte à un appartement ayant existé, dans lequel j'ai vécu, etc.

Ce qu'il importe de comprendre, c'est que le "phénomène" - donc ce que va travailler le phénoménologue - ce n'est pas seulement le côté de l'objet (donc, c'est pas du Kant), mais l'ensemble. Du point de vue de Husserl, ce qui ne suffit pas chez Kant, c'est qu'en gros il réduit le phénomène (Erscheinung) à ce qui est perçu, alors que la perception n'est qu'une manière parmi d'autres de se rapporter à quelque chose, et que les autres manières (la haine, la crainte, le désir et tout ce que tu veux) produisent un phénomène différent. Me souvenir de la maison, haïr la maison, espérer la maison, etc. sont des phénomènes différents. Ce n'est pas seulement le sujet qui change (ses états affectifs), mais l'objet aussi.

En ce qui concerne l'essence, elle ne me semble pas recevoir chez Husserl un contenu différent de celui qu'on trouve chez tous les philosophes depuis Platon.


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La transcendance du monde, cela signifie, comme tu l'as compris, que le monde est hors de moi. Il n'est pas "dans" ma conscience. Ceci permet à Husserl de se débarasser de ce qu'il appelle le "psychologisme" (le monde n'est rien d'autre qu'un état de ma conscience, quelque chose qui est "dans ma tête" puisqu'il n'est pour moi qu'en tant que je me le représente) Eh ben non, il est dehors, sinon ce ne serait pas un monde et je ne peux pas comprendre, avec cette manière de voir, comment je distingue par exemple une perception (d'un objet) et une hallucination. Pour cette affaire de transcendance du monde, je te renvoie au fameux article très saisissant et brillant de Sartre dans Situations 1 sur le concept d'intentionnalité. Transcendant : extérieur à.

Husserl utilise "transcendantal" dans un sens kantien. Le sens que donnaient à ce terme les philosophes du Moyen Age a complètement disparu (je ne l'ai lu chez aucun auteur postérieur à Kant ; on peut donc l'oublier sauf si on veut bosser sur la scolastique, Aristote, etc.). Chez Kant, transcendantal se rapporte aux "conditions de possibilité" de la connaissance. Pour Husserl, il faut faire ressortir que le monde est toujours un monde pour moi, un monde qui se donne à ma conscience, qu'il renvoie à un ego constituant, ego transcendantal, donc. On reste donc avec Kant. Il y renvoie mais il est quand même transcendant. Ce n'est pas pour le plaisir de faire chier que Husserl est très difficile, mais parce que c'est vraiment très difficile...Il faut essayer de penser ces deux choses en même temps.
Le mode d'accès (et c'est peut-être ce que tu entends par "comprendre" l'ego transcendantal), càd la manière de dégager cette sphère du "transcendantal", c'est la réduction phénoménologique. C'est par cette réduction et elle seule que je peux espérer comprendre.


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La conscience, chez Husserl, est transcendantale. C'est pourquoi vous ne pouvez comparer évidence husserlienne (phénoménologique) et évidence cartésienne (ontologique). Chez Husserl, ce n'est plus : je pense, donc je suis, mais : je pense, donc je suis pensant. Évidence apodictique à ses yeux, l'évidence n'est plus chez lui adequatio intellectus rei, car elle n'a pas pour fonction de nous renseigner sur la nature du monde, de nous dire ce qu'il est. Sa fonction est de nous dire qu'il est (expérience du monde), peu importe ce qu'il est.

Schizophrène ou pas, chacun fait l'expérience du monde, indépendamment de la question de savoir ce que cela dit du monde ou de chacun. Ce qui intéresse Husserl, c'est l'intentionnalité de la conscience, laquelle est conscience de quelque chose (la visée de). C'est donc elle qui apporte l'évidence (ou la preuve) du monde en tant qu'il apparaît (phénomène), pas en tant qu'il serait ceci plutôt que cela (ontologie). C'est en cela que la conscience husserlienne est transcendantale.

dimanche 29 mai 2011

Les pseudo-mondialistes sont des français inconnus

En tous cas, ca démontre bien que BHL est bien plus un produit du système franço-français qu’un représentant de l’élite mondialisé. Pas le moins du monde un Juif cosmopolite dans la grande tradition, le BHL, mais une curiosité locale qu’on trouve au Frankistan.

DSK, ce n’est pas un produit du cosmopolitisme juif, mais c’était au contraire, en 1981 un fonctionnaire de l’éducation nationale barbu qui enseignait l’économie à Metz, qui avait une veste en tweed gris caca, qui comptait les pièces et qui fût discrètement muté vers Science-Po Paris parce qu’il était socialiste comme le nouveau Président de la République… C’est un franco-français qui a grimpé l’échelle jacobine en traînant dans les couloirs de l’État jusqu’à ce qu’il soit nommé par un autre président de la République Jacobine à la tête du FMI, qui a fait carrière dans le marigot jacobin du premier jusqu’au dernier jour, de sa miteuse faculté provinciale jusqu’à la chambre d’hôtel du Sofitel avec à l’intérieur sa femme de chambre noire qu’il s’est cru autorisé à violer, qui a fait montre du début jusqu’à la fin de la morgue et l’outrecuidance propre aux gens de l’État.

jeudi 26 mai 2011

Quelques notes sur Heidegger

1) paragraphe 27
La dictature de "on" : on pense tous pareil. On se révolte car on se révolte...
La parole est dictée par le "on". Qui est le "on" ?
La "pensée sérielle" chez Sartre, c'est l'alignement des gens à l'arrêt de bus qui sont à la fois ensemble et séparé.
Je ne suis pas l'auteur de ma pensée, l'auteur est anonyme et autre.
Le "qui" c'est le neutre, c'est le "on".
Le "on" nous décharge de notre être. L'existence est un fardeau.
L'authenticité exige que l'on affronte la difficulté d'exister.
Le divertissement chez Pascal, c'est le fait de détourner le regard des difficultés de l'existence.
La description de l'inauthenticité chez Heidegger. Le bavardage (qui est dissimulateur), la curiosité, l'équivoque. La bavardage, c'est le fait de se noyer de parole pour ne pas voir.
La grande question est celle de l'être, du rapport de l'être et du temps. On passe de qu'est-ce que l'homme chez Kant... à la question : qu'est-ce que le dasein/existant chez Heidegger.

Il rejette l'opposition sujet/objet, c'est la manière de réfléchir de Kant (la connaissance tourne autour de la connaissance, ou l'inverse?). Cette problématique est refusée par Heidegger. Le dasein est un être-au-monde, qui est d'emblée "au monde". Il n'est pas confronté à un objet qu'il perçoit, car cet objet est toujours inscrit dans un ensemble (le monde, les autres). Il n'y a pas "un" sujet, mais "des" dasein. Heidegger refuse don le sujet.
Heidegger n'utilise pas le mot homme, car son souci est de se dégager de la définition de l'homme comme animal raisonnable (c'est le propos de sa Lettre sur l'humanisme).
Heidegger ne veut pas saisir une conscience (comme Husserl), mais un être-au-monde.

2)
Heidegger et la mort. Il innove dans l'histoire de la philosophie.
Sartre est proche du double sens de la fin de la mort : c'est la fin de la vie, mais c'est aussi la fin (comme but) d'une aventure de la vie.

3)
Toute pensée du temps est temporelle elle-même, il n'y a pas surplomb possible. C'est la différence entre être "dans le monde", et être "au monde".
Nous sommes "temps", et pas dans le temps. Nous ne cessons de nous projeter vers l'avenir, de nous souvenir.... pour être présent au monde. Trois "ek-stases", trois dimensions de notre être : nous sommes toujours en avant de nous-même, et en arrière nous-même.
L'expérience du temps courante, c'est adhérer à notre action. Or ce n'est pas la compréhension ek-statique du temps. On y a accès que par la lecture.
Le temps de l'horloge, le temps collectif, c'est aussi le temps d'Aristote ("le temps est quelque chose du mouvement"). Conception inauthentique du temps.
Le temps authentique se définit à partir du dasein.
Le projet d'Heidegger, c'est de traiter de l'être à partir du temps. D'où le titre de son oeuvre.
Il n'y a pas de négativité chez Bergson. Alors que Heidegger est très proche du nihilisme, du négatif, du néant etc.
Chez Bergson, toute conscience est mémoire - privilégie le passé (conception à la Augustin, temps enfermé dans le présent). C'est l'inverse de l'idée de temps depuis Husserl, avec le tout-juste passé et le tout-juste avenir. Heidegger résout le temps à partir en amont de soi, dans le futur proche.

L'origine de le pensée (de toute l'armature de Heidegger) est dans l'affect. Pour expliquer finalement la complexité de l'affectif.
Ce qui abordent le temps en scientifiques n'y comprennent rien. Ils l'abordent comme un temps linéaire et spatialisé.
L'ennui, c'est quand le temps ne passe pas (Phénoménologie de l'ennui, de Heidegger).
Il y a un appel, anonyme. D'où l'ennui, car l'on sait être appelé. Quelque chose me pousse dans le dos, mais "personne" n'appelle. Mais ce "personne" trouve sa nécessité pour beaucoup de penseurs/écrivains dans leurs oeuvres (l'oeuvre n'étant pas que le livre, mais aussi l'entreprise etc.)
Ce n'est pas une entreprise moralisante (conscience morale à la Rousseau), car c'est un appel qui est totalement indéterminé. Et c'est à l'existant (dasein) de le déterminer.
Dans cet anonyme qui nous appel, qui rappelle la finalité sans fin de Kant. La question n'est pas "qui" m'appelle, mais "que répondre". La responsabilité - synonyme de liberté "vraie" - est dans la réponse. La liberté c'est le sentiment qui nous invite à "répondre" à cet appel.
Il y a différentes manières d'être "appelé", par tout et par rien. Cet appel s'unifie progressivement vers une responsabilité de type éthique puis spirituel.

4) paragraphe 42 et 41
Heidegger et le souci. Fable sur le souci. D'abord l'utilisation anté-scientifique qu'utilise Heidegger (il utilise une mythologie sur le partage de l'homme entre Zeus et la Terre).
L'homme est "en souci". Le souci est le terme qui désigne l'être de l'homme. Opposé à la définition traditionnel d'animal rationnel, un animal avec quelque chose de plus. Heidegger rompt avec cette définition de l'homme "composé". Il s'oppose aussi à la "philosophie de la vie" en Allemagne.
L'homme n'est plus un animal (ce n'est pas "l'animal que je suis" d'après Derrida). Mais plutôt de comprendre l'homme comme un existant, en relation avec d'autres choses que lui-même. Plus enfermé dans le sphère de vie, mais un être de relation.
Etre en "souci de", c'est être dans un rapport aux autres. L'homme est un dasein, un existant, et non pas du tout un animal.
Signification existential (ontologique). Le souci est aussi un terme technique, qui désigne cette triade (l'existence, facticité, la déchéance). Il faut penser ces trois éléments en tant que structure ontologique de l'homme en tant que dasein (on traduit "être en souci" par "sorge", qui veut aussi dire "soin").

Etre en souci, c'est être en avant de soi (qui rejoint "deviens ce que tu es"). Nietzsche déjà dit que l'homme est un animal non encore fixé.
L'homme est un être perfectible, changer de goût, déchéance, progrès etc. pour Rousseau. Pour Marx, l'homme se distingue des animaux lorsqu'il commence à produire ses conditions d'existences.
Pour Heidegger, l'homme doit aussi se donner à lui-même sa propre possibilité d'être. L'être de l'homme est possible et jamais fixé.
Sur la notion de perfectibilité, c'est une philosophie des lumières (à la Rousseau donc), qui n'est pas celle de Heidegger. Rousseau pense l'indétermination avec l'idée des lumières, pas Heidegger.
Des manières possibles d'être. Le dasein, ce n'est pas un être qui est, c'est des manières possibles d'être. L'authenticité et l'inauthenticité sont des manières possibles d'être du dasein.
La différence étant qu'il est un ensemble de possibilités, contrairement aux animaux. L'homme assume les possibilités, ou les rejette.
L'autre aspect du "souci" ("sorge" en allemand, et "cura" en latin). Heidegger dit que je suis auprès des choses qui sont là, on doit prendre soin de ce qui est là, et l'assumer en le reprenant dans mon projet.
On accuse Heidegger de ne pas avoir écrit d'éthique. Or l'homme comme souci, implique une éthique, peut être indirectement.

Pour Heidegger, la question fondamentale, c'est la question de l'être et sa signification temporale. Ce n'est pas celle de Sartre, ni des existentialistes français.
Levinas est un penseur de l'extériorité, on trouve cette idée fondamentale : l'être de l'homme est définis par les rapports qu'il a avec l'autre que soi.
On peut tirer de Etre et Temps, toute une idée de l'homme qui ne va pas dans le sens du nazisme. L'idée que l'homme est un être de relation, qu'on ne peut pas expliquer en partant de la biologie. L'homme n'est pas séparable du lien lui-même.
L'intérêt de Etre et Temps souligne que l'homme n'est pas biologique, l'homme est une tâche, l'homme à a être. C'est l'antipode de l'idéologie nazie.
Heidegger, comme Bergson et Nietzsche, traversent une époque très imprégnée du positivisme du XIXe siècle. Epoque qui vient après l'effondrement de l'idéalisme allemand. D'où la nécessité pour Heidegger d'élaborer une nouvelle écriture (difficile) pour dire des choses nouvelles.
La sollicitude qui libère et celle qui enferme.
La réflexion sur le mot être va à l'encontre des anciennes définitions. L'être n'est pas indépendant du "soin" qu'on lui apporte.
L'homme comme berger de l'être : c'est que l'homme est celui qui prend soin de l'être. Pour qu'il y est être, il faut que l'homme prenne soin. Il y a un souci des choses "préoccupation" (animal dépourvu d'arme naturel, le côté marxien). L'autre côté du souci, c'est le fait de prendre soin de l'autre existant/dasein. C'est là où Heidegger dit des choses si essentielles qu'elles sont reprises par des psychiatres.

Le thérapeute ne prend pas la place du malade, mais lui donne la possibilité par l'aide qu'il apporte, que le patient prenne en charge lui-même ses difficultés.
Le souci de l'autre est-il dicté par le fait d'être au monde? Le danger est de reprendre l'opposition égoïsme/altruisme. Heidegger a une plus grande ambition. Le "souci" est toujours souci de soi et de l'autre. Il n'y a pas à choisir entre "moi" et "non moi". On ne peut pas se soucier seulement de soi, on ne peut pas faire sécession. Ca n'est pas possible car l'homme est un être exposé, il n'y a pas d'égoïsme possible. Je ne suis pas d'abord là, mais je suis d'abord essentiellement dans la relation aux autres que moi.

mercredi 25 mai 2011

Sur la métaphysique de Badiou

Prompt à marquer ses inimitiés, Badiou adopte également une lecture polémique de l'histoire de la philosophie. Il y repère régulièrement des grands affrontements ou encore des « lignes de front ». Un front inaugural oppose Platon et Aristote. L'aristotélisme est encyclopédique et rejette la question de la vérité au profit du savoir sous toutes ses formes (du savoir logique, qui passe par l'analyse du langage, au savoir physique et biologique, qui s'intéresse aux conditions de l'expérience sensible) ; Platon, lui, s'intéresse aux Idées et aux Vérités. Un deuxième front apparaît à l'époque classique, avec le conflit entre le scepticisme de Montaigne et le rationalisme de Descartes et des cartésiens systématiques (Spinoza, Leibniz, Malebranche). Un troisième front survient dans l'Allemagne des XVIIIe et XIXe siècles : la ligne de fracture passe entre le système critique de Kant (qui conserve des traits aristotéliciens et sceptiques, avec l'idée notamment que la connaissance est limitée) et le système dialectique de Hegel.

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Il se range résolument du côté de Platon, Descartes, Hegel, des philosophes préoccupés par la vérité. À l'inverse, le cauchemar de Badiou tient à l'alliance sans cesse faite et défaite entre les doctrines du savoir (plutôt que de la vérité), le scepticisme, l'autolimitation de la connaissance, une certaine religiosité et le refus de l'Idée. Certains de ces ennemis forment le cortège de ce que Badiou appelle, en reprenant un thème de Lacan, « l'antiphilosophie ». Elle se manifeste aussi dans la tradition socratique antiplatonicienne ou chez Pascal, auteurs qui manient l'ironie envers la métaphysique et se moquent de la prétention à forger un système, comme plus tard chez Kierkegaard ou Wittgenstein, qui assimile la philosophie à une pratique et non à une théorie. Il y a chez Badiou une lutte permanente contre cette antiphilosophie, mâtinée de fascination pour sa puissance littéraire.


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La thèse centrale de Badiou est que l'ontologie se confond avec les mathématiques, seul discours recevable sur l'être. Pour le dire autrement, le réel est tout à la fois mathématisé (structuré par les mathématiques) et mathématisable (connaissable au moyen des mathématiques). Ainsi, Badiou règle le problème du statut des objets mathématiques (s'agit-il d'idéalités, d'abstractions, de constructions ?) : ces objets ne sont pas seulement réels, ils sont le réel. D'autre part, Badiou radicalise et élargit en un sens la célèbre affirmation de Galilée : « La nature est un livre écrit en langage mathématique. » Pour lui, les mathématiques sont le vrai savoir de l'être et la philosophie pratique une méta-ontologie, un discours sur les mathématiques, qui les révèle à elles-mêmes. Un premier problème surgit : de quelles mathématiques parle-t-on ? C'est ici qu'intervient un second positionnement fort de Badiou, qui lui est souvent reproché par des épistémologues : lorsqu'il pose l'équation « ontologie = mathématiques », il se réfère à un domaineparticulier de la discipline scientifique, à savoir la théorie ensembliste de Cantor et Dedekind, jusqu'à sa formulation dite « standard » par Zermelo et Fraenkel.

Le terme fondamental ici est celui de multiplicité : Cantor cherche en effet à élaborer une théorie mathématique du multiple et Badiou la transpose, tout en l'adaptant, dans le domaine de l'ontologie. Il en résulte une nouvelle thèse : « L'Un n'est pas. » Il ne faut pas raisonner à partir de substances, de principes (l'Un, Dieu…) ou d'unités primordiales (par exemple, les atomes) dont la combinaison aboutirait ensuite à la formation de multiplicités. Le processus est inverse. « L'Un n'est pas » signifie que l'Un n'est rien d'autre qu'un concept « opératoire », une sorte de produit qui s'élabore à partir d'une « matière première » préalable, qui est le multiple.

Un ensemble est une réunion d'objets mathématiques sélectionnés grâce à une propriété,par exemple l'ensemble des nombres pairs, qui sont des multiples de deux. Au début des années 1880, Georg Cantor met au point la théorie des ensembles. Dans cet édifice mathématique radicalement novateur, le multiple est roi : on peut y construire une infinité d'ensembles (finis et infinis), les imbriquer (par réunion, intersection ou différence), les comparer. Ce sont Zermelo et Fraenkel qui donnent à la théorie des ensembles une axiomatique rigoureuse, en définissant leurs propriétés de base. L'ensemble vide y est fondamental : ne contenant aucun élément (à l'image d'un sac vide), il est la première brique nécessaire à la fabrication de tous les autres ensembles. On le retrouve au coeur de l'ontologie de Badiou, qui fait de l'ensemble vide « le nom propre de l'être », l'être dans son sens exact, minimal. Si être, c'est être un ensemble, il est alors possible d'appréhender le multiple sans le référer à l'un.
 

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Chez Badiou, un mot désigne ce qui empêche le Tout de se constituer, ce qui l'excède et l'ébranle pour toujours : l'événement, soit le second régime du système, qui échappe à l'ontologie, force ou fend l'être. L'ontologie de Badiou est donc soustractive : l'événement est ce qui se soustrait à l'être, puisque l'être, qui est multiple, est structuré de telle façon que quelque chose en lui le dépasse toujours. À proprement parler, l'événement n'est pas : il arrive, il a lieu, il fait irruption. Il est par essence imprévisible, irréductible à toute connaissance anticipatrice.

Badiou peut rassembler sous le même nom d'événement une foule d'exemples concrets. Ils renvoient aux quatre « conditions » ou ordres de la philosophie : l'amour, la politique, la science, l'art. Dans l'ordre de l'amour, une rencontre imprévue est un événement. En politique, des séquences mouvementées qui créent une brèche dans l'Histoire sont des événements. En science, la fondation ou les extensions d'une discipline sont des événements. En art, enfin, toute oeuvre qui bouleverse les canons d'un champ esthétique fait événement.

samedi 21 mai 2011

Sur l'affaire DSK - mai 2011

Je me suis d’abord dit qu’il était fou. Mais en fait, nous avons peut-être au contraire une anti-affaire Dreyfus planétaire, voire une « affaire Dreyfus à rebours », je ne sais pas trop comment le dire.
Ca n’est plus la « droite » qui complote pour faire d’un juif innocent un coupable, mais la « gauche » qui complote pour tenter de faire d’un juif coupable un innocent.
Ca n’est plus la « droite » qui utilise l’antisémitisme pour forcer la culpabilité d’un juif innocent, c’est la « gauche » qui (risque) d’utiliser l’antisémitisme pour forcer l’innocence d’un juif coupable.

Je remarque qu’avant les black swanns l’Histoire est floue, j’avais depuis un moment la sensation que nous étions devant un « mur de l’Histoire », on pressentait que les choses allaient basculer mais il était impossible de savoir comment.

Si la condition des femmes s’est à ce point dégradée en France, ce qui je crois est vrai mais de façon très inégale, c’est à cause du gauchisme, de l’islam, des chansons de rap et de la désoccidentalisation de ce pays. C’est pour cela que Jean Daniel spontanément dit que les USA sont une autre civilisation, sauf que ça fonctionne à l’envers de ce qu’ils croient: nous nous barbarisons, ils le voient et vont nous le faire de plus en plus comprendre, et cet âne de Jean Daniel croit que c’est nous sommes aux commande et nous éloignons à dessin des Américains puritains et archaïques.

La définition du complot par Taguief:
« Les théories du complot, sommaires ou élaborées, perdurent, car elles permettent à ceux qui y adhèrent de donner un sens à un monde qui, sans elles, leur serait insupportable. »

mercredi 18 mai 2011

Citations de Gustave Le Bon

Si la science arrivait à découvrir un thermomètre des sentiments, des passions et des volontés, la conduite de l’homme dans une circonstance donnée serait aussi facile à calculer que la trajectoire d’une planète.

Une des grandes causes de faiblesse des peuples latins tient à ce que tout leur personnel dirigeant est issu d’examens universitaires prouvant la mémoire des candidats, mais nullement les qualités de caractère qui font la valeur de l’homme dans la vie.

En imposant à tous les élèves une instruction identique, on obtient un minimum de rendement avec un maximum d’effort.

Une des erreurs latines qui ont le plus pesé sur la vie de nos colonies fut de croire que l’instruction classique permettait de franchir rapidement les étapes séparant la barbarie de la civilisation. (ICI, IL FAUDRAIT PENSER AUX THEORIES DE N. ELIAS SUR L'INCORPORATION CORPORELLE DES SENTIMENTS ET DES CONDUITES HUMAINES : ECONOMIE DES PULSIONS INCONSCIENTES)

Un système quelconque d’instruction ou d’éducation est parfait s’il réussit à créer des automatismes inconscients utiles. L’intelligence possède alors desdociles prêts à exécuter ses ordres. Mal dressés, ils ne les exécutent pas.

Les habitudes inconscientes ont une force que ne possèdent jamais les principes.

Perdue dans les rouages complexes des civilisations modernes, enveloppée d’effets dont les causes lui échappent, la foule attribue forcément à des volontés parti- culières les événements dont elle ne peut saisir les lois. Ses révoltes n’ont souvent pas d’autres causes.

La contagion mentale peut se produire sans l’intervention personnelle d’un meneur. Un mot, une formule, un courant d’opinion suffisent parfois à suggestionner une multitude.

La mentalité grégaire des foules permettra toujours aux meneurs d’imposer une doctrine quelconque. Les plus absurdes croyances ne manquèrent jamais d’adeptes.

Les découvertes individuelles transforment les civilisations. Les croyances collectives régissent l’histoire.


Si la publicité des journaux constitue un moyen de persuasion très efficace, c’est que peu d’esprits se trouvent assez forts pour résister au pouvoir de la répétition. Chez la plupart des hommes elle crée bientôt la certitude.

La presse canalise l’opinion beaucoup plus qu’elle ne la dirige. Elle sert aussi à enser en termes nets des milliers de petites opinions fragmentaires trop incertaines pour être clairement formulées.

Si les peuples sont souvent déçus par leurs gouvernants, c’est qu’ils leur demandent de réaliser le meilleur, alors qu’un homme d’État ne peut réaliser que le possible.

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Rôle des Dieux :

L’histoire des peuples est dominée par celle de leurs dieux. Dans les temps modernes cette domination est restée aussi grande, mais les divinités ont changé de nom. Elles sont remplacées par des idées et des formules auxquelles leurs adorateursattribuent la même puissance qu’aux anciens dieux.

Aucun peuple ne vécut sans dieux. L’usure du temps, et non la raison, quelquefois les renverse, mais leur trône ne reste jamais vide. Le paganisme usé fit place au Christianisme, qui, usé à son tour, tend à être remplacé par la foi socialiste.

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Les opinions et les croyances :

Aucune foi n'est durable si on la dépouille des éléments fixes qui lui servent de soutien. Un Dieu sans temples, sans images, sans statues, perdrait bientôt ses adorateurs. Les iconoclastes étaient guidés par un instinct très sûr en brisant les statues et les temples des divinités qu'ils voulaient détruire. (OU COMMENT LA MEDIOLOGIE ET G. LE BON SE RENCONTRENT !!)

mardi 17 mai 2011

Sowell sur les noirs américains

Sowell explique que les Noirs américains se répartissent en trois grands groupes culturels : ceux dont les ancêtres étaient des esclaves dans le Nord, et ont été libérés bien avant la guerre de Sécession, la majorité des Noirs américains qui descend des esclaves du Sud et un troisième groupe qui a émigré en provenance des Antilles. Ceux issus de l’immigration, des gens comme Harry Belafonte et Colin Powell, sont aussi instruits et prospères que les Américains blancs. Sowell utilise cet exemple pour montrer que les traits culturels sont plus importants pour comprendre la situation économique des Noirs que le racisme ou l’absence de racisme.

Selon Sowell, après avoir souffert de l’esclavage, les noirs ont été les cobayes des expérimentations sociologiques du XXème siècle : emplois assurés, santé surveillée, hébergement bon marché, intelligences prises en charge par l’école publique et les programmes sociaux pour jeunesse à risque. Le problème, c’est que tous ces programmes d’assistance sociale se sont soldés par un échec retentissant. Certes, la politique d’« Affirmative Action » a été une aubaine pour les noirs qui étaient déjà intégrés et en particulier pour ceux qui étaient riches. Mais elle n’a rien fait pour les noirs qui sont au bas de l’échelle.

mardi 10 mai 2011

Idéologie globale articulée à un système mythique

Une citation de Louis Moreau de Bellaing :
« Nous appelons idéologie globale, la représentation sociale d’un phénomène culturel. Mais nous ne désignons une représentation sociale comme idéologie globale que si elle s’articule à un système mythique. L’idéologie paternaliste ou l’idéologie égalitaire sont de ce type. »

samedi 7 mai 2011

La bombe nucléaire, le maître et l'esclave - Xp

En 1945, quand ils ont  balancé leur bombe sur Hiroshima, les américains  ont  administré une leçon de philosophie majeure à l’humanité.
Ils l’ont engagé dans une révolution anthropologique, et les philosophes qui ont parlé dans les soixante années suivantes n’ont pas compris ce qui s’est passé… Avant Dresde et Hiroshima, avant la Révolution, on  croyait encore que l’honneur et le courage ne pouvaient se jauger que dans les tranchés. Avant Dresde et Hiroshima, tous le monde croyait à la règle du Maitre et de l’escave explicitée par Hegel selon laquelle le Maître l’est devenu en mettant sa peau sur la table, tandis  que le tour de l’esclave vient quand il est mûr pour  le sacrifice.

Dans nos écoles aussi, nous ne voulons pas que nos petits geeks se créolisent en échangeant des beignes avec des africains issus de l’immigration, que le le petit civilisé doive en quelque sorte rendre hommage au petit barbare en descendant de l’avion, en passant ses récrés à se battre plutôt que de lire Montaigne.
Ben Laden était un imbécile, un type qui raisonnait mal, comme Régis Debray, comme  un vulgaire conservateur occidental qui en est resté à Hegel et à Kojève… Il avait dit aux occidentaux nous vaincrons parce que nous aimons plus la mort que vous aimez la vie pour sous-entendre que nous perdrons parce que nous préférons la vie en esclavage à la mort héroïque du combattant…. Non seulement l’occidental d’après 1945 l’a tué, mais il l’a jeté à la Mer comme un cleps.


Régis Debray avait écrit un bouquin confondant de bêtise sur le terrorisme islamique et le 11 septembre, dans lequel il expliquait que l’occidental ne voulant plus mourir, il était destiné à perdre et devenir l’esclave des musulmans, eux qui sont encore animés par une Foi…. Bref, le devoir d’un étudiant en première année de philo qui plaque bêtement ses lectures sur l’actualité.
Je précise: Ce qu’Hegel avait démontré, c’est que le Maître, c’est celui qui est prêt à sacrifier sa vie, qui considère que ça va de soi, tandis que l’esclave est celui qui refuse d’envisager cette éventualité, qui place la survie au dessus de tout autre considération, qui demande des garanties, et qui en échange accepte de sacrifier sa liberté.
Or, ce qu’on a pas bien compris, c’est que cette donne, philosophiquement, ne va pas de soi…Qu’il n’y a aucune raison, moralement, pour qu’il faille choisir entre la liberté et la vie… Que ce chéma n’était dicté que par les circonstances, qu’il n’est pas le fruit d’une logique immuable, et l’homme, cet animal spéculatif et métaphysique, allait oeuvrer pour rompre le processus…


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le grand intérêt et qui devant Dieu justifie peut être bien le massacre de tant d’innocents et la lente agonie de tant de gens dans des circonstances atroces, c’est que le monde a VU ce que serait une guerre atomique. Nous devons peut être la paix mondiale à Hiroshima.Presque certainement, même.

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Les Japonais et les djihadistes raisonnaient comme la totalité des peuples non-Occidentaux, comme nos racailles de cité. Ils pensaient que l’intimidation était un moyen d’éviter la guerre en établissant un ordre de préséance. Qu’une démonstration de force (Pearl Harbour, le 11 septembre), était suffisante pour terrifier l’adversaire et le faire demander la paix. Les Occidentaux ne raisonnent pas de la sorte. La démonstration de force est perçue comme déclaration de guerre totale et absolue nécessitant l’éradication de l’ennemi. Quitte à envahir un pays situé à 12000 Km du Texas ou tuer 250 000 personnes dans la foulée. Au fond nous sommes beaucoup plus obsessionnels et fanatiques qu’eux et c’est cela qu’ils ne réalisent pas.

vendredi 6 mai 2011

Typologie des héros du polar

L’enquêteur cérébral comme Poirot pense que derrière des apparences anarchiques, la réalité est logique et carrée. C’est pour cela qu’il cherche d’abord à reconstituer la réalité, sans perdre son temps à redresser une scène de crime confuse.
L’intuitif comme Maigret croit que tout est illogique dans une affaire, sauf le coeur humain. Il va donc s’imprégner du milieu du crime, pour atteindre un état d’empathie avec le meurtrier.
Le savant comme Sherlock Holmes croit que tout est logique, dans la scène de crime comme chez le meurtrier. une observation minutieuse va lui permettre de restituer l’enchaînement des causes qui a conduit au neurtre.
Le cogneur comme Marlowe pense que rien n’est logique ni intelligible. C’est le plus sceptique de tous. Il va se jeter dans le désordre de l’action pour que le forfait se résolve en direct devant ses yeux.

mardi 3 mai 2011

Philosophie de Cavell par Paola Marrati

La photographie n'a pas tuée la peinture dans sa quête de la ressemblance avec la réalité. La peinture tentait depuis longtemps de dépasser la ressemblance. En outre, la photographie est obligée d'être représentative quand la peinture est libre.
La réalité mécanique du cinéma n'est pas subjective. Le monde du film est vu, pour ainsi dire, de l'extérieur. Grâce à la caméra, je peux voir le monde à partir du dehors, échapper à mon intériorité pour atteindre le monde tel qu'il est. C'est le monde lui-même - incontaminé par notre regard.

Tout ceci rejoint l'obsession de la réalité, et le difficile rapport au monde, à notre intériorité. La modernité chez Heidegger, c'est le sujet qui devient spectateur (mais qui calcule, donc le terme de spectateur ne convient pas) du monde. Pour le sujet, le monde est à portée de main. C'est l'Etre qui s'éloigne avec la modernité. Le sujet a besoin de sortir de soi avec la crise de la modernité, pour s'ouvrir à l'Etre.

Chez Cavell, la modernité amène la hantise du scepticisme chez le sujet : la quête de la certitude du savoir et de la maîtrise technique ne se sépare pas de la hantise que la réalité soit à jamais inapprochable. Le problème de l'existence dans le monde, et avec les autres - le problème sceptique - n'aura pas de solution définitive. C'est le sentiment ou la crainte de ne pas être en présence de al réalité qui produit le désir obsédant de réalité.
Le monde d'un film défile sur l'écran, il s'offre ainsi au regard d'un spectateur qui reste invisible. Le cinéma nous permet de regarder le monde sans être vus. C'est le désir de voir le monde lui-même, sans médiation. Ce que la philosophie moderne semble nous interdire - à la fois chez Kant, Locke, Hume, Marx ou Nietzsche)... qui nous interdisent d'imaginer un monde objectif, hors de notre subjectivité. Il y a une revanche du cinéma contre la métaphysique.
Le problème de cette "revanche" étant que ce monde qu'on voit sans être vu, nous en sommes exclus. Ce qu'on voit sur un écran, ce ne sont pas des représentations subjectives mais des transcriptions automatiques de la réalité... je vois un monde dont la réalité extérieur n'est pas en doute, mais qui ne me donne pas prise. C'est un monde dont je ne fais pas partie. Je rêve de sortir de ma subjectivité, le regard d'en dehors du monde qu'offre le cinéma ne me satisfait qu'à moitié. A jamais ce monde sera vu devant moi, hors de ma portée.


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notes tirées de l'article de Paola Marrati dans "A quoi pense le cinéma?". revue du collège international du philosophie.