cinéma :
Mr Arkadin - Welles ***
L'assaut *
dvd:
Ma 6-T va cracker *
Maigret tend un piège (Gabin)
Le procès - Welles ***
Citizen Kane - Welles ***
La splendeur des Amberson - Welles ****
Le troisieme homme (Welles) *
F for fake - Welles ***
Touch of Evil - Welles ***
Tu m'as sauvé la vie - Guitry ****
Ragging Bull -Scorsese *
The Aviator - Scorsese ***
Topaze (Jouvet) ***
Le Rebelle - Vidor **
La comtesse - Delpy
The fighter
Timer
His girl friday - Hawks (Cavell) ****
The Awful Truth - McCarey (Cavell) ****
Mr. Deeds Goes to Town - Capra (Cavell) ***
It Happened One Night - Capra (Cavell) ***
mercredi 30 mars 2011
jeudi 24 mars 2011
Le problème de l'intellectuel de gauche - Jourde
Le problème de l'intellectuel (de gauche par définition) est qu'il attend son "affaire Dreyfus" pour être le Zola de son temps. Ils passent leur temps à défendre les pseudo-persécutés pour être "celui qui a défendu l'injustice contre tous".
mercredi 9 mars 2011
Notes avec Guillaumat sur Salin et Tresmontant
Chez salin, l'effet revenu est un produit de l'incertitude. C'est donc irresponsable et illogique d'introduire de l'incertitude dans un modèle qui l'exclu dans ses hypothèses.
claude tresmontant, l'existence de Dieu est déduit de manière certaine par la raisoon. l'information nait du chaos. le point de départ de la métaphysique c'est que rien ne sort de rien
l'expérience cruciale n'est pas envisageable en économie
claude tresmontant, l'existence de Dieu est déduit de manière certaine par la raisoon. l'information nait du chaos. le point de départ de la métaphysique c'est que rien ne sort de rien
l'expérience cruciale n'est pas envisageable en économie
jeudi 3 mars 2011
Sur l'antisémitisme - Xp
On peut dire que ses lois ridicules interdisant les propos antisémites font l’affaire des antisémites;
On n’a plus le droit de dire « Hitler n’a pas fini le boulot », ce dont les antisémites se passent fort bien. Mais on n’a plus le droit non plus, du coup, de pointer l’antisémitisme là ou il existe vrament, puisque c’est l’accuser de commettre un délit et donc en commettre un soi-même, la loi ne pouvant bien entendu entrer dans ce genre de subtilité.
Ca veut dire concrètement qu’il n’est plus possible d’avancer dans le débat d’idée qu’il pourrait exister de l’antisémitisme. l’antisémitisme, ça consiste par exemple à mettre sur le compte du malaise social les agressions antisémites dans les territoires occupés… Mais ça n’est pas possible de traiter le sociologue de service d’antisémite, maintenant, il est protégé du débat par la loi. C ‘est pour ça, que l’antisémiste réel, en acte, progresse tranquillement.
On n’a plus le droit de dire « Hitler n’a pas fini le boulot », ce dont les antisémites se passent fort bien. Mais on n’a plus le droit non plus, du coup, de pointer l’antisémitisme là ou il existe vrament, puisque c’est l’accuser de commettre un délit et donc en commettre un soi-même, la loi ne pouvant bien entendu entrer dans ce genre de subtilité.
Ca veut dire concrètement qu’il n’est plus possible d’avancer dans le débat d’idée qu’il pourrait exister de l’antisémitisme. l’antisémitisme, ça consiste par exemple à mettre sur le compte du malaise social les agressions antisémites dans les territoires occupés… Mais ça n’est pas possible de traiter le sociologue de service d’antisémite, maintenant, il est protégé du débat par la loi. C ‘est pour ça, que l’antisémiste réel, en acte, progresse tranquillement.
mercredi 2 mars 2011
L'expérience cruciale en économie
Or, il faut garder à l'esprit que les empiristes, s'ils se veulent (dogmatiquement) expérimentalistes, ne sont pas vraiment des expérimentateurs dignes de ce nom : car s'ils l'étaient, ils chercheraient sérieusement à définir les expériences cruciales, les événements dont la présence ou l'absence est censée confirmer ou réfuter l'hypothèse théorique. Or, dans la mesure où c'est a priori que la théorie économique est vraie (ou fausse en cas d'erreur), cette expérience cruciale-là ne peut pas être imaginée ! Pas plus qu'on ne peut se représenter une "expérience" qui permettrait de "tester" si deux et deux font bien quatre, proposition de même nature scientifique que les énoncés de la théorie économique.
Par conséquent un expérimentateur cohérent, avant même d'avoir entrepris de "tester" une proposition théorique en économie, se sera rendu compte ou bien que celle-ci conduit à des contradictions et des impasses logiques et qu'elle est donc fausse a priori (décrivant ce qui n'est pas, soit parce que les choses se passent autrement soit parce que, mal formulée, elle amalgame des phénomènes différents voire opposés), ou bien alors qu'il ne lui est déjà pas possible d'imaginer une situation où elle serait fausse, et qu'elle est donc vraie a priori (conclusion qui ne l'effraiera pas outre mesure, sachant, en expérimentaliste compétent, que la méthode expérimentale dépend elle-même de vérités a priori comme, par exemple, l'arithmétique ou la géométrie euclidienne qui est nécessaire pour seulement concevoir ses instruments de mesure).
Il n'y a donc en fait pas lieu de parler d'"expérimentalisme" mais de pseudo-expérimentalisme à propos des empiristes : la méthode expérimentale, on peut même dire qu'ils l'ignorent, puisqu'ils ne tirent pas les conséquences de ses présupposés logiquement nécessaires et que, faute d'appliquer à fond la cohérence formelle dont elle a un besoin absolu, ils ne peuvent même pas pratiquer cette méthode sérieusement. C'est donc parce qu'ils sont des expérimentalistes infidèles que les empiristes refusent a priori d'admettre la preuve logique, seule recevable en théorie économique, et qu'ils demeurent incapables de la reconnaître au cours même de leurs recherches.
Par conséquent un expérimentateur cohérent, avant même d'avoir entrepris de "tester" une proposition théorique en économie, se sera rendu compte ou bien que celle-ci conduit à des contradictions et des impasses logiques et qu'elle est donc fausse a priori (décrivant ce qui n'est pas, soit parce que les choses se passent autrement soit parce que, mal formulée, elle amalgame des phénomènes différents voire opposés), ou bien alors qu'il ne lui est déjà pas possible d'imaginer une situation où elle serait fausse, et qu'elle est donc vraie a priori (conclusion qui ne l'effraiera pas outre mesure, sachant, en expérimentaliste compétent, que la méthode expérimentale dépend elle-même de vérités a priori comme, par exemple, l'arithmétique ou la géométrie euclidienne qui est nécessaire pour seulement concevoir ses instruments de mesure).
Il n'y a donc en fait pas lieu de parler d'"expérimentalisme" mais de pseudo-expérimentalisme à propos des empiristes : la méthode expérimentale, on peut même dire qu'ils l'ignorent, puisqu'ils ne tirent pas les conséquences de ses présupposés logiquement nécessaires et que, faute d'appliquer à fond la cohérence formelle dont elle a un besoin absolu, ils ne peuvent même pas pratiquer cette méthode sérieusement. C'est donc parce qu'ils sont des expérimentalistes infidèles que les empiristes refusent a priori d'admettre la preuve logique, seule recevable en théorie économique, et qu'ils demeurent incapables de la reconnaître au cours même de leurs recherches.
lundi 28 février 2011
Films février 2011
cinéma :
La dame de Singapour - Welles **
Incendies ***
Les femmes du sixième étages *
127 heures **
dvd :
La marseillaise - Renoir
Monte Carlo - Lubitsch **
Il y a longtemps que je t'aime
La garconière **
Mon père avait raison - Guitry ****
La grande illusion - Renoir **
Désiré - Guitry ****
Sade
Le Jour Se Lève (Gabin) *
Des hommes et des dieux ***
Les enfants du paradis ***
Raison d'Etat **
Quand Harry rencontre Sally ***
La dame de Singapour - Welles **
Incendies ***
Les femmes du sixième étages *
127 heures **
dvd :
La marseillaise - Renoir
Monte Carlo - Lubitsch **
Il y a longtemps que je t'aime
La garconière **
Mon père avait raison - Guitry ****
La grande illusion - Renoir **
Désiré - Guitry ****
Sade
Le Jour Se Lève (Gabin) *
Des hommes et des dieux ***
Les enfants du paradis ***
Raison d'Etat **
Quand Harry rencontre Sally ***
Lazarfeld contre Adorno
La thèse principale de sa sociologie des médias se distingue vivement des théories marxistes de l'Ecole de Francfort. En effet, Lazarsfeld pense que l'influence des Médias dépend des opinions prééxistantes et du réseau de relations interpersonnelles du récepteur, ainsi que de son champ social. Le récepteur est donc davantage sensible aux opinions qui lui sont proches. Ainsi, un émetteur ne réussirait pas à changer l'opinion de son récepteur si celle-ci est déjà opposée.
mardi 22 février 2011
Dupuy et l'envie
L'inégalité n'est pas l'inverse de l'égalité. Mais bien plutôt, l'égalité est le contraire de la hiérarchie (dans les sociétés indiennes). DAns une société hiérarchique (comme le Brésil), les gens cherchent à se faire appuyer par leur position sociale et leur relation. Encore plus, les gens vont se plaindre de ne pas être appuyer par leurs relations sociales. DAns une société individualiste égalitariste ; les gens vont toujours critiqué le népotisme (même si ça se passe, peu importe, il faudra le cacher). Il y a donc bien de l'égalité/inégalité et non pas une hiérarchie.
Aux USA, on poursuit l'affirmative action, sinon les universités seraient à 50% d'asiatiques
Chacun préfère être l'esclave d'un même maitre plutot que l'esclave d'un autre.
Aux USA, on poursuit l'affirmative action, sinon les universités seraient à 50% d'asiatiques
Chacun préfère être l'esclave d'un même maitre plutot que l'esclave d'un autre.
L'envie chez Mises, chez Nietzsche
Après la lecture de Libéralisme et justice sociale de J-P Dupuy, qui critique (sans proposer, mais c'est voulu) les théories libérales de la justice, en affirmant [J-P Dupuy] que la société juste et bonne est celle qui contient l'envie. La question est maintenant : comment contenir l'envie, sans pour autant la détruire ?
-
Mises sur l'envie et la capitalisme :
Dans une société basée sur la caste et le statut, l'individu peut imputer un destin défavorable à des conditions situées au-delà de son propre contrôle. Il est un esclave parce que les pouvoirs surhumains déterminant l'avenir tout entier lui ont donné ce rang. Son humilité n'est pas de sa faute, et il n'a pas de raison d'en avoir honte. Sa femme ne peut lui reprocher sa situation. Si elle lui disait : « Pourquoi n'es-tu pas duc ? Si tu étais duc, je serais duchesse, » il pourrait répondre : « Si j'étais né fils de duc, je ne me serais pas marié avec toi, une fille d'esclave, mais avec la fille d'un autre duc ; si tu n'es pas une duchesse, c'est exclusivement de ta propre faute ; pourquoi n'as-tu pas été plus habile dans le choix de tes parents ? »
C'est une tout autre histoire dans un régime capitaliste. Dans ce cas, la situation dans la vie de chacun dépend de lui seul. Celui dont les ambitions n'ont pas été pleinement assouvies sait très bien qu'il a raté des occasions, que ses semblables l'ont essayé et l'ont trouvé déficient. Quand sa femme lui reproche : « Pourquoi ne gagnes-tu que huit dollars par semaine ? Si tu étais aussi dégourdi que ton ancien copain Paul, tu serais chef d'équipe et jouirais d'une vie meilleure, » il prend conscience de sa propre infériorité et se sent humilié.
La dureté du capitalisme, dont on a tant parlé, réside dans le fait qu'il traite chacun selon sa contribution au bien-être de ses semblables. La domination du principe, à chacun selon ses réalisations, ne permet aucune excuse aux défauts personnels. Tout un chacun sait très bien qu'il y a des gens comme lui qui ont réussi là où lui a échoué, et que ceux qu'il envie sont des self-made-men qui ont débuté au même point que lui. Pire, il sait que tous les autres le savent aussi. Il lit dans les yeux de sa femme et de ses enfants le reproche silencieux : « Pourquoi n'as-tu pas été plus dégourdi ? » Il voit comment les gens admirent ceux qui ont plus de succès que lui et regardent avec mépris ou avec pitié son propre échec.
--
Nietzsche et la justice :
On parle de la " profonde injustice " du pacte social: comme si le fait qu'un tel est né sous des conditions favorables, un tel autre sous des conditions défavorables constituait de prime abord une injustice; ou même que celui-ci est venu au monde avec telles qualités, celui-là avec telles autres. Le plus sincère parmi ces adversaires de la société décrète: " Nous-mêmes, avec toutes les mauvaises qualités morbides et criminelles que nous avouons, nous ne sommes que le résultat inévitable d'une oppression séculière des faibles par les forts." Ils reprochent leur caractère aux classes dominantes. Et l'on menace, on se met en colère, on maudit; on devient vertueux à force de s'indigner, - on ne veut pas être devenu en vain un méchant homme, une canaille... Cette attitude, une invention de nos dix dernières années, s'appelle aussi pessimisme, à ce que l'on m'a dit, pessimisme d'indignation. On a la prétention de juger l'histoire, de la dépouiller de sa fatalité, de trouver derrière elle une responsabilité et, en elle, les coupables. Car c'est de cela qu'il s'agit, on a besoin de coupables. Les déshérités, les décadents de toute espèce sont en révolte contre leur condition et ont besoin de victimes pour ne pas éteindre, sur eux-mêmes, leur soif de destruction ( - ce qui, en soi, pourrait paraître raisonnable). Mais il leur faut une apparence de droit, c'est-à-dire une théorie qui leur permette de se décharger du poids de leur existence, du fait qu'ils sont conformés de telle sorte, sur un bouc émissaire quelconque. Ce bouc émissaire peut être Dieu - il ne manque pas en Russie de pareils athées par ressentiment -, ou l'ordre social, ou l'éducation et l'instruction, ou les juifs, ou les gens nobles, ou bien, en général, tous ceux qui ont réussi de quelque façon que ce soit. " C'est un crime d'être né sous des conditions favorables: car de la sorte on a déshérité les autres, on les a mis à l'écart, condamnés au vice et même au travail "... " Qu'y puis-je, si je suis misérable ! Mais il faut que quelqu'un y puisse quelque chose, autrement ce ne serait pas tolérable ! "... Bref, le pessimisme par indignation invente des coupables, pour se créer un sentiment agréable - la vengeance... " Plus douce que le miel " l'appelait déjà le vieil Homère.
--
Contre l'idée de chance : Par ailleurs, et on l'oublie souvent quand on en fait aveuglément l'éloge, une méritocratie authentique, par définition, élimine la chance. En méritocratie pure, ou dans tout système procédural apparenté (typiquement, une société résultant de la théorie de la justice de Rawls ou de type apparenté), la chance n'existe pas, chacun ne peut s'en prendre qu'à lui-même : c'est proprement invivable. Le hasard aide à vivre, à supporter ses échecs. Inversement, c'est parce que le parvenu s'attribue tout le mérite de sa réussite en oubliant le rôle de la chance qu'il est parfaitement imbuvable.
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Mises sur l'envie et la capitalisme :
Dans une société basée sur la caste et le statut, l'individu peut imputer un destin défavorable à des conditions situées au-delà de son propre contrôle. Il est un esclave parce que les pouvoirs surhumains déterminant l'avenir tout entier lui ont donné ce rang. Son humilité n'est pas de sa faute, et il n'a pas de raison d'en avoir honte. Sa femme ne peut lui reprocher sa situation. Si elle lui disait : « Pourquoi n'es-tu pas duc ? Si tu étais duc, je serais duchesse, » il pourrait répondre : « Si j'étais né fils de duc, je ne me serais pas marié avec toi, une fille d'esclave, mais avec la fille d'un autre duc ; si tu n'es pas une duchesse, c'est exclusivement de ta propre faute ; pourquoi n'as-tu pas été plus habile dans le choix de tes parents ? »
C'est une tout autre histoire dans un régime capitaliste. Dans ce cas, la situation dans la vie de chacun dépend de lui seul. Celui dont les ambitions n'ont pas été pleinement assouvies sait très bien qu'il a raté des occasions, que ses semblables l'ont essayé et l'ont trouvé déficient. Quand sa femme lui reproche : « Pourquoi ne gagnes-tu que huit dollars par semaine ? Si tu étais aussi dégourdi que ton ancien copain Paul, tu serais chef d'équipe et jouirais d'une vie meilleure, » il prend conscience de sa propre infériorité et se sent humilié.
La dureté du capitalisme, dont on a tant parlé, réside dans le fait qu'il traite chacun selon sa contribution au bien-être de ses semblables. La domination du principe, à chacun selon ses réalisations, ne permet aucune excuse aux défauts personnels. Tout un chacun sait très bien qu'il y a des gens comme lui qui ont réussi là où lui a échoué, et que ceux qu'il envie sont des self-made-men qui ont débuté au même point que lui. Pire, il sait que tous les autres le savent aussi. Il lit dans les yeux de sa femme et de ses enfants le reproche silencieux : « Pourquoi n'as-tu pas été plus dégourdi ? » Il voit comment les gens admirent ceux qui ont plus de succès que lui et regardent avec mépris ou avec pitié son propre échec.
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Nietzsche et la justice :
On parle de la " profonde injustice " du pacte social: comme si le fait qu'un tel est né sous des conditions favorables, un tel autre sous des conditions défavorables constituait de prime abord une injustice; ou même que celui-ci est venu au monde avec telles qualités, celui-là avec telles autres. Le plus sincère parmi ces adversaires de la société décrète: " Nous-mêmes, avec toutes les mauvaises qualités morbides et criminelles que nous avouons, nous ne sommes que le résultat inévitable d'une oppression séculière des faibles par les forts." Ils reprochent leur caractère aux classes dominantes. Et l'on menace, on se met en colère, on maudit; on devient vertueux à force de s'indigner, - on ne veut pas être devenu en vain un méchant homme, une canaille... Cette attitude, une invention de nos dix dernières années, s'appelle aussi pessimisme, à ce que l'on m'a dit, pessimisme d'indignation. On a la prétention de juger l'histoire, de la dépouiller de sa fatalité, de trouver derrière elle une responsabilité et, en elle, les coupables. Car c'est de cela qu'il s'agit, on a besoin de coupables. Les déshérités, les décadents de toute espèce sont en révolte contre leur condition et ont besoin de victimes pour ne pas éteindre, sur eux-mêmes, leur soif de destruction ( - ce qui, en soi, pourrait paraître raisonnable). Mais il leur faut une apparence de droit, c'est-à-dire une théorie qui leur permette de se décharger du poids de leur existence, du fait qu'ils sont conformés de telle sorte, sur un bouc émissaire quelconque. Ce bouc émissaire peut être Dieu - il ne manque pas en Russie de pareils athées par ressentiment -, ou l'ordre social, ou l'éducation et l'instruction, ou les juifs, ou les gens nobles, ou bien, en général, tous ceux qui ont réussi de quelque façon que ce soit. " C'est un crime d'être né sous des conditions favorables: car de la sorte on a déshérité les autres, on les a mis à l'écart, condamnés au vice et même au travail "... " Qu'y puis-je, si je suis misérable ! Mais il faut que quelqu'un y puisse quelque chose, autrement ce ne serait pas tolérable ! "... Bref, le pessimisme par indignation invente des coupables, pour se créer un sentiment agréable - la vengeance... " Plus douce que le miel " l'appelait déjà le vieil Homère.
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Contre l'idée de chance : Par ailleurs, et on l'oublie souvent quand on en fait aveuglément l'éloge, une méritocratie authentique, par définition, élimine la chance. En méritocratie pure, ou dans tout système procédural apparenté (typiquement, une société résultant de la théorie de la justice de Rawls ou de type apparenté), la chance n'existe pas, chacun ne peut s'en prendre qu'à lui-même : c'est proprement invivable. Le hasard aide à vivre, à supporter ses échecs. Inversement, c'est parce que le parvenu s'attribue tout le mérite de sa réussite en oubliant le rôle de la chance qu'il est parfaitement imbuvable.
mardi 15 février 2011
L'identité et la culture - Finkielkraut
Notre rapport à l'histoire n'est pas modeste. Contrairement aux idées de Comte et d'Alain. Les historiens qui sont contre tout récit national, qui ne veulent mettre dans des musées uniquement la part "sombre" et honteuse de la l'histoire de France disent quoi ? Ils prétendent être au dessus de nos ancêtres qui ont colonisé et collaboré. Au dessus, car ces historiens critiquent les crimes et proposent une politique des droits de l'homme supérieure à toute autre. C'est donc foncièrement immodeste comme attitude ; en ce que ceux-ci estiment être supérieur en tout point à leur ancêtre, sans les respecter, sans les honorer pour ce qu'ils ont fait.
C'est terrible pour une jeunesse de ne pas avoir d'adulte devant soit.
C'est terrible pour une jeunesse de ne pas avoir d'adulte devant soit.
lundi 14 février 2011
Leroi-Gourhan et la détermination technique
Chez Leroi Gourhan, il y a l'idée de tendance technique, avec une détermination technique. TOut comme les poissons ont des nageoirs, les hommes vont développer des haches avec des manches. C'est le principe de l'évolution (darwiennien) des outils techniques.
Peut on dire que le code est aussi généré de façon evolutionniste, comme les techniques? Ou s'arrête le determisme technique? Créer une hache, c'est mettre un manche. Créer des transports, est-ce donc trouver la vapeur à un moment donné? Crée des machines et des automates, est-ce découvrir l'automate de Neumann, la machine de Turing, l'algèbre booléen?
L'informatique, et le programme, sont-ils des déterminants techniques (comme les outils de défense, la roue, etc.) L'imprimerie? Les nombres, et ce pour quoi on l'a inventé, à savoir le tableau d'entrée-sortie pour la gestion. (actif/passif)?
Peut on dire que le code est aussi généré de façon evolutionniste, comme les techniques? Ou s'arrête le determisme technique? Créer une hache, c'est mettre un manche. Créer des transports, est-ce donc trouver la vapeur à un moment donné? Crée des machines et des automates, est-ce découvrir l'automate de Neumann, la machine de Turing, l'algèbre booléen?
L'informatique, et le programme, sont-ils des déterminants techniques (comme les outils de défense, la roue, etc.) L'imprimerie? Les nombres, et ce pour quoi on l'a inventé, à savoir le tableau d'entrée-sortie pour la gestion. (actif/passif)?
vendredi 11 février 2011
Karl Hess, politique et pensée magique
En effet, Karl Hess mentionne brièvement la pensée magique en tant que force cachée derrière la politique dans la conclusion de son article The Death of Politics de 1969:
... la politique est juste une autre forme de magie résiduelle dans notre culture — une croyance selon laquelle on obtient quelque chose à partir de rien; que quelque chose peut être donnée aux uns sans avoir été prise à autrui; que les outils de la survie de l'homme sont siens par accident ou par droit divin et non par purs et simples labeur et invention.
... la politique est juste une autre forme de magie résiduelle dans notre culture — une croyance selon laquelle on obtient quelque chose à partir de rien; que quelque chose peut être donnée aux uns sans avoir été prise à autrui; que les outils de la survie de l'homme sont siens par accident ou par droit divin et non par purs et simples labeur et invention.
mercredi 9 février 2011
Évolution de la littérature - Soral
Les grands auteurs (et artistes ?) apparaissent sur un territoire où il se passe des choses très importantes, dans l'Histoire. La France à plusieurs moments dans l'Histoire. Mais aussi la Russie au XIXe. Période propice aux Balzac et au Maupassant. Aujourd'hui, tout se joue aux USA. Donc les livres après-guerre sont beaucoup plus USA.
Il n'y a plus chez Pivot, de Julien Gracq qui consacre toute sa vie à l'écriture. De fait, les écrivains aujourd'hui veulent gagner un prix littéraire pour s'acheter leur maison de campagne.
L'anti-fascisme n'est pas le contraire du fascisme. C'est un outil du pouvoir contemporain. C'est bien le problème des universitaires gauchistes.
Les vrais écrivains n'inventent pas leurs histoires. Proust, Céline.
Il n'y a plus chez Pivot, de Julien Gracq qui consacre toute sa vie à l'écriture. De fait, les écrivains aujourd'hui veulent gagner un prix littéraire pour s'acheter leur maison de campagne.
L'anti-fascisme n'est pas le contraire du fascisme. C'est un outil du pouvoir contemporain. C'est bien le problème des universitaires gauchistes.
Les vrais écrivains n'inventent pas leurs histoires. Proust, Céline.
Le travail et la personnalité chez les penseurs
"On atteint pas l'excellence uniquement grâce aux capacités intellectuelles. On l’atteint encore plus grâce à sa personnalité. Comme le dit un vieil adage, le génie c’est 99 % de travail et une capacité infinie à supporter la douleur. Pour arriver à l’excellence, il faut s’imposer de l’auto discipline, s’entraîner à faire et refaire les mêmes choses, alors que les autres s’amusent. Il faut s’astreindre à éviter la facilité, mais choisir de se confronter à la difficulté. Il faut écouter la critique et l’utiliser, rejeter son propre travail et recommencer à nouveau. Seuls ceux qui sont humbles peuvent atteindre l’excellence puisque seuls les humbles peuvent apprendre. A l’université, nous construisons des personnalités autant que des cerveaux parce qu'un cerveau sans personnalité n’arrive à rien"
Sir W.Arthur Lewis (1915-1991), Prix Nobel d'économie en 1979
Sir W.Arthur Lewis (1915-1991), Prix Nobel d'économie en 1979
mardi 8 février 2011
Toffler sur le choc du futur
En 1970 dans Future Shock, il écrit : "le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps." Ces changements qui nous dépassent sont de trois types :
• Premièrement la transience qui peut être traduit par brièveté. La brièveté des choses : nous jetons nos possessions pour en acquérir de nouvelles. La brièveté des endroits : nous quittons les endroits qui nous ont vu naître pour de nouveaux. La brièveté des gens : nous perdons le contact avec nos anciens amis et connaissance et nous avons du mal à créer un contact avec de nouveaux. La brièveté des organisations : les sociétés gouvernementales et les sociétés commerciales créent de nouvelles positions seulement pour mieux les reformer et les changer. La brièveté de l'information : les connaissances scientifiques et populaires ne sont pas figées et s'accroissent de façon rapide et permanente.
• Deuxièmement, la nouveauté. La nouveauté des sciences, qui progresse et qui changera peut-être l'espèce humaine ou la combinera avec des machines. La nouveauté des relations sociales, dans des structures familiales en remaniement permanent.
• Troisièmement, la diversité. La diversité des choix, la diversité des sous-cultures et des spécialités, la diversité des modes de vie. Cette diversité permet aux individus de se trouver, de s'individualiser au sein d'une société dans laquelle ils ne se sont jamais reconnus.
• Premièrement la transience qui peut être traduit par brièveté. La brièveté des choses : nous jetons nos possessions pour en acquérir de nouvelles. La brièveté des endroits : nous quittons les endroits qui nous ont vu naître pour de nouveaux. La brièveté des gens : nous perdons le contact avec nos anciens amis et connaissance et nous avons du mal à créer un contact avec de nouveaux. La brièveté des organisations : les sociétés gouvernementales et les sociétés commerciales créent de nouvelles positions seulement pour mieux les reformer et les changer. La brièveté de l'information : les connaissances scientifiques et populaires ne sont pas figées et s'accroissent de façon rapide et permanente.
• Deuxièmement, la nouveauté. La nouveauté des sciences, qui progresse et qui changera peut-être l'espèce humaine ou la combinera avec des machines. La nouveauté des relations sociales, dans des structures familiales en remaniement permanent.
• Troisièmement, la diversité. La diversité des choix, la diversité des sous-cultures et des spécialités, la diversité des modes de vie. Cette diversité permet aux individus de se trouver, de s'individualiser au sein d'une société dans laquelle ils ne se sont jamais reconnus.
lundi 7 février 2011
Notes sur Guy Millière
L'entreprise plate-forme : firme qui ne fabrique rien par elle même. La matérialisation se fait ailleurs. C'est une firme virtuelle.
Société "hétérarchique".
Le grand capital peut migrer à travers le monde. Les classes moyennes restent captives. Le grand capital n'est plus captif des Etats. Les Etats providence tournent à vide, s'endettent car les classese moyennes sont préssurées, et les classes inférieures sont toujours en demande.
Le Japon encastre sa structure féodale dans une structure industrielle. Avec des hiérarchies fixes et fermées comme dans une société féodale (chef, homme d'Etat, ouvrier)... Dans une société post industrielle, il ny' a pas d'individualité. La Chine, et la cutlure confuséenne, pourra dificillement dépasser sa "demande d'autorité et d'ordre". Donc pas de croissance longue, ni d'innovation en Chine.
Sélection des comportements européene et amércain. Les europééens les plus dynamiques et les plus entrepreneur ont quitté l'Europe pour les USA. Donc il y a une décantation des meilleurs "individus" par le départ aux USA. Séléction naturelle des bonnes institutions et des bonnes cultures par le fait d'attirer les meilleurs individus vers les terres les plus rentables.
Société "hétérarchique".
Le grand capital peut migrer à travers le monde. Les classes moyennes restent captives. Le grand capital n'est plus captif des Etats. Les Etats providence tournent à vide, s'endettent car les classese moyennes sont préssurées, et les classes inférieures sont toujours en demande.
Le Japon encastre sa structure féodale dans une structure industrielle. Avec des hiérarchies fixes et fermées comme dans une société féodale (chef, homme d'Etat, ouvrier)... Dans une société post industrielle, il ny' a pas d'individualité. La Chine, et la cutlure confuséenne, pourra dificillement dépasser sa "demande d'autorité et d'ordre". Donc pas de croissance longue, ni d'innovation en Chine.
Sélection des comportements européene et amércain. Les europééens les plus dynamiques et les plus entrepreneur ont quitté l'Europe pour les USA. Donc il y a une décantation des meilleurs "individus" par le départ aux USA. Séléction naturelle des bonnes institutions et des bonnes cultures par le fait d'attirer les meilleurs individus vers les terres les plus rentables.
lundi 31 janvier 2011
Films janv 2011
Cinéma :
The green hornet *
Dvd :
Sérénade à trois - Lubitsch ****
Closer **
Ninotchka - Lubitsch ***
Cluny Brown (La folle ingénue) - Lubitsch ***
Stupeur et tremblement
We are four lions ***
Copie conforme (Jouvet) ***
American history X **
L'adversaire **
The Shop Around the Corner - Lubitsch ***
Trouble in paradise - Lubitsch **
No Limit **
Hott Fuzz
Scott Pilgrim
La règle du jeu - Renoir ****
Party girl - Ray *
Mémoire d'un tricheur - Guitry **
Le crime de monsieur Longe - Renoir *
Les bas-fonds - Renoir **
Scandale à la cour - Lubitsch *
The chase - Penn *
The green hornet *
Dvd :
Sérénade à trois - Lubitsch ****
Closer **
Ninotchka - Lubitsch ***
Cluny Brown (La folle ingénue) - Lubitsch ***
Stupeur et tremblement
We are four lions ***
Copie conforme (Jouvet) ***
American history X **
L'adversaire **
The Shop Around the Corner - Lubitsch ***
Trouble in paradise - Lubitsch **
No Limit **
Hott Fuzz
Scott Pilgrim
La règle du jeu - Renoir ****
Party girl - Ray *
Mémoire d'un tricheur - Guitry **
Le crime de monsieur Longe - Renoir *
Les bas-fonds - Renoir **
Scandale à la cour - Lubitsch *
The chase - Penn *
jeudi 27 janvier 2011
xp sur l'Occident et le métissage
C’est d’ailleurs pour ça, au passage, que les pères fouettards voulant résoudre l’équation de la délinquance des immigrés africains par la prison et la répression se fourvoient et tiennent sans le savoir, en creux, le même discours que leurs frères siamois les permissifs… Pipo le libéral et Mario le rigoriste croient tous les deux au métissage, ils pensent l’un et l’autre que le succès de l’opération n’est qu’une affaire d’éducation et d’environnement, ils diffèrent donc sur presque rien… Ceux qui réclament des flics à tous les coins de rue et des instituteurs violents pour que je puisse vivre dans une société aussi apaisée que si elle était ethniquement homogène et permissive me proposent sommes toutes aussi de payer pour me métisser, de déposer mon tribut d’européen sur l’autel du mélange des races…
Pour l’Occident, le droit de poursuivre la route et cueillir les fruits de ses deux mille ans de récoltes, ça consiste aussi à dépenser moins d’énergie et moins d’argent dans la répression des vices, à gagner en créativité ce que les impératifs de l’ordre public pouvaient jadis nous faire perdre, et les ennemis intérieurs et secrets de l’Occident caressent quelque part le rêve que l’immigration massive sera le prétexte pour qu’on l’ensable dans un ordre moral, qu’on l’immobilise sur le bord de sa route….
----
Simon :
=> Disons donc, avec Hayek, que la société libre, après un temps d'évolution, est plus sécurisée qu'avant. L'évolutionnisme des sociétés ouvertes rend les moeurs plus agréables (Norbert Elias), et les conditions de vie plus saines du point de vu de la délinquance. Mais pour en arriver là, il a fallu des efforts considérables et douloureux. Donc, les sociétés modernes ont réussi à écarter les crimes quotidien grâce à l'autoritarisme tant déclamé par Foucault. L'immigration apparaît, dans ce contexte, un retour en arrière car on amène des peuples qui n'ont pas subi "l'évolution" (à tous points de vus) pour s'adapter à une société capitaliste moderne : travail intellectuel, décentralisation des décisions, société de moeurs.
La fin de l'ordre moral, autoritaire s'est fait grâce au capitalisme (ou libéralisme), car c'est le libéralisme qui "impose" une responsabilité et une amélioration des moeurs (à tous point de vus ici encore) - cf. Hoppe. Donc l'immigration, en remplaçant le peuple occidental "bien éduqué" grâce au libéralisme, par des peuples primitifs du point de vue des moeurs (société tribale sans liberté, autoritaire à souhait pour faire régner l'ordre, qui ne conçoive pas l'ordre spontané des intérêts bien compris, bref le libéralisme).
Le peuple immigré apporte avec lui la dose d'autoritarisme qui va avec sa culture non-libérale et encore autoritaire (type IIIe république, voir même Ancien Régime, avec autorité partout pour les délinquants, peine très très lourde pour vivre "un peu" normalement).
Le déclin moral arrivera donc à cause de l'autoritarisme inhérent aux cultures primitives et socialistes des peuples africains. On détruira avec le métissage ce que la société libre a construit, en libérant les peuples occidentaux de l'autorité totale et globale des anciens régimes pour faire place à un ordre spontané moins violent, plus intellectuel, plus développé humainement, économiquement etc.
L'islam, comme tout les tribalisme demande une dose d'autorité traditionnelle (que regrette donc les nostalgiques bêtes de la III république) pour s'appliquer. Les gens n'ont pas développés de cultures à même de les faire vivre dans une société de moeurs apaisée et pacifique (et relativement tolérante avec les "exclus") etc.
Appliquer les institutions libérales avec un peuple primitif promet la société à une destruction d'abord morale, puis économique. Donc totale.
Pour l’Occident, le droit de poursuivre la route et cueillir les fruits de ses deux mille ans de récoltes, ça consiste aussi à dépenser moins d’énergie et moins d’argent dans la répression des vices, à gagner en créativité ce que les impératifs de l’ordre public pouvaient jadis nous faire perdre, et les ennemis intérieurs et secrets de l’Occident caressent quelque part le rêve que l’immigration massive sera le prétexte pour qu’on l’ensable dans un ordre moral, qu’on l’immobilise sur le bord de sa route….
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Simon :
=> Disons donc, avec Hayek, que la société libre, après un temps d'évolution, est plus sécurisée qu'avant. L'évolutionnisme des sociétés ouvertes rend les moeurs plus agréables (Norbert Elias), et les conditions de vie plus saines du point de vu de la délinquance. Mais pour en arriver là, il a fallu des efforts considérables et douloureux. Donc, les sociétés modernes ont réussi à écarter les crimes quotidien grâce à l'autoritarisme tant déclamé par Foucault. L'immigration apparaît, dans ce contexte, un retour en arrière car on amène des peuples qui n'ont pas subi "l'évolution" (à tous points de vus) pour s'adapter à une société capitaliste moderne : travail intellectuel, décentralisation des décisions, société de moeurs.
La fin de l'ordre moral, autoritaire s'est fait grâce au capitalisme (ou libéralisme), car c'est le libéralisme qui "impose" une responsabilité et une amélioration des moeurs (à tous point de vus ici encore) - cf. Hoppe. Donc l'immigration, en remplaçant le peuple occidental "bien éduqué" grâce au libéralisme, par des peuples primitifs du point de vue des moeurs (société tribale sans liberté, autoritaire à souhait pour faire régner l'ordre, qui ne conçoive pas l'ordre spontané des intérêts bien compris, bref le libéralisme).
Le peuple immigré apporte avec lui la dose d'autoritarisme qui va avec sa culture non-libérale et encore autoritaire (type IIIe république, voir même Ancien Régime, avec autorité partout pour les délinquants, peine très très lourde pour vivre "un peu" normalement).
Le déclin moral arrivera donc à cause de l'autoritarisme inhérent aux cultures primitives et socialistes des peuples africains. On détruira avec le métissage ce que la société libre a construit, en libérant les peuples occidentaux de l'autorité totale et globale des anciens régimes pour faire place à un ordre spontané moins violent, plus intellectuel, plus développé humainement, économiquement etc.
L'islam, comme tout les tribalisme demande une dose d'autorité traditionnelle (que regrette donc les nostalgiques bêtes de la III république) pour s'appliquer. Les gens n'ont pas développés de cultures à même de les faire vivre dans une société de moeurs apaisée et pacifique (et relativement tolérante avec les "exclus") etc.
Appliquer les institutions libérales avec un peuple primitif promet la société à une destruction d'abord morale, puis économique. Donc totale.
samedi 22 janvier 2011
Garello contre la game theory
Ces théoriciens s'intéressent aux problèmes de la décision dans l'incertitude. Il est vrai que l'incertitude est inhérente à l'activité économique. Le résultat d'une décision, qu'il s'agisse du choix d'un consommateur ou de la stratégie d'une entreprise, dépend nécessairement d'un grand nombre d'événements que ne maîtrise pas le décideur. Voilà pourquoi depuis Maurice Allais, Johann von Neumann et Oskar Morgenstern, on a placé les problèmes de décision dans un univers probabiliste : faute de savoir ce qui va se passer, on pose des hypothèses sur ce qui pourrait se passer, et on leur attribue des probabilités - connues elles-mêmes avec approximation. La méthode remonte d'ailleurs à des mathématiciens du XVIIe siècle comme Thomas Bayes ou Jacques de Bernouilli. On a ainsi l'impression de pouvoir réduire, sinon éliminer, l'incertitude. On peut au moins la gérer.
Cette impression semble à d'autres économistes tout à fait trompeuse. L'école autrichienne, à laquelle j'appartiens, conclut en effet à « l'incertitude radicale », celle que rien ne pourrait vaincre. Après Friedrich A. Hayek et sa théorie de la connaissance, c'est George Shackle qui a insisté sur ce thème : on ne peut probabiliser que des hypothèses existantes, or au moment même où il fait son choix, le décideur ne peut connaître toutes les hypothèses possibles, car beaucoup n'apparaîtront qu'après que la décision aura été prise. Comment connaître l'évolution du marché de la grande distribution quand on estime que plus de la moitié des produits que nous consommerons dans dix ans ne sont pas encore découverts, ni même imaginables aujourd'hui ?
Cette impression semble à d'autres économistes tout à fait trompeuse. L'école autrichienne, à laquelle j'appartiens, conclut en effet à « l'incertitude radicale », celle que rien ne pourrait vaincre. Après Friedrich A. Hayek et sa théorie de la connaissance, c'est George Shackle qui a insisté sur ce thème : on ne peut probabiliser que des hypothèses existantes, or au moment même où il fait son choix, le décideur ne peut connaître toutes les hypothèses possibles, car beaucoup n'apparaîtront qu'après que la décision aura été prise. Comment connaître l'évolution du marché de la grande distribution quand on estime que plus de la moitié des produits que nous consommerons dans dix ans ne sont pas encore découverts, ni même imaginables aujourd'hui ?
jeudi 20 janvier 2011
L'apprentissage scolaire et la mémoire
C’est ainsi que fonctionne le cerveau : plus il en sait dans un domaine, plus vite il assimile de nouvelles informations. Un cardiologue qui assiste à une conférence pointue sur les transplantations cardiaques retiendra dix fois plus de choses qu’un novice en médecine.
Pour le cerveau, les nouvelles informations sont comme de nouvelles pièces qui viennent compléter un puzzle en construction, pour former un « paysage mental ». Plus le puzzle est avancé, plus le cerveau intégre les nouvelles pièces rapidement.
Ceci a des implications très importantes pour l’enseignement en classe : cela explique pourquoi, par exemple, les enfants apprennent mieux leurs tables de calcul ou leurs déclinaisons en les chantant sur un air connu.
Cela explique aussi pourquoi un élève qui a beaucoup de « culture générale » apprendra plus vite dans toutes les matières qu’un autre élève moins cultivé, quand bien même ce dernier aurait un « quotient intellectuel » supérieur.
Et cela explique aussi pourquoi un cours structuré, qui explore un sujet progressivement, en allant toujours plus loin, est plus efficace pour instruire les enfants qu’une succession « d’activités » supposément « ludiques », mais qui sont à chaque fois nouvelles et sans rapport étroit entre elles.
Pour le cerveau, les nouvelles informations sont comme de nouvelles pièces qui viennent compléter un puzzle en construction, pour former un « paysage mental ». Plus le puzzle est avancé, plus le cerveau intégre les nouvelles pièces rapidement.
Ceci a des implications très importantes pour l’enseignement en classe : cela explique pourquoi, par exemple, les enfants apprennent mieux leurs tables de calcul ou leurs déclinaisons en les chantant sur un air connu.
Cela explique aussi pourquoi un élève qui a beaucoup de « culture générale » apprendra plus vite dans toutes les matières qu’un autre élève moins cultivé, quand bien même ce dernier aurait un « quotient intellectuel » supérieur.
Et cela explique aussi pourquoi un cours structuré, qui explore un sujet progressivement, en allant toujours plus loin, est plus efficace pour instruire les enfants qu’une succession « d’activités » supposément « ludiques », mais qui sont à chaque fois nouvelles et sans rapport étroit entre elles.
mardi 18 janvier 2011
Le principe de moindre action
Le principe de moindre action est l'hypothèse physique selon laquelle la dynamique d'une quantité physique (la position, la vitesse et l'accélération d'une particule, ou les valeurs d'un champ en tout point de l'espace, et leurs variations) peut se déduire à partir d'une unique grandeur appelée action en supposant que les valeurs dynamiques permettent à l'action d'avoir une valeur optimale entre deux instants donnés (la valeur est minimale quand les deux instants sont assez proches).
La plupart des équations fondamentales de la physique peuvent être formulées à partir du principe de moindre action. C'est notamment le cas en mécanique classique, en électromagnétisme, en relativité générale et en théorie quantique des champs.
Le principe de moindre action utilise l'hypothèse de deux points fixes sur le parcours du mobile : un point de départ, mais aussi un point d'arrivée. Cela a souvent été critiqué comme étant l'utilisation dans le raisonnement d'une « cause finale », ce qui est contraire à la causalité qui suit la flèche du temps en physique.
En fait, si le point de départ est doté de conditions initiales (coordonnées et vitesse), le point d'arrivée n'a pas de coordonnées précises ni de vitesse imposée : il existe, c'est tout. L'existence du point final dans le raisonnement permet d'émettre l'hypothèse de l'existence d'un trajet à partir de l'état initial et de déterminer ses conditions (équations d'Euler-Lagrange), mais n'impose aucune autre condition en dehors de la continuité indiquée plus haut (ce travail peut même montrer que seul un trajet de longueur nulle est possible dans les cas de stabilité du mobile).
La plupart des équations fondamentales de la physique peuvent être formulées à partir du principe de moindre action. C'est notamment le cas en mécanique classique, en électromagnétisme, en relativité générale et en théorie quantique des champs.
Le principe de moindre action utilise l'hypothèse de deux points fixes sur le parcours du mobile : un point de départ, mais aussi un point d'arrivée. Cela a souvent été critiqué comme étant l'utilisation dans le raisonnement d'une « cause finale », ce qui est contraire à la causalité qui suit la flèche du temps en physique.
En fait, si le point de départ est doté de conditions initiales (coordonnées et vitesse), le point d'arrivée n'a pas de coordonnées précises ni de vitesse imposée : il existe, c'est tout. L'existence du point final dans le raisonnement permet d'émettre l'hypothèse de l'existence d'un trajet à partir de l'état initial et de déterminer ses conditions (équations d'Euler-Lagrange), mais n'impose aucune autre condition en dehors de la continuité indiquée plus haut (ce travail peut même montrer que seul un trajet de longueur nulle est possible dans les cas de stabilité du mobile).
lundi 17 janvier 2011
Spinoza et Schoppenhauer sur la liberté
Ca me rappelle un peu du Spinoza : "Les hommes se trompent en ce qu'ils pensent être libres et cette opinion consiste en cela seul qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés."
(Baruch Spinoza / 1632-1677 / L'Ethique, Livre II)
Schopenhauer disait la même chose : "L'homme est certes libre de faire ce qu'il veut, mais il ne peut vouloir ce qu'il veut."
En libéralisme, plutôt que de "libre-arbitre", on devrait parler de volonté, d'action volontaire, d'intention... C'est d'ailleurs ce que fait Mises, qui laisse soigneusement de côté (dès le début de Human Action) ce genre d'hypothèse métaphysique indémontrable (aussi bien celle du "libre-arbitre" que celle du déterminisme absolu).
Sur ce sujet, il me paraît utile à ce moment du débat sur la croyance à une nature pleine d'intentions (cause première et fins dernières), de rappeler ce bon vieux Spinoza à notre attention. Je ne suis pas Spinoziste, puisque de mon point de vue il y a une prépondérance du hasard et du chaos dans les processus naturels d'organisation spontanée. Spinoza croyait dans le Dieu des philosophes, ce n'est pas mon cas. Néanmoins comme pour Rand, la partie critique de sa pensée contre l'idolâtrie et le mysticisme est très puissante.
D'une part il montre que l'autorité surnaturelle de la politique et du religieux doit être remplacée par une éthique rationnelle et individuelle. D'autre part, il montre que cette éthique doit être fondée sur la raison et la liberté, et non sur la peur des masses, que ce soit la peur du jugement divin, ou la peur de l'État. L'éthique peut et doit exister en dehors de la religion et de la morale dominante.
Spinoza dit exactement la même chose que Rand dans la citation que j'avais donnée en amont du fil. Ayn Rand reprend d'ailleurs presque entièrement la thématique de Spinoza en ce qui concerne la fondation de la politique sur une éthique rationaliste débarassée du mysticisme, ainsi que la critique radicale de la collusion tyrannique entre le théologique et le politique.
(Baruch Spinoza / 1632-1677 / L'Ethique, Livre II)
Schopenhauer disait la même chose : "L'homme est certes libre de faire ce qu'il veut, mais il ne peut vouloir ce qu'il veut."
En libéralisme, plutôt que de "libre-arbitre", on devrait parler de volonté, d'action volontaire, d'intention... C'est d'ailleurs ce que fait Mises, qui laisse soigneusement de côté (dès le début de Human Action) ce genre d'hypothèse métaphysique indémontrable (aussi bien celle du "libre-arbitre" que celle du déterminisme absolu).
Sur ce sujet, il me paraît utile à ce moment du débat sur la croyance à une nature pleine d'intentions (cause première et fins dernières), de rappeler ce bon vieux Spinoza à notre attention. Je ne suis pas Spinoziste, puisque de mon point de vue il y a une prépondérance du hasard et du chaos dans les processus naturels d'organisation spontanée. Spinoza croyait dans le Dieu des philosophes, ce n'est pas mon cas. Néanmoins comme pour Rand, la partie critique de sa pensée contre l'idolâtrie et le mysticisme est très puissante.
D'une part il montre que l'autorité surnaturelle de la politique et du religieux doit être remplacée par une éthique rationnelle et individuelle. D'autre part, il montre que cette éthique doit être fondée sur la raison et la liberté, et non sur la peur des masses, que ce soit la peur du jugement divin, ou la peur de l'État. L'éthique peut et doit exister en dehors de la religion et de la morale dominante.
Spinoza dit exactement la même chose que Rand dans la citation que j'avais donnée en amont du fil. Ayn Rand reprend d'ailleurs presque entièrement la thématique de Spinoza en ce qui concerne la fondation de la politique sur une éthique rationaliste débarassée du mysticisme, ainsi que la critique radicale de la collusion tyrannique entre le théologique et le politique.
dimanche 16 janvier 2011
La correspondance de Flaubert
Trop de putains! trop de canotage! trop d’exercice! Oui, monsieur, il faut, entendez-vous, jeune homme, il faut travailler plus que ça. Tout le reste est vain, à commencer par vos plaisirs et votre santé; foutez-vous cela dans la boule.
Ce qui vous manque, ce sont les principes. On a beau dire, il en faut; reste à savoir lesquels. Pour un artiste, il y en a qu’un: tout sacrifier à l’Art. La vie doit être considérée par lui comme un moyen, rien de plus, et la première personne dont il doit se foutre, c’est de lui-même.
Flaubert à Maupassant
--
"C'est le plus grand supplice que l'on puisse endurer que de vivre avec des gens qu'on n'aime pas. J'ai connu peu d'êtres dont la société ne m'ait inspirer l'envie d'habiter le désert."
"J'ai été à Rouen, au concert. Le plaisir d'entendre de fort belle musique bien jouée a été compensé par la vue des gens qui le partageaient avec moi."
"Il faut que j'aille à Rouen pour un enterrement; quelle corvée! Ce n'est pas l'enterrement qui m'attriste, mais la vue de tous les bourgeois qui y seront. La contemplation de la plupart de mes semblables me devient de plus en plus odieuse, nerveusement parlant."
"Mais quant à faire partie effectivement de quoi que ce soit en ce bas monde, non! non! et mille fois non! Je ne veux pas plus être membre d'une revue, d'un cercle ou d'une académie, que je ne veux être conseiller municipal ou officier de la garde nationale."
"Ce n'est pas parce qu'un imbécile à deux pieds comme moi, au lieu d'en avoir quatre comme un âne, que je me crois obligé de l'aimer, ou tout au moins de dire que je l'aime, et qu'il m'intéresse."
"Je me sens maintenant pour mes semblables une haine sereine, ou une pitié tellement inactive que c'est tout comme. L'état politique des choses a confirmé mes vieilles théories à priori sur le bipède sans plumes, que j'estime être tout ensemble un dinde et un vautour".
"Plus tu iras et plus tu seras convaincue qu'on ne peut causer qu'avec très peu de monde. Le nombre des imbéciles me paraît, à moi, augmenter de jour en jour. Presque tous les gens qu'on connaît sont intolérables de lourdeur et d'ignorance. On va et revient du mastoc au futile."
"L'idée seule de mes contemporains me fatigue."
"Je me retire de plus en plus dans mon trou, pour n'avoir rien de commun avec mes semblables - lesquels ne sont pas mes semblables."
"Est-ce moi qui deviens insociable ou les autres qui bêtifient? Je n'en sais rien. Mais la société "du monde" actuellement, m'est intolérable!"
"C'est là ce qu'il me faut: l'écartement de toute manifestation extérieure; Et j'ose dire de toute relation humaine."
"L'insupportabilité de la sottise humaine est devenue chez moi une maladie et le mot est faible. Presque tous les humains ont le don de m'exaspérer et je ne respire librement que dans le désert."
"Moi, de jour en jour, je sens s'opérer dans mon cœur un écartement de mes semblables qui va s'élargissant et j'en suis content, car ma faculté d'appréhension à l'endroit de ce qui m'est sympathique va s'élargissant, et à cause de cet écartement même."
"Je ne suis pas sociable, définitivement. La vue de mes semblables m'alanguit. Cela est très exact et littéral."
"Nous dansons non pas sur un volcan, mais sur la planche d'une latrine qui m'a l'air passablement pourrie. La société prochainement ira se noyer dans la merde de dix-neuf siècles, et l'on gueulera raide."
"Je suis, plus que jamais, irascible, intolérant, insociable, exagéré, Saint Polycarpien. Ce n'est pas à mon âge qu'on se corrige!"
Gustave Flaubert, Correspondance
Flaubert à Maupassant
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"C'est le plus grand supplice que l'on puisse endurer que de vivre avec des gens qu'on n'aime pas. J'ai connu peu d'êtres dont la société ne m'ait inspirer l'envie d'habiter le désert."
"J'ai été à Rouen, au concert. Le plaisir d'entendre de fort belle musique bien jouée a été compensé par la vue des gens qui le partageaient avec moi."
"Il faut que j'aille à Rouen pour un enterrement; quelle corvée! Ce n'est pas l'enterrement qui m'attriste, mais la vue de tous les bourgeois qui y seront. La contemplation de la plupart de mes semblables me devient de plus en plus odieuse, nerveusement parlant."
"Mais quant à faire partie effectivement de quoi que ce soit en ce bas monde, non! non! et mille fois non! Je ne veux pas plus être membre d'une revue, d'un cercle ou d'une académie, que je ne veux être conseiller municipal ou officier de la garde nationale."
"Ce n'est pas parce qu'un imbécile à deux pieds comme moi, au lieu d'en avoir quatre comme un âne, que je me crois obligé de l'aimer, ou tout au moins de dire que je l'aime, et qu'il m'intéresse."
"Je me sens maintenant pour mes semblables une haine sereine, ou une pitié tellement inactive que c'est tout comme. L'état politique des choses a confirmé mes vieilles théories à priori sur le bipède sans plumes, que j'estime être tout ensemble un dinde et un vautour".
"Plus tu iras et plus tu seras convaincue qu'on ne peut causer qu'avec très peu de monde. Le nombre des imbéciles me paraît, à moi, augmenter de jour en jour. Presque tous les gens qu'on connaît sont intolérables de lourdeur et d'ignorance. On va et revient du mastoc au futile."
"L'idée seule de mes contemporains me fatigue."
"Je me retire de plus en plus dans mon trou, pour n'avoir rien de commun avec mes semblables - lesquels ne sont pas mes semblables."
"Est-ce moi qui deviens insociable ou les autres qui bêtifient? Je n'en sais rien. Mais la société "du monde" actuellement, m'est intolérable!"
"C'est là ce qu'il me faut: l'écartement de toute manifestation extérieure; Et j'ose dire de toute relation humaine."
"L'insupportabilité de la sottise humaine est devenue chez moi une maladie et le mot est faible. Presque tous les humains ont le don de m'exaspérer et je ne respire librement que dans le désert."
"Moi, de jour en jour, je sens s'opérer dans mon cœur un écartement de mes semblables qui va s'élargissant et j'en suis content, car ma faculté d'appréhension à l'endroit de ce qui m'est sympathique va s'élargissant, et à cause de cet écartement même."
"Je ne suis pas sociable, définitivement. La vue de mes semblables m'alanguit. Cela est très exact et littéral."
"Nous dansons non pas sur un volcan, mais sur la planche d'une latrine qui m'a l'air passablement pourrie. La société prochainement ira se noyer dans la merde de dix-neuf siècles, et l'on gueulera raide."
"Je suis, plus que jamais, irascible, intolérant, insociable, exagéré, Saint Polycarpien. Ce n'est pas à mon âge qu'on se corrige!"
Gustave Flaubert, Correspondance
samedi 15 janvier 2011
Les modèles en économie
Pour faire simple, il se dégage des différentes contributions deux interprétations : l’une consiste à considérer les modèles comme des outils servant à isoler certains mécanismes que le théoricien veut étudier et expliquer ; l’autre considère que les modèles économiques servent à construire des mondes contrefactuels dont les relations causales sont supposées pouvoir se transposer au “monde réel”.
Ces considérations nous mènent à plusieurs conclusions :
1) L’objet de la science économique est mouvant en ce qu’est économique ce que l’on définit comme tel.
2) Au delà de cette quasi-évidence, l’adoption d’une définition substantive large nous permet de nous rendre compte du fait que l’affirmation (1) n’est pas seulement définitionnelle, au sens ou est effectivement rouge ce que l’on décide qui est rouge, mais que la manière dont est classer un objet déclenche un traitement particulier de cette objet dans le monde réel. Chez Polanyi, définir le travail comme une marchandise a comme effet d’entraîner son échange au sein d’un échange marchand, ce qui n’était pas le cas avant.
L’objet de la science économique est donc l’action humaine (toujours ce cher Mises !) dans le domaine de la production et de l’échange, et pas les choses elles-mêmes (les “richesses”).
--
Quiconque a déjà enseigné l’économie à des étudiants a pu se rendre compte de la difficulté à faire comprendre l’idée que beaucoup de phénomènes économiques sont plus que le produit de quelques volontés individuelles. Comprendre le fonctionnement du marché, comment celui-ci parvient à coordonner l’offre et la demande de manière décentralisée, est souvent difficile (les enseignants ont leur part de responsabilité d’ailleurs puisque souvent on commence à présenter le fonctionnement du marché au travers de la fiction du commissaire-priseur walrassien !). C’est également vrai d’ailleurs quand on veut démontrer « l’anti-main invisible », à savoir que des actions décentralisées peuvent donner lieu à des résultats néfastes. - rationalité limité
Ces considérations nous mènent à plusieurs conclusions :
1) L’objet de la science économique est mouvant en ce qu’est économique ce que l’on définit comme tel.
2) Au delà de cette quasi-évidence, l’adoption d’une définition substantive large nous permet de nous rendre compte du fait que l’affirmation (1) n’est pas seulement définitionnelle, au sens ou est effectivement rouge ce que l’on décide qui est rouge, mais que la manière dont est classer un objet déclenche un traitement particulier de cette objet dans le monde réel. Chez Polanyi, définir le travail comme une marchandise a comme effet d’entraîner son échange au sein d’un échange marchand, ce qui n’était pas le cas avant.
L’objet de la science économique est donc l’action humaine (toujours ce cher Mises !) dans le domaine de la production et de l’échange, et pas les choses elles-mêmes (les “richesses”).
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Quiconque a déjà enseigné l’économie à des étudiants a pu se rendre compte de la difficulté à faire comprendre l’idée que beaucoup de phénomènes économiques sont plus que le produit de quelques volontés individuelles. Comprendre le fonctionnement du marché, comment celui-ci parvient à coordonner l’offre et la demande de manière décentralisée, est souvent difficile (les enseignants ont leur part de responsabilité d’ailleurs puisque souvent on commence à présenter le fonctionnement du marché au travers de la fiction du commissaire-priseur walrassien !). C’est également vrai d’ailleurs quand on veut démontrer « l’anti-main invisible », à savoir que des actions décentralisées peuvent donner lieu à des résultats néfastes. - rationalité limité
dimanche 9 janvier 2011
L'art aujourd'hui, l'indignation et les civilisations
Des artistes qui cherchent et ne trouvent rien (au contraire de Picasso qui déclarait superbement « je ne cherche pas, je trouve »), des révolutionnaires qui s’en prennent au monde plutôt qu’au mal, des idéologues à qui l’humanité ne convient pas car elle déborde le cadre de leur « idéal », des nihilistes qui rejettent Dieu à cause de la souffrance des enfants mais qui ne font rien pour ces enfants.
Faire semblant de souffrir pour les autres, se réjouir secrètement de tous les maux qui permettent d’accuser la vie, glorifier sa propre (in)suffisance, voilà donc comment fonctionne celui qui, avant toutes choses, ne supporte pas que l’on se défende réellement contre ce qui nous menace.
L’ennemi de l’art, aujourd’hui, ce ne sont donc plus les clercs ou les censeurs, mais les artistes eux-mêmes. « L’effondrement de l’art, note Mattéi, tient moins à l’utilisation mercantile des œuvres (…) qu’à la destruction volontaire de l’œuvre par ceux qui ont pour charge de la créer. » Le sens, c’est ce qu’il faut annihiler à tous prix – en se faisant de la tune tout de même. Et comme faire des horreurs peut encore avoir un sens « négatif », il faut renoncer absolument à tout impact sensible de l’œuvre. Revoilà le concept ! L’important, ce n’est plus l’œuvre, c’est le chemin qui y mène. « L’art contemporain devient insurrectionnel en mettant en scène sa propre représentation. »
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Après Dieu et l’Histoire, c’est au tour du Temps d’être déclaré coupable par les professionnels de l’indignation. Le Temps qui nous use, nous fait souffrir, nous oublie et ose continuer sans nous. Une fois de plus, l’on s’indigne non pas d’une injustice particulière mais bien de l’ordre des choses.
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En vérité, nous sommes dans un monde qui a substitué les idées justes et les sentiments généreux aux idées généreuses et aux sentiments justes. Nous sommes dans un monde de plus en plus humanitaire et de moins en moins humain. Un monde chrétien, en quelque sorte, plein d’amour pour tous, mais qui ne veut plus entendre parler de croix, de péché - et par là-même de pardon. « Le monde moderne n’est pas méchant, écrivait encore l’auteur d’Orthodoxie, à certains égards il est beaucoup trop bon. Il est rempli de vertus farouches et gaspillées. » L’indignation est l’un de ces gaspillages.
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Nous serions dans un monde païen qu’au moins nous pourrions haïr les dieux en paix, sans culpabiliser, car ni Zeus, ni Apollon, ni Arès n’ont jamais dit qu’ils nous aimaient et voulaient notre bien. Alors que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, lui le répète tous les deux versets, voire à chaque désastre humain – et par là-même nous empêche de le haïr sainement, ajoutant la névrose à notre rage. Ce n’est donc pas tant la souffrance des enfants qui indigne Ivan que cette souffrance sur fonds d’amour divin.
Chez le jeune Marx, l’ennemi, ce n’est plus Dieu, qui du reste n’existe pas, mais l’histoire qui depuis ses débuts enferme l’humanité dans une lutte des classes sans fin. Il faut donc libérer l’humanité de l’histoire.
Faire semblant de souffrir pour les autres, se réjouir secrètement de tous les maux qui permettent d’accuser la vie, glorifier sa propre (in)suffisance, voilà donc comment fonctionne celui qui, avant toutes choses, ne supporte pas que l’on se défende réellement contre ce qui nous menace.
L’ennemi de l’art, aujourd’hui, ce ne sont donc plus les clercs ou les censeurs, mais les artistes eux-mêmes. « L’effondrement de l’art, note Mattéi, tient moins à l’utilisation mercantile des œuvres (…) qu’à la destruction volontaire de l’œuvre par ceux qui ont pour charge de la créer. » Le sens, c’est ce qu’il faut annihiler à tous prix – en se faisant de la tune tout de même. Et comme faire des horreurs peut encore avoir un sens « négatif », il faut renoncer absolument à tout impact sensible de l’œuvre. Revoilà le concept ! L’important, ce n’est plus l’œuvre, c’est le chemin qui y mène. « L’art contemporain devient insurrectionnel en mettant en scène sa propre représentation. »
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Après Dieu et l’Histoire, c’est au tour du Temps d’être déclaré coupable par les professionnels de l’indignation. Le Temps qui nous use, nous fait souffrir, nous oublie et ose continuer sans nous. Une fois de plus, l’on s’indigne non pas d’une injustice particulière mais bien de l’ordre des choses.
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En vérité, nous sommes dans un monde qui a substitué les idées justes et les sentiments généreux aux idées généreuses et aux sentiments justes. Nous sommes dans un monde de plus en plus humanitaire et de moins en moins humain. Un monde chrétien, en quelque sorte, plein d’amour pour tous, mais qui ne veut plus entendre parler de croix, de péché - et par là-même de pardon. « Le monde moderne n’est pas méchant, écrivait encore l’auteur d’Orthodoxie, à certains égards il est beaucoup trop bon. Il est rempli de vertus farouches et gaspillées. » L’indignation est l’un de ces gaspillages.
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Nous serions dans un monde païen qu’au moins nous pourrions haïr les dieux en paix, sans culpabiliser, car ni Zeus, ni Apollon, ni Arès n’ont jamais dit qu’ils nous aimaient et voulaient notre bien. Alors que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, lui le répète tous les deux versets, voire à chaque désastre humain – et par là-même nous empêche de le haïr sainement, ajoutant la névrose à notre rage. Ce n’est donc pas tant la souffrance des enfants qui indigne Ivan que cette souffrance sur fonds d’amour divin.
Chez le jeune Marx, l’ennemi, ce n’est plus Dieu, qui du reste n’existe pas, mais l’histoire qui depuis ses débuts enferme l’humanité dans une lutte des classes sans fin. Il faut donc libérer l’humanité de l’histoire.
Lévi-Strauss, les races et le racisme
« Je m’insurge contre l’abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à confondre le racisme et des attitudes normales, légitimes même, en tout cas inévitables. Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d'individus l'effet nécessaire d'un commun patrimoine génétique. On ne saurait ranger sous la même rubrique, ou imputer automatiquement au même préjugé, l’attitude d’individus ou de groupes que leur fidélité à certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à d’autres valeurs. Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de la penser au-dessus de toutes les autres et d’éprouver peu d’attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. Cette incommunicabilité relative peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent, et trouvent dans leur propre fonds les ressources nécessaires à leur renouvellement. Si comme je l'ai écrit ailleurs, il existe entre les sociétés humaines un certain optimum de diversité au-delà duquel elles ne sauraient aller, mais en dessous duquel elles ne peuvent non plus descendre sans danger, on doit reconnaître que cette diversité résulte pour une grande part du désir de chaque culture de s’opposer à celles qui l’environnent, de se distinguer d’elles, en un mot d’être soi : elles ne s’ignorent pas, s’empruntent à l’occasion, mais pour ne pas périr, il faut que, sous d’autres rapports, persiste entre elles une certaine imperméabilité. »
Claude Levi-Straus, Le regard éloigné, 1983.
Claude Levi-Straus, Le regard éloigné, 1983.
Citations de Céline
« L’ennemi numéro 1 de tout État est l’homme qui est capable de penser par lui-même sans considération de la pensée unique. Presque inévitablement il parviendra alors à la conclusion que l’État sous lequel il vit est malhonnête, insensé et insupportable, ainsi, si cet homme est idéaliste il voudra le changer. S’il ne l’est pas, il témoignera suffisamment de sa découverte pour générer la révolte des idéalistes contre l’État. »
Henry Louis Mencken
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Quelques citations de Céline :
"Un pays ça finit en « droits », en droits suprêmes, en droits à rien, en droits à tout, en droits de jaloux, en droits de famine, en droits de vent."
Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps
"Je suis de ces auteurs qu'ont du souffle, du répondant, du biscoto. J'emmerde le genre entier humain à cause de mon répondant terrible, de ma paire de burnes fantastiques (et bordel de dieu je le prouve!) Je jute, je conclus, je triomphe, je trempe la page de plein génie..."
Louis-Ferdinand Céline, L'Ecole des cadavres
"L’alcoolisme, le tabac, la vie bourgeoise ont tout miné en France. Personne n’a d’ailleurs besoin d’autre chose que de beefsteak-pommes frites, télévision, 4 CV, et de faire l’amour le samedi soir."
Interview avec André Parinaud, Arts, 19-25 juin 1957
"Quand on mélange au hasard deux sangs, l’un pauvre, l’autre riche, on n’enrichit jamais le pauvre, on appauvrit toujours le riche..."
Louis-Ferdinand Céline, Mea Culpa
"Ah français politiquement désastreux et absurdes, toujours ennemis des leurs, et des meilleurs des leurs, entichés toujours des polichinelles de partout ! qui ne pleurnichent jamais que sur leurs ennemis ! et les pires ! C’est dur de défendre les français ! Je vous admire et je m’admire."
Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Albert Naud du 16 mai 1948
"Retenez que la politique est une immonde charognerie et que seules les charognes peuvent en prospérer."
Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Charles Deshayes
"Dans nos démocraties larbines, ça n’existe plus les chefs patriotes. En lieu et place c’est des effrontés imposteurs, tambourineurs prometteurs « d’avantages », de petites et grandes jouissances, des maquereaux « d’avantages ». Ils hypnotisent la horde des « désirants », aspirants effrénés, bulleux « d’avantages ». Pour l’adoption d’un parti, d’un programme, c’est comme pour le choix d’un article au moment des « réclames », on se décide pour le magasin qui vous promet le plus « d’avantages ». Je connais moi des personnes, des véritables affranchis qui sont en même temps marxistes, croix-de-feu, francs-maçons, syndiqués très unitaires et puis malgré tout, quand même, encore partisans du curé, qui font communier leurs enfants. C’est des camarades raisonnables, pas des fous, qui veulent perdre dans aucun tableau, qui se défendent à la martingale, des Idéologues de Loterie, très spécifiquement français. Quand ça devient des racailles pareilles y a plus besoin de se gêner. C’est du temps de perdu. Des efforts pour le caca…tout à fait inutiles…Plus de mystique possible. Aucun rétablissement possible. »
Louis Ferdinand Céline, L'Ecole des Cadavres
"Pour le peuple le Communisme c’est le moyen, l’astuce d’accéder bourgeois illico, à la foire d’empoigne. Sauter dans les privilèges, tranquille, Baptiste une fois pour toutes. La Cité future pour Popu c’est son pavillon personnel avec 500 mètres de terrain, clos soigneusement sur quatre faces, canalisé si possible, et que personne vienne l’emmerder. Tout ça enregistré devant notaire. C’est un rêve de ménagère, un rêve de peuple décadent, un rêve de femme. Quand les femmes dominent à ce point que tous les hommes rêvent comme elles, on peut dire que les jeux sont faits, que grandeur est morte, que ce pays tourné gonzesse, dans la guerre comme dans la paix, peut plus se défendre qu’en petites manières, que les mâles ont plus qu’à entrer faire leur office de casseur, saillir toutes ces mièvreries, abolir toutes ces prévoyances. Ça sera-t-y des jaunes ? des blancs ? des noirs ? des purs ? des compliqués ? Est-ce qu’on périra dans la noce ? C’est bien possible, c’est même probable. Toujours est-il que ça sera des hommes et des butors, des dominants qu’iront pas demander aux grand’mères comment faut rêver dans la vie, qui seront disposés comme des ours."
Louis Ferdinand Céline, Les beaux draps
"La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu'on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie tout entière."
Louis Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit
"C'est un prodigieux moyen de propagande. C'est aussi, hélas ! un élément d'abêtissement en ce sens que les gens se fient à ce qu'on leur montre. Ils n'imaginent plus. Ils voient. Ils perdent la notion de jugement et ils se prêtent gentiment à la fainéantise. La TV est dangereuse pour les hommes. L'alcoolisme, le bavardage et le politique en font déjà des abrutis. Etait-il nécessaire d'ajouter encore quelque chose? Mais il faut bien l'admettre. On ne réagit pas contre le progrès. Vous arriverait-il d'essayer de remonter les chutes du Niagara à la nage? Non. Personne ne pourra empêcher la marche en avant de la TV. Elle changera bientôt tous les modes de raisonnement. Elle est un instrument idéal pour la masse. Elle remplace tout, elle élimine l'effort, elle accorde une grande tranquilité aux parents. Les enfants sont passionnés par ce phénomène."
Louis-Ferdinand Céline, Entretien avec Jacques Chancel
"Nos sociétés croulent sous les richesses matérielles, mais elles crèvent de pauvreté spirituelle."
Louis-Ferdinand Céline, L'Ecole des cadavres
Il n’y a que deux espèces, les canailles et les imbéciles, or je ne veux être ni l’une ni l’autre espèce.
Moi j’ai jamais voté de ma vie !... Ma carte elle doit y être encore à la mairie du « deuxième »... J’ai toujours su et compris que les cons sont la majorité, que c’est donc bien forcé qu’ils gagnent !... Pourquoi je me dérangerais dès lors !...
Celui qui n’a pas tout donné, il a rien donné du tout... C’est ma devise absolue.
Je suis sceptique... L’espoir même ça me fait dégueuler... J’ai pas « l’espoir ». C’est les planqués qui ont l’espoir : l’espoir que ça continue...
J’ai accumulé du chagrin pour mille ans. Je voudrais revivre trois vies rien que de rigolade.
On ne devrait jamais écouter les femmes qui ne sont pas belles, elles ne peuvent que dire des bêtises.
C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.
La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches.
Autant ne pas se faire d’illusions, les gens n’ont rien à se dire, ils ne parlent que de leurs peines à eux chacun, c’est entendu.
Faire confiance aux hommes c’est déjà se faire tuer un peu.
Les gens, ce qu’on leur donne, vous savez, ils le chient.
Le monstre en vérité dans l’espèce humaine noire, blanche, ou jaune est celui qui n’aime ni infliger des souffrances ni bouffer son frère.
On n’est jamais très mécontent qu’un adulte s’en aille, ça fait toujours une vache de moins sur terre, qu’on se dit, tandis que pour un enfant, c’est tout de même moins sûr. Il y a l’avenir.
Dans l’histoire des temps la vie n’est qu’une ivresse, la vérité c’est la Mort.
La plupart des gens ne meurent qu’au dernier moment ; d’autres commencent et s’y prennent vingt ans d’avance et parfois davantage ; Ce sont les malheureux de la terre.
Etre seul c’est s’entraîner à la mort.
Avec étonnement et ironie, je constate que la plupart des gens n’ont pas l’air de se douter qu’ils sont morts, ou tout comme. Morts depuis leur naissance. « Des ombres qui marchent » dit Shakespeare. Tous ces politiciens, tous ces savants, tous ces littérateurs, qui agissent et sentent comme s’ils vivaient vraiment, comme si le ver de la dissolution n’était pas déjà en eux, né à leur premier cri, je les trouve grotesques. Et pitoyables. Des aveugles vaniteux, qui marchent au bord d’un abîme...
Les pauvres ne sont que des primates déçus, tout aussi féroces, dégueulasses, que les riches...
D’autre part je n’ai pas cent ans à vivre _ et je considère le temps comme une matière plus précieuse que le diamant.
Il y a trop de choses à comprendre en même temps. La vie est bien trop courte.
La réalité, toute la réalité n’est qu’horreur et souffrance.
C’est la vie, on commence mal, on finit pire.
Comment se fabriquent, je vous demande, les idoles dont se peuplent tous les rêves des générations d’aujourd’hui ? Comment le plus infime crétin, le canard le plus rebutant, la plus désespérante donzelle, peuvent-ils se muer en dieux ?... déesse ? recueillir plus d’âme en un jour que Jésus-Christ en 2000 ans ?... Publicité ! Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l’or et devant la merde !... Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n’eut jamais dans toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus insignifiante est l’idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules... mieux la publicité s’accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l’idolâtrie... ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture.
Louis-Ferdinand Céline
"L’esprit prendra tout son essor quand on parlera plus de la mangeaille, ni des pull-overs superfins, que ça sera plus un problème et surtout un motif d’envie, de haine, de fureur jalouse."
Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps
Henry Louis Mencken
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Quelques citations de Céline :
"Un pays ça finit en « droits », en droits suprêmes, en droits à rien, en droits à tout, en droits de jaloux, en droits de famine, en droits de vent."
Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps
"Je suis de ces auteurs qu'ont du souffle, du répondant, du biscoto. J'emmerde le genre entier humain à cause de mon répondant terrible, de ma paire de burnes fantastiques (et bordel de dieu je le prouve!) Je jute, je conclus, je triomphe, je trempe la page de plein génie..."
Louis-Ferdinand Céline, L'Ecole des cadavres
"L’alcoolisme, le tabac, la vie bourgeoise ont tout miné en France. Personne n’a d’ailleurs besoin d’autre chose que de beefsteak-pommes frites, télévision, 4 CV, et de faire l’amour le samedi soir."
Interview avec André Parinaud, Arts, 19-25 juin 1957
"Quand on mélange au hasard deux sangs, l’un pauvre, l’autre riche, on n’enrichit jamais le pauvre, on appauvrit toujours le riche..."
Louis-Ferdinand Céline, Mea Culpa
"Ah français politiquement désastreux et absurdes, toujours ennemis des leurs, et des meilleurs des leurs, entichés toujours des polichinelles de partout ! qui ne pleurnichent jamais que sur leurs ennemis ! et les pires ! C’est dur de défendre les français ! Je vous admire et je m’admire."
Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Albert Naud du 16 mai 1948
"Retenez que la politique est une immonde charognerie et que seules les charognes peuvent en prospérer."
Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Charles Deshayes
"Dans nos démocraties larbines, ça n’existe plus les chefs patriotes. En lieu et place c’est des effrontés imposteurs, tambourineurs prometteurs « d’avantages », de petites et grandes jouissances, des maquereaux « d’avantages ». Ils hypnotisent la horde des « désirants », aspirants effrénés, bulleux « d’avantages ». Pour l’adoption d’un parti, d’un programme, c’est comme pour le choix d’un article au moment des « réclames », on se décide pour le magasin qui vous promet le plus « d’avantages ». Je connais moi des personnes, des véritables affranchis qui sont en même temps marxistes, croix-de-feu, francs-maçons, syndiqués très unitaires et puis malgré tout, quand même, encore partisans du curé, qui font communier leurs enfants. C’est des camarades raisonnables, pas des fous, qui veulent perdre dans aucun tableau, qui se défendent à la martingale, des Idéologues de Loterie, très spécifiquement français. Quand ça devient des racailles pareilles y a plus besoin de se gêner. C’est du temps de perdu. Des efforts pour le caca…tout à fait inutiles…Plus de mystique possible. Aucun rétablissement possible. »
Louis Ferdinand Céline, L'Ecole des Cadavres
"Pour le peuple le Communisme c’est le moyen, l’astuce d’accéder bourgeois illico, à la foire d’empoigne. Sauter dans les privilèges, tranquille, Baptiste une fois pour toutes. La Cité future pour Popu c’est son pavillon personnel avec 500 mètres de terrain, clos soigneusement sur quatre faces, canalisé si possible, et que personne vienne l’emmerder. Tout ça enregistré devant notaire. C’est un rêve de ménagère, un rêve de peuple décadent, un rêve de femme. Quand les femmes dominent à ce point que tous les hommes rêvent comme elles, on peut dire que les jeux sont faits, que grandeur est morte, que ce pays tourné gonzesse, dans la guerre comme dans la paix, peut plus se défendre qu’en petites manières, que les mâles ont plus qu’à entrer faire leur office de casseur, saillir toutes ces mièvreries, abolir toutes ces prévoyances. Ça sera-t-y des jaunes ? des blancs ? des noirs ? des purs ? des compliqués ? Est-ce qu’on périra dans la noce ? C’est bien possible, c’est même probable. Toujours est-il que ça sera des hommes et des butors, des dominants qu’iront pas demander aux grand’mères comment faut rêver dans la vie, qui seront disposés comme des ours."
Louis Ferdinand Céline, Les beaux draps
"La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu'on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie tout entière."
Louis Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit
"C'est un prodigieux moyen de propagande. C'est aussi, hélas ! un élément d'abêtissement en ce sens que les gens se fient à ce qu'on leur montre. Ils n'imaginent plus. Ils voient. Ils perdent la notion de jugement et ils se prêtent gentiment à la fainéantise. La TV est dangereuse pour les hommes. L'alcoolisme, le bavardage et le politique en font déjà des abrutis. Etait-il nécessaire d'ajouter encore quelque chose? Mais il faut bien l'admettre. On ne réagit pas contre le progrès. Vous arriverait-il d'essayer de remonter les chutes du Niagara à la nage? Non. Personne ne pourra empêcher la marche en avant de la TV. Elle changera bientôt tous les modes de raisonnement. Elle est un instrument idéal pour la masse. Elle remplace tout, elle élimine l'effort, elle accorde une grande tranquilité aux parents. Les enfants sont passionnés par ce phénomène."
Louis-Ferdinand Céline, Entretien avec Jacques Chancel
"Nos sociétés croulent sous les richesses matérielles, mais elles crèvent de pauvreté spirituelle."
Louis-Ferdinand Céline, L'Ecole des cadavres
Il n’y a que deux espèces, les canailles et les imbéciles, or je ne veux être ni l’une ni l’autre espèce.
Moi j’ai jamais voté de ma vie !... Ma carte elle doit y être encore à la mairie du « deuxième »... J’ai toujours su et compris que les cons sont la majorité, que c’est donc bien forcé qu’ils gagnent !... Pourquoi je me dérangerais dès lors !...
Celui qui n’a pas tout donné, il a rien donné du tout... C’est ma devise absolue.
Je suis sceptique... L’espoir même ça me fait dégueuler... J’ai pas « l’espoir ». C’est les planqués qui ont l’espoir : l’espoir que ça continue...
J’ai accumulé du chagrin pour mille ans. Je voudrais revivre trois vies rien que de rigolade.
On ne devrait jamais écouter les femmes qui ne sont pas belles, elles ne peuvent que dire des bêtises.
C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.
La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches.
Autant ne pas se faire d’illusions, les gens n’ont rien à se dire, ils ne parlent que de leurs peines à eux chacun, c’est entendu.
Faire confiance aux hommes c’est déjà se faire tuer un peu.
Les gens, ce qu’on leur donne, vous savez, ils le chient.
Le monstre en vérité dans l’espèce humaine noire, blanche, ou jaune est celui qui n’aime ni infliger des souffrances ni bouffer son frère.
On n’est jamais très mécontent qu’un adulte s’en aille, ça fait toujours une vache de moins sur terre, qu’on se dit, tandis que pour un enfant, c’est tout de même moins sûr. Il y a l’avenir.
Dans l’histoire des temps la vie n’est qu’une ivresse, la vérité c’est la Mort.
La plupart des gens ne meurent qu’au dernier moment ; d’autres commencent et s’y prennent vingt ans d’avance et parfois davantage ; Ce sont les malheureux de la terre.
Etre seul c’est s’entraîner à la mort.
Avec étonnement et ironie, je constate que la plupart des gens n’ont pas l’air de se douter qu’ils sont morts, ou tout comme. Morts depuis leur naissance. « Des ombres qui marchent » dit Shakespeare. Tous ces politiciens, tous ces savants, tous ces littérateurs, qui agissent et sentent comme s’ils vivaient vraiment, comme si le ver de la dissolution n’était pas déjà en eux, né à leur premier cri, je les trouve grotesques. Et pitoyables. Des aveugles vaniteux, qui marchent au bord d’un abîme...
Les pauvres ne sont que des primates déçus, tout aussi féroces, dégueulasses, que les riches...
D’autre part je n’ai pas cent ans à vivre _ et je considère le temps comme une matière plus précieuse que le diamant.
Il y a trop de choses à comprendre en même temps. La vie est bien trop courte.
La réalité, toute la réalité n’est qu’horreur et souffrance.
C’est la vie, on commence mal, on finit pire.
Comment se fabriquent, je vous demande, les idoles dont se peuplent tous les rêves des générations d’aujourd’hui ? Comment le plus infime crétin, le canard le plus rebutant, la plus désespérante donzelle, peuvent-ils se muer en dieux ?... déesse ? recueillir plus d’âme en un jour que Jésus-Christ en 2000 ans ?... Publicité ! Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l’or et devant la merde !... Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n’eut jamais dans toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus insignifiante est l’idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules... mieux la publicité s’accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l’idolâtrie... ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture.
Louis-Ferdinand Céline
"L’esprit prendra tout son essor quand on parlera plus de la mangeaille, ni des pull-overs superfins, que ça sera plus un problème et surtout un motif d’envie, de haine, de fureur jalouse."
Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps
samedi 8 janvier 2011
L'antiracisme est un communisme - Muray
"Finkielkraut a bien raison de dire que l’antiracisme sera au XXIème siècle ce que fut le communisme au XXème, c’est-à-dire une nouvelle religion de substitution qui persécute et terrorise, mais dans la langue de l’amour et de l’égalité."
Philippe Muray, Le Point, 1er décembre 2005
Philippe Muray, Le Point, 1er décembre 2005
Peguy, la civilisation et le négociable
"Chaque monde sera jugé sur ce qu'il a considéré comme négociable ou non négociable. Tout l'avilissement du monde moderne, c'est-à-dire toute la mise à bas prix du monde moderne, vient de ce que le monde moderne a considéré comme négociables des valeurs que le monde chrétien et le monde antique ont considéré comme non négociables. Et cette universelle négociation fait cet universel avilissement."
Charles Péguy
Charles Péguy
mercredi 5 janvier 2011
Voeglin contre le progressisme
Sur le fond, ce que relève Voegelin est factuellement exact : Turgot croyait en une perfectibilité du genre humain (estimant, par exemple que "la masse totale du genre humain, par des alternatives de calme et d'agitation, de biens et de maux, marche toujours, quoique à pas lents, à une perfection plus grande"). Nous retrouvons ici l'homme abstrait cher aux progressistes. La pauvreté métaphysique ne réside-t-elle donc pas plutôt dans la conception gnostique que Voegelin examine ?
Notons, au demeurant, que le philosophe rejoint l'analyse que Hayek développe dans le chapitre de The Counter-Revolution of Science, intitulé "The Source Of Scientistic Hubris : L'Ecole Polytechnique", et où il montre combien que les Turgot et Condorcet ont préparé le terrain à la religion de la Raison et donc au positivisme.
Notons, au demeurant, que le philosophe rejoint l'analyse que Hayek développe dans le chapitre de The Counter-Revolution of Science, intitulé "The Source Of Scientistic Hubris : L'Ecole Polytechnique", et où il montre combien que les Turgot et Condorcet ont préparé le terrain à la religion de la Raison et donc au positivisme.
jeudi 30 décembre 2010
Films décembre 2010
cinéma :
Manchette **
Les émotifs anonymes **
dvd :
Cowboy *
Rien sur Robert ***
L'arbre, le maire et la médiathèque ***
Une nuit à Casablanca ****
Le grand magasin **
C'est arrivé près de chez vous ***
Delicatessen ***
Gregoire Moulin contre l'humanité ***
Manchette **
Les émotifs anonymes **
dvd :
Cowboy *
Rien sur Robert ***
L'arbre, le maire et la médiathèque ***
Une nuit à Casablanca ****
Le grand magasin **
C'est arrivé près de chez vous ***
Delicatessen ***
Gregoire Moulin contre l'humanité ***
mardi 14 décembre 2010
L'homme-masse - y Gasset
Examinons ce qu’est, aux yeux d’Ortega y Gasset, l’homme-masse, au travers de quelques-unes de ses caractéristiques comme, en premier lieu, l’oubli (ou plutôt l’occultation) du passé. «Cet homme-masse écrit l’auteur, c’est l’homme vidé au préalable de sa propre histoire, sans entrailles de passé, et qui, par cela même, est docile à toutes les disciplines dites «internationales». Plutôt qu’un homme c’est une carapace d’homme, faite de simples idola fori. Il lui manque un «dedans», une intimité inexorablement, inaliénablement sienne, un moi irrévocable» (p. 58).
La volonté de faire table rase, si propre aux révolutions (4), ne peut que conduire à la ruine, mener l’homme jusqu’à la barbarie : «Le vrai trésor de l’homme, c’est le trésor de ses erreurs. Nietzsche définit pour cela l’homme supérieur comme l’être «à la plus longue mémoire». Rompre la continuité avec le passé, vouloir commencer de nouveau, c’est aspirer à descendre et plagier l’orang-outang» (p. 77).
La révolte des masses, due à la désertion des élites (La désertion des minorités dirigeantes se trouve toujours au revers de la révolte des masses, pp. 116-7), doit aussi sa cause directe dans le fait que la société dans laquelle vivent les hommes ne les contraint plus à vouloir se dépasser. Si le monde ancien était le monde d’un danger permanent, fulgurant, notre époque est celle de la paralysie provoquée par le triomphe du machinisme, la réduction des territoires inexplorés, le prodigieux accroissement des sciences et des techniques contraints de se cantonner dans l’hyper-spécialisation, de la fuite des dieux. Ainsi, la vie des hommes du passé, quoique truffée de dangers, était synonyme de dépassement, du moins de possibilité de se dépasser. L’homme-masse est l’homme étriqué, fermé, tandis que l’homme du passé est celui de l’ouverture dans un monde lui-même ouvert à ses innombrables et sanglantes conquêtes.
«La caractéristique du moment, c’est que l’âme médiocre, se sachant médiocre, a la hardiesse d’affirmer les droits de la médiocrité et les impose partout» - y Gasset
«La caractéristique du moment, c’est que l’âme médiocre, se sachant médiocre, a la hardiesse d’affirmer les droits de la médiocrité et les impose partout» - y Gasset
lundi 13 décembre 2010
Evolution de la civilisation méritocratique - Xp
Des profs ou des infirmières admirables, j’en ai rien à foutre. Qu’est-ce que ça veut dire?
Plus admirable que les autres? Une sorte d’aristocratie officieuse, qui ferait qu’il est interdit d’exercer un jugement critique et global sur ces corporations, s’interroger sur la justesse de leurs rénumérations, l’importance de leurs effectifs, l’honnêteté de ses membres?
« Je sais ce qu’on va m’opposer. Il manque des infirmières »
Encore un mythe, ou pour le moins un truc qu’on est sommé d’avaler sans broncher sous peine de passer pour un salaud… Plus encore que les profs, les infirmières sont des vaches sacrées dont il est impossible de parler sans baiser le sol et se fendre d’un hommage.
En réalité, elles ne sont pas « pas assez nombreuses », mais mal réparties, parce que très difficile à bouger et à transferer d’un service peinard à un service plus speed.
Ensuite, elles oublient de dire quand elles chougnent (et Dieu sait si elles chougnent) qu’elles travaillent souvent de nuit, ou elles sont payés plus, alors que la nuit, elles n’exercent pas un travail mais ce qu’on appelle « une présence responsable », activité qui est payé en dessous du smic (ex, baby sitter la nuit).
Une présence responsable, c’est ce pourquoi on les paye dans de nombreux services, et dans une carrière, elles exercent toutes cette activité en alternance avec un travail effectif.
J’ajoute, pour avoir vu passer pas mal de fiches de paie dans vie, qu’elles sont bien mieux payés qu’elles le prétendent.
--
Au XXIIème siècle, les historiens honnêtes tiendront la méritocratie républicaine mijotée par les hussards noirs de la République pour ce qu’elle est, à savoir le brouillon de cette positive action qui lui a logiquement succédé… Dans la version originale, il s’agissait de récompenser l’homme de la foule qui se donne la peine d’apprendre par cœur et de singer l’aristocratie, tandis qu’ensuite, il n’a s’agi que de reconnaître son mérite d’être plus foncé qu’un européen… dans les deux cas, l’exercice aura consisté à mettre une couronne sur la tête d’un vilain, à déplacer les bornes et créer du désordre …. On a commencé par demander à l’homo faber de passer des nuits blanches à potasser Aristote et l’apprendre par cœur avant de l’autoriser à parler d’Aristote à des élèves, puis on a envoyé des noirs et des arabes à Science Po…. Aux premiers, on n’a demandé presque rien, et aux seconds, on ne demande rien du tout, si ce n’est de mettre une chemise propre…
Gardien de vache diplômé, ça désigne, en gros, en terme de QI, la classe moyenne supérieure, celle qui tourne autour des 105, alors que la moyenne européenne est de 100. Dans les sociétés où, pour aller très vite, 90% de la population gardait les vaches, ils auraient, donc, gardé les vaches. Or, avec la massification de l’enseignement, ces cons étudient la philosophie, font les beaux jours des débats citoyens, et, in fine, la masse aidant, donnent le ton dans les universités.
Contrairement à ceux qui plafonnent à 90, ils sont capables de comprendre et apprendre ce qu’ont dit Platon et Aristote, Mais certainement pas de les dépasser. Or, l’étude de Platon et d’Aristote n’a d’intérêt que si le but, c’est de les avaler, les digérer, et dans une certaine mesure les oublier.
Pour le dire comme Hannah Arendt, ce sont maintenant les Homo Faber qui pensent, alors que la civilisation occidentale est basée sur la séparation des deux.
Il me semble avoir compris le fond de votre thèse, qui serait qu’un des signes que nous devenons musulmans serait que nous accordions plus d’importance au Savoir qu’à la Pensée, et d’ailleurs cette citation de Céline en serait un énième illustration. Disons : d’accord sur un constat de nivellement par le bas et d’abrutissement de tous par l’éducation, mais pas d’accord pour dire que cet abrutissement général provenait d’une substitution de l’ordre hiérarchique entre Pensée et Savoir (j’espère ne pas déformer votre propos).
« Je sais ce qu’on va m’opposer. Il manque des infirmières »
Encore un mythe, ou pour le moins un truc qu’on est sommé d’avaler sans broncher sous peine de passer pour un salaud… Plus encore que les profs, les infirmières sont des vaches sacrées dont il est impossible de parler sans baiser le sol et se fendre d’un hommage.
En réalité, elles ne sont pas « pas assez nombreuses », mais mal réparties, parce que très difficile à bouger et à transferer d’un service peinard à un service plus speed.
Ensuite, elles oublient de dire quand elles chougnent (et Dieu sait si elles chougnent) qu’elles travaillent souvent de nuit, ou elles sont payés plus, alors que la nuit, elles n’exercent pas un travail mais ce qu’on appelle « une présence responsable », activité qui est payé en dessous du smic (ex, baby sitter la nuit).
Une présence responsable, c’est ce pourquoi on les paye dans de nombreux services, et dans une carrière, elles exercent toutes cette activité en alternance avec un travail effectif.
J’ajoute, pour avoir vu passer pas mal de fiches de paie dans vie, qu’elles sont bien mieux payés qu’elles le prétendent.
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Au XXIIème siècle, les historiens honnêtes tiendront la méritocratie républicaine mijotée par les hussards noirs de la République pour ce qu’elle est, à savoir le brouillon de cette positive action qui lui a logiquement succédé… Dans la version originale, il s’agissait de récompenser l’homme de la foule qui se donne la peine d’apprendre par cœur et de singer l’aristocratie, tandis qu’ensuite, il n’a s’agi que de reconnaître son mérite d’être plus foncé qu’un européen… dans les deux cas, l’exercice aura consisté à mettre une couronne sur la tête d’un vilain, à déplacer les bornes et créer du désordre …. On a commencé par demander à l’homo faber de passer des nuits blanches à potasser Aristote et l’apprendre par cœur avant de l’autoriser à parler d’Aristote à des élèves, puis on a envoyé des noirs et des arabes à Science Po…. Aux premiers, on n’a demandé presque rien, et aux seconds, on ne demande rien du tout, si ce n’est de mettre une chemise propre…
Gardien de vache diplômé, ça désigne, en gros, en terme de QI, la classe moyenne supérieure, celle qui tourne autour des 105, alors que la moyenne européenne est de 100. Dans les sociétés où, pour aller très vite, 90% de la population gardait les vaches, ils auraient, donc, gardé les vaches. Or, avec la massification de l’enseignement, ces cons étudient la philosophie, font les beaux jours des débats citoyens, et, in fine, la masse aidant, donnent le ton dans les universités.
Contrairement à ceux qui plafonnent à 90, ils sont capables de comprendre et apprendre ce qu’ont dit Platon et Aristote, Mais certainement pas de les dépasser. Or, l’étude de Platon et d’Aristote n’a d’intérêt que si le but, c’est de les avaler, les digérer, et dans une certaine mesure les oublier.
Pour le dire comme Hannah Arendt, ce sont maintenant les Homo Faber qui pensent, alors que la civilisation occidentale est basée sur la séparation des deux.
Il me semble avoir compris le fond de votre thèse, qui serait qu’un des signes que nous devenons musulmans serait que nous accordions plus d’importance au Savoir qu’à la Pensée, et d’ailleurs cette citation de Céline en serait un énième illustration. Disons : d’accord sur un constat de nivellement par le bas et d’abrutissement de tous par l’éducation, mais pas d’accord pour dire que cet abrutissement général provenait d’une substitution de l’ordre hiérarchique entre Pensée et Savoir (j’espère ne pas déformer votre propos).
Rôle de l'artiste et de Céline - Xp
Le voilà le problème de l'artiste, c'est qu'il n'est redevable devant personne, devant aucune normes. Même pas la seule qui compte à mes yeux, la vérité.
L'artiste n'a pas à dire la vérité, mais il doit - par ses mensonges, ses erreurs, son goût, son talent - émettre quelques miettes de vérités universelles qu'il n'aura même pas conceptualisé.
C'est ça le problème. L'artiste ne peut pas être jugé sur un pied d'égalité avec le penseur. C'est un combat injuste qui m'insupporte assez. L'artiste, c'est celui qui n'a de compte à rendre à personne, car il se place à coté. Toujours a coté. Et je n'aime pas ça, cet écart qu'il y a entre l'artiste et l'homme de vérité, qui cherche, qui s'engage pleinement, radicalement (car la vérité est à l'extrême, toujours).
On dit que Céline est un artiste, pas un vulgaire essayiste. Certes, il n'a pas à dire la vérité en tant que telles, mais il a à la faire passer par ses oeuvres, donc par ses mensonges & ses erreurs.
L'artiste n'a pas à dire la vérité, mais il doit - par ses mensonges, ses erreurs, son goût, son talent - émettre quelques miettes de vérités universelles qu'il n'aura même pas conceptualisé.
C'est ça le problème. L'artiste ne peut pas être jugé sur un pied d'égalité avec le penseur. C'est un combat injuste qui m'insupporte assez. L'artiste, c'est celui qui n'a de compte à rendre à personne, car il se place à coté. Toujours a coté. Et je n'aime pas ça, cet écart qu'il y a entre l'artiste et l'homme de vérité, qui cherche, qui s'engage pleinement, radicalement (car la vérité est à l'extrême, toujours).
On dit que Céline est un artiste, pas un vulgaire essayiste. Certes, il n'a pas à dire la vérité en tant que telles, mais il a à la faire passer par ses oeuvres, donc par ses mensonges & ses erreurs.
lundi 6 décembre 2010
Loi d'arain de l'oligarchie de Michels
• Robert Michels, Les Partis politiques, Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, Paris, Flammarion, 1914, 341p. (réédité avec une préface de René Rémand). Livre où est énoncé la loi d'airain de l'oligarchie.
«qui dit organisation dit tendance à l’oligarchie. Dans chaque organisation, qu’il s’agisse d’un parti, d’une union de métier, etc … le penchant aristocratique se manifeste d’une façon très prononcée.Le mécanisme de l’organisation, en même temps qu’il donne à celle-ci une structure solide, provoque dans la masse organisée de graves changements. Il intervertit complètement les positions respectives des chefs et de la masse. L’organisation a pour effet de diviser tout parti ou tout syndicat professionnel en une minorité dirigeante et une majorité dirigée ».
«qui dit organisation dit tendance à l’oligarchie. Dans chaque organisation, qu’il s’agisse d’un parti, d’une union de métier, etc … le penchant aristocratique se manifeste d’une façon très prononcée.Le mécanisme de l’organisation, en même temps qu’il donne à celle-ci une structure solide, provoque dans la masse organisée de graves changements. Il intervertit complètement les positions respectives des chefs et de la masse. L’organisation a pour effet de diviser tout parti ou tout syndicat professionnel en une minorité dirigeante et une majorité dirigée ».
mardi 30 novembre 2010
Fims novembre 2010
Cinéma :
Des filles en noir *
L'homme qui voulait vivre sa vie **
Burried **
Potiche
Le nom des gens
dvd :
The doom generation *
La main au collet *
Psychose **
Les enchaînés *
Yuki et Nina
Un drôle de paroissien
La jeune fille à la perle
L'ennui
Valse avec Bachir
Autopsie d'un massacre (BHL) **
Des filles en noir *
L'homme qui voulait vivre sa vie **
Burried **
Potiche
Le nom des gens
dvd :
The doom generation *
La main au collet *
Psychose **
Les enchaînés *
Yuki et Nina
Un drôle de paroissien
La jeune fille à la perle
L'ennui
Valse avec Bachir
Autopsie d'un massacre (BHL) **
mardi 23 novembre 2010
Notes entre Salin et Delbecque
La préférence nationale, c'est la préférence de certains intérêt (groupes) en défaveur des autres.
Ensemble de sentiment d'appartenance. La nation est un sentiment subjectif. On ne définit donc pas l'intérêt national.
Patriotisme US : subvention d'un produit US. En France, les producteurs sont désavantagés et les consommateurs sont avantagés. Il n'y a donc pas d'intérêt national. C'est une affaire de groupe particulier.
Ensemble de sentiment d'appartenance. La nation est un sentiment subjectif. On ne définit donc pas l'intérêt national.
Patriotisme US : subvention d'un produit US. En France, les producteurs sont désavantagés et les consommateurs sont avantagés. Il n'y a donc pas d'intérêt national. C'est une affaire de groupe particulier.
Baudrillard sur Latour, Le Pen
Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche ? Révision déchirante : alors que la droite incarnait les valeurs morales, et la gauche au contraire une certaine exigence historique et politique contradictoire, aujourd’hui, celle-ci, dépouillée de toute énergie politique, est devenue une pure juridiction morale, incarnation des valeurs universelles, championne du règne de la Vertu et tenancière des valeurs muséales du Bien et du Vrai, juridiction qui peut demander des comptes à tout le monde sans avoir à en rendre à personne. L’illusion politique de la gauche, congelée pendant vingt ans dans l’opposition, s’est révélée, avec l’accession au pouvoir, porteuse, non pas du sens de l’histoire, mais d’une morale de l’histoire. D’une morale de la Vérité, du Droit et de la bonne conscience - degré zéro du politique et sans doute même point le plus bas de la généalogie de la morale. Défaite historique de la gauche (et de la pensée) que cette moralisation des valeurs. Même la réalité, le principe de réalité, est un article de foi. Mettez donc en cause la réalité d’une guerre : vous êtes aussitôt jugé comme traître à la loi morale. La gauche tout aussi politiquement dévitalisée que la droite - où est donc passé le politique ? Eh bien, du côté de l’extrême droite. Comme le disait très bien Bruno Latour dans le Monde, le seul discours politique en France, aujourd’hui, est celui de Le Pen. Tous les autres sont des discours moraux et pédagogiques, discours d’instituteurs et de donneurs de leçons, de gestionnaires et de programmateurs (…)
Jean Baudrilllard, Libération, Mai 1997.
Jean Baudrilllard, Libération, Mai 1997.
dimanche 21 novembre 2010
Théories de la fiscalité
La théorie de la fiscalité repose sur un petit nombre de principes fondamentaux :
• La règle de Ramsey : pour lever une somme donnée en limitant les pertes d’efficacité
économiques, mieux vaut imposer des bases peu élastiques, c’est-à-dire des bases peu
réactives à la fiscalité. En effet la perte sociale liée à l’impôt (si l’on ne prend pas en
compte les aspects redistributifs ni la fiscalité permettant de corriger des inefficacités
comme les émissions polluantes) est liée à la réduction des transactions privées qu’elle
engendre. Cette perte sociale dépend du carré du taux d’imposition. L’impôt idéal est
donc un impôt à taux faible appliqué à une base fiscale large et peu élastique.
• La courbe de Laffer : en-deçà d’un certain seuil d’imposition, une hausse du taux
d’imposition accroît les recettes fiscales ; mais au-delà de ce seuil, une hausse
supplémentaire du taux d’imposition réduit les recettes. Cette relation en cloche entre
le taux d’imposition et les recettes fiscales résulte mécaniquement de la rétractation de
la base fiscale lorsque le taux d’imposition augmente. A la limite, pour un taux
d’imposition de 100%, les recettes fiscales sont nulles car l’assiette s’est évanouie. En
général, la fiscalité se trouve du côté croissant de la courbe de Laffer. Mais ce n’est
pas nécessairement le cas de tous les impôts dans tous les pays ; on verra plus bas qu’il
n’y a pas de relation univoque entre le taux d’imposition sur le bénéfice des sociétés et
les recettes tirées de cet impôt au sein des pays de l’OCDE.
• La fiscalité optimale : le profil optimal des taux marginaux d’imposition en fonction
des revenus est généralement décroissant, car (1) imposer l’ensemble des individus
permet de maximiser les recettes fiscales, et (2) la décroissance des taux marginaux
permet de ne pas décourager les individus à travailler davantage, quelque soit leur
revenu de départ, tandis que la perte fiscale liée à la baisse des taux marginaux est de
plus en plus faible à mesure que le nombre d’individus diminue. Bien sûr, la fiscalité
doit être adaptée pour prendre en compte l’objectif de redistribution. Ssauf dans les
pays appliquant une flat tax, le profil des taux marginaux est généralement en forme
de U.
• L’incidence fiscale : la fiscalité ne pèse pas nécessairement sur l’entité physique ou
morale qui verse le montant de l’impôt à l’autorité fiscale ; elle pèse en réalité sur les
bases fiscales les moins élastiques et la charge peut être transférée d’un marché à
l’autre, en particulier du marché du capital au marché du travail (voir le rapport
d’Alain Trannoy et Laurent Simula, 2009).
• La règle de Ramsey : pour lever une somme donnée en limitant les pertes d’efficacité
économiques, mieux vaut imposer des bases peu élastiques, c’est-à-dire des bases peu
réactives à la fiscalité. En effet la perte sociale liée à l’impôt (si l’on ne prend pas en
compte les aspects redistributifs ni la fiscalité permettant de corriger des inefficacités
comme les émissions polluantes) est liée à la réduction des transactions privées qu’elle
engendre. Cette perte sociale dépend du carré du taux d’imposition. L’impôt idéal est
donc un impôt à taux faible appliqué à une base fiscale large et peu élastique.
• La courbe de Laffer : en-deçà d’un certain seuil d’imposition, une hausse du taux
d’imposition accroît les recettes fiscales ; mais au-delà de ce seuil, une hausse
supplémentaire du taux d’imposition réduit les recettes. Cette relation en cloche entre
le taux d’imposition et les recettes fiscales résulte mécaniquement de la rétractation de
la base fiscale lorsque le taux d’imposition augmente. A la limite, pour un taux
d’imposition de 100%, les recettes fiscales sont nulles car l’assiette s’est évanouie. En
général, la fiscalité se trouve du côté croissant de la courbe de Laffer. Mais ce n’est
pas nécessairement le cas de tous les impôts dans tous les pays ; on verra plus bas qu’il
n’y a pas de relation univoque entre le taux d’imposition sur le bénéfice des sociétés et
les recettes tirées de cet impôt au sein des pays de l’OCDE.
• La fiscalité optimale : le profil optimal des taux marginaux d’imposition en fonction
des revenus est généralement décroissant, car (1) imposer l’ensemble des individus
permet de maximiser les recettes fiscales, et (2) la décroissance des taux marginaux
permet de ne pas décourager les individus à travailler davantage, quelque soit leur
revenu de départ, tandis que la perte fiscale liée à la baisse des taux marginaux est de
plus en plus faible à mesure que le nombre d’individus diminue. Bien sûr, la fiscalité
doit être adaptée pour prendre en compte l’objectif de redistribution. Ssauf dans les
pays appliquant une flat tax, le profil des taux marginaux est généralement en forme
de U.
• L’incidence fiscale : la fiscalité ne pèse pas nécessairement sur l’entité physique ou
morale qui verse le montant de l’impôt à l’autorité fiscale ; elle pèse en réalité sur les
bases fiscales les moins élastiques et la charge peut être transférée d’un marché à
l’autre, en particulier du marché du capital au marché du travail (voir le rapport
d’Alain Trannoy et Laurent Simula, 2009).
dimanche 14 novembre 2010
Hayek sur Friedman, le positivisme
Prenez la "Théorie quantitative" de Friedman. J'ai écrit il y a 40 ans que j'avais de fortes objections à l'encontre de la Théorie quantitative, parce qu'elle est une approche très grossière qui élimine beaucoup de choses, mais que je priais Dieu pour que le grand public ne cesse pas d'y croire. Parce que c'est une formulation simple que le public comprend. Je regrette qu'un homme aussi sophistiqué que Milton Friedman ne l'utilise pas comme une première approche mais croit qu'elle contient tout. C'est donc véritablement sur des questions méthodologiques, au fond, que nous différons.
Friedman est un archi-positiviste qui croit que, dans une discussion scientifique, ce qui n'est pas prouvé de manière empirique ne doit pas être pris en compte. À mon avis, nous connaissons tant de détails sur l'économie que notre rôle est de mettre de l'ordre dans nos connaissances. Nous n'avons pas vraiment besoin de nouvelles informations. Notre grande difficulté est de digérer ce que nous savons déjà. Nous ne devenons pas plus savant par des informations statistiques : nous ne faisons que récolter des informations sur la situation spécifique du moment. Mais, du point de vue théorique, je ne pense pas que des études statistiques nous mènent où que ce soit.
Friedman est un archi-positiviste qui croit que, dans une discussion scientifique, ce qui n'est pas prouvé de manière empirique ne doit pas être pris en compte. À mon avis, nous connaissons tant de détails sur l'économie que notre rôle est de mettre de l'ordre dans nos connaissances. Nous n'avons pas vraiment besoin de nouvelles informations. Notre grande difficulté est de digérer ce que nous savons déjà. Nous ne devenons pas plus savant par des informations statistiques : nous ne faisons que récolter des informations sur la situation spécifique du moment. Mais, du point de vue théorique, je ne pense pas que des études statistiques nous mènent où que ce soit.
L'économiste J. R. Commons
John R. Commons. Economiste institutionnaliste américain, Commons s’est notamment posé la question du rôle des institutions et particulièrement du droit dans la construction de l’économie capitaliste au 19ème siècle. Une des questions qui traverse l’oeuvre de Commons est celle de l’instauration d’un ordre permettant la régulation des interactions sociales. Selon Commons, les individus se comportent selon le principe de la « futurité » : ils recherchent la sécurité de leurs anticipations. Pour qu’un individu entreprenne une action, il faut qu’il puisse avoir une confiance relative dans la justesse de ses anticipations concernant le comportement d’autrui. C’est précisément le rôle des institutions d’assurer
vendredi 12 novembre 2010
Les "Tea Party" en France
Venant du peuple, il ne saurait être considéré comme autre chose que « populiste » par « l’Amérique d’en haut » et ses perroquets européens. Selon l’adage, la démocratie c’est le meilleur des régimes lorsque le peuple accepte d’être dirigé par ses élites. Quand il en va autrement, c’est de la démagogie.
dimanche 7 novembre 2010
Aron sur Marx et les marxistes
A propos de Althusser (je crois) qui inventait de subtiles théories pour expliquer les contradictions de Marx : "On est toujours libre de dire qu'un grand penseur s'est trompé sur lui-même [...] Mais il faut être très sûr de son génie pour être convaincu de comprendre un grand auteur à ce point mieux qu'il ne s'est compris lui-même".
Qu'est-ce que réussir aujourd'hui - Jabial
D'une part, il y a une culture qui s'est perdue. Dans le passé, réussir c'était gagner assez pour pouvoir mettre un toit sur la tête de sa famille , des vêtements sur leur dos, et de la nourriture dans leurs assiettes. Etape 1. Puis l'étape 2 c'était du capital pour leur assurer la sécurité. L'ascension sociale était une affaire de générations. Maintenant, réussir gagner assez pour pouvoir se payer le genre de voiture qui permet d'attirer des bimbos. Et c'est à 35 ans au plus tard, comme de bien entendu. À cette aune, bien sûr, les gens ont peu de chance de se considérer comme satisfaits.
Par ailleurs, j'avais vu -ici, je crois- une étude permettant de faire un parallèle direct entre culture économique et satisfaction personnelle. Cette étude s'appuyait sur deux questionnaires distribués à des gens d'origines diverses dans différents pays. Le premier permettait d'évaluer les connaissances en économie, le second la satisfaction personnelle. Il en ressortait notamment, si je me souviens bien, que les français étaient à la fois les plus incultes et les plus mécontents des habitants des pays développés.
Et puis bon, tout le système a été conçu comme un Ponzi, pour que tout le monde s'imagine qu'il en profite un peu alors qu'en réalité il n'y a que très très peu qui en bénéficient vraiment, et tous les autres paient.
Par ailleurs, j'avais vu -ici, je crois- une étude permettant de faire un parallèle direct entre culture économique et satisfaction personnelle. Cette étude s'appuyait sur deux questionnaires distribués à des gens d'origines diverses dans différents pays. Le premier permettait d'évaluer les connaissances en économie, le second la satisfaction personnelle. Il en ressortait notamment, si je me souviens bien, que les français étaient à la fois les plus incultes et les plus mécontents des habitants des pays développés.
Et puis bon, tout le système a été conçu comme un Ponzi, pour que tout le monde s'imagine qu'il en profite un peu alors qu'en réalité il n'y a que très très peu qui en bénéficient vraiment, et tous les autres paient.
samedi 6 novembre 2010
Sur "La Vénus Noire", le racisme et la naissance des sciences
Libération titre : “L’histoire d’un scandale”. Le journal qui se félicite de tous les scandales n’a pas peur du ridicule (c’est même ça qui le fait vivre -sans oublier les subventions-). Rappelons que pour Libération, une exposition mettant en scène des cadavres humains ou des adolescents en pleine copulation n’est pas un scandale.
Le seul scandale viable, pour Libération, c’est qu’une noire soit exposée aux yeux des blancs. Les très actuels albinos africains qui sont traités comme des sorciers par les leurs n’intéressent pas Libération.
L’attaque la plus grave est celle de notre science. Le film de Kechiche et son cortège de suiveurs (Libération) s’en prennent à deux facteurs majeurs, constitutifs de notre science.
-L’intelligence, qui permet la méthode, c’est-à-dire la froideur et l’objectivité. “On a l’impression que les scientifiques dissèquent la vénus, qu’ils parlent d’elles comme d’un animal”, pleurniche une journaliste. Cette méthode est le cauchemar des progressistes : imaginez le nombre de différences véritables ainsi froidement recensées, lorsque l’on va au fond des choses. Aujourd’hui, c’est l’anti-science qui règne : on se contente de dire que ça à l’air différent, donc que c’est une richesse formidable, voyez caisse et au suivant. Faut surtout pas chercher, même pas le trésor, sinon on risque de trouver tout un tas d’effets secondaires indésirables.
-La curiosité, qui pousse l’homme de science à s’intéresser à toute chose, sans distinction. Cela permet aux sociétés de comprendre, d’évoluer et de prospérer. Cette curiosité a fait la science occidentale, celle-là même qui sauve des millions de noirs chaque année, celle-là même qui en héberge des millions d’autres dans des conditions qu’ils n’auraient jamais pu imaginer. Qu’en disent Kechiche et Libération ?
En s’en prenant à Georges Cuvier, à sa curiosité et à ses méthodes, c’est toute la science occidentale que l’on remet en question. Que veulent-ils, tous ces noirs, en venant dans nos pays ? Imaginez que nous y soustrayons la science. Finis la médecine, la chirurgie, les médicaments, l’agriculture suffisante, le confort, l’abondance, les métiers faciles, les transports, l’hygiène, le chauffage, l’électricité, l’imprimerie, les constructions solides, l’organisation, les connaissances… Ne parlons même pas des réalisations culturelles, d’architecture, d’art, etc.
Le seul scandale viable, pour Libération, c’est qu’une noire soit exposée aux yeux des blancs. Les très actuels albinos africains qui sont traités comme des sorciers par les leurs n’intéressent pas Libération.
L’attaque la plus grave est celle de notre science. Le film de Kechiche et son cortège de suiveurs (Libération) s’en prennent à deux facteurs majeurs, constitutifs de notre science.
-L’intelligence, qui permet la méthode, c’est-à-dire la froideur et l’objectivité. “On a l’impression que les scientifiques dissèquent la vénus, qu’ils parlent d’elles comme d’un animal”, pleurniche une journaliste. Cette méthode est le cauchemar des progressistes : imaginez le nombre de différences véritables ainsi froidement recensées, lorsque l’on va au fond des choses. Aujourd’hui, c’est l’anti-science qui règne : on se contente de dire que ça à l’air différent, donc que c’est une richesse formidable, voyez caisse et au suivant. Faut surtout pas chercher, même pas le trésor, sinon on risque de trouver tout un tas d’effets secondaires indésirables.
-La curiosité, qui pousse l’homme de science à s’intéresser à toute chose, sans distinction. Cela permet aux sociétés de comprendre, d’évoluer et de prospérer. Cette curiosité a fait la science occidentale, celle-là même qui sauve des millions de noirs chaque année, celle-là même qui en héberge des millions d’autres dans des conditions qu’ils n’auraient jamais pu imaginer. Qu’en disent Kechiche et Libération ?
En s’en prenant à Georges Cuvier, à sa curiosité et à ses méthodes, c’est toute la science occidentale que l’on remet en question. Que veulent-ils, tous ces noirs, en venant dans nos pays ? Imaginez que nous y soustrayons la science. Finis la médecine, la chirurgie, les médicaments, l’agriculture suffisante, le confort, l’abondance, les métiers faciles, les transports, l’hygiène, le chauffage, l’électricité, l’imprimerie, les constructions solides, l’organisation, les connaissances… Ne parlons même pas des réalisations culturelles, d’architecture, d’art, etc.
mercredi 3 novembre 2010
L'information chez Hayek dépasse les asymétries mainstream
Un exemple : Jean-Edouard écrit « les économistes ont compris deux choses qui avaient probablement échappé à Hayek. D’abord l’information donne lieu à des problèmes d’asymétrie d’information qui peuvent être extrêmement destructeurs pour le marché ... ». Oui, ces problèmes peuvent être destructeurs pour le marché tel que le conçoivent les économistes mainstream, mais ils font partie de la définition même du marché tel que le conçoivent les autrichiens. Je ne vois aucune raison de penser que ça a échappé à Hayek ; au contraire, c’est à mon avis une des raisons qui lui fait condamner la conception néoclassique du marché.
dimanche 31 octobre 2010
Films octobre 2010
Cinéma :
Hors la loi ***
Kaboom **
Electra Glide in blue *
To be or not to be *****
La vie au ranch
The social network ***
Les petits mouchoirs
La vénus noire *
Dvds-Télé:
Knock - Jouvet ****
Buffet froid - Blier ***
Elle boit pas, elle fume pas, mais elle cause
Quai des orfèvres - Jouvet ****
Smiley Face *
Conte d'hiver
L'amour l'après-midi
Écrit sur le vent - Douglas Sirk ***
Hôtel du Nord - Jouvet ****
Entre onze heure et minuit - Jouvet **
La tête en friche *
Drole de drame - Jouvet *
Marathon Man **
Les rendez-vous de Paris
Election (L'arriviste) ***
Danton *
Le beau mariage
La femme de l'aviateur
Hors la loi ***
Kaboom **
Electra Glide in blue *
To be or not to be *****
La vie au ranch
The social network ***
Les petits mouchoirs
La vénus noire *
Dvds-Télé:
Knock - Jouvet ****
Buffet froid - Blier ***
Elle boit pas, elle fume pas, mais elle cause
Quai des orfèvres - Jouvet ****
Smiley Face *
Conte d'hiver
L'amour l'après-midi
Écrit sur le vent - Douglas Sirk ***
Hôtel du Nord - Jouvet ****
Entre onze heure et minuit - Jouvet **
La tête en friche *
Drole de drame - Jouvet *
Marathon Man **
Les rendez-vous de Paris
Election (L'arriviste) ***
Danton *
Le beau mariage
La femme de l'aviateur
Cairnes et l'économie-mathématique
"Je n'ai aucune envie de nier qu'il peut être possible d'employer des diagrammes géométrique ou des formules mathématiques dans le but d'exposer des doctrines économiques obtenues par d'autres voies. [...] Ce que je cherche à nier est la doctrine avancée par le professeur Jevons et d'autres auteurs - à savoir que la connaissance économique pourrait être augmentée par de tels moyens [...] à moins de montrer que les sensations mentales peuvent être exprimées sous des formes quantitatives précises, ou que les phénomènes économiques ne dépendent pas de ces sensations.." - CAIRNES
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La théorie de la valeur montre que celle-ci est subjective. Elle est donc non mesurable par un nombre. En conséquence on ne peut pas additionner les valeurs entre elles. En le faisant, la macroéconomie (Keynes comme néoclassiques) introduit des suppositions infondées (et cachées) dans la théorie.
La conséquence est connue: les "modèles" ne prédisent rien, et n'expliquent rien. Ces modèles donnent juste des prévisions de recettes fiscales à 6 mois, rien de plus, ce qui suffit à l'Etat (l'employeur de ces "économistes diafoirus")
Voilà qui devrait vous dissuader à jamais d'employer les maths en économie.
Les mathématiques sont adaptées à décrire des chaînes causales fixes.
Les mathématiques ne sont pas pertinentes pour décrire des phénomènes impliquant le choix.
Comme Cairnes, je pense que les maths en éco peuvent avoir une valeur pédagogique. Elles peuvent donner des descriptions condensées, des résumés de connaissances. Mais on ne peut pas trouver de nouvelles connaissances économiques avec elles.
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La théorie de la valeur montre que celle-ci est subjective. Elle est donc non mesurable par un nombre. En conséquence on ne peut pas additionner les valeurs entre elles. En le faisant, la macroéconomie (Keynes comme néoclassiques) introduit des suppositions infondées (et cachées) dans la théorie.
La conséquence est connue: les "modèles" ne prédisent rien, et n'expliquent rien. Ces modèles donnent juste des prévisions de recettes fiscales à 6 mois, rien de plus, ce qui suffit à l'Etat (l'employeur de ces "économistes diafoirus")
Voilà qui devrait vous dissuader à jamais d'employer les maths en économie.
Les mathématiques sont adaptées à décrire des chaînes causales fixes.
Les mathématiques ne sont pas pertinentes pour décrire des phénomènes impliquant le choix.
Comme Cairnes, je pense que les maths en éco peuvent avoir une valeur pédagogique. Elles peuvent donner des descriptions condensées, des résumés de connaissances. Mais on ne peut pas trouver de nouvelles connaissances économiques avec elles.
Mises et l'individualisme méthodo
"Le fait qu'il y ait des nations, des États et des églises, qu'il existe une coopération sociale dans la division du travail, ce fait ne devient discernable que dans les actions de certains individus. Personne n'a jamais perçu une nation sans percevoir ses membres. En ce sens l'on peut dire qu'un collectif social vient à l'existence par la voie des actions d'individus. Cela ne signifie pas que l'individu soit antécédent dans le temps. Cela signifie seulement que ce sont des actions définies d'individus qui constituent le collectif. Il n'est pas besoin de discuter si le collectif est la somme résultant de l'addition de ses membres ou quelque chose de plus, si c'est un être sui generis, et s'il est ou non raisonnable de parler de sa volonté, de ses plans, de ses objectifs et actions, et de lui attribuer une « âme » distincte. Ce langage pédantesque est oiseux. Un ensemble collectif est un aspect particulier des actions d'individus divers et, comme tel, une chose réelle qui détermine le cours d'événements.
Il est illusoire de croire qu'il est possible de visualiser des ensembles collectifs. Ils ne sont jamais visibles ; la connaissance qu'on peut en avoir vient de ce que l'on comprend le sens que les hommes agissants attachent à leurs actes. Nous pouvons voir une foule, c'est-à-dire une multitude de gens. Quant à savoir si cette foule est un simple attroupement, ou une masse (au sens où ce terme est employé dans la psychologie contemporaine), ou un corps organisé ou quelque autre sorte d'entité sociale, c'est une question dont la réponse dépend de l'intelligence qu'on peut avoir de la signification que les gens assemblés attachent à leur présence. Et cette signification est toujours dans l'esprit d'individus. Ce ne sont pas nos sens, mais notre entendement — un processus mental — qui nous fait reconnaître des entités sociales.
Ceux qui prétendent commencer l'étude de l'agir humain en partant d'uniteés collectives rencontrent un obstacle insurmontable dans le fait qu'au même moment un individu peut appartenir, et en fait — à l'exception de ceux des plus primitives tribus — appartient réellement à diverses entités collectives. Le problème soulevé par la multiplicité d'unités sociales coexistantes et par leurs antagonismes mutuels ne peut être résolu que par l'individualisme méthodologique."
Human Action - Mises
Il est illusoire de croire qu'il est possible de visualiser des ensembles collectifs. Ils ne sont jamais visibles ; la connaissance qu'on peut en avoir vient de ce que l'on comprend le sens que les hommes agissants attachent à leurs actes. Nous pouvons voir une foule, c'est-à-dire une multitude de gens. Quant à savoir si cette foule est un simple attroupement, ou une masse (au sens où ce terme est employé dans la psychologie contemporaine), ou un corps organisé ou quelque autre sorte d'entité sociale, c'est une question dont la réponse dépend de l'intelligence qu'on peut avoir de la signification que les gens assemblés attachent à leur présence. Et cette signification est toujours dans l'esprit d'individus. Ce ne sont pas nos sens, mais notre entendement — un processus mental — qui nous fait reconnaître des entités sociales.
Ceux qui prétendent commencer l'étude de l'agir humain en partant d'uniteés collectives rencontrent un obstacle insurmontable dans le fait qu'au même moment un individu peut appartenir, et en fait — à l'exception de ceux des plus primitives tribus — appartient réellement à diverses entités collectives. Le problème soulevé par la multiplicité d'unités sociales coexistantes et par leurs antagonismes mutuels ne peut être résolu que par l'individualisme méthodologique."
Human Action - Mises
vendredi 29 octobre 2010
Coase et le marché des idées
Dans cet article, Coase examine les différences entre les deux types de marché qui pourraient éventuellement justifier les décalages normatifs concernant l’intervention publique et fini par conclure que la distinction n’est pas fondée et que la cohérence intellectuelle nécessite d’avoir le même point de vue normatif : si on considère que le marché des biens doit être régulés par les pouvoirs publics, alors il en va de même pour le marché des idées (i.e. marché qui regroupe l’ensemble des activités rentrant dans le cadre du premier amendement de la Constitution des EU, pour Coase).
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